L'élection de la du Bundestag, chambre basse du Parlement allemand, a eu lieu le .
Organisation
thumb|left|170px|Schéma illustrant le fonctionnement du système électoral allemand.
Système électoral En théorie, la du Bundestag allemand, dont le mandat de quatre ans commence en 2009, doit compter 598 membres élus par un système mixte uninominal majoritaire – liste proportionnelle, à finalité proportionnelle. En pratique, si la part uninominale est trop disproportionnée, le nombre de sièges augmente et la répartition n'est pas exactement proportionnelle.
Il y a deux voies d'accès lors du seul tour de scrutin : Une première moitié est élue au scrutin uninominal majoritaire à un tour au sein d'une circonscription (premier vote ou ). Une deuxième moitié est élue au scrutin proportionnel plurinominal, les listes étant nationales et bloquées (second vote ou ).
Cependant, le mode de répartition des sièges suit, indépendants exceptés, les disproportions du premier vote. C'est une proportionnelle compensatoire, qui soustrait au nombre d'élus auquel aurait droit chaque parti proportionnellement au second vote, ceux déjà élus via le premier vote.
De plus, sont admis à la répartition proportionnelle l'ensemble des partis politiques ayant rassemblé au niveau national au moins 5 % des suffrages exprimés (deuxième vote), mais aussi ceux qui malgré leur part ont gagné trois circonscriptions (premier vote).
De sorte que la part proportionnelle corrige les effets du scrutin majoritaire (bipartisme et disproportions) tout en en gardant des traits (stabilité, plébiscite local). La composition en sièges correspond aussi exactement que possible aux scores obtenus par les partis.
Le problème vient des sièges surnuméraires ()« Comment fonctionnent les élections fédérales allemandes ? », electorallemand (blog), Sébastien Vannier, le 26 septembre 2009. En effet, si un parti remporte plus de sièges via le premier vote qu'il ne devrait en recevoir au vu du second, il y a disproportion, puisque les vainqueurs de circonscriptions ne peuvent se voir retirer leur mandat. C'est d'autant plus fréquent que la compensation n'est pas fédérale. Par exemple, la CSU, en 2009, a remporté les 45 circonscriptions de Bavière, soit 50 % des sièges bavarois, mais n'a remporté que 42,6 % des voix, ou 46,5 % une fois retirés les micro-partis. Cela lui donne droit à 42 sièges. Au lieu d'en retirer trois à la CSU (inéquitable), ou d'en ajouter 3 ou 4 aux autres partis au niveau national (pas de liste nationale), rien n'est effectué : il y a trois en Bavière.
Cela ne pose pas de problème dans les Landtage des États fédérés, car le surnombre est compensé par un surnombre, c'est-à-dire que le nombre de sièges peut fortement varier. Mais au niveau fédéral, les sièges surnuméraires qui s'ajoutent aux 598 sièges de base ajoutent forcément à la disproportion.
Législature (durée) Des personnalités politiques de différents partis ont proposé l’allongement de la durée des législatures de quatre à cinq ans. Une telle réforme de la Loi fondamentale n’entrerait cependant en vigueur qu’au début de la prochaine législature, c’est-à-dire qu’elle ne pourrait s’appliquer aux prochaines élections.
Enjeux Ce scrutin pouvait faire prendre un tournant historique à l'Allemagne, en laissant augurer d'un renforcement du multipartisme au détriment des deux grands partis arbitrant habituellement le jeu politique fédéral. Mais un renforcement des partis de droite et de centre-droit était également possible.
La grande coalition de 2005-2009 Autrefois piliers d'une démocratie allemande reposant sur un bipartisme relatif, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et le Parti social-démocrate (SPD) ont été amenés à former une « grande coalition » à l'issue des élections fédérales de 2005, aucune majorité clairement orientée à droite ou à gauche n'ayant alors put être formée. Disposant d'un nombre pratiquement identiques d'élus au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, les deux partis s'étaient entendus pour laisser échoir la chancellerie fédérale au bloc parlementaire chrétien-démocrate associant la CDU et son aile bavaroise, la CSU, celui-ci disposant du plus grand nombre de députés. Angela Merkel, présidente de la CDU, a donc pris la tête du gouvernement allemand associant sa propre formation aux sociaux-démocrates.
Vers une nouvelle majorité de droite ? thumb|left|135px|La chancelière sortante, Angela Merkel.
Profitant d'une cote de popularité très élevée, la chancelière sortante compte sur son image pour mettre fin à son accord avec le SPDAlain-Xavier Wurst , « Allemagne : dans le piège de la grande coalition », Rue89, nouvelobs.com, 26/08/2009.. Créditée de scores orbitant autour des 35 % par les différentes enquêtes d'opinion, l'union CDU/CSU marque désormais sa préférence pour la formation d'une nouvelle coalition dite « noire-jaune », associant ses deux composantes au Parti libéral-démocrate (FDP)« », L'Express, 06/09/2009. La formation d'une nouvelle majorité fondée sur ce modèle semble être, au vu des différentes enquêtes d'opinion publiées au cours des dernières semaines, l'issue la plus probable à cette élection « Umfragen/Prognosen Bundestagswahl », election.de. Mais ce scénario ne va pas de lui-même. Deux désaccords importants ont opposé la CDU et son parti-frère bavarois, l'Union chrétienne-sociale (CSU) au cours de la campagne électorale. Outre le clivage opposant les deux partis sur la question du système de santé, la CSU reproche au parti d'Angela Merkel, au motif qu'il refuse de concéder d'importantes baisses d'impôt, d'être partiellement responsable de son effondrement lors de l'élection du Landtag (parlement régional) de Bavière, en 2008« Allemagne : Législatives du 27 septembre 2009 (Analyse) », par Corinne Deloy, Fondation Robert-Schuman. Assumant pleinement ces divergences, le parti bavarois est allé jusqu'à présenter son propre programme fiscal, sans l'approbation de la CDU. Ce « programme immédiat pour la croissance et le travail », applicable au cours des cent premiers jours d'une éventuelle coalition noire-jaune, envisage notamment une baisse progressive de l'impôt sur le revenu, une baisse de la TVA, ainsi qu'une baisse de l'impôt sur les sociétés et une diminution des droits de succession. Angela Merkel a tenu à affirmer qu'elle portait de l'intérêt à ces propositions tout en doutant de la possibilité de leur mise en œuvre, et que ces différents ne remettaient pas en question le programme commun du bloc chrétien-démocrate« En Allemagne, CSU et CDU divergent en matière de fiscalité », L'Express, Reuters, 21/09/2009.
thumb|220px|Le président du Parti libéral-démocrate, Guido Westerwelle. Plusieurs cadres de la CDU ont toutefois reproché à la chancelière de ne pas être assez présente dans la campagne, et de tenir des discours qui manquent de contenu idéologique« Malgré de premiers revers, Merkel conserve sa stratégie », Le Figaro, 01/09/2009. Les défaites enregistrées par la CDU en Thuringe et en Sarre lors des élections régionales du mois d'août ont en outre suscité de vives inquiétudes parmi les militants chrétiens-démocrates« Merkel craint une érosion de son capital électoral », Le Figaro, 11/09/2009. Ces derniers comptent sur les bons résultats que promettent les instituts de sondage au FDP, qui semble accroître son capital électoral en récupérant les électeurs les plus libéraux de la CDU rendus sceptiques par l'orientation centriste d'Angela Merkel en matière économique« Les libéraux espèrent être la clé d'une nouvelle majorité en Allemagne », Le Monde, 18/09/2009. Conscients que les accents très néolibéraux de la campagne qu'ils avaient menée en 2005 ont manqué de peu de causer leur défaite, les chrétiens-démocrates préfèrent en effet s'employer à occuper le centre pour ménager la frange modérée de leur électorat. Une stratégie qui tient à cœur à la CSU qui, bien que fermement attachée à l'idée de former une nouvelle coalition avec le FDP, n'hésite pas à critiquer parfois vertement les propositions du dirigeant libéral Guido Westerwelle« La CDU bavaroise raille la campagne de Merkel », Le Figaro, 17/09/2009. Si la CDU est majoritairement acquise à l'idée d'une coalition noire-jaune, ses représentants préfèrent éviter autant que possible le sujet, à tel point que certains cadres du parti conservateur soupçonnent Merkel de ne pas écarter la possibilité d'une reconduction de la grande coalition« Législatives allemandes, un scrutin quasi présidentiel », La Croix, 17/09/2009. Westerwelle a pourtant d'ores et déjà exclu la formation d'une coalition en feu tricolore (SPD-FDP-Verts), le FDP fermant d'emblée la porte à sa participation à une alliance n'incluant pas les partis chrétiens-démocrates 'I Consider a Coalition With the SPD and Greens Out of the Question', SPIEGEL Interview With FDP Leader Westerwelle, 18/08/2009.
La gauche en voie de recomposition thumb|left|220px|Frank-Walter Steinmeier, candidat social-démocrate à la chancellerie.
En crise depuis la formation de son accord avec les chrétiens-démocrates, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) semble, à en croire les instituts de sondage, sur le point d'obtenir le plus mauvais score de son histoire. Fragilisé par son alliance avec les chrétiens-démocrates, qui rend son projet peu audible, par ses crises de leadership à répétition et par la prestance d'Angela Merkel, le SPD perd ses électeurs au profit du parti de gauche Die Linke, mais aussi de ses alliés traditionnels de l'Alliance 90 / Les Verts (écologistes) et, dans une moindre mesure, du FDP« », Marianne 2, 03/09/2009. Mené par son président et ministre du travail Franz Müntefering et par son candidat à la chancellerie et ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, deux proches de l'ancien chancelier fédéral Gerhard Schröder, le SPD doit faire face à de nombreuses incohérences et contradictions. Perturbés par l'irruption sur le spectre politique de Die Linke, les sociaux-démocrates peinent à tenir un discours clair sur leur stratégie d'alliance. S'ils sont favorables à des coalitions rouges-rouges-verts au niveau local, ils rejettent en revanche toute forme d'accord avec le parti de gauche au niveau fédéral« parti d'Oskar Lafontaine bouscule le SPD », Le Monde, 31/08/2009. Leur association au bilan d'Angela Merkel contribue également à rendre peu crédibles les propositions formulées tout au long de la campagne, notamment l'idée d'une taxe mondiale sur les transactions financières« », L'Express, 11/09/2009. Steinmeier s'est en outre vu opposé une fin de non-recevoir de la part du FDP après avoir tendu une perche au parti libéral, avec lequel il a de gros points de désaccord en matière fiscale, ruinant ses espoirs de voir se former une coalition en feu tricolore à l'issue du scrutin.
Un amoncellement de difficultés qui compromettent sérieusement les chances de victoire de la formation sociale-démocrate, qui a perdu beaucoup d'adhérents et plusieurs soutiens importants à quelques semaines de scrutin. Symbole fort, IG Metall, le principal syndicat du pays, a refusé pour la première fois depuis sa création d'appeler à voter pour les candidats du SPD. Les 2,3 millions d'adhérents du syndicat, très hostiles au FDP et de plus en plus nombreux à prendre leur carte au parti Die Linke, appréhendent à l'idée de voir une coalition noire-jaune prendre les rênes du pays, mais bon nombre d'entre eux ne font plus confiance au SPD, même si le président d'IG Metall, Berthold Huber, soutient à titre personnel Frank-Walter Steinmeier« Législatives allemandes: les militants du syndicat IG Metall déboussolés », Étienne BALMER pour l'AFP, 06/09/2009.
thumb|135px|Oskar Lafontaine, coprésident du parti Die Linke en 2011.