Alstom est une multinationale française, spécialisée dans le secteur des transports, principalement ferroviaires (trains, tramways et métros), secteur dont elle est le deuxième acteur mondial, devant l'allemand Siemens depuis le rachat de son concurrent canadien Bombardier en 2021, et derrière le leader chinois CRRC Corporation Limited.
Alstom faisait partie du groupe Alcatel-Alsthom, nouveau nom de la Compagnie générale d'électricité (CGE), avant la mise en commun de ses activités avec une partie du groupe britannique General Electric Company (GEC) prenant le nom de GEC-Alsthom. Elle est ensuite introduite en bourse en tant que société autonome.
À l'origine Als-Thom, contraction d'« Alsace » et de « Thomson », devenu Alsthom, était le résultat de la fusion, réalisée en , d'une partie de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM) basée à Mulhouse puis à Belfort, spécialiste de la construction de locomotives, et de la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston (CFTH), société franco-américaine spécialiste des équipements de traction électrique ferroviaire et de la construction électromécanique. Elle devient Alsthom en 1932, puis Alsthom Atlantique en 1976, puis GEC-Alsthom en 1989 et Alstom depuis 1998..
Entre 2014 et 2018, General Electric rachète les activités « Énergie » d’Alstom, c'est-à-dire Alstom Power et Alstom Grid, notamment le site de BelfortFeu vert de la Commission Européenne et du Department of Justice américain à l’accord entre Alstom et General Electric, alstom.com, . Dans le cadre de ce rachat, les activités de signalisation ferroviaire de General Electric « GE Signalling » sont reprises par Alstom.
Le , Alstom finalise le rachat et l'absorption de son concurrent canadien Bombardier Transport. Cette acquisition donne naissance à un géant industriel, numéro deux mondial du ferroviaire.
Historique Création et développement
André Koechlin ouvre un atelier de construction de locomotives à Mulhouse en 1839. Les affaires se développent vite et André Koechlin & Cie fusionne avec les ateliers de Graffenstaden pour créer la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM). L'annexion de l'Alsace-Moselle par l'Allemagne, en 1871, entraîne la création de la nouvelle usine SACM à Belfort dans les années 1878-79, pour conserver les clients français sans droits de douane.
En 1879-1880 aux États-Unis, Elihu Thomson et Edwin J. Houston s'associent pour créer une société d’électricité, la Thomson-Houston Electric Company, spécialisée dans la construction de machines magnéto-électriques : dynamos et moteurs à courant continu dans un premier tempsBibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), section : Centre de documentation d'histoire et techniques environnementales (CDHTE), voir le Journal universel d'électricité, 1881, 395, rubrique où il est retranscrit une lettre émanant de adressée concernant un différend sur l'invention d'un petit moteur à courant continu à organes sphérique disposés sur le rotor., puis alternateurs et moteurs à courants alternatifs monophasés, diphasés et triphasés par la suite. Ils adoptèrent les courants alternatifs rapidement comme standard six mois avant même que Thomas Edison ouvrît sa première centrale électrique à courant continu à New York.
En 1893, la traction électrique ferroviaire commence à prendre un certain essor. La Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston (CFTH) est créée en s’associant à l'américain General Electric. En 1895, trois premiers brevets sont déposés par la nouvelle sociétéBibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), , périodique : L'Industrie électrique, 78, , où il est fait mention de trois brevets déposés par cette compagnie.. Plus d'une trentaine d'autres brevets seront déposés par la suite par cette société sur une vingtaine d'annéesBibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), , périodique : L'Industrie électrique de 1895 à 1920..
En 1904-1905, la CFTH rachète les établissements Postel-VinaySur les plaques des moteurs postérieurs à cette date il était inscrit : . Il est à remarquer que la phrase : n'a jamais été inscrite sur les plaques, d'où l'abréviation CFTH. Mais le nom réel de l'entreprise était bien la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston., une entreprise qui était elle aussi spécialisée dans la construction de moteurs électriques et de dynamos.
En 1925, la société Vetra, un constructeur de trolleybus, est créée.
vignette|Les générateurs électriques d'Alstom (SACM) dans la centrale thermique de Ronchamp dans les années 1920. En 1928, Thomson-Houston fusionne avec une partie de la SACM pour former une nouvelle entreprise. Ce sera Als-Thom, contraction d'Alsace-Thomson, société de construction électro-mécanique.
En 1932, l'atelier de constructions de locomotives Constructions électriques de France (CEF) fusionne avec Alsthom. La même année, Alsthom construit pour la Compagnie générale transatlantique les moteurs du Normandie, paquebot transatlantique construit par les Chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire. Ces moteurs sont parmi les plus grands jamais construits dans le monde. En 1937, Als-Thom absorbe Vetra.
En 1958, une direction générale arrive à la tête d'Alsthom, dont le siège est situé avenue Kléber à Paris, avec Georges Glasser qui inaugure une nouvelle ère et de nouvelles méthodes de direction avec des restructurations internes.
Filiale de la Compagnie générale d'électricité thumb|Arbre généalogique simplifié d'Alstom. En 1964, la Compagnie générale d'électricité (CGE) et Alsthom créent trois filiales communes se répartissant des fabrications différentes : Alsthom-Savoisienne (transformateurs et machines électriques), Delle-Alsthom (appareillages moyenne tension) et Unelec (appareillages basse tension).
En 1969, la CGE, qui avait absorbé Alcatel en 1966, devient l'actionnaire majoritaire d'Alsthom.
En 1972, Alsthom absorbe Brissonneau et Lotz.
La fusion des Chantiers de l'Atlantique et d'Alsthom donnant naissance au groupe Alsthom-Atlantique intervient en , soit deux mois après le début de l'entrée en négociation.
À partir de 1977, la Compagnie électro-mécanique est progressivement absorbée par AlsthomCécile Katz, Jean-Pierre Elie, Dominique Hervier, Pierre Tourneboeuf, Seine-Saint-Denis – Territoire d'usines, Creaphis éditions, 2003, 216 , 68. Yves Bouvier, Qui perd gagne : la stratégie industrielle de la Compagnie Générale d’Électricité dans le nucléaire, des années 1960 à la fin des années 1980, sur le site comite-histoire.minefi.gouv.fr, consulté le .Laurent Godot, , 2003, sur le site amd.belfort.free.fr, consulté le .Jacques Marseille, Albert Broder, Félix Torres, Alcatel-Alsthom – Histoire de la Compagnie Générale d’Électricité, éd. Larousse, Paris, 1992, , 404., qui devient CEM-Alsthom en 1983.
En 1982, la CGE est nationalisée. Le capital est détenu par l'État jusqu'à la privatisation de 1987.
En 1987, Alsthom fait l'acquisition de la division ferroviaire de Jeumont-Schneider comprenant Carel Fouché Industries, MTE et Schneider-Jeumont Rail.
En 1989, Alsthom fusionne avec la branche GEC Power Systems du groupe britannique General Electric Company et devient ainsi, sous le nom de GEC Alsthom, une coentreprise paritaire franco-britannique, filiale commune de GEC et de la CGE. En 1991, la CGE se rebaptise Alcatel Alsthom.
En 1994, la société achète 51 % des actions du constructeur ferroviaire allemand (LHB), de Salzgitter, à sa société mère Preussag. Puis en 1997, Alsthom acquiert le solde des actions, soit 49 % du capital, et LHB prend le nom d'Alstom LHB.
Entreprise indépendante En 1998, les deux maisons mères choisissent de se recentrer sur leurs métiers de base, l'électronique de défense pour GEC (renommée Marconi Plc en 1999) et les télécommunications pour Alcatel Alsthom, et décident de vendre en bourse (à Paris, Londres et New York) la majorité (52 %) du capital de GEC Alsthom, en conservant chacune 24 %. Avant son introduction en Bourse, les deux maisons mères se partagent de francs de bénéfice exceptionnel. Le chiffre d'affaires de GEC Alsthom va frôler les de francs et son effectif dépasser . Ce fut la plus grosse opération d'introduction en bourse d'une société européenne, en dehors des privatisations.
La nouvelle société, ainsi indépendante, décide de prendre le nom d'Alstom, sans h, laissant de côté ses origines (le « Thom » dans le nom de 1929 est celui de Thomson). Alcatel Alsthom, quant à elle, se renomme Alcatel. À cette occasion, Alstom reprend à son ancienne maison-mère l'entreprise Cegelec (pour de francs, ingénierie et systèmes, effectif de )Alstom revient de loin, sur Le Figaro, qui deviendra un an plus tard Alstom Entreprise puis Alstom Contracting.
En 1998, Alsthom achète à la famille De Dietrich plus des deux tiers des actions de De Dietrich Ferroviaire située à Reichshoffen en Alsace, ce qui donne naissance à Alstom DDF.
Au moment où le groupe Alsthom devient Alstom en 1998, il constitue la division Alstom Marine qui regroupait les chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire et Leroux Naval à Lorient.
En 1999, Alstom crée une coentreprise avec ABB, nommée ABB Alstom Power, dans le domaine des systèmes de production d'énergie, puis en acquiert en 2000 la totalité des parts.
Fin , elle vend à General Electric (États-Unis) (GE) la totalité de son activité turbines à gaz pour laquelle elle avait jusque-là des accords de licence (TG 5000 et 6B) ou même de copropriété (TG 9B) avec GE. Cet achat et cette vente sont considérés comme des erreurs stratégiques importantes dans l'histoire d'AlstomAlstom, le cri de révolte du mouton noir des industriels français : "Résistez !", Loïk Le Floch-Prigent, atlantico.fr, .
En , Alstom rachète la société italienne Fiat FerroviariaL'achat en 2000 de 51 % des parts de Fiat Ferroviaria a été fait avec une option d'acquisition des 49 % restants dans un délai de deux ans, option exercée en 2002, concepteur et constructeur du Pendolino, train pendulaire ETR 450, ETR 460, et ETR 600 des chemins de fer italiens, et à l'origine des rames S220 mises au point par l'entreprise Rautaruukki-Transtech et utilisées en Finlande.
En 2001, Alcatel et Marconi Plc cèdent leurs parts (24 % chacun) dans Alstom.
Affaibli au moment de sa mise en bourse par des fonds propres réduits par un dividende exceptionnel versé à ses précédents actionnaires (Marconi , Alcatel ), puis pénalisé par les difficultés de ses turbines à gaz de grande puissance GT24/26, héritées d'ABB, le groupe connaît une grave crise financière en 2003 peu de temps après le remplacement de son président-directeur général.
La mission de Patrick Kron est de mener à bien le redressement du groupe. À court de trésorerie, le groupe énergétique et ferroviaire est au bord de la faillite.
En 2003, selon Patrick Kron .
L'État vient à la rescousse, apporte d'euros et prend 21 % du capital. En contrepartie, la Commission européenne exige de lourdes cessions.
Cette crise, aggravée par les difficultés de délivrance des cautions bancaires, est surmontée en moins de deux ans notamment grâce aux deux augmentations de capital successives, l'intervention de l'État (finalement autorisée en 2004 par la Commission européenne), le gouvernement français, impliquant principalement le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de l'époque Francis Mer et la mise en œuvre d'un important programme de cessions.
Les effectifs du groupe vont passer de .
Alstom Contracting est racheté en LMBO (leverage management buy-out) par ses dirigeants et ses salariés, avec l'appui de CDC IXIS Private Equity (Caisse des dépôts et consignations) et de Charterhouse Capital Partners et reprendra le nom de Cegelec.
Concentration de l'industrie d'énergie