La ligne 2 du métro de Lille est une des deux lignes du métro de la métropole lilloise. Elle relie les trois grandes villes de la conurbation Lille - Roubaix - Tourcoing mais passe également par les villes de Mons-en-Barœul, Villeneuve-d'Ascq, Wasquehal et Croix. Elle relie les stations Saint-Philibert, dans le quartier lillois de Lomme, et CH Dron à Tourcoing, à quelques centaines de mètres de la frontière belge.
Cette seconde ligne est ouverte le sur le tronçon Saint-Philibert – Gares en tant que ligne . Elle connaît quatre extensions vers le nord-est de la métropole : en 1994 jusqu'à la station Gare Lille-Europe, en 1995 jusqu'à Fort de Mons, en 1999 jusqu'à l'arrêt Tourcoing - Centre et le jusqu'à CH Dron. La ligne connaît un franc succès et atteint les voyages par jour en 2013.
Longue de , dont traversés en parcours souterrain, elle comporte quarante-quatre stations. La ligne 2 est la plus longue ligne de métro de France. Le matériel roulant était uniquement composé de VAL 206 de 1989 à 1999. Depuis 1999, quelques VAL 208 circulent sur la ligne. La technologie du Véhicule automatique léger, ou VAL, a été créée dans les locaux de l'université des sciences et technologies de Lille.
Histoire Naissance de la ligne 1 bis En 1974, l'EPALE avec le soutien d'Arthur Notebart, président de la Communauté Urbaine de Lille (CUDL), présente un projet de développement des transports en commun de la métropole lilloise comprenant quatre lignes de métro. La première ligne est prioritaire pour la CUDL car elle relie les universités Lille 1 et Lille III sises à Villeneuve-d'Ascq au Centre hospitalier universitaire de Lille en passant par le centre-ville de Lille, au grand dam des élus de Roubaix et Tourcoing et de la Chambre de commerce qui veulent faire de l'axe Lille-Roubaix-Tourcoing « la véritable épine de la métropole ». La conséquence de ce projet ambitieux est la forte augmentation du budget prévisionnel, passant de 230 millions à 875 millions de francs.
Les travaux de la première ligne sont effectués de 1977 à 1983 par la société Matra ainsi que la SOFRETU. Le , la ligne est partiellement ouverte entre les stations Quatre Cantons et République. Un an plus tard, le tronçon République – CHR B-Calmette est mis en service. Le succès de la ligne est sans équivoque : plus de treize millions d'usagers empruntent la ligne 1 de à .
Après d'âpres discussions et un vote serré, la CUDL adopte le tracé définitif de la partie ouest de la ligne et vote le début des premiers travaux sur cette ligne le .. Le terminus ouest de la ligne est fixé à Lomme alors que le projet initial prévoyait un terminus à Lambersart, moins à l'ouest. Le maire de Lomme, Arthur Notebart, s'est ainsi associé avec les élus des villes de l'ouest lillois pour privilégier la partie ouest de la ligne lors du vote.. thumb|alt=Vue de la station aérienne|Située sur le tronçon ouest de la ligne , la station Porte d'Arras ouvre ses portes en avril 1989. Mais cette adoption s'est faite dans un climat de doute. Le coût de la ligne 1 est estimé de plus de 2 milliards de francs. et la communauté urbaine s'inquiète sur la possibilité financière de construire en totalité la deuxième ligne.
Les travaux de gros-œuvre sont lancés en pour la ligne .. Un garage est construit après le terminus de la ligne Saint-Philibert à Lomme. Le viaduc de Saint-Philibert est la première section de la ligne achevée ; suivent le deuxième viaduc de la ligne entre Porte des Postes et Foire Commerciale, les sections en tranchée couverte puis les tronçons creusés par les tunneliers pour atteindre le terminus situé à la station Gares. Les travaux de gros-œuvre dans les stations ont lieu en 1987 et la voie est posée en 1988. La voie est constituée de la piste de roulement et des pistes latérales de guidage. Ces pistes sont composées de poutrelles H. Cependant, les poutrelles de la piste de roulement ont la particularité d'être très larges par rapport à leur hauteur et rainurées. Les rainures permettent d'obtenir de meilleures performances en matière de freinage des rames.
Finalement, la ligne est opérationnelle fin 1988 et des essais y sont effectués pendant quatre mois. Dans un souci de commodité pour le contrôle des lignes, le PCCLes sources divergent quant à la signification du sigle PCC. Le PCC peut signifier « poste de commande et de contrôle », « poste central de contrôle » ou encore « poste de commande centralisée ». Transpole évoque même le terme « PC Métro ». qui était basé à Villeneuve-d'Ascq, emménage dans la station Gares. La ligne est mise en service le et les trajets sont gratuits le et le .. L'inauguration officielle a lieu le en présence des élus de la CUDL et d'Arnaud Lagardère, président de Matra. Le report de la date d'inauguration est dû à des problèmes techniques..
Changement de nom et extensions
Plusieurs discussions ont lieu à la CUDL à propos de l'extension de la ligne vers le nord-est de la métropole. Le projet initial était de prolonger la ligne en suivant le Grand Boulevard, en direction de Roubaix puis de Tourcoing ; le métro aurait ainsi remplacé le Mongy, dont la question du devenir est régulièrement évoquée à la CUDL. Ce projet est contesté par le maire de Mons-en-Barœul, qui souhaite voir le métro passer dans sa ville après avoir été écarté du tracé de la ligne 1, ainsi que ceux de La Madeleine et Marcq-en-Barœul, qui ne veulent pas d'un viaduc sur le Grand Boulevard.
Finalement, la CUDL retire ce projet de passage par le Grand Boulevard et décide après plusieurs votes en 1989 et 1990 de faire passer la ligne 1 bis par un chemin différent du tramway, c'est-à-dire par Mons-en-Barœul. La Communauté urbaine décide également de la rénovation du tramway et lance un appel d'offres qui sera remporté par Breda. Ces votes ont eu lieu après l'élection du maire de Lille Pierre Mauroy à la tête de la CUDL, obtenant ainsi le poste de son grand rival Arthur Notebart. Pierre Mauroy a eu le soutien des maires des plus grandes villes de la métropole non desservies par le métro, furieux à cause de l'adoption du premier tronçon de la ligne .
Mais alors que se pose la question du financement de ce long prolongement, la CUDL règle le problème en se tournant vers l'Europe. Aux noms de la mauvaise passe économique que connaît la région et de la volonté de participer à la construction européenne en collaborant avec la proche Belgique via le programme Interreg, la CUDL obtient des subventions de la part du Fonds européen de développement régional ce qui permet d'envisager un prolongement de la ligne. Le budget pour ce prolongement de 20 kilomètres est de 6,8 milliards de francs. thumb|alt=Vue du Grand Boulevard (Avenue de la République) de Lille-Roubaix-Tourcoing à hauteur de Marcq-en-Baroeul|Initialement prévu au sein de la Communauté urbaine, le tracé de la deuxième ligne passant par le Grand Boulevard est annulé. La première extension à la ligne 1 bis est la création d'une station qui relierait la Gare de Lille-Europe et le quartier d'Euralille en construction au reste de la ville de Lille. Ces chantiers sont motivés par l'arrivée du LGV Nord à Lille et son tracé qui traverse le centre de la ville. Le tronçon de et la station Gare Lille-Europe sont mis en service début . À cette occasion, la station Gares est renommée Gare Lille-Flandres et la ligne 1 bis devient la ligne 2.
La ligne 2 continue ensuite son prolongement vers l'est et Mons-en-Barœul. Le tronçon Gare Lille-Europe — Fort de Mons est opérationnel en puis mis en service commercial le de la même année. D'une longueur de 3 kilomètres, il comporte quatre nouvelles stations, une à Lille et trois à Mons-en-Barœul, ainsi que le garage souterrain Mac Donald situé peu après Fort de Mons.
Le troisième prolongement de la ligne est le plus long. D'environ 13 kilomètres de longueur, il relie les stations Fort de Mons et Tourcoing - Centre en passant par Villeneuve-d'Ascq, Wasquehal, Croix, Roubaix et donc Tourcoing. Les travaux débutent en 1993 avec le viaduc de Villeneuve-d'Ascq long de sur lequel la station aérienne Les Prés est construite ..
Sur le reste de la ligne, le chantier ne s'effectue pas de façon linéaire, il est divisé en plusieurs sections. La section F, par exemple, est un tunnel d'un peu plus de 2 kilomètres comprenant les stations Jean-Jaurès, Wasquehal - Pavé de Lille et Wasquehal - Hôtel de Ville. Le tracé de ce tunnel suit le principe déjà appliqué pour la première ligne, c'est-à-dire une plongée à la sortie de chaque station et une remontée avant d'aborder la station suivante. Ce concept a pour objectif l'économie d'énergie et l'évitement de l'usure des freins ..
Ainsi, seize nouvelles stations sont ouvertes le .. Le même jour, les premières rames VAL 208 circulent sur le réseau lillois.
La quatrième et dernière extension de la ligne 2 a lieu l'année suivante. Le , le Premier ministre Lionel Jospin inaugure le tronçon entre les stations Tourcoing - Centre et CH Dron, soit cinq nouvelles stations tourquennoises sur 3 kilomètres. Le lendemain, ces nouvelles stations sont mises en service commercial.
Augmentation de la fréquence en heures de pointe Le , la fréquence du tronçon central entre les stations Lomme - Lambersart - Arthur-Notebart et Roubaix - Grand-Place est porté à 1 minute 18 au lieu de 1 minute 30 en heures de pointe du lundi au vendredi par la mise en place de services partiels.. À l'inverse, la fréquence est réduite à 2 minutes 30 sur le reste de la ligne durant cette période. Des écrans indiquant le terminus et des annonces sonores dédiées ont été mis en place.
Tracé et stations Tracé thumb|Tracé géographiquement exact de la ligne 2.|alt=Tracé géographiquement exact de la ligne 1 de Saint-Philibert à CH Dron.
La ligne 2 relie la station Saint-Philibert à Lomme, une commune associée de Lille, à la station CH Dron à Tourcoing en s'arrêtant à 44 stations et en parcourant . Elle traverse huit communesLe nombre de communes desservies varie de huit à neuf en raison du statut particulier de Lomme, commune associée de Lille.. D'une longueur totale de , la ligne est souterraine sur (39 stations) et aérienne sur (5 stations).. La distance moyenne entre les stations est de . La ligne 2 est la ligne de métro la plus longue de province, loin devant la ligne 1 lilloise et la ligne D de Lyon (les deux sont longues de environ). La ligne a été construite selon trois techniques : viaduc, tranchée couverte et tunnel profond.
La ligne prend naissance au garage-atelier du Grand But à Lomme, dépôt et centre d'entretien des rames. À partir du garage, le tracé s'élève en viaduc pour atteindre la station Saint-Philibert située à côté de l'hôpital éponyme.
Le tracé plonge ensuite en tunnel profond au niveau de la rocade Nord-Ouest pour rejoindre la place du Maréchal Leclerc où est implantée la station Bourg. À partir de cette dernière, le tracé va cheminer sous l'avenue de Dunkerque qui est l'axe de liaison entre les villes de Lomme, Lambersart et Lille. Six stations ponctuent ce parcours : Maison des Enfants, Mitterie, Pont Supérieur, Lomme - Lambersart - Arthur-Notebart, Canteleu - Euratechnologies et Bois Blancs.
La ligne passe ensuite sous les deux bras de la Deûle pour atteindre la station Port de Lille. Le tracé poursuit sa route et arrive à la station Cormontaigne située sous la place éponyme. La ligne emprunte ensuite en tranchée couverte le boulevard Montebello sur lequel la station éponyme se trouve puis arrive à la place Barthélémy-Dorez. Sous cette place, la station Porte des Postes est desservie par la ligne 2 mais également par la ligne 1.