Le Brésil avant la colonisation
Les territoires constituant l'actuel Brésil furent occupés il y a quelque selon les dernières découvertes archéologiques de ces vingt dernières années effectuées dans la région riche en sites préhistoriques tel que celui de Pedra Furada du parc national de Serra da Capivara (classé Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO en 1991) situé au Sud-est de État du Piaui (centre du Brésil).
Avant l'arrivée des Européens, le territoire était occupé par des tribus amérindiennes dont la plupart étaient semi-nomades et vivaient de chasse, de cueillette et d'une agriculture sur brûlis ; lorsque les terres commençaient à montrer des signes d'épuisement, la tribu se déplaçait, laissant la nature reprendre ses droits : l'ouest était peuplé de tribus d'Indiens Pano ; les régions orientales et méridionales de tribus d'Indiens Jê ; la côte est et le bassin amazonien de tribus d'Indiens Tupis et Guaranis ; le nord de tribus d'indiens Arawaks et Caraïbes.
Colonisation du Brésil En 1493, le pape Alexandre VI attribue à partir d'une ligne imaginaire nord-sud à 100 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert, les terres en deçà aux Portugais, au-delà aux Espagnols. : L'Espagne et le Portugal signent, contraints par le pape Alexandre VI, le traité de Tordesillas, par lequel, ces deux puissances s'entendent sur le partage des territoires du Nouveau Monde : tout ce qui serait découvert à l'ouest de la longitude 50° appartiendrait à l'Espagne, et tout ce qui serait à l'est (Afrique comprise) appartiendrait au Portugal. En fait, la papauté avait attribué non pas des zones de colonisation, mais des zones d'évangélisation, distinction subtile qui ne résista pas aux appétits des deux puissances européennes.
Dès le , le navigateur espagnol Vicente Yáñez Pinzón touche terre sur un site près de l'actuelle Recife, et remonte la côte vers le nord jusqu'à l'embouchure du fleuve Orénoque, mais conformément au traité de Tordesillas, tous ses territoires furent attribués au Portugal sans revendication de l'Espagne. Le , l'amira portugais Pedro Alvares Cabral, fuyant une tempête, débarque sur le site de Porto Seguro (au sud de l'actuelle Salvador). Il prend possession du territoire au nom du Portugal et du roi Manuel le Fortuné et le baptise Terra da Vera Cruz (Terre de la Vraie Croix). En 1501, le Portugal envoie l'Italien Amerigo Vespucci pour effectuer la reconnaissance des côtes du nouveau territoire. Il rapporte en Europe le bois de brésil (bois de brésillet) qui produit une teinture rouge qui sera très prisée et qui donnera son nom au nouveau territoire. En 1503, des marins français de Dieppe et de Honfleur, puis peut-être le Malouin Jacques Cartier, se rendent sur les côtes du nouveau territoire portugais dans l'espoir de faire commerce du bois brésil (ou bois de pernambouc), tout en bravant les navires de guerre portugais qui croisent dans les parages. Ils occupent un petit îlot près du Pernambouc, l'actuelle Recife, et certains d'entre eux, les truchements restent sur place et s'installent le long des côtes, se mélangeant aux indigènes. En 1530, le bois brésil ne suffisant plus à assurer le développement économique du nouveau territoire, le roi Jean III de Portugal (João III) le confie à de grands seigneurs (les donataires) qui accordent de vastes domaines à des colons, à charge pour eux d'y faire cultiver la canne à sucre. En 1532, Martim Afonso de Sousa fonde le premier village de colonisation : la Vila de São Vicente (État de São Paulo). En 1548, le roi Jean III de Portugal (João III) dit « le Pieux », décide d'un programme de colonisation du nouveau territoire. Il crée un gouvernement général du Brésil, qui prend en charge les pouvoirs conférés précédemment aux grands seigneurs donataires, afin de maintenir la cohésion des colonies éparpillées le long des côtes du nouveau territoire. De 1549 à 1553, Tomé de Sousa, premier gouverneur général du Brésil, organise un gouvernement central à partir de la nouvelle cité de Salvador récemment fondée. Il entreprend une profonde réforme de l'administration et de la justice. En 1550, un premier groupe d'esclaves africains arrive à Salvador. En 1554, fondation de la mission Pátio do Colégio à l'origine de la ville de São Paulo, au sud de Salvador, à partir de laquelle les jésuites entreprennent d'évangéliser les Indiens de l'intérieur du territoire. Ils utilisent de petites pièces de théâtre comme outil pédagogique, pour infiltrer et conquérir les Indiens brésiliens Le père jésuite José de Anchieta (1534-1597) est l'auteur de la première grammaire du tupi, la langue prédominante chez les Indiens À partir du , une expédition française, forte de 600 colons huguenots, et dirigée par Nicolas Durand de Villegagnon, seigneur de Torcy et vice-amiral de Bretagne, s'établit, dans la baie de Rio, pour constituer le point de départ d'une colonie nommée France antarctique. Partie du Havre et soutenue financièrement par les marchands de Normandie, elle convoite le fameux bois de brésil utilisé pour teindre leurs draps. En 1557, un deuxième contingent, composé de protestants calvinistes et de femmes, rejoint la colonie. Cette arrivée est le début d'une guerre civile désastreuse entre catholiques et protestants, préfigurant le massacre de la Saint-Barthélemy. Les Portugais finissent par détruire la colonie divisée en mars 1560, et réussissent à expulser tous les Français de la baie de Rio en 1565. Ils construisirent une forteresse côtière pour empêcher d'éventuelles nouvelles incursions étrangères, et fondèrent la cité de Rio de Janeiro en 1567. En 1570, un décret garantit la liberté des Indiens, mais la loi et la volonté de l'appliquer ne sont pas suffisantes pour empêcher les violences qu'ils continuent à subir. En 1580, le roi Philippe II d'Espagne hérite de la couronne du Portugal, et cet événement marque jusqu'en 1640, une période d'union des deux royaumes, lors de laquelle le Brésil dut faire face à de nombreuses agressions anglaises, hollandaises et françaises. De 1594 à 1615, le protestant Daniel de La Touche, seigneur de la Ravardière, tente à nouveau d'établir une colonie française dans l'île de Maranhão, où il fonde en 1612 la cité de Saint-Louis de Maranhão (São Luís do Maranhão, autour du fort Saint-Louis, mais il est finalement forcé de capituler le devant les Portugais commandés par Jerônimo de Albuquerque, alors qu'il avait demandé en vain des renforts au roi Louis XIII de France.
vignette|400px|Esclaves travaillant dans une plantation néerlandaise de canne à sucre dans la colonie de Pernambouc (Nouvelle-Hollande), 1643. En 1624, une flotte hollandaise s'empare de Bahia, qui est reconquise en 1625 par une armée composée de forces portugaises, espagnoles et indiennes. En 1630, une expédition financée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales prit Pernambuco (l'actuelle Recife), Olinda, et les territoires côtiers compris entre l'île de Maranhão et le fleuve Rio São Francisco. Les Hollandais, sous le gouvernement de Jean-Maurice de Nassau-Siegen occupèrent leurs conquêtes plusieurs années et les firent prospérer. En 1644, le gouverneur Jean-Maurice de Nassau-Siegen démissionne pour protester contre l'exploitation à outrance menée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales, et dès son départ, les colons portugais soutenus par le Portugal (redevenu indépendant de l'Espagne en 1640), se soulèvent contre le pouvoir hollandais, et après dix années de combats, les Hollandais se retirent, mais ne renoncent définitivement à leur revendication territoriale qu'en 1661. Durant le , l'activité des Jésuites se délocalise de São Paulo vers Salvador, première capitale du Brésil colonial. Une vie culturelle et littéraire commence à se développer dans la couche sociale la plus élevée de la ville : propriétaires terriens, hauts fonctionnaires, officiers supérieurs et clergé. En 1674, les Bandeirantes (explorateurs) commencent l'exploration de l'intérieur des vastes terres du Brésil. En 1680, une expédition portugaise, violant le vieux traité de Tordesillas, fonde une colonie au sud de la rive orientale du Rio de la Plata, et est à l'origine d'une longue série de troubles qui ne s'achève qu'en 1828 avec la création de l'Uruguay. En 1690, les premiers gisements d'or sont découverts.
En 1705, d'importants gisements d'or et de pierres précieuses sont découverts, dans les Minas Gerais, ce qui permet au Brésil de devenir rapidement le premier producteur d'or du monde. En 1711, le corsaire malouin René Duguay-Trouin s'empare de Rio de Janeiro et la restitue aux Portugais, trois mois plus tard, contre le paiement d'une rançon. Durant le , le centre économique et culturel du Brésil colonial se déplace vers les Minas Gerais. L'intensification de l'exploitation de l'or est alors concentrée autour de trois villes : Vila Rica (actuellement Ouro Preto), capitale de la province, Sabará et São João del-Rei. En 1743, une carte de l'Amazone est dessinée par Charles de la Condamine. En raison des besoins en main d'œuvre pour l'exploitation des mines, de puissantes bandes armées s'en prennent aux missions créées par les jésuites afin d'asservir les Indiens évangélisés qui s'y trouvent. En 1760 : Les jésuites sont expulsés du Brésil afin de casser leur puissance économique et leur influence politique. Les gisements miniers commencent à s'épuiser et sont progressivement abandonnés. En 1763, la capitale est transférée de Salvador à Rio de Janeiro. En 1775, l'esclavage des Indiens est aboli, mais il est remplacé par une main d'œuvre servile en provenance de l'Angola, autre colonie portugaise des côtes africaines. Jusqu'en 1850, la traite des esclaves noirs touche près de trois millions et demi d'êtres humains, qui sont arrachés du continent africain pour être asservis et vendus aux planteurs brésiliens. En 1789, dans l'État du Minas Gerais, des révolutionnaires (commerçants, intellectuels, francs-maçons...), menés par Joaquim José da Silva Xavier, appelé le Tiradentes (dentiste ou arracheur de dents), essaient d'organiser un soulèvement populaire pour exiger l'indépendance du Brésil, c'est l’Inconfidência Mineira (la « défiance des habitants du Minas Gerais »). Ce soulèvement échoue en raison de la trahison de l'un des meneurs. Tiradentes fut exécuté, mais devint le célèbre martyr de l'indépendance brésilienne, encore loué et chanté aujourd'hui par les écoles de samba, lors de la fête annuelle du . Le Brésil connaît à cette époque une très importante effervescence politique, sociale et culturelle. De nombreux groupes, sociétés et académies sont créés, marquant le début d'une vie littéraire et culturelle nationale, jusqu'alors très dépendante du Portugal.
Lorsqu'en 1806, l'empereur des Français Napoléon décrète le blocus continental contre le Royaume-Uni, le royaume de Portugal refuse d'adhérer à cette opération. En novembre 1807, fuyant les avancées de l'armée de Napoléon, la reine, le prince-régent et la famille royale quittent le Portugal pour le Brésil et y transfèrent le siège du royaume. Bientôt suivie par la cour, la reine s'installe à Rio de Janeiro en 1808. Fils aîné de l'héritier de la couronne, dom Pedro grandit donc au Brésil, dans le climat d'effervescence politique du Nouveau Monde et s'éprend de la colonie portugaise. Le est proclamé le Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves, la reine élevant le Brésil au rang de royaume, uni à celui de Portugal. En 1816, le prince-régent, à la mort de la reine Marie , devient le nouveau roi de Portugal, du Brésil et des Algarves, sous le nom de Jean VI de Portugal (João VI). En 1820, une révolution éclate au Portugal et les révoltés exigent le retour du roi au Portugal.