Rebecq (en wallon R'bek) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon.
Les habitants de Rebecq parlent le français et, à ce titre, font partie de la Communauté française de Belgique. Le wallon n'est plus pratiqué que de manière marginale, essentiellement par la tranche la plus âgée de la population. À Bierghes, village limitrophe du Brabant flamand, certains habitants sont d'expression néerlandophone.
Rebecq est située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Bruxelles et fait partie d'une région calme, verdoyante et vallonnée du Brabant wallon que l'on appelle le Roman Païs.
Rebecq au compte https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.
Le nom néerlandais Roosbeek, parfois utilisé pour Rebecq, en fait réfère à Rebecq-Rognon.
Toponymie Le nom est mentionné sous la forme Rosbacem en 877 (cfr. ci-dessous). Il s'agit d'un type toponymique germanique fréquent, y compris dans les zones de langue d'oïl. Il est formé des éléments proto-germaniques *baki(z) « ruisseau » et *rauz, « roseau », qui a donné l'ancien français ros, diminutif rosel > roseau. La forme néerlandaise est Roosbeek (anciennement Rosbeke).
Homonymie avec Rebaix (Hainaut, Rosbais 1119), Rebets (Haute-Normandie, Rosbacium 854); Robecq (Nord-Pas-de-Calais, Rosbeccam 1104) ; Rebais (Île-de-France, Resbacis 635); Rebecques (Nord-Pas-de-Calais, Resbecca 1084 - 1092) ; Roubaix (Nord-Pas-de-Calais, Rosbays 1122), château de Rebais aux Bottereaux (Haute-Normandie) et dans le domaine du francique rhénan du Sud Rohrbach (Lorraine) etc.
Géographie
Situation La commune de Rebecq est située à quelque au sud-ouest de Bruxelles.
Communes limitrophes
Géographie physique vignette|gauche|La Senne avant les moulins d'Arenberg.
Rebecq fait partie d'une région essentiellement rurale : 75 % de la surface sont constitués de terres agricoles et 6 % de forêts, terrains boisés et autres zones naturelles. Quelque 19 % de la superficie sont des terrains bâtis (résidentiels, industriels et commerciaux confondus).
Le paysage, verdoyant et vallonné, est parsemé de terrils, appelés « buts », qui forment des collines boisées. Des carrières de porphyre (Quenast et Bierghes) marquent aussi profondément le paysage rebecquois par leur étendue.
L'entité de Rebecq est coupée en son milieu par l'autoroute A8, qui porte aussi le nom de Route européenne 429. Le long de cette autoroute court aussi la ligne à grande vitesse qui relie Bruxelles à Paris et à Londres. Ces deux axes de communication forment une nette cassure qui sépare de manière assez drastique Bierghes et Wisbecq du reste de l'entité (Rebecq, Quenast et Rognon).
Elle est également traversée par deux axes routiers belges principaux : la route nationale N7 de Hal à Tournai et la route nationale N6 de Bruxelles à Mons.
Sections L'entité de Rebecq est constituée, depuis la fusion des communes en 1977, des anciennes communes suivantes, appelées dorénavant « sections ». A cette occasion, une partie du territoire de Saintes — dont le village de Wisbecq — a été transféré à la section de Bierghes.
# Nom Superf.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Rebecq-Rognon 17,87 4.577 256 25123A 2 Bierghes 16,37 3.272 200 25123B-D 3 Quenast 5,02 3.336 664 25123C
Hydrographie La commune de Rebecq est traversée par la Senne, une rivière qui prend sa source à Naast (Soignies) et qui se jette dans la Dyle après un parcours d'une centaine de kilomètres à travers les trois régions du pays. Rebecq fait ainsi partie du sous-bassin hydrographique de la Senne, lui-même partie du bassin hydrographique de l'Escaut. La Senne entre sur le territoire rebecquois au niveau du Moulin d'Hou (Rognon), serpente dans la très belle Vallée des Oiseaux, traverse le village de Rebecq en passant par les chutes du site des Moulins d'Arenberg, continue ensuite jusqu'au village de Quenast pour ressortir et repartir vers Tubize.
Démographie
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante:
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993101,91994102,51995102,81996102,91997103,41998104,91999106,12000106,42001105,92002106,22003106,92004107,42005108,82006110,32007110,42008110,32009111,52010112,92011113,92012113,62013114,82014116,42015117,32016117,82017118,02018118,52019118,22020117,72021118,32022118,22023119,32024119,92025120,52026120,9
Histoire
vignette|gauche|redresse|La roue à aubes du Grand Moulin d'Arenberg.
Située le long du parcours de la Senne, à de Bruxelles, Rebecq est un morceau de campagne brabançonne riche d'un long passé.
Le village de Rebecq entre en effet dans l'histoire au début du , plus précisément le , date figurant sur un diplôme signé de la main de Charles le Chauve.
Toutefois, les personnages incontournables de l'histoire de ce village sont sans conteste les seigneurs de Trazegnies ainsi que ceux d'Enghien qui y ont tenu leur cour féodale au . Pendant longtemps, la principauté de Rebecq demeure ainsi parmi les possessions brabançonnes des seigneurs d’Enghien.
À partir du , c'est la famille d'Arenberg qui fait l'acquisition de la principauté de Rebecq, y compris les moulins, fierté de l'entité. vignette|284x284px|Vue du village de Rebecq. En 1824, la commune de Rognon fusionne avec Rebecq, commune plus grande, plus peuplée et plus riche dans laquelle Rognon était pour ainsi dire enclavée. Rebecq s'appelle dès lors Rebecq-Rognon.
Au , la famille Solvay marque également de son empreinte l'histoire du village, notamment Ernest Solvay, créateur d'un procédé à l'ammoniac qui permet la fabrication industrielle du carbonate de sodium, méthode connue depuis lors sous le nom de procédé Solvay. Avec son frère Alfred, Ernest Solvay va ainsi jeter les bases de ce qui allait devenir un empire de la chimie industrielle, la société Solvay. La maison natale des frères Solvay existe toujours à Rebecq.
Ces grands noms de l'histoire ont tous laissé des témoignages importants dans les villages de l'entité.
Seconde Guerre mondiale Lors de la Seconde Guerre mondiale, un appareil « Lancaster » de la Royal Air Force, revenant d’une mission de bombardement sur Aix-la-Chapelle, fut abattu dans la nuit du au mai 1944 par un avion de chasse allemand, et s’écrasa à Rebecq. Cinq membres d’équipage furent tués dans l’accident ; les deux autres furent cachés par les villageois. L'autorité d'occupation allemande, en représailles, arrêta vingt-deux rebecquois dont certains furent déportés en Allemagne, où trois d’entre eux sont morts .. Un monument commémore les victimes militaires et civiles.. Le , à l'occasion de l'anniversaire de la victoire alliée sur le régime nazi, un bombardier Lancaster du .. a survolé Rebecq et dix lieux chargés d'histoire..
Fusion des communes Plus tard, en 1977, la fusion des communes donne naissance à l'entité de Rebecq en englobant les villages de Quenast et Bierghes. À cette occasion, une partie de Saintes — dont le village de Wisbecq — est également rattachée à Rebecq-Rognon qui retrouve aussi son nom originel, à savoir Rebecq.
Héraldique
Politique et administration
Conseil et collège communal 2024-2030 Collège communal Bourgmestre Dimitri Legasse MR - MICS 1er Échevin Patricia Venturelli PS - Union citoyenne 2e Échevin Axel Demol MR - Union citoyenne 3e Échevin Grégory Hemerijckx Union citoyenne 4e Échevine Pina Fulco Union citoyenne 5e Échevine Claudia Mancini Union citoyenne Président du CPAS Marino Marchetti Les Engagés - Union citoyenne
Paysage politique
Une seule formation politique ayant remporté les élections du avec 50,75 % des voix et une courte majorité de 12 sièges sur 21 est active et représentée au Conseil Communal, UNION rassemblant des candidats du PS et du cdH.
Liste des bourgmestres depuis 1977
Jumelage Rebecq est jumelée avec .
C'est en effet de ce petit village que nombre de travailleurs italiens partirent entre 1946 et 1955 pour venir habiter et travailler à Quenast, un petit village près de Rebecq où existent des carrières de porphyre.
Patrimoine et culture
Patrimoine architectural et sites
Moulins d’Arenberg vignette|droite|Les moulins d'Arenberg.
L'énergie mécanique produite par les chutes de la Senne, au centre de Rebecq, a été exploitée par le biais de moulins à eau depuis le Moyen Âge pour la mouture des céréales.
L'ensemble architectural des moulins, composé du grand moulin et du petit moulin, a été racheté en 1973 par la commune de Rebecq pour sauver ces monuments d'archéologie industrielle et en faire un ensemble muséal.
Le grand moulin
Situé sur la rive gauche de la rivière, le « grand » moulin existe depuis au moins six cents ans. On trouve sur un parchemin daté de 1441 la mention de « moulin à moudre le grain de Rebecq ». Ce moulin faisait partie de l'apanage des seigneurs d'Enghien et était régi par le système de la banalité. Une criée organisée tous les six ans déterminait les termes du bail que le meunier souscrivait auprès du seigneur. Les terres d'Enghien - dont Rebecq faisait partie - furent rachetées par la Maison d'Arenberg en 1606.
En 1756, le meunier de l'époque, Jean-François Wijvekens, demanda au duc d'Arenberg régnant l'autorisation de construire sur la rive droite un deuxième moulin. Le duc accéda à sa demande et paya lui-même la construction du bâtiment.
Après la Révolution française, la noblesse ayant perdu ses privilèges, le duc d'Arenberg mit les moulins de Rebecq en location. Le grand moulin fut détruit par un incendie en 1853. Après sa reconstruction qui dura au moins sept années, le meunier locataire du moment arrivait en fin de carrière et n'avait pas de descendance pour continuer l'affaire. Le duc d'Arenberg mis alors les moulins en vente et Valentin-Joseph Minne, propriétaire fermier de Rebecq, les acheta et plaça un de ses fils à leur gestion.
En 1860, le grand moulin comptait deux roues à aubes de de diamètre ainsi que trois paires de meules. La levée des vannes permettait d'entraîner le mécanisme intérieur. Ce moulin a toujours servi à moudre de l'orge et du seigle.
Vers la fin du , on y installa une fabrique de soie artificielle en remplacement des meules. Pour pallier le manque d'eau en période d'étiage, il fut placé une machine à vapeur et la cheminée qui se dresse encore sur le site témoigne de cette époque. La fabrication de la soie artificielle ne connut de succès que peu de temps et on en arrêta la production vers 1910. Le moulin servit ensuite d'entrepôt à grain et au broyage de céréales destinées à l'alimentation du bétail. Il est resté en activité jusqu'en 1964.
Le grand moulin comprend aujourd'hui la salle des roues qui abrite le syndicat d’initiative de Rebecq, le musée du Porphyre- qui témoigne du passé et du présent industriel de toute une région - ainsi que trois étages accueillant, tout au long de l’année, des expositions et autres manifestations culturelles. Sur le côté, on y trouve aussi la bibliothèque communale et la taverne du grand moulin qui permet de déguster les bières artisanales locales de la brasserie Lefebvre.
Le musée du Porphyre
Photos anciennes, livres comptables, pavés, outils, objets divers et même une berline (voiture hippomobile) témoignent, au musée du Porphyre, de l'histoire des carrières (Quenast, Bierghes) avant la mécanisation. En complément, un film vidéo montre l'exploitation et les utilisations actuelles du porphyre.
Le petit moulin