Morlanwelz-MariemontSelon un rapport du Collège Echevinal, il apparaît que de nombreux établissements industriels, notamment les célèbres charbonnages de la société de Mariemont, utilisaient le nom de Mariemont comme siège social. Cela entraînait : 1° des confusions et erreurs parfois préjudiciables, particulièrement dans les correspondances d'une grande partie de la population travaillant dans ces usines et charbonnages situés à Morlanwelz ; 2° l'existence d'usines dans des communes voisines sous la même dénomination, ainsi que des commerçants de ces communes employant également ce nom, ce qui, en se généralisant, brouillait complètement la localisation réelle du hameau de Mariemont. Par conséquent, l'Administration Communale a décidé, à l'exemple d'une autre commune du bassin du Centre, que Morlanwelz serait désormais désigné dans ses actes administratifs par la double appellation Morlanwelz-Mariemont . est une section de la commune belge de Morlanwelz, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie Morlanwelz (également Morlanwelz-Mariemont ) est une localité dont les premières mentions remontent au . Le territoire comprend notamment l’ancien hameau de Haine-Poterie, toponyme qui renvoie à une activité de poterie développée en bordure de la rivière Haine, dans une zone riche en argiles. Les formes anciennes du nom incluent Morlanwelz (1178) et Morlandiavadum (1321). Cette dernière forme se décompose en Morland probablement un anthroponyme médiéval et avadum, du latin vadum, signifiant « gué ». Le toponyme désigne donc originellement le « gué de Morland », ce qui correspond à un point de passage sur la Haine. En 1963, le nom Mariemont fut ajouté..

Géographie

Situation Morlanwelz se trouve à l'est de la province de Hainaut dans l'arrondissement de La Louvière situé dans la région du Centre.

Communes limitrophes

Géographie physique Morlanwelz se caractérise par un relief doux, une position charnière entre deux bassins hydrographiques et une structure géologique variée. La commune s’étend sur le versant nord‑est de la vallée de la Haine, avec une altitude qui oscille entre et sur les limites communales, mais qui atteint du côté de Mariemont. L’ensemble du territoire présente une altitude moyenne d’environ , avec un minimum de et un maximum de selon les données topographiques élargies du secteur.

Morlanwelz se situe sur une ligne de partage des eaux séparant le bassin de la Meuse (via la Sambre et le Piéton) et celui de l’Escaut (via la Haine). La Haine, rivière principale, traverse la commune mais est en grande partie canalisée et couverte dans la zone urbanisée. Deux affluents locaux le ruisseau de l’Olive et le Ry du Bois complètent ce réseau hydrographique. On y trouve également des sources d’eau ferrugineuse, témoignant d’une composition minérale particulière du sous‑sol.

Les sols sont limoneux sur les versants et alluvionnaires dans la vallée, constitués de dépôts quaternaires. Le sous‑sol est riche et stratifié : craie d’origine secondaire, houille prise dans des couches de grès et schistes, ainsi que sables et argiles tertiaires. La principale nappe aquifère se situe à la base des sables bruxelliens, utilisée pour l’alimentation en eau depuis 1877.

Le paysage ancien était dominé par la forêt Charbonnière, dont subsiste aujourd’hui le bois de Mariemont. La vallée de la Haine comportait autrefois des zones marécageuses, cohérentes avec l’étymologie évoquant un « pays de marais ».

Quartiers La Malaise, Baume-Marpent, Le Condu, Clos de l'Étoile, Mariemont, Les Droits de l'Homme, une rue porte le nom, Parc Borel, L'Étoile, Bascoup et La Réunion.

Lieux-dits Chauds Buissons, La Potrée, La Grattine, Cronfestu, Les Hayettes, Trô du Leu (Trou du Loup), Le Chien qui Pisse, Les Chaufours, Les Trois Arbres et La Lorraine.

Cités Cité des Épines, cité du Sacré-Cœur et la cité de l'Olive.

Bois Bois de l'Olive et Bois de Mariemont.

Terril Terril Sainte-Henriette et Terril des Boulangers.

Hydrographie L’hydrographie de Morlanwelz se caractérise par un réseau modeste mais structurant, organisé autour de la vallée de la Haine et de plusieurs petits affluents qui façonnent le relief local. La commune se situe sur la crête de partage entre deux bassins : celui de la Meuse (via la Sambre et le Piéton) et celui de l’Escaut (via la Haine).

La Haine, rivière principale de la région, traverse le territoire communal. Dans la zone urbanisée, elle est canalisée et en grande partie couverte, ce qui témoigne de son intégration ancienne dans le tissu industriel et urbain. Deux affluents notables y prennent place:

le ruisseau de l’Olive, qui irriguait autrefois le domaine de l’abbaye de Mariemont ; le Ry du Bois, issu du « Fond de l’Ermitage ». Ces cours d’eau appartiennent au réseau des cours d’eau non navigables tel que défini par le Réseau Hydrographique Wallon, qui recense et catégorise les écoulements visibles ou souterrains sur l’ensemble du territoire wallon.

Le sous-sol de Morlanwelz présente une nappe aquifère importante située à la base des sables bruxelliens, utilisée pour l’alimentation en eau potable depuis 1877. Le territoire comporte également des sources d’eau ferrugineuse, témoignant de la richesse hydrogéologique locale.

Enfin, les cartes hydrogéologiques régionales confirment la présence d’aquifères variés (calcaires du Carbonifère, niveaux aquifères du Dévonien, formations houillères), qui influencent la circulation souterraine de l’eau et les émergences locales.

Évolution démographique

Sources : NIS, Remarque : 1831 à 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre

Histoire vignette|Morlanwelz vers 1780.Morlanwelz possède une histoire longue et étonnamment riche, marquée par un passé rural, une romanisation précoce, une période féodale structurante et une industrialisation fulgurante au . Les premières traces humaines connues remontent à la préhistoire : plusieurs haches en silex ont été découvertes entre 1877 et 1893 sur le territoire communal, témoignant d’une occupation très ancienne. À l’époque romaine, la région est traversée par la chaussée Brunehault, une voie antique monumentale dont le tracé s’étend sur plus de à Morlanwelz-Mariemont. Sa largeur, variant de 9 à plus de selon les tronçons, illustre l’importance stratégique de cette route dans l’organisation du territoire gallo-romain. L'abbaye de l'Olive, fondée au début du (vers 1218-1220) par un ermite nommé Jean Guillaume ou Guillaume, elle devint un couvent de religieuses cisterciennes. Les moniales y ont très tôt exploité les réserves de charbon de leur domaine et des bois voisins, une activité minière pionnière pour l'époque qui dura jusqu'au . L'abbaye fut endommagée à plusieurs reprises puis finalement détruite et vendue comme bien national en 1794-1796 lors de la Révolution française’. Le Moyen Âge voit apparaître les premières mentions du nom Morlanwelz, dérivé du « gué de Morland », attesté dès 1211. Un château fort domine alors la vallée de la Haine du jusqu’en 1536, structurant la vie locale autour d’un noyau défensif et religieux : l’église, dont l’origine remonte au , sera reconstruite en 1863. Jusqu’au , Morlanwelz reste un village essentiellement agricole, organisé autour de ses terres, de ses hameaux et de son gué. À cet époque, un moulin seigneurial est construit en 1754 puis racheté le par la commune. Nicolas Warocqué vend le moulin le après avoir transformé en glacerie puis démoli en 1935.

La Société des Charbonnages de Mariemont-Bascoup tire ses racines de la fondation, en 1802, de la Société du Parc de Mariemont par Jean-Baptiste Hardenpont, Nicolas et Isidore Warocqué, Charles Duvivier ainsi que P.-F. Tiberghien. Placée sous la gestion de Nicolas Warocqué en qualité d'administrateur-gérant, l'entreprise s'agrandit rapidement grâce à l'intégration des concessions de Chaud Buisson en 1805 et de L'Olive en 1806, portant la surface d'exploitation à environ . L'essor de l'entreprise se poursuit sous la direction d'Abel Warocqué, fils de Nicolas. Il innove en dotant les différents sièges d'extraction d'un dispositif de son invention destiné à sécuriser et faciliter le transport vertical du personnel : la « warocquère ». Cet ascenseur à paliers remplace avantageusement l'utilisation des échelles et du cuffat, jugés respectivement trop exténuants et particulièrement dangereux. Un prototype de cette invention est d'ailleurs représenté aux côtés de la jambe gauche de la statue d'Abel Warocqué érigée sur la Grand-Place de Morlanwelz. Plusieurs générations de la famille Warocqué se succèdent ensuite à la tête de la société, parmi lesquelles Léon, Arthur, Georges et Raoul. C'est sous l'impulsion de Raoul Warocqué qu'intervient, en 1913, la fusion stratégique entre la Société de Mariemont et celle de Bascoup, établie à Chapelle-lez-Herlaimont. À son décès en 1917, la direction est confiée à Léon Guinotte, un ami d'enfance de ce dernier. L'histoire charbonnière du site s'achède dans la seconde moitié du : après la fermeture du puits numéro 7 de Mariemont en 1955, la compagnie s'associe aux charbonnages de Ressaix ainsi qu'à ceux de La Louvière et Sars-Longchamps pour constituer la SA des Charbonnages du Centre. Cette entité unifiée cesse définitivement ses activités en 1969, après une décennie d'exploitation.

Le , le prince Albert s'est rendu à Morlanwelz, où il a reçu l'accueil officiel du bourgmestre Raoul Warocqué. Cette visite a coïncidé avec les festivités marquant le centenaire de la fondation des charbonnages de Mariemont ainsi qu'avec l'inauguration de la ligne de tramway vicinale reliant Mariemont à Chapelle. Au cours de l'après-midi, sur la place place Roosevelt, le futur souverain a procédé à la revue de la garde civique et a salué l'industriel Valère Mabille. Le , la commune a accueilli le prince Léopold et la princesse Astrid à l'occasion du cent vingt-cinquième anniversaire des charbonnages de Mariemont, le couple royal traversant la Grand-Place à bord d'un véhicule décapotable en provenance de l'ancienne rue des Écoles. Quelques décennies plus tard, la Seconde Guerre mondiale a marqué durablement la localité, notamment le lorsqu'une colonne de blindés alliés est passée par Haine-Saint-Pierre, au niveau de l'établissement de La Bonne Femme, pour obliquer vers Cronfestu, emprunter la chaussée Brunehault et progresser en direction du Placard. Le lendemain, dans le quartier du Groseillon, douze résistants ont perdu la vie en tentant d'obtenir la reddition de soldats allemands à la suite d'un stratagème de l'adversaire. Les funérailles d'une partie de ces combattants ont été célébrées le suivant à Morlanwelz, où les dépouilles ont été inhumées dans la crypte située à l'arrière de l'église, au terme d'un cortège officiel mené par la gendarmerie, les représentants communaux et les ecclésiastiques, les cercueils étant portés par des membres de l'Armée secrète sous le regard d'une foule nombreuse et des écoliers formant une haie d'honneur.