Le poitevin-saintongeaisRéférences 2009. Les langues de France (poetevin-séntunjhaes), appelé aussi aguiain ou aguiainaisSumien, Domergue, 2013. « Les langues romanes centrales. Vers une nouvelle convergence : catalan, Occitan, aragonais, aguiainais (poitevin - saintongeais) », Hápax, 6 : 135 - 163. en ligne ou parlanjheCe mot d'origine occitane (parlange) signifie à l'origine langue ou idiome. Lo peitavin-santongés, una lenga sòrre e emergenta, est une langue d’oïl fortement Sumien, Domergue, 2013. « Les langues romanes centrales. Vers une nouvelle convergence : catalan, Occitan, aragonais, aguiainais (poitevin - saintongeais). marquée par le substrat occitanLiliane Jagueneau (linguiste, université de Poitiers) : « Le lexique poitevin-saintongeais a un grand nombre de termes en commun avec l’occitan, et on peut dire que sur le plan lexical en particulier, le poitevin-saintongeais est le prolongement de l’occitan en domaine d’oïl » (Liliane Jagueneau, chapitre La langue, dans Charente, éditions Bonneton, 1992.)Pierre Bonnaud avait auparavant quant à lui établi une liste de 1200 vocables communs au poitevin-saintongeais et à l'occitan et déclaré « Dans ce domaine, il n’est pas exagéré de dire que quelqu’un qui voudrait choisir ses mots avec soin en poitevin-saintongeais pourrait pratiquement parler un occitan en phonétique d’oïl ! ». (Pierre Bonnaud, Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l'occitan, dans : Aguiaine, numéro spécial, septembre 1972.) Voir le résumé de Correspondances phonétiques morphologiques et lexicales entre le poitevin-saintongeais et l'occitan de Pierre Bonnaud sur le site du CNRS : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=21885957Jacques Pignon (linguiste, université de Poitiers) avait quant à lui dès 1960 établi la présence en poitevin de neuf traits phonétiques et de sept formes grammaticales communs avec l'occitan. (Jacques Pignon, L'évolution phonétique des parlers du Poitou, éditions d'Artrey, 1960.). Le terme recouvre l'ensemble linguistique d’entre Loire et Gironde, réunissant parlers poitevin et saintongeais, dont l'unité relative a été mise en évidence dès le début du Coquebert de Mombret : Essai d'un travail sur la géographie de la langue française, dans Mélanges..., 1831. copie numérisée sur Google Livres.
Comme il fait transition entre l'occitan et les autres parlers d’oïl bien plus proches du français, certains auteurs décrivent le poitevin-saintongeais comme une langue , sur le modèle du francoprovençal Jacques Duguet (1922- ); Anthologie Poitou-Aunis-Saintonge-Angoumois, de Guillaume de Poitiers à Burgaud des Marets, 1973, Société d'études folkloriques du Centre-Ouest, La Rochelle, 176 p. Éric Nowak ( - ), Tropisme aquitain, ou plus généralement d’oc, de la littérature d’expression poitevine en ligneLe "Parlange" attestations, usage, origine & ancienneté du mot en Vendée, Poitou, Charentes, Pays Gabaye, Pays de Retz; Éric Nowak ( - ), Ed. Pyrémonde-Princi Negue, 2008, , Le parler "franco-provençal" d'Aiript, commune de Romans, canton de Saint-Maixent, Deux-Sèvres, - contribution à l'étude des dialectes poitevins -, G. Pougnard, 1952. Pierre Bonnaud (1931 - ), , dans Regards sur le Centre-ouest, numéro spécial de Médioromanie (), 2006..
Le poitevin-saintongeais apparaît dans la liste de langues de l’Atlas Unesco des langues en danger dans le monde..
Le poitevin et le saintongeais ont eu une influence dans le québécois, l'acadien et le cadien.
Localisation Le poitevin-saintongeais est parlé sous ses variétés poitevin ou saintongeaisSur le site de la DGLFLF, dans le document Méthodes d’apprentissage des langues de France, dans le chapitre « Langue(s) d’oïl », à l'article « Poitevin et saintongeais », on lit : « Comme le picard, ce parler d'oïl [on note le singulier pour ] couvre une région importante et est subdivisé en plusieurs dialectes intercompréhensibles. Il concerne de nombreux locuteurs. Il est lui aussi scindé entre plusieurs régions administratives, les Pays-de-la-Loire (département de Vendée), Poitou-Charentes et l'Aquitaine (nord de la Gironde). » Voir la page : http://www.dglf.culture.gouv.fr/lang-reg/methodes-apprentissage/Listes_d_ouvrages_d_apprentissage/Langues_d_oil.htm essentiellement dans cinq départements de la région Nouvelle-Aquitaine (deux-tiers ouest de la Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne et nord de la Gironde — Pays Gabay du Blayais et du nord-Libournais), dans la Vendée, dans le sud de la Loire-Atlantique (Pays de Retz), dans quelques communes d'Indre (vers Le Blanc, Bélâbre, Argenton-sur-Creuse), ainsi que de façon plus anecdotique dans l'extrême ouest de la Dordogne aux alentours de La Roche-Chalais, et sur le bord du département de Lot-et-Garonne proche de l'enclave saintongeaise de Monségur en Gironde, ainsi qu'autrefois à la pointe de Grave; en somme, dans les anciennes provinces du Poitou, de l'Aunis, de l'Angoumois et de la Saintonge, en France..vignette|Distribution des langues d'oïl en France.
Dénomination La dénomination « poitevin-saintongeais » Le terme poitevin-saintongeais est attesté dès 1905La Revue du Bas Poitou et des provinces de l’Ouest, volume 13, 1905 : « notre parler poitevin-saintongeais » : https://books.google.fr/books?id=a_JLAAAAMAAJ&q=notre+parler+poitevin-saintongeais&dq=notre+parler+poitevin-saintongeais&cd=4.. Il a maintes fois été utilisé dans les années 1940La langue de Rabelais : les influences du Bas-Poitou, Adolphe D. Poirier, 1944 : « ce vocable bas-poitevin-saintongeais »Le Français moderne, volumes 8-9, 1940 : ., 1950Mémoires et documents de la Société de l’École des chartes, 1955 : « comme en Poitevin-Saintongeais » : https://books.google.fr/books?cd=6&id=L_PVAAAAMAAJ&dq=poitevin-saintongeais+%C3%A9cole+des+chartes&q=poitevin-saintongeais.Phonétique historique du Français, volume 3, Pierre Fouché, 1952 : « chai en poitevin-saintongeais : https://books.google.fr/books?id=XytcAAAAMAAJ&q=chai+en+poitevin-saintongeais&dq=chai+en+poitevin-saintongeais&cd=2., et 1960Grand Larousse encyclopédique en dix volumes, 1962 : « Parmi ces parlers, le berrichon et le poitevin-saintongeais représentent des conquêtes très anciennes des parlers d’oïl sur les parlers d’oc ».Les noms de lieux en France, Ernest Nègre, 1963 : « à l’Est, le Champenois, le lorrain, le bourguignon ; au Sud-Ouest le groupe poitevin-saintongeais ».. Puis il a été vulgarisé dans les années 1970 pour donner une nouvelle impulsion au poitevin et au saintongeais, en particulier à la SEFCO, où on trouve, dès 1970, dans la revue Aguiaine de cette association, le terme sous la plume de Pierre BonnaudPierre Bonnaud , La tribune du Parlange, dans : Aguiaine, janvier-février 1970, géographe auvergnat mais en partie d'origine saintongeaiseDans l'ouvrage Medioromanie : Études sur la France médiane : (2006) : Regards sur le Centre-Ouest publié en 2007 par le Groupe de Souvigny, Pierre Bonnaud écrit en page de garde : « Avec l'autorisation du groupe, le rédacteur [lui-même donc] dédie les textes de ce recueil à la mémoire de ses ancêtres paternels, originaires les uns de Coulonges-sur-l'Autize, les autres du Pays d'Arvert, et à son père, né à Javrezac (Charente)..
La dénomination « poitevin » (au sens large)
Auparavant (dans la littérature spécialisée) on donnait le nom de "poitevin" (au sens large) à ce groupement du poitevin et du saintongeais, en particulier au Coquebert de Mombret : , dans Mélanges..., 1831.Boucherie, Le dialecte poitevin au , 1873.Charles de Tourtoulon, Olivier Bringuier, La Limite de la langue d’oc et de la langue d’oïl, 1876., mais aussi dès le Edward Brerewood, Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde, 1640..
La dénomination « parlange » ou « parlanjhe »
Le mot « parlange » ou « parlanjhe », qui signifie « langue, parler », est attesté en Deux-Sèvres, Vendée, Charente et Charente-MaritimeUlysse Dubois, Jacques Duguet, Jean-François Migaud, Michel Renaud, Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, tome III, SEFCO, 1994.. On en trouve mention (écrit "prelonge") dès le , dans un Noël en poitevin paru en 1741La Bible des Noels tant vieux que nouveaux composez en l’honneur de nostre Sauveur Jesus Christ et de la Vierge Marie, exactement reveus et corrigez, Poitiers, chez Faulcon : « Quand fumes in in canton Nau, nau, Michea d’in joli prelonge Nous venguit foire in sermon, Nau, nau, De la vision de l’onge, [...] »..
Il se diffuse très vite fin , à la faveur de l'explosion de la littérature d'expression poitevine-saintongeaise, et on en trouve mention tant en Deux-Sèvres (1861). Gabriel Lévrier, alias In Pinzant, journal « le Mellois », 1861., qu'en Charente-Maritime (1897), E. Peneau, alias Evarisse des Pibias, Carthejhime de la jhénesse thi veut se marié, 1897., qu'en Vendée (1898). Constant Thomas, In voyage à Moïl’rin, 1898., ou qu'en Gironde saintongeaise (1899), François (dit Émile) Bodin d’Abzac en Gironde saintongeaise, alias Meîte Grandgorjhe, dans : Le Ventre Rouge, 1899.. upright|thumb|Aire linguistique du poitevin-saintongeais, avec les noms de villes (et autres) en parlanjhe.Durant tout le on le retrouve très fréquemment dans la littérature saintongeaiseDocteur Jean Athanase, alias Yan Saint-Acère, , dans : La Mérine à Nastasie, 1903).Louis Brion, alias Lexis Chabouessa, dans le journal Le Piron, 1921Evariste Poitevin, alias Goulebenéze, , dans Le Subiet, 1941. ou poitevineL. Troussier, , dans Le Phare, 1933.A.D. Poirier, , dans la Revue du Bas Poitou, 1941. Et dès 1901 on le trouve en vedette du bandeau du journal d'expression saintongeaise et poitevine .
Fin et début , ce mot, qui à l'origine signifiait , a fini, en particulier dans la mouvance de l'UPCP, par désigner la langue poitevine-saintongeaise elle-mêmeÉric Nowak, Poitou-Charentes en Aquitaine ! ... Et la Vendée aussi !, Éditions des régionalismes, Cressé, 2015. , sens toutefois aussi utilisé à la SEFCO, et, bien que rarement, déjà attesté fin .
Classification D'après les recherches scientifiques, l'aire linguistique poitevine et saintongeaise se présente comme un ensemble cohérent clairement identifié au sein de la langue d'oïl dont l'originalité provient d'un substrat occitan. Le poitevin et le saintongeais constituent ainsi deux variantes dialectales du poitevin-saintongeais, bien qu'un sécessionnisme linguistique local, principalement charentais, affirme le contraire sans s'appuyer sur des études linguistiques, se mettant en opposition avec l'université de Poitiers..
Le poitevin-saintongeais dans la liste des langues de France de la DGLFLF
Le poitevin-saintongeais est mentionné en 1999 dans le rapport Cerquiglini. puis sur le site de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France. Entre début 2007 et début 2010, il est séparé entre poitevin et saintongeais, avant d'être joint début 2010, sous le libellé « poitevin-saintongeais, dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais »..
La première mention de l'ensemble poitevin-saintongeais au
La première mention de l'ensemble poitevin-saintongeais se trouve en 1640, sous la plume d'Edward Brerewood, dans ses Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde, lorsqu'il écrit : Edward Brerewood, Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions, par toutes les principales parties du monde, 1640.
La mise en évidence de l'ensemble poitevin-saintongeais par les érudits au