vignette|upright=1|Cosplay de personnes déguisées en réplicants du film Blade Runner à la San Diego Comic-Con 2007.De gauche à droite, les personnages de Rachel, de Roy Batty et de Zhora.
Le Réplicant (anglais : replicant, parfois traduit « répliquant ») est un type de personnage science-fictionnel, sorte d'androïde plus proche du clone humain que du robot.
Ce terme apparaît pour la première fois en 1982 dans le film Blade Runner de Ridley Scott inspiré du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? écrit par Philip K. Dick en 1966. Le nom est également repris dans la suite cinématographique Blade Runner 2049 (2017), ainsi que dans tous les travaux portant sur ces films, c'est-à-dire dans une série de romans de K. W. Jeter, dans le jeu vidéo du même nom édité en 1997, et parfois même dans les rééditions du livre de Philip K. Dick.
Contexte En 2019, à Los Angeles, sur une Terre viciée à cause de guerres radioactives qui ont anéanti la quasi-totalité de la faune et de la flore, les gouvernements encouragent très fortement l'exil vers la planète Mars qui est en cours de colonisation. Pour favoriser les départs, ceux-ci offrent gracieusement un réplicant à toute personne qui part pour MarsArchie Goodwin et Al Williamson, Blade Runner (version bande dessinée), Éditions Albin Michel, page 2, 1982. .
Origine du terme
Dans le roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? qui inspire le film, le terme utilisé est « androïde ». Cependant, le réalisateur Ridley Scott souhaite une nouvelle appellation pour éviter tous préjugés. Le scénariste David Webb Peoples consulte donc sa fille qui étudiait la microbiologie et la biochimie. Elle lui suggère le terme « répliquer » qui est le processus de reproduction des cellules clonées. De cela, il tira l'appellation « réplicant » et l'insère dans le scénario de Hampton Fancher Kenneth Turan, « Blade Runner 2 : The Screenwriter Wrote Eight Drafts--and Then Was Replaced. On His First Day, The Director Turned The Set Upside Down. Harrison Ford Was Never So Miserable. Years Later, Someone Stumbled Over The Long-lost Original. Nothing About This Cult Classic Was Ever Simple. », Los Angeles Times, 13 septembre 1992, 20..
Description La description des réplicants, qui évolue au cours de l'intrigue du film, devient par la suite une référence dans le domaine d'étude de l'intelligence artificielle avec un questionnement sur le sens de la condition humaine How much of Blade Runner has come true?, BBC, 2001..
Nature Les réplicants sont considérés comme des esclaves modernes, appartenant à une classe inférieure, à la manière du film Metropolis (1927) de Fritz Lang. Les premières versions créées, c’est-à-dire antérieures à la troisième génération synthogénétique, étaient utilisées dans les travaux pénibles ou dangereux, comme objets de plaisirs, dans les forces arméesLa bataille de la Porte de Tannhäuser et celle de la Ceinture d'Orion sont citées dans Blade Runner ainsi que Soldier comme des importantes batailles auxquelles participèrent des réplicants. Roy Batty et Todd y ont combattu. ou encore pour explorer des sites inhospitaliers.
Après une révolte sanglante de réplicants dans une colonie martienne, ces derniers sont bannis de la Terre. Toutefois, certains réussissent à la regagner. Des unités spécialisées, appelées Blade Runner, sont là pour faire respecter la loi aux contrevenants androïdes. Ils ont l'autorisation de tuer n'importe quel réplicant en situation irrégulière. Les gouvernements n'appellent pas cela un meurtre mais un « retrait ».
Plusieurs séries de réplicants existent. Les réplicants de la nouvelle série 6 des « Nexus » (X-3-S-M), créés génétiquement par la Tyrell CorporationLa devise de l'entreprise est « Plus humain qu'humain » (More human than human) ce qui exprime bien la volonté des créateurs de faire ressembler leurs produits à un « vrai » humain., sont pratiquement identiques à un être humain adulteDans le script original d'une scène coupée, on apprend que lors d'une autopsie sur un Nexus-6, les médecins légistes ne se sont rendu compte que trois heures après avoir commencé qu'il s'agissait d'un réplicant. Voir What are Replicants?., mais avec une force et une agilité supérieures, l'intelligence dépendant quant à elle du modèle. Les usines de production de la firme se trouvent sur Mars. Au début du film, aucun Blade Runner n'a jamais encore eu à traquer un de ces nouveaux modèles « Nexus-6 ».
Différences entre réplicants et êtres humains
En raison de ses similitudes physiques avec les êtres humainsLes « Nexus-6 » pourraient même avoir un visage copié sur des personnes réelles, ce qui expliquerait pourquoi, dans le film, le Blade Runner Holden a dû pratiquer un test de Voight-Kampff sur Léon alors que la police avait déjà eu connaissance de son visage via le dossier remis par la Tyrell Corporation., un réplicant ne peut être détecté que par son manque d'empathie aux questions posées dans le test de Voight-Kampff. Les policiers doivent être prudents pour éviter toute erreur sur la personne.
Pour repérer les réplicants, le Blade Runner se concentre sur les différences qui existent entre eux et les humains. Voici les trois principales : Les réplicants ne sont pas sensibles à la vie animale (à laquelle les humains sont très attachés, d'autant plus que les véritables animaux sont devenus excessivement rares au moment où se passe l'actionL'absence d'animaux a une importance centrale dans le livre, mais moins dans son adaptation cinématographique, car l'absence d'animaux n'est pas flagrante dans le décor urbain qui sert de cadre au film. De plus, le fait que les humains (Deckard notamment) élèvent des animaux robotisés n'apparaît plus.) et ne ressentent rien lorsqu'un animal est mis à mort ; Les réplicants n'ont aucune forme d'empathie entre eux et envers les autres. Ainsi, ils ne feront rien pour aider l'un des leurs et se résignent souvent quand un Blade Runner les attrape ; Les réplicants ont une moelle osseuse différente de celle des humains, du fait qu'elle a été créée génétiquement, ce qui permet une vérification après un « retrait ».
Autre différence présente dans le film mais qui dépend de la version du montage, les yeux des réplicants brillent lorsqu'ils sont troublésUne lueur est particulièrement visible dans les yeux du hibou (souvent confondu avec une chouette) d'Eldon Tyrell.. La population est partagée sur le statut à donner aux réplicants. Pour certains, les réplicants devraient avoir les mêmes droits que les humains. Pour d'autres, comme les syndicats, il n'est pas acceptable que les réplicants remplacent les employés humains. Pour les médias, les hommes politiques et l'Église, les réplicants ne sont que des objets.. Rick Deckard, principal protagoniste du film, ne partage pas cet avis. Il démissionna des services de la police à la suite de la sortie des « Nexus 3 », qu'il trouvait « trop doux » et « trop humains » pour être considérés comme des objets.
Chaque réplicant est désigné par un prénom (et plus rarement un nom) et un numéro de série. Ce dernier offre des informations précieuses sur l'androïde. Dans le film, Leon est immatriculé sous le numéro « N6MAC41717 », Roy Batty « N6MAA10816 », Pris « N6FAB21416 » et Zhora « N6FAB61216 ». Par exemple, le code d'identification de Pris, « N6FAB21416 », signifie N6 pour la série « Nexus-6 », F pour son genre, A pour son niveau physique et B pour son niveau d'intelligence. Les chiffres suivants indiquent la date de conception du réplicant, ici 21416 pour 02-14-2016 soit le .
Durée de vie Les nouveaux réplicants créés intègrent un processus génétique de détérioration cellulaire qui provoque leur mort au bout d'une durée définie à l'avance. Ils « naissent » donc directement avec la corpulence d'un être humain adulte et ne servent que quelques années. Ainsi, le Nexus-6 (génération des plus performantes) a une durée de vie de quatre ans, pour éviter qu'il ne s'humanise.
Générations Les capacités intellectuelles et physiques des réplicants sont variables. Elles sont définies au moment de leur création, en fonction des nécessités liées à l'activité qui leur est destinée. Les niveaux de compétence s'échelonnent de « A » à « C », « A » étant le niveau le plus élevé et « B » étant le niveau comparable à la moyenne de celui des humains Replicant Information, BRmovie.com..
Un niveau physique « A », tel que celui de Roy Batty, permet de supporter, pour une courte durée, des températures allant de à +Dans le film, pendant la visite de Roy Batty et de Leon au laboratoire d'Hannibal Chew, généticien à la Tyrell Corporation, Leon (niveau physique A) montre, en plongeant sa main dans un liquide glacial, qu'il peut aisément supporter le froid. De même, on peut voir dans une scène Pris saisir un œuf dans l'eau bouillante et le lancer à Sebastien, qui le relance à Roy parce qu'il est trop chaud pour lui., malgré une biologie similaire à celle de l'Homme. Ils ne doivent pas cependant être considérés comme des « super Hommes » mais comme « le meilleur des Hommes » What are Replicants?, BRmovie.com..
Mémoire Les réplicants développent des « obsessions étranges » quand ils « utilisent » leurs réponses émotives programmées. Le manque d'expérience et l'immaturité émotionnelle leur posent de gros problèmes car ils doivent apprendre à réagir comme un être humain malgré leurs quelques années d'espérance de vie. Pour contrer ce problème, ils peuvent être dotés de souvenirs. Dans le film, Rachael semble être la seule « Nexus-6 » à avoir bénéficié de cette nouvelle technologieElle dispose en effet des souvenirs provenant de Sarah Tyrell, nièce de du Eldon Tyrell., c'est pourquoi Eldon Tyrell la considère comme un prototype expérimental. Les souvenirs permettent, entre autres, de cacher à un réplicant sa véritable nature en lui offrant la possibilité de se remémorer son enfance. Les souvenirs peuvent être la copie de ceux d'un être humain, apparaissant réels aux yeux du réplicant bien qu'ils ne lui appartiennent pas. Les photographies constituent un élément fondamental de la mémoire affective d'un réplicant, car elles le relient à leur soi-disant passé.
Sentiments Les réplicants ont été programmés pour répondre émotionnellement à certaines situations de façon à interagir et paraître tel un humain. Il ne s'agit pas de « vraies émotions » car les réplicants ne les ressentent pas, mais plutôt d'une simulation de ce qu'aurait ressenti un être humain. Cependant, quelques « Nexus-6 » ont développé de « vraies émotions », telle l'empathie que ressent Roy Batty envers Rick Deckard vers la fin du film, ou encore l'amour qui transparaît dans la relation entre Rick Deckard et Rachael.
Tatouages Dans la scène du film qui se déroule sur les toits, sont visibles sur le torse de Roy Batty des traces bleues qui ressemblent à des tatouages. Il s'agit d'une idée selon laquelle ces « petits ronds » seraient des connecteurs pour équipements spatiaux, une sorte d'interface électronique ou informatique. Cette idée est abandonnée dans le script final malgré le maquillage visible dans cette scène..
Alimentation À l'instar des êtres humains, les réplicants ont besoin de se nourrir. Cela pousse certains réplicants en fuite, comme ZhoraZhora faisait vivre tout le groupe de « Nexus-6 » du film grâce à son travail de danseuse exotique., à travailler pour se payer de la nourriture. Une bouteille ressemblant à une bouteille de boisson alcoolisée est visible sur une des photographies de l'appartement de Leon traitée sur l'Esper. Cela indiquerait que les réplicants pourraient supporter et apprécier l'alcool. De plus, dans une version du film, si Rick Deckard est considéré comme un réplicant, il semble très probable qu'il boive.
Reproduction