Bairon-Mont-Dieu (ou Bairon-le-Mont-Dieu) est une ancienne commune des Ardennes, d'abord scindée puis en partie dispersée entre des communes avoisinantes. Il n'en reste que la commune du Mont-Dieu et quelques écarts.

Géographie Cette commune, dépourvue de bourg était composée d'écarts : sur la section de Bairon : Bairon, Ambuy , Courtiseau , le Petit-Moulin , la Loire , les Forges , Court-Gilot , Courte-Soupe , les Fourcières . sur la section du Mont-Dieu : la Correrie , la Forge , la Grange-au-Mont (cadastrée aussi sous le nom de « la Grange du Haut-Mont ») , la Maison-à-Bar , le Mont-Dieu , le Moulineau , Nocière , la Tuilerie . Elle disposait de deux lieux de culte : la Chartreuse pour la section du Mont-Dieu et la chapelle de Saint-Brice, pour la section de BaironBairon dépendait de la paroisse de Le Chesne; cette dernière, de facture romane, est une partie de l'église datant d'avant la destruction de 1359Fiche descriptive du CNDP; Chapelle Saint-Remi (Bairon).

Toponymie

L'on trouve, dans des documents du la variante Bairou, pour Bairon : Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Paris, 1762, vol.1, . Dictionnaire universel de la France ancienne & moderne, et de la nouvelle France, Paris : Cl. Marin Saugrain, 1726, . On trouve Bairo au , Bairona en 1145, Bairon en 1196, Bairons en 1202, Bayronnum en 1316.

Son nom vient du ruisseau homonyme qui se jette dans la Bar. Bairon est un diminutif de Bar.

Historique

D'après les annales du chartreux dom Ganneron, Bairon a été un des plus anciens villages des Ardennes.

Le hameau de Bairon fut détruit par les Anglais en 1359 et fut abandonné par ses habitants. Au les moines de la Chartreuse du Mont-Dieu reprennent cet espace abandonné. Ils y installent un étang (le vieil étang) qui fournit du poisson et l'énergie pour le fonctionnement de deux moulins. Au , ils y installent une forge et un haut fourneau. Ce lieu était donc, de fait, la propriété de l'abbaye Saint-Rémi de Reims.

La Statistique des élections de Reims, Rethel et Sainte-Ménehould dressée en 1657 par le sieur Terruel en vue du projet de cadastre général de la généralité de Chalons, ensuite du projet du maréchal de Fabert indique : Statistique des élections de Reims, Rethel et Sainte-Ménehould dressée en 1657 par le sieur Terruel en vue du projet de cadastre général de la généralité de Chalons, ensuite du projet du maréchal de Fabert dans les Travaux de l'Académie nationale de Reims, Reims : empr. P. Giret, 1882, vol.74, , , et Terruel, ibid, .

Expilly, dans son dénombrement des Mariages, des Naissances et des Morts de 339 paroisses de l’Élection de Reims, de la Généralité & Intendance de ChâlonsJean-Joseph Expilly, De la Population de la France, Amsterdam, 1765, vol.2, , dénombre ces flux démographiques pour Bayron du Chesne et pour Mont-Dieu &c. en comparant les périodes 1690-1701 inclus et 1752-1763 inclus. Bayron du Chesne Mariages Naissances mâles Naissances femelles Décès hommes Décès femmes de 1690 à 1701 inclus 1 11 6 2 1 De 1752 à 1763 inclus 1 22 17 15 10

Mont-Dieu &c. Mariages Naissances mâles Naissances femelles Décès hommes Décès femmes de 1690 à 1701 inclus 0 3 0 0 3 De 1752 à 1763 inclus 6 20 18 13 9

Le relevé alphabétique des villes bourgs et villages hameaux et autres lieux ayant rôle d'impositions séparé dépendants pour la plus forte partie du bailliage royal de Reims pour la convocation aux États généraux de 1789 du tiers-état indique : Bairon, paroisse de Chesne : 12 feux et 2 députés et, Le Mont-Dieu, qui était un ensemble de fermes dans une forêt abbatiale : 8 feux et 2 députés. Les deux communautés villageoises sont convoquées indépendamment l'une de l'autre (et Bairon indépendamment de Le Chesne)Travaux de l'Académie impériale de Reims, Reims : P. Dubois & Cie et Paul Giret, vol.43, 1865-1866, & 2, & 237 . En 1790, la commune de Bairon-Mont-Dieu fut créée par la réunion de Bairon et du Mont-Dieu. Les deux sections de la commune étaient fort éloignées l'une de l'autre et, à sa création, cette commune ne comptait donc que 20 feux.

En 1824, le conseil général des Ardennes « estime qu'il y a lieu d'ordonner que les fermes de Bairon proprement dites seront distraites de la commune actuelle de Bairon et le Mont-Dieu, arrondissement de Sedan, et réunies à celui de Vouziers, en les incorporant aux communes limitrophes de ce dernier arrondissement. »Analyse des votes des conseils généraux de département, Ministère de l'Intérieur, session de 1824, Paris, impr. royale, 1825,

En 1829, la Chambre des députés, lors de la séance du , s'émeut de cette situation: « La commune de Bairon-Mont-Dieu, département des Ardennes, offre la circonscription la plus vicieuse : non-seulement elle est formée de deux sections qui n'ont aucun point de contact, et situées à une grande distance l'une de l'autre, mais chacune de ces sections est comprise dans les limites de deux arrondissements différents. Celle de Mont-Dieu, proprement dite, dépend de l'arrondissement de Sedan, tandis que celle de Bairon est enclavée dans l'arrondissement de Vouziers. Le territoire des deux communes et le ruisseau de Bar séparent les deux sections, et toute communication entre elles est ou impossible ou très difficile lors des débordements de ce ruisseau, Dans l'état actuel des choses la section de Mont-Dieu est éloignée de six lieues du siège de la justice de paix de Raucourt à laquelle elle ressortit, tandis que dans l'arrondissement de Vouziers elle est limitrophe de la commune de Chesne chef-lieu de canton.Les autorités locales ont émis le vœu unanime de la réunion de la section de Mont-Dieu à l'arrondissement de Vouziers.»

Le , le roi Charles X proclame une loi : « L'enclave de Bairon, dépendante de la commune de Bairon de Mont-Dieu, arrondissement de Sedan, département des Ardennes, est réunie à l'arrondissement de Vouziers, même département, et divisée entre les communes de Louvergny de Sauville et du Chesne ainsi qu'il est expliqué ci-après : […]. »

La population de la commune, les deux sections ensemble, se montait alors de 216Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, tome 3, Paris, impr. Baudouin, an XIII (1804), à 230 habitantsGuide pittoresque du voyageur en France: contenant la statistique et la description complète des 86 départements, tome 5, Firmin Didot, 1838, Livraison (Ardennes), . À Bairon, l'activité des forges y existe, alors, encoreDictionnaire géographique universel, Bruxelles : Sociétés de Paris, Londres et Bruxelles pour les publications littéraires, 1837, vol. 1, .

Le Mont-Dieu demeurait donc une commune. Lors de la construction du lac artificiel de Bairon, dont les travaux ont été entrepris en 1842 et terminés en 1846Ernest Grangez, Précis historique et statistique des voies navigables de la France et d'une partie de la Belgique, Napoléon Chaix, 1855, , le hameau de Bairon, ou ce qu'il en restait, fut englouti par les eaux.

Activités économiques Au début du , la forge de Bairon est active et moderne, comme l'indique une ordonnance de 1829, portant que de Bairon le sieur Pierre Lormier est autorisé à conserver et tenir en activité les usines à fer dites de Bairon, situées dans la commune de Bairon, arrondissement de Vouziers (Ardennes), sur l'étang de Bairon, alimenté par le ruisseau de Chagny. Ces usines sont et demeurent composées conformément aux quatre plans de masse et de détails joints à la présente ordonnance : 1°. d'un haut-fourneau pour fondre le minérai, allant au charbon de bois ; 2°. de deux feux de forge, allant aussi au charbon de bois ; 3°. d'une fenderie-laminoir, allant à la houille ; 4°. enfin d'un bocard à crasse.

Le lavoir du minerai des hauts fourneaux de Bairon possédait, depuis 1823 environ, un système de digues filtrantes pour l'épuration des eaux de lavage de minerai, le premier en date et l'un des deux seuls du département des Ardennes en 1827. Son bassin était triangulaire, à-peu-près équilatéral, et recevait les eaux par son sommet pour les rejeter par sa base. Les côtés du bassin, comprenant la digue filtrante qui formait la base, avaient environ de longueur; la digue avait un mètre et demi de hauteur, de largeur à sa base et un mètre à son sommetNote sur l'emploi des digues filtrantes pour l'épuration des eaux de lavage du minerai, par M. Parrot, Ingénieur au Corps royal des Mines, dans les Annales des mines: ou recueil de mémoires sur l'exploitation des Mines, Paris : chez Treuttel & Würtz, 1828, vol.4, .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Archives départementales des Ardennes — Tables décennales de l'état civil : Bairon-le-Mont-Dieu. . . . . —— L'on peut en lire de larges extraits dans la Revue de Champagne et de Brie, Arcis-sur-Aube, 1892, T.4, ; ; , — 1893, t.5, pour le : ; pour le , ; pour le , & & . . .

Articles connexes Liste des anciennes communes du département des Ardennes Lac de Bairon

Liens externes Le plan cadastral de 1818, aux Archives départementales des Ardennes : Section B (Le Mont-Dieu) , section C (Bairon & les fermes dispersées) , section D & E (Courte-Soupe & étang) et le tableau d'assemblage des 3 sections C, D & E, qui formaient le village de Bairon . Il manque la section A, qui contient l'ouest de la forêt domaniale du Mont-Dieu et La Ferme à Bar.

Catégorie:Ancienne commune dans les Ardennes Catégorie:Village englouti par une retenue d'eau artificielle en France Bairon Mont Dieu Catégorie:Village médiéval déserté