thumb|200px|Monastère de Sucevița en Roumanie. L'église est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La peinture murale est une peinture monumentale dont le support est un mur intérieur ou extérieur, une voûte ou un plafond., par opposition à la peinture de chevalet qui est transportable. Cette peinture est en relation avec l'architecture.. L'artiste-peintre qui se spécialise dans cet art est appelé « peintre muraliste ».

La fresque est une technique historique importante de peinture murale dans laquelle l'artiste applique la couleur très rapidement sur un enduit de chaux encore frais, technique dite a fresco en italienLes techniques de la peinture murale.Marcel Stefanaggi. La peinture murale classique est réalisée a secco (sur un enduit sec). Par métonymie, le langage courant désigne par « fresque » la peinture murale en général et tout ouvrage de grandes dimensions. La peinture à l'huile, qui domine la peinture classique, peut s'appliquer sur des murs spécialement préparés.

Au , la plus grande partie de la peinture murale se trouve en extérieur, dans les créations plus ou moins éphémères de l’art urbain.

Généralités Définition La peinture sur des murs, tant intérieurs qu'extérieurs, semble avoir existé dès qu'il y a eu des murs ; certains la font remonter à l'art pariétal préhistorique .

Les hommes ont toujours cherché à peindre sur les murs, que ce soit pour des raisons religieuses, esthétiques ou mercantilesGuy Loumyer, Les traditions techniques de la peinture médiévale, 1914, 84..

Dans l'ensemble, et d'autant plus qu'elles sont monumentales, les peintures murales sont à peu près inamovibles. Il y a lieu de distinguer les peintures décoratives de celles qui font intégralement partie de l'architecture de l'édifice , comme les ouvertures en trompe-l'œil ou la quadratura des plafonds.

La peinture murale a son esthétique propre, qui la différencie de la peinture de chevalet. D'une part, la perspective peut être contrainte par la position de la peinture dans l'architecture, comme dans le cas des plafonds, ou du mur d'une pièce dans laquelle on ne peut reculer assez pour voir la peinture d'un coup d'œil. Certains choisissent de nier le mur, et d'organiser, à sa surface, un espace imaginaire ; d'autres préservent son évidence..

Techniques Les techniques de peinture murale varient selon les lieux et les époques. L'artiste utilise les matériaux disponibles à son époque ; mais alors que l'art médiéval respecte scrupuleusement les méthodes apprises dans les traités de l'Antiquité, le valorise la nouveauté et l'expérimentation avec les produits qu'invente la chimie .

Les techniques anciennes se divisent entre celles sur enduit humide, fresque et fresque à la chaux, et celles sur enduit sec, à la chaux, à la détrempe et à l'huile . La peinture moderne utilise aussi les liants résine et notamment les aérosols.

Conservation Les peintures sont moins solides que les murs sur lesquels elles sont peintes. Inamovibles, elles sont difficiles à entretenir. Depuis le milieu du , les efforts de restauration se basent sur le report de leur dessin sur un calque qui peut épouser le contour des voûtes, la copie réduite de ce calque et sa mise en couleurs à l'aquarelle.. La photographie permet, au , l'enregistrement d'un état des lieux depuis divers points de vue.

Histoire Jusqu'à une époque récente, l'histoire de la peinture murale est surtout celle de la peinture murale intérieure. Les peintures extérieures, soumises aux intempéries, ne se conservent pas sans des soins d'entretien pratiquement constants.

Antiquité Il ne reste que des traces des peintures murales grecques antiques, connues par la littérature. Des peintures murales romaines ont subsisté à Pompéi et Herculanum. Certaines ont été détachées et conservées aujourd'hui dans des musées, comme Pain et Figues, aujourd'hui au Musée archéologique national de Naples qui provient d'Herculanum.

Peinture murale classique vignette|Faux oculus a fresco, peinture plafonnante de La Chambre des Époux, palais ducal de Mantoue, Andrea Mantegna (1474). La peinture murale classique ne se distingue des autres peintures que par son support. Qu'elle soit peinte à fresque ou à l'huile, elle est réalisée à l'initiative des autorités qui gouvernent les murs ou les plafonds, municipales, ecclésiastiques, étatiques ou privées.

La peinture murale témoigne des préoccupations de chaque époque, art public ou privé, laïque ou religieuxYves Morvan, Montfermy: les peintures murales du sanctuaire, Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne, vol.93, , 1986, populaire ou élitiste, jouant un rôle social, voire politique.

Au Moyen Âge, . À cette époque, les églises étaient recouvertes intérieurement et extérieurement de peintures murales, au contraire du principe des pierres apparentes mis en pratique depuis la Renaissance. Au , Ludovic Vitet le fait remarquer, et Prosper Mérimée défend l'idée de leur conservation et la met en œuvre dans l'église abbatiale de Saint-Savin. ..

Mérimée propose aussi des lignes directrices pour les commandes publiques de peinture murale. De nombreux édifices religieux et civils construits au sont ornés de peintures murales . Horace Vernet peint le plafond de la Salle des Pas-perdus du Palais-Bourbon, Eugène Delacroix ceux de la bibliothèque et ceux de celle du Palais du Luxembourg, ainsi que les murs d'une chapelle de l'église Saint-Sulpice de Paris.

Muralisme mexicain

Le muralisme mexicain est un courant artistique des années 1920 inspiré par la peinture murale de la civilisation précolombienne et porté par les revendications sociales qui ont accompagné la révolution mexicaine de 1910.

Art urbain

On appelle « art urbain » les peintures murales contemporaines réalisées en extérieur, pour agglomérer aux productions artistiques reconnues par les institutions ou le marché de l'art celles issues de volontés individuelles, sans vouloir distinguer le graffiti politique, narcissique ou obscène de réalisations monumentales dans les mêmes lieux. Appropriation de l'espace public, l'art urbain a fait l'objet de règlements depuis des temps reculés ; il est ainsi interdit de graver son nom sur les parois d'un monument, les enseignes et le collage d'affiches sont soumis à des autorisations. Au , l'essor de la publicité entraîne l'emploi d'artistes pour peindre des images de réclames sur les murs aveugles. La romancière Irène Frain note au sujet des murs peints que . La publicité murale entraîne le paiement d'une taxe, qui finira, au par en libérer les murs.

En France, les affichages de la famille Dauphin fondés en 1921 par Eugène A. Dauphin, popularisent le mur peint. À la Libération, son fils Jacques Dauphin placarde les affiches de la Libération de Paris dans la capitale française. En 1947, la conduite d'Eugène Dauphin (alias le « Colonel Duc » dans la Résistance) vaut à ce dernier la concession des murs et des terrains en friche de la ville de Paris.. De nombreuses réalisations Dauphin sont ainsi créées en collaboration avec des artistes tout au long du ..

À partir des années 1970, des artistes peignent sur ces surfaces libres en Europe et en Amérique. Invoquant la volonté de sortir des musées et des lieux privés pour s'adresser à l'homme de la rue, ces artistes cultivent des thèmes et des styles populaires, souvent liés à des revendications sociales. Les autorités le traitent comme graffiti quand il n'est pas autorisé, et pour cette raison, les peintres sont anonymes ou s'abritent sous un pseudonyme. En 1967, entreprend à Chicago le monumental , qui provoque une flambée de réalisations murales et disparaît lui-même dans un incendie en 1971.

Les municipalités ou les propriétaires immobiliers promeuvent et financent des ouvrages de peinture murale, le plus souvent sur des murs aveugles, dans le but d'améliorer le paysage urbain..

En 1975, Maurice Cazeneuve, Jacques Dauphin, Christian Chavanon, Paul Delouvrier, Georges Elgozy, Roger Excoffon, Abraham Moles, ou encore André Parinaud fondent l'Académie Nationale des Arts de la Rue (ANAR), pour promouvoir les arts de la rueMise en page 5 - André Parinaud .

Sur des sites où la peinture murale non officielle est tolérée, comme au sur le Mur de Berlin, dont subsiste un tronçon de , l'East Side Gallery, les œuvres sont attribuées. Dans les années 1990, afin d'endiguer la prolifération des graffitis, le conseil municipal de Philadelphie, décida de céder quelques murs aux tagueurs. En 1981, Agnès Varda a réalisé un documentaire sur les peintures murales de Los Angeles : Mur murs.

Dans le monde Allemagne Le Mur de Berlin, construit à l'époque de la guerre froide, en 1961, pour séparer Berlin-Est de Berlin-Ouest, a été le support de nombreuses peintures, qui contestaient notamment sa présence. Après sa destruction en 1989, la majeure partie du mur a disparu, mais des fragments ont été conservés par des particuliers (les , « casseurs de mur »), par l'État allemand et par d'autres pays (Parlement européen à Bruxelles ; forEt Langley de la CIA aux États-Unis ; Centre de commerce mondial, à Montréal).

Le reste le plus connu du Mur est situé le long de la Sprée, entre la gare de l'Est et le pont de l'Oberbaum. Ce n'était pas une partie du mur externe, mais de ce que l'on a appelé le mur de l'arrière-pays, qui séparait la zone frontalière de la RDA avec Berlin-Est. En 1990, il a été transformé par des artistes internationaux en « East Side Gallery » et classé monument historique. Il n'y avait pas de mur extérieur à cet endroit, car la frontière était située sur la rive opposée de la Sprée.

Un autre fragment du mur (réel) se trouve le long de la Niederkirchnerstraße, dans le district centre, à proximité de la chambre des députés de Berlin. Il a aussi été classé monument historique en 1990.

Un style particulier de peinture murale, Lüftlmalerei, propre à la Bavière surtout, consiste en une décoration parfois en trompe-l'œil de façades.

Installé en Allemagne de l'Est de 1968 jusqu'à sa mort, le peintre républicain espagnol exilé Josep Arnau y importe les techniques du muralisme mexicain, réalisant notamment trois grandes œuvres monumentales à Halle, dans le quartier de Halle-Neustadt.

Grande-Bretagne Dans les années 1920, des artistes passés par le Royal College of Art et la Central School of Arts and Crafts, tels que Eric Ravilious, , , Charles Mahoney (1903-1968), exécutent de nombreuses œuvres murales à Londres ou dans la campagne.

L'artiste Banksy réalise, sans autorisation, des pochoirs, des peintures qui expriment ses opinions sur les murs des villes britanniques et d'Amérique du Nord.

Belgique

Louvain-la-Neuve accueille plusieurs œuvres de peintures murales monumentales, notamment de Roger Somville, Claude Rahir, Guillaume Bottazzi, Irie Tatsuya, Roxana Alvarado, Paul Neeffs, Jean-Marc Collier, Francisco Rivero, François Schuiten, Frank Pé, Thierry Bosquet, sans compter des reproductions monumentales de peintures de Paul Delvaux.