L'Union Bordeaux Bègles abrégé en UBB est un club français de rugby à XV, né de la fusion en 2006 du Stade bordelais université club et du Club athlétique béglais. Il est basé à Bègles dans la banlieue sud de Bordeaux en Gironde et évolue actuellement en Top 14. Le club joue à domicile au stade Chaban-Delmas de Bordeaux et son centre d'entraînement se situe au stade André-Moga de Bègles.

En 2025, Bordeaux devient le cinquième club français à remporter la Champions Cup après le Stade toulousain, le CA Brive, le RC Toulon et le Stade rochelais. L'année suivante, l'UBB remporte son second titre dans la compétition.

Histoire

Rivalité entre le Stade bordelais université club et le Club athlétique béglais (1889-2005)

Durant une grande partie du XXe siècle, l’agglomération de Bordeaux se caractérise par l’absence d’un club durablement dominant au sein de l’élite du rugby français. Cette situation s’explique en grande partie par la coexistence et la rivalité historique entre deux entités majeures : le Stade bordelais et le Club athlétique Bordeaux Bègles Gironde.

Le Stade bordelais constitue, à la charnière des siècles, l’un des principaux pôles de performance du rugby hexagonal. Il remporte sept titres de champion de France entre 1899 et 1911, devenant à cette occasion le premier club provincial sacré. Ce cycle de domination est suivi d’un déclin progressif, le club évoluant par la suite dans les divisions amateurs.

Parallèlement, le Club athlétique béglais s’installe durablement au sein de l’élite à partir de la période précédant la Première Guerre mondiale, qu’il ne quitte qu’exceptionnellement (notamment lors de la saison 1986-1987). Son palmarès comprend deux titres de champion de France, obtenus en 1969 et 1991, ainsi qu’une participation à l’édition inaugurale de la Coupe d’Europe en 1995.

À l’orée du XXIe siècle, les deux clubs connaissent des trajectoires sportives divergentes dans un contexte de mutation du rugby vers le professionnalisme. Le Club athlétique béglais est relégué en Pro D2 à l’issue de la saison 2002-2003, puis en Fédérale 1. À l’inverse, le Stade bordelais amorce une progression lui permettant d’accéder à la Pro D2. Cette dynamique contrastée illustre les difficultés structurelles rencontrées par les clubs bordelais face aux exigences économiques et sportives du rugby professionnel.

La naissance de l'union en 2006

En 2005, un nouveau projet de fusion entre le Stade bordelais université club (SBUC) et le Club athlétique Bordeaux Bègles Gironde (CABBG) est engagé, malgré l’opposition marquée d’une partie des supporters des deux clubs ainsi que l’existence de contraintes structurelles significatives. Ce projet bénéficie toutefois du soutien actif des autorités politiques locales, notamment celles de Bordeaux, représentées par Alain Juppé, et de Bègles, sous l’impulsion de Noël Mamère. Les dirigeants des deux entités, parmi lesquels Alban et Michel Moga pour le CABBG ainsi que Frédéric Martini et Philippe Moulia pour le Stade bordelais, œuvrent conjointement à la mise en commun des ressources sportives, économiques et organisationnelles.

Parmi les arguments avancés en faveur de cette union figure la nécessité de clarifier l’offre sportive locale auprès des partenaires économiques, les entreprises étant jusqu’alors confrontées à une dualité susceptible de freiner leur engagement. La création d’un club unique apparaît ainsi comme un levier de structuration et de renforcement de l’attractivité du rugby de haut niveau dans une agglomération disposant d’un tissu économique favorable.

Le , une charte d’union est officiellement adoptée entre les deux clubs... Cet accord constitue une étape décisive dans le processus de fusion et conduit, quelques semaines plus tard, à la création d’une entité commune structurée sous la forme d’une société anonyme sportive professionnelle (SASP). Celle-ci résulte des travaux d’un comité de pilotage composé de six membres, répartis à parts égales entre les deux clubs (CABBG : Michel Moga, Alban Moga, Raymond Chatenet ; Stade bordelais : Jean-Pierre Lamarque, Hervé Hargous, Philippe Moulia).

La fusion concerne exclusivement les équipes seniors et espoirs, chaque club conservant par ailleurs ses structures de formation et ses équipes de jeunes. La nouvelle entité reprend la place sportive du Stade bordelais en Pro D2. Le centre de formation de Bègles, reconnu pour sa qualité, contribue rapidement à l’alimentation de l’équipe première, notamment avec l’émergence de joueurs tels que Maxime Machenaud.

Frédéric Martini est nommé président de la nouvelle structure, assisté d’un comité de pilotage réunissant les principaux représentants des deux clubs fondateurs.

Dès sa création, la nouvelle entité est confrontée à des divergences concernant son identité, en particulier son appellation. Le nom initial, Union Stade bordelais-CA Bordeaux Bègles (USBCABBG), reflète une volonté d’équilibre entre les deux héritages, au prix d’une certaine complexité. Par ailleurs, les rencontres à domicile sont, dans un premier temps, réparties entre le stade André-Moga de Bègles et le stade Sainte-Germaine du Bouscat, illustrant la transition progressive vers une structure unifiée.

L'ère Patrick Laporte (2006-2009)

Lors de ses premières saisons, l’équipe dispose d’un budget de 3,6 millions d’euros. Frédéric Martini n’occupe la présidence de l’Union qu’une seule année avant de céder sa place, au début de la saison 2006, à Laurent Marti, entrepreneur bergeracois et dirigeant du groupe Top Tex, basé à Toulouse.

Sous l’impulsion du nouveau président, les dernières dissensions autour du projet de l’Union sont progressivement levées. Un site unique est retenu pour les rencontres à domicile, à Bègles, et le nom du club est simplifié au printemps 2008 pour devenir Union Bordeaux Bègles (UBB).

Laurent Marti joue également un rôle déterminant dans l’augmentation du budget du club, qui passe de 3,8 millions d’euros en 2007-2008 à 4,2 millions en 2008-2009, puis atteint 5,3 millions d’euros en 2010-2011, saison marquée par la montée en élite.

Les ambitions du club sont alors clairement affichées : retrouver le plus haut niveau du rugby français à court terme (deux à trois ans), avant de viser, à plus long terme, une participation aux compétitions européennes.

L'ère Marc Delpoux (2009-2011)

vignette|redresse|gauche|Vungakoto Lilo. En 2009, Marc Delpoux, alors entraîneur du Calvisano en Italie, s’engage avec l’Union Bordeaux Bègles (UBB) avec pour objectif une montée en Top 14 à moyen terme (deux à trois ans).

Il s’entoure de plusieurs recrues déterminantes, parmi lesquelles Gerard Fraser, meilleur réalisateur de Pro D2 lors de la saison 2010-2011, qui figurent parmi les principaux artisans de l’accession du club à l’élite.

Au terme de cette saison 2010-2011, l’UBB se classe cinquième de la phase régulière et se qualifie ainsi pour les demi-finales.

Opposée en demi-finale au FC Grenoble, deuxième de la phase régulière et favori à la montée, l’UBB s’impose au stade Lesdiguières (12-19). Elle confirme ensuite en finale en dominant le SC Albi (21-14) au stade Armandie, obtenant ainsi son accession en Top 14, en compagnie du Lyon OU, champion de la saison régulière.

Malgré un début de saison difficile, marqué notamment par une défaite à domicile face à l’US Colomiers (futur relégué en Fédérale 1), le club ne cesse de progresser pour conclure l’exercice en apothéose.

Vainqueur du barrage d'accession en Top 14 en 2011 vignette|L'Union Bordeaux Bègles au stade Ernest-Wallon en 2011. vignette|redresse|Blair Connor. Cinq ans après sa création, l’UBB, alors pensionnaire de Pro D2, accède au Top 14 en remportant la finale d’accession face au SC Albi (21-14).

Composition de départ de l’UBB : 1. Franck Labbe 2. Ole Avei 3. Silviu Florea 4. Cameron Treloar 5. Adam Jaulhac 6. Justin Purll 8. Matthew Clarkin 7. Daniel Leo 9. Heini Adams 10. Gerard Fraser 11. Rafael Carballo 12. Julien Rey 13. Andrew Ma'ilei 14. Blair Connor 15. Vungakoto Lilo

Pour son retour dans l’élite, l’UBB connaît des débuts délicats, notamment sur la pelouse du Stade français. Le club décroche toutefois sa première victoire dès la face à l’Aviron bayonnais au stade Chaban-Delmas, qu’il réinvestit après deux années d’absence.

Au fil de la saison 2011-2012, l’UBB déjoue les pronostics et s’illustre par plusieurs succès marquants, dont une victoire face au Stade toulousain (18-17) devant au stade Chaban-Delmas.

Parmi les autres temps forts figurent une victoire arrachée face au CA Brive dans les dernières secondes, un succès offensif contre le Stade français (cinq essais à zéro) le , ainsi qu’une victoire à l’extérieur sur la pelouse du stade Jean-Dauger, quelques jours après l’AVC de l’entraîneur des avants Laurent Armand.

Portée par un jeu résolument offensif, inspiré des standards de l’hémisphère Sud et fondé sur la vitesse et la circulation du ballon, l’équipe apporte un style novateur au championnat et suscite un large engouement.

À l’issue de la saison, l’Union Bordeaux Bègles se classe avec 53 points (12 victoires). Il s’agit alors d’un record pour un club promu via les barrages de Pro D2 et de la troisième meilleure performance d’un promu en Top 14, derrière le Racing Métro 92 (2009-2010) et l’US Montauban (2006-2007).

L'ère Raphaël Ibañez (2012-2017)

Le , Raphaël Ibañez s'engage pour deux ans comme manager général avec l'UBB à la suite du départ de Marc Delpoux à Perpignan.. Il est secondé par Joe Worsley (ancien troisième ligne international anglais et ancien coéquipier d'Ibanez aux London Wasps) chargé de la défense, par Régis Sonnes (ancien sélectionneur de l'Espagne) pour les avants, ainsi que par Vincent Etcheto, maintenu à son poste d'entraîneur des lignes arrière. Ce staff expérimenté marque le début d’une nouvelle structuration sportive du club.

Pour la première saison de l'ère Ibañez, le club finit à la douzième place du championnat avec 47 points, devant le SU Agen et le Stade montois, relégués en deuxième division. Cette saison est avant tout celle de la stabilisation en Top 14, objectif prioritaire du club.

thumb|MHR-UBB.

Lors de la saison 2013-2014, le club joue la majorité de ses matchs au stade Chaban-Delmas, renforçant progressivement son ancrage local et sa popularité. Il termine à la huitième place du championnat avec 64 points, après avoir longtemps lutté avec des clubs comme le Stade toulousain, le Stade français ou encore le Castres olympique pour se qualifier pour les barrages du Top 14. Cette progression confirme les ambitions croissantes de l’UBB.

Le club réussit le début de la saison 2014-2015, réalisant à domicile des prestations remarquées, avec notamment des victoires spectaculaires face à Clermont sur le score de 51 à 21, puis la semaine suivante face au Castres olympique sur le score de 59 à 7. Portée par un jeu offensif attractif, l’équipe reste alors invaincue à domicile.

Cette série prend fin lors de la onzième journée face au Stade toulousain, lors d'une rencontre disputée à guichet fermé, conclue sur une courte défaite (20-21), l'ouvreur béglais Pierre Bernard ratant une transformation à la dernière minute..

Lors de la dernière journée, l'UBB s’incline de nouveau face à Toulouse dans un scénario similaire, Lionel Beauxis ratant la pénalité de la gagne à la dernière seconde. L'UBB termine finalement , à un point seulement de la sixième place qualificative.

La semaine suivante, l'UBB se qualifie pour la Coupe d'Europe de rugby à XV 2015-2016 en battant Gloucester sur le score de 22 à 23. L'ouvreur béglais Pierre Bernard inscrit un drop décisif à la dernière seconde, offrant au club une qualification historique pour la compétition européenne.

L'intérim Jacques Brunel avant son départ en équipe de France (2017) Après l’annonce du départ du manager de l'UBB Raphaël Ibañez en fin de la saison, Ibañez est mis en retrait. Jacques Brunel son adjoint assure l’intérim au poste de manager.