Guillaume Boulle de Larigaudie, connu sous le nom de Guy de Larigaudie, est un routier scout de France, écrivain, explorateur, conférencier et journaliste français né à Paris le et mort pour la France le à Musson en Belgique.
Biographie
Enfance
Guy de Larigaudie passe une grande partie de son enfance dans la vieille demeure familiale, le manoir des Gérauds, à Saint-Martin-de-Ribérac, dans le Périgord. Il dit aimer cette vie au contact de la nature et la vie traditionnelle du Périgord, qu’il chantera plus tard dans Le Chant de vieux paysGuy de Larigaudie ou l'aventure intérieure, de Jean Peyrade, éd. Casterman..
Lorsque ses parents s’installent à Paris, il fréquente d’abord l’école Rocroy Saint-Léon, 106 rue du Faubourg-Poissonnière., puis à partir de la classe de troisième, le collège de la rue de Madrid, jusqu’au baccalauréat.
Adolescence Il entre chez les scouts à la troupe Saint-Augustin Paris en . Il prononce sa promesse dans une clairière de forêt d’Île-de-France six mois plus tard. Totémisé Panthère au beau soleil, il est ensuite chef et routier à la et à la Saint Philippe du Roule. Il s’interroge sur sa vocation et se demande s'il ne sera pas missionnaire. En 1926, il entre au Séminaire d’Issy-les-Moulineaux, mais étouffe bientôt entre ses murs. En l’été 1927, il est obligé de retourner dans le Périgord pour se reposer, et tâcher de trouver un équilibre entre ses aspirations et ses possibilités.
En 1929, ses parents l’envoient à Villard-de-Lans pour tenter d’accélérer une guérison problématique. L’air vivifiant des Alpes lui réussit et il quitte soudain la chaise longue pour une paire de skis ; il finit par retrouver la santé, en même temps qu’il se découvre une vocation pour l’écritureGuy de Larigaudie, routier de légende, de Jean Vaulon, éd. La Hutte..
En , il effectue son service militaire au régiment de Cuirassiers stationné à Verdun. Il se passionne pour les chevaux, trouvant les officiers « épatants » et ses camarades « de braves types ». Il fait un stage à Saumur et passe au Dragons à Épernay. Guy pense à une carrière militaire. Finalement, il est démobilisé en 1931 et se retrouve sans travail.
En 1930, il refait un séjour à la montagne. C’est à ce moment que naît l’idée de son livre La Légende du ski qu’il publiera en 1940. Il revient ensuite à Paris, où il sera chef de troupe, à Montmartre.
Journaliste pour Scout À partir de 1933, il collabore régulièrement à la revue Scout des Scouts de France qui publie ses premiers petits contes. Yug - anagramme de son prénom -, son premier roman, est enfin édité.
En 1934, envoyé spécial de sa revue, Guy de Larigaudie rejoint la délégation française invitée au Jamboree scout de Frankston, en Australie. Il embarque à Toulon sur le paquebot Oronsay avec une vingtaine de camarades scouts : Port-Saïd, le canal de Suez, Aden, Colombo… Sydney ; puis le retour via la Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Panama, les Antilles, etc.
En 1935, il s’embarque sur le paquebot Normandie à destination des États-Unis, un pays qu’il traversera par trois voies principales : la route d’est en ouest, de New York vers Los Angeles ; la route des Bois Rouges le long des côtes du Pacifique ; la route du Nord, par Grande Prairie, Minneapolis, Détroit jusqu’à Québec. Entre-temps, depuis San Francisco, il fera un voyage dans les îles du Pacifique en 1936.
De ces voyages, il tirera la matière de ses deux livres, Par trois routes américaines et Résonance du Sud.
Raid automobile Paris-Saïgon En 1937, accompagné de Roger Drapier, scoutmestre de la Paris (Saint Philippe du Roule), Guy de Larigaudie entreprend un exploit sportif en inaugurant la première liaison automobile Paris-Saïgon, au volant d’une vieille Ford 19 CV 4 cylindres, baptisée Jeannette, et qui affichait . Après Genève, Vienne, Budapest, Belgrade, Sofia, ils abordèrent la Palestine puis traversèrent l’Afghanistan et l’Inde. À Saïgon enfin, en 1938, une imposante fête scoute se déroule dans l’enceinte du grand stade pour leur arrivée. À son retour en France, le au port de Marseille, Larigaudie raconte son voyage à un journaliste de Radio ParisGuy de Larigaudie raconte « Paris-Saïgon » sur Radio Paris. « Interview de Guy de Larigaudie », 4 juillet 1938, Institut national de l’audiovisuel-Paris. - Cote 86INA8504PK107..
Mort À la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, en , Guy de Larigaudie rejoint le dépôt du régiment de cuirassiers au camp de Mailly. Il est affecté sur sa demande à un groupe de reconnaissance à cheval, le de reconnaissance de corps d'armée.
Le , lors d’un combat rapproché avec les armées allemandes dans un bois près de Musson dans la région de Virton, en Belgique, Guy de Larigaudie meurt pour la France à 32 ans.
Hommages posthumes La spiritualité de Guy de Larigaudie inspire toujours de nombreux mouvements scouts catholiques dans le monde.
Panthéon Son nom est mentionné au Panthéon, dans la liste des écrivains morts au cours de la guerre de 1939-1945, sur une plaque apposée à droite de l’autelAssociation des Écrivains combattants, Georges Cerbelaud-Salagnac, Anthologie de écrivains morts à la guerre (1939-1945), Paris, Éditions Albin Michel, pp. 424-433, réédition 2017.. thumb|Stèle érigée à l’occasion du centenaire de la naissance de Guy de Larigaudie à Saint-Martin-de-Ribérac.
Clan Guy de Larigaudie de Belfort À Belfort, en , alors que le scoutisme est interdit par l'occupant, une patrouille d'ainés de la Belfort (Troupe Bayard) donne naissance à un clan routier clandestin encore sans nom, que vont rejoindre les ainés des autres troupes de la ville. Au cours de l’été 1942, le clan effectue un camp itinérant clandestin dans le Doubs. Le clan réunit des routiers et des jeunes chefs des unités de la ville. En 1943, il prend officieusement le nom de Guy de Larigaudie. Ce nom devient officiel en 1945. Le Clan entre en unité constituée dans la Résistance à l'automne 1943 derrière ses aumôniers : Maurice Pourchet (1906-2004) évêque de Saint-Flour (1960-1982) et Pierre Dufay (1910-1944) alias Commandant Raten, chef départemental des FFI du Territoire de Belfort. Les routiers participent aux très violents combats autour de Belfort pendant cinq semaines de septembre à . Onze des vingt quatre scouts routiers sont morts pour la France . La médaille de la Résistance française est attribuée au Clan Guy de Larigaudie de Belfort par décret du Maurice Pourchet, Epis moissonnés, Besançon, Imprimerie de l'Est, 1946.
Dominique Varry, "Jalons pour une histoire des Scouts de France de Belfort 1929-1945. De la fondation aux combats de la Résistance", Bulletin de la Société belfortaine d'émulation, n° 78; 1986, p. 55-76.
Dominique Varry, "Foulard rouge et noir : Le Clan Guy de Larigaudie de Belfort", Résistance FFI. Bulletin de la Fédération des amicales des Forces Françaises de l'Intérieur du Doubs, Jura-Nord, Territoire de Belfort, , 1997, .. Le fanion de clan est décoré par Edmond Michelet, ministre des Armées à Belfort le . Depuis cette date, le clan porte foulard rouge à bande noire. Rouge, couleur de la Route. Rouge et noir, couleurs du ruban de la médaille de la Résistance.
Mouvement scout Depuis sa mort, des générations de scouts de tous mouvements ont honoré la mémoire de Guy de Larigaudie et de nombreux groupes scouts en France, en Belgique (à Halanzy) en Allemagne, en Argentine, au Brésil, en Italie, en Pologne, à Singapour ou au Viêt Nam portent toujours son nom.
Saint-Martin-de-Ribérac La mémoire de Guy de Larigaudie est particulièrement entretenue à Saint-Martin-de-Ribérac, où sa dépouille a été transférée après la fin de la Seconde Guerre mondiale, autour de l'association Guy de Larigaudie qui a créé un musée qui rassemble de nombreux témoignages ou objets : L’Escale Guy de Larigaudie. Un circuit pédestre qui traverse les lieux où Guy de Larigaudie a passé sa jeunesse porte également son nom. À l’occasion du centenaire de sa naissance en 2008, une stèle a été érigée au pied de l’église de Saint-Martin-de-Ribérac. À Ribérac, c’est une avenue qui porte son nom.
Divers Le souvenir du raid automobile jusqu'à Saïgon suscitera des vocations d’explorateurs : raid en 2 CV en 2003, ou en side-car en 2017. Ses expéditions ont fait de nombreux émules parmi lesquels Bertrand Poirot-Delpech, Jean Raspail, Dominique Lapierre, Thomas Goisque.
Une école de Musson en Belgique porte son nom.
Testament spirituel
Étoile au grand large a été publié en 1943. Bien plus que son œuvre romanesque et journalistique, c’est essentiellement le message spirituel que Guy de Larigaudie a laissé à ses contemporains et aux générations futures, qui a marqué durablement des milliers d’hommes et de femmes. Cette dernière lettre datée du , est adressée à une religieuse carmélite.
Publications
Livres pour la jeunesse Yug, préface de Jacques Michel, illustrations : Jean gay, éditions Jean de Gigord, collection « Le Feu de camp », , 1934; réédition : ill. de Pierre Joubert, Éditions Scouts de France, 1945; réédition aux Éditions Delahaye, 2004. Raa la buse, ill. : Pierre Joubert, éditions Jean de Gigord, coll. « Le Feu de camp », , 1935; réédition précédente couverture sur jaquette et nouvelle couverture de Pierre Joubert, 1946 Le Tigre et sa panthère, ill. : Pierre Joubert, éditions Alsatia, coll. « Signe de piste », 1937. Yug en terres inconnues, ill. Jean gay, éditions Jean de Gigord, coll. « Le Feu de camp », , 1938; réédition : ill. de Pierre Joubert et Jean Gay, 1946; réédition hors collection, éditions Jean de Gigord et Presses d'Ile de France, 1946 L’Îlot du grand étang, roman parus dans la revue Scout, revue des Scouts de France, ill. : Pierre Joubert et Camille Alby, éditions Jean de Gigord, 1939. La Légende du ski, ill. : Samivel, Éditions Delagrave, 1940
Récits de voyages Vingt scouts autour du monde, Desclée de Brouwer, 1935; réédition, éditions Elor, collection « Larigaudie - Cantiques du monde », , 2000. Par trois routes américaines, Desclée de Brouwer. 1937; réédition, éditions Elor, collection « Larigaudie - Cantiques du monde », , 2002. Résonances du Sud. Récit de son voyage en Polynésie. Plon, Paris, 1938; réédition : préface Bernard Bygodt, éditions Elor, collection « Larigaudie - Cantiques du monde », , 2003. La Route aux aventures, Paris-Saïgon en automobile, préface du général Lafont, Chef-Scout de France, ill. de Pierre Joubert, Plon, Paris, 1939; réédition sous-titrée Paris-Saïgon, 22 000 kms en automobile : préface Dominique Lapierre, éditions Elor, collection « Larigaudie - Cantiques du monde », , 1999.
Publications posthumes Étoile au grand large, suivi du Chant du vieux pays, testament spirituel, préface du R. P. Forestier, Seuil, collection « Sèves », Paris, 1943. La Frégate aventurière, suivi de L’Îlot du grand étang, romans parus dans la revue Scout, revue des Scouts de France, ill. : Pierre Joubert, Éditions Scouts de France, « collection du message caché », , s.d.(1945). L’Îlot du grand étang, suivi de Harka le barzoï, romans parus dans la revue Scout, revue des Scouts de France, ill. : Pierre Joubert et Camille Alby, éditions Jean de Gigord, coll. « Le Feu de camp », s.d. (1947); réédition : collection « Mowgli », nouvelle couverture, s.d. (1947) Le Beau Jeu de ma vie, recueil de correspondances, Seuil, collection « Sèves », Paris, 1947; réédition : éditions Elor, collection « Larigaudie - Cantiques du monde », , 1998. Le messager de Clotilde, édition d'une nouvelle parue dans la revue Scout, revue des Scouts de France en 1938, illustrations Camille Alby et J. Bonnand, Éditions du Python, Saint-Quentin-sur-Indrois, 1996.
Bibliographies Ces biographies, anciennes, sont les uniques sources qui ont servi de base à l’écriture de cet article. Elles sont rédigées de manière hagiographique, le but de l’Église et des Scouts de France à l’époque de leur publication étant avant tout d’édifier la jeunesse. Une biographie de 2026 complète la liste.
; réédition :
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