Imogen Cunningham, née le , à Portland dans l'État de l'Oregon, et morte le à San Francisco dans l'État de Californie, est une photographe et enseignante américaine.
Elle est avec Margaret Watkins, Toni Frissell, Louise Dahl-Wolfe, Laura Gilpin, Berenice Abbott, Dorothea Lange, Sonya Noskowiak, Alma Lavenson, une des premières photographes américaines de renom qui ont su se faire une place dans un secteur principalement dominé par les hommes.
Elle est une des figures majeures du pictorialisme avec les photographes Clarence Hudson White, , Edward Steichen, Alice Boughton, Gertrude Käsebier et Anne Brigman.
Imogen Cunningham fait partie des membres fondateurs du groupe f/64 avec Edward Weston, Ansel Adams, Willard Van Dyke, John Paul Edwards, Sonya Noskowiak et autres.
Biographie Jeunesse et formation Imogen Cunningham la cinquième des dix enfants d'Isaac Burns Cunningham, un fermier originaire du Missouri, et de Susan Elizabeth Johnson épouse Cunningham.
Isaac Burns Cunningham nomme sa fille Imogen comme la fille du roi Cymbeline de la pièce de Shakespeare du même nom.
Isaac Burns Cunningham est un autodidacte quelque peu excentrique doublé d'un libre penseur pratiquant la théosophie et le végétarisme. Il est farouchement opposé à toute religion constituée, alors que Susan Cunningham est une illettrée qui passe ses journées aux tâches ménagères.
Isaac Burns Cunningham encourage ses enfants à développer leur curiosité intellectuelle ; grâce à lui Imogen Cunningham lit la Bible, Shakespeare et Dante.
En 1887, Isaac Burns Cunningham emmène sa famille rejoindre la Colonie coopérative de Puget Sound situé à Port Angeles dans le détroit de Juan de Fuca. Sa tentative de développer une ferme échoue et en 1889, il conduit sa famille à Seattle, dans l'État de Washington où ils s'installent dans le quartier de Queen Anne. Il crée une entreprise forestière et de commerce du charbon.
Les débuts de photographe gauche|vignette|270x270px|Portrait photographique de Gertrude Käsebier, pris dans les années 1890. Malgré l'éloignement de la ferme de ses parents elle parvient à achever ses études secondaires. Avant qu'elle envisage de suivre des études universitaires, elle déclare à son père qu'elle veut être photographe, vocation qui lui est venue après avoir vu des photographies de Gertrude Kasebier. Isaac Burns Cunningham, accepte son choix, il lui offre un appareil photo 4 x 5 et aménage une chambre noire dans une de ses dépendances et lui achète un manuel d'utilisation publié par l'International Correspondence School in Scranton, branche de l', ce sont les premiers pas d'Imogen Cunningham dans la photographie.
Études universitaires À la fin de l'année 1899, après l'obtention de son diplôme de fin d'études secondaires à la , Imogen Cunningham entre à l'université de Washington de Seattle, elle voudrait suivre des cours sur les arts, mais à défaut, elle suit des cours sur la chimie. Pour gagner sa vie, elle travaille comme secrétaire de son professeur de chimie Horace Greeley Byers, et pour cela apprend la dactylographie et la sténographie. Elle découvre la botanique en passant les diapositives de son professeur de botanique T.C. Frye Elle obtient son baccalauréat universitaire en 1903 avec la mention cum laude, son mémoire de fin d'étude a pour titre .
Carrière professionnelle vignette|287x287px|Portait photographique de Edward S. Curtis pris en 1899
Les débuts Son diplôme obtenu, elle travaille au studio d'Edward S. Curtis, photographe spécialisé dans les clichés d'Amérindiens, elle y apprend notamment la retouche des négatifs et les procédés de tirage platine-palladium.
En 1909, Imogen Cunningham reçoit une bourse décernée par la sororité d'un montant de bourse complétée par un prêt de 250 $ accordé par le Washington Womens Club, ce qui lui permet de partir pour Dresde (Allemagne) où elle étudie la photochimie à l' université technique de Dresde sous la direction de . Elle y développe une technique de papier d'impression couché au lieu d'utiliser les sels de plomb et de platine bon marché qu'elle publie dans une revue allemande titrée About the direct development of platinum paper for brown tones. gauche|vignette|264x264px|Portrait photographique de Alvin Langdon Coburn pris en .
Paris et Londres En , Imogen Cunningham se rend à Paris avec son appareil Kodak, elle prend des photos entre autres de Notre Dame et les pièces d'eau et fontaines du Château de Versailles, puis en , elle part pour Londres pour rendre visite au photographe pictorialiste Alvin Langdon Coburn dans son studio de Hammersmith, elle en profite pour photographier divers sites de Londres comme le Sphynx en face de la et les fontaines de Trafalgar Square.
Retour aux États-Unis vignette|267x267px|Autoportrait d'Alfred Stieglitz pris en 1907. De retour aux Etats-Unis, Imogen Cunningham se rend à New York où elle visite la Galerie 291 créée par Alfred Stieglitz, ce dernier étant le photographe le plus influent de l'époque. Elle revient à Seattle courant , elle loue un cottage dans le quartier de First Hill où elle ouvre son studio spécialisé dans les clichés de portraits et de nus. Influencée par les préraphaélites, le pictorialisme, la poésie de William Morris et le mouvement de la Photo-Secession, elle vêt ses modèles de costumes exotiques sur des fonds forestiers. Elle devient membre de la Seattle Fine Arts Society (connu depuis 1946 sous le nom de ). Avec le soutien de la Society of Seattle Artists elle expose ses clichés d'artistes et d'écrivains. La plupart de ces négatifs sont perdus, voire détruits lors de son emménagement à San Francisco. gauche|vignette|275x275px|Eve Repentant cliché de Imogene Cunningham En 1910, la publication de sa photo Eve Repentant, crée la controverse.
Le pictorialisme vignette|236x236px|Autoportrait d'Edward Steichen. Dès 1911, Imogen Cunningham fait sienne la citation d'Auguste Rodin . Les photographes pictorialistes tels que Clarence Hudson White, , Alice Boughton et Anne Brigman auront une grande influence sur son œuvre. Elle rejoint le mouvement dit de la Photo-Secession, dont les idées et photographies sont diffusées par la revue Camera Work, elle y publie ses clichés Morning Mist et In Moonlight.
Son choix du Nu vient probablement de ses jeunes années où elle a suivi des cours de dessin et aussi de son séjour à Dresde où elle a pu visiter des expositions du groupe artistique Die Brücke dont les peintures ont pour thèmes les nus dans les paysages ou en train de se baigner et de se détendre. L'un de ses premiers clichés de nus Reflections représente un homme, une femme et un enfant sur la rive d'une rivière et est publié par le en 1915.
La théosophie Son choix de représentations de la nature la conduit à s'intéresser à la théosophie dont l'une des croyances fondamentales est la quête du divin à travers une vision mystique de la nature. Elle suit l'enseignement d'une des adeptes de la Théosophie, Clare Shepard, qui prétend être une voyante. Imogen Cunningham lit les divers opuscules qu'elle rédige. Elle prend un cliché de Clare Shepard titré The Vision qui pour elle représente ses premiers pas dans la théosophie.
La féministe vignette|282x282px|Morning Mist and Sunshine, cliché d'Imogen Cunningham. En 1913, Imogen Cunningham publie un manifeste féministe, . Dans ce manifeste, elle fait preuve d'un engagement indéniable envers le féminisme, elle y lance un appel pour que les femmes puissent accéder à tous les emplois qu'ils soient artistiques, commerciaux, industriels, qu'elles ne soient plus cantonnées aux « 3 K » . Pour elle la photographie ne pourrait être préemptée par les hommes, hommes comme femmes y ont des droits égaux. gauche|vignette|287x287px|Reflections cliché d'Imogen Cunnigham publié en 1915 dans le journal Town Crier
Premières expositions vignette|261x261px|Portrait photographique de Clarence Hudson White. En 1913, Imogen Cunningham écrit à Alvin Langdon Coburn pour lui demander s'il serait possible d'organiser une exposition de ses photographies à la Seattle Fine Arts Society. Coburn lui envoie une lettre de recommandation qu'elle présente au photographe pictorialiste Clarence Hudson White ; ce dernier lui répond non sans quelque dédain et poliment lui conseille de contacter Alfred Stieglitz ; cependant, il la recommande auprès du comité de rédaction du Wilson's Photographic Magazine et du magazine Platinum Print, tous deux créés par ; ce dernier répond favorablement à Imogen Cunningham. En le Wilson's Photographic Magazine publie plusieurs de ses photographies avec des commentaires d'Alvin Langdon Coburn.
En 1914, ses premières expositions se tiennent au Portland Art Museum dans l'Etat de l'Oregon et au Brooklyn Institute of Arts and Sciences.
George Roy Partridge est un ami de la théosophe Clare Shepard et de qu'il a eu comme étudiants, ce groupe se nomme la "Triad". En 1910, ils partent en Europe étudier à Munich puis à Rome et enfin à Paris durant l'année 1911. Alors que John Butler retourne aux Etats-Unis, Roi Partridge reste à Paris pour approfondir le métier de graveur. Dès qu'il retourne à Seattle, Imogen Cunningham et Clare Shepard organisent en 1913 une exposition des dessins et gravures de Roi Partridge. C'est à partir de ce moment que Roi Partridge et Imogen Cunningham commence à entamer une correspondance. Bien qu'ils ne se soient jamais rencontrés Roi Partridge développe une passion amoureuse envers Imogen Cunningham et lui propose le mariage. La cérémonie a lieu le dans le studio de John Butler.
Le Scandale Imogen Cunningham engage Roy Partridge comme modèle, elle prend plusieurs photos ayant pour fond la côte nord du Pacifique, ils font une excursion au Mont Rainier, arrivés, Roy Partridge se déshabille et pose nu. La publication d'une de ces photos par le Town Crier intitulée The Bather représentant Roy Partridge dans une posture rappelant Narcisse crée un scandale tel qu'Imogen Cunningham retire le négatif de la circulation pendant cinquante ans.
Imogen Cunningham n'est pas la seule à prendre des photos de nus sur fond de paysage, Anne Brigman fait de même mais avec des femmes nues souvent à cheval avec des visages angoissés rappelant les traditions mythiques aux interprétations allégoriques multiples. En revanche, Imogen Cunningham présente les corps sans détour.
San Francisco En 1918, Imogen Cunningham a travaillé pour Francis Bruguière qui réside à San Francisco. entre deux voyages, elle expose dans la revue Camera Work l'esthétique de plusieurs artistes tels que Marius de Zayas ou Paul Strand. À la même époque, elle s'intéresse au mouvement futuriste et à d'autres artistes exposés lors de l'Exposition internationale de Panama-Pacific. Elle rencontre le collectionneur Frederic C. Torrey qui a acheté Nu descendant l'escalier de Marcel Duchamp dans sa résidence de Berkeley en Californie.
Fruitvale gauche|vignette|283x283px|Edward Weston en train de prendre une photographie. vignette|258x258px|Photographie de Johan Hagemeyer prise aux environs de 1923, Dans un premier temps, Imogen Cunningham et sa famille s'installent à . Roy Partridge est embauché par le Mills College où il enseigne la peinture et le dessin. Ils font la connaissance de Maynard Dixon et Dorothea Lange et d'autres photographes résidant dans la baie de San Francisco. En 1920, Imogen Cunningham et Roy Partridge deviennent les amis de Edward Weston, de sa compagne , d’Ansel Adams et de . Avec Anne Brigman ils entament de longues discussions autour de l'esthétique de la photographie.
Première commande commerciale En 1921, le maitre de ballet Adolph Bolm demande à Imogen Cunningham de photographier sa compagnie de ballet. Pour cela elle fait venir la troupe sur le terrain en face du Palace of Fine Arts, ses clichés sont semblables à ceux pris par d'autres photographes publiés par Vanity Fair, tels que Adolf de Meyer, ou Arnold Genthe.
Nouvelles orientations vignette|250x250px|Photographie de Georgia O'Keeffe prise en 1930