Les élections fédérales ouest-allemandes de () se tiennent le dimanche , afin d'élire les de la du Bundestag. Du fait des résultats et en application de la loi électorale, sont finalement élus.

Ce scrutin produit un résultat unique dans toute l'histoire des élections démocratiques allemandes, puisque l'alliance CDU/CSU remporte la majorité absolue des voix et des sièges. Le chancelier Adenauer entame ainsi un troisième mandat, après avoir maintenu sa coalition avec le DP.

Contexte Lors des élections fédérales du , l'alliance CDU/CSU du chancelier fédéral chrétien-démocrate Konrad Adenauer s'impose clairement. Conquérant plus de 45 % des voix, elle obtient sur 487, manquant d'un siège la majorité absolue. Elle devance nettement le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) d'Erich Ollenhauer, qui flirte avec les 29 %, envoyant au Bundestag.

Restant le troisième parti de la jeune République fédérale, le Parti libéral-démocrate (FDP) du vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires du Plan Marshall Franz Blücher totalise 9,5 % des suffrages et . Il est suivi par le Bloc pan-allemand/Fédération des réfugiés et expulsés (GB/BHE), un parti d'extrême droite qui entend représenter les Allemands expulsés d'Europe de l'Est et qui engrange 5,9 %, obtenant .

Le Parti allemand (DP) du ministre fédéral des Affaires du Bundesrat Heinrich Hellwege échoue à franchir le nouveau seuil électoral fédéral de 5 %, mais ses accords avec la lui permettent de faire élire plusieurs députés de circonscription, lui garantissant avec 3,3 % des exprimés un groupe de . Le Parti du centre allemand (DZP) remporte lui aussi un mandat uninominal, mais son score extrêmement faible ne lui permet pas de compter plus de trois sièges.

Enfin, le Parti communiste d'Allemagne (KPD) et le Parti bavarois (BP) quittent l'assemblée, le premier à la suite de son interdiction l'année précédente, le second faute d'avoir obtenu au moins 5 % des voix dans toute l'Allemagne de l'Ouest. Le BP est ainsi victime de ce changement de loi électorale, puisqu'il atteint 9 % en Bavière, ce qui lui aurait garanti d'entrer au Bundestag sous la loi électorale de .

Le , après avoir formé une majorité très large incluant les chrétiens-démocrates, les libéraux, le GB/BHE et le DP, Adenauer entame un deuxième mandat après avoir été investi chancelier par sur 467. Moins d'un an plus tard, le président fédéral Theodor Heuss est largement réélu par l'Assemblée fédérale le . Soutenu par l'ensemble des partis du Bundestag, il reçoit sur 920, soit 94,7 % des votants et 85,6 % des inscrits.

Dans le premier semestre de l'année , le GB/BHE puis le FDP passent dans l'opposition. Toutefois, huit députés du Bloc des réfugiés rejoignent l'Union chrétienne-démocrate, tandis que libéraux constituent le Parti populaire libéral (FVP) afin de continuer de siéger au sein du gouvernement fédéral. Un important remaniement ministériel permet ensuite au chancelier de traduire au niveau ministériel les nouveaux équilibres de sa majorité.

Par les accords de Luxembourg, signés le de cette même année, les autorités allemandes et françaises s'accordent sur le retour du protectorat de la Sarre au sein de l'Allemagne de l'Ouest. Le , le Land de Sarre est officiellement constitué et intégré à la RFA.

Mode de scrutin Le Bundestag est constitué de (, MdB), élus pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose de deux voix : la première () lui permet de voter pou un candidat de sa circonscription selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le pays comptant un total de réparties entre les ; la deuxième () lui permet de voter pour une liste de candidats proposée par un parti politique au niveau du Land.

Lors du dépouillement, l'intégralité des sièges attribués est répartie à la proportionnelle, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau national ou trois mandats uninominaux, puis distribuée entre les Länder. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, ces mandats sont conservés.

Campagne Principaux partis Parti Idéologie Chef de file Score en 1953Union chrétienne-démocrate d'AllemagneCentre droitDémocratie chrétienne, libéral-conservatismeKonrad Adenauer(Chancelier fédéral)45,2 % des voixUnion chrétienne-sociale en BavièreParti social-démocrate d'AllemagneSozialdemokratische Partei DeutschlandsCentre gaucheSocialisme démocratique, socialismeErich Ollenhauer28,8 % des voixParti libéral-démocrateFreie Demokratische ParteiCentreLibéralisme classique, libéralisme économiqueReinhold Maier9,5 % des voixBloc pan-allemand/Bloc des réfugiés et expulsésGesamtdeutscher Block/Bund der Heimatvertriebenen und EntrechtetenExtrême droiteNationalisme, conservatisme, irrédentisme3,1 % des voixParti allemandDeutsche ParteiDroiteNational-conservatisme, national-libéralismeHeinrich Hellwege(Ministre-président de Basse-Saxe)4,0 % des voix

Résultats Voix et sièges Au niveau fédéral +Résultats des élections fédérales allemandes de 1957Fichier:Bundestag 1957.svgPartis Circonscriptions Liste Total des siègesVotes % Sièges+/-Votes % +/-SiègesTotal+/-DBTotal Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)39,7114739,71682157222 Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU)10,574710,48855055 Total CDU/CSU50,2819450,19762707277 Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD)32,014631,7512316912181 Parti libéral-démocrate (FDP)7,5517,714041243 Bloc pan-allemand/Fédération des réfugiés et expulsés (GB/BHE)4,3904,590000 Parti allemand (DP)3,5263,371117017 Parti impérial allemand (DRP)0,9601,030000Union fédéraliste (FU)0,9800,850000Alliance des Allemands (BdD)0,1200,200000Union de la classe moyenne allemande (UDM)0,0100,120000 Fédération des électeurs du Schleswig du Sud (SSW)0,1100,110000Parti populaire libéral (FVP)011 Autres0,0600,07 —0000 Votes valides97,0596,24 Votes blancs et nuls3,373,26Total 100 247 100 — 252 497 22 519 Abstentions12,2312,23 Inscrits/Participation87,7787,77

Dans les Länder

Analyse vignette|Résultats par circonscription et sièges de liste.

Cette élection n'a pas d'équivalent dans toute l'histoire de la politique allemande. C'est en effet le seul scrutin démocratique au cours duquel un parti obtient une majorité absolue à lui seul, une performance jamais réitérée depuis. Le bloc chrétien-démocrate CDU/CSU, avec 50,2 % des suffrages exprimés, obtient en effet sur un total de 497. Passant sous le seuil des 5 % et n'emportant aucun mandat direct, le GB/BHE sort du Bundestag après seulement une législature de présence, tandis que le DP s'y maintient grâce à ses accords avec la qui lui permettent d'emporter plusieurs circonscriptions en Basse-Saxe et Hesse.

Conséquences Le , Konrad Adenauer s'engage par la suite dans un troisième mandat à la tête d'un gouvernement de coalition entre la CDU, la et le DP avec pour sur 476.

Avec le passage dans l'opposition du DP en les chrétiens-démocrates gouvernent seuls jusqu'à la fin de la législature. Il s'agit là aussi d'un cas unique dans l'histoire de l'Allemagne de l'après-guerre : tous les gouvernements suivants et précédents sont en effet des gouvernements de coalition alliant plusieurs partis.

Notes et références

Voir aussi Annexes Troisième législature du Bundestag Cabinet Adenauer

Liens externes Site officiel du Directeur fédéral des élections

1957 Allemagne Catégorie:1957 en Allemagne Catégorie:Septembre 1957