Peissant est une section de la commune belge d'Estinnes, située en Région wallonne dans la province de Hainaut. La frontière franco-belge se situe à au sud, sur le grand axe Route nationale 40.
Toponymie Le nom de la ville vient de Pescentum, dérivé du latin pascere qui signifie « paître ». Certains parlent de Piscant, vieux patois signifiant « village du pêcheur » car de nombreux étangs s'y trouvaient historiquement. Diverses orthographes sont fonction des périodes et des pays : Peschant, Pessant, Pechant et Peissant.
Géographie et population
La plus ancienne source écrite recensant le nombre d'habitants remonte à 1409. Elle mentionne 724 habitants dont 37 feu.
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Géographie Le village est entouré de Erquelinnes, Croix-lez-Rouveroy, Fauroeulx, Vellereille-les-Brayeux et Merbes-le-Château. Le centre du village se situe à du centre de Erquelinnes, du centre de Binche et du centre de Jeumont, et du centre de Mons.
En 1409, la superficie de Peissant représente .
Altitude
Basse : Moyenne : Haute :
Lieux-dits Il existe plusieurs lieux-dits au sein de la section.
Ramquin est le lieu-dit où se trouvait l'arbre « Chêne Haudiez ». Un ancien édifice est mentionné : « Maison du leu » (en wallon) signifiant la demeure du loup. Sur la carte du dépôt de la guerre (1865-1880) on y voit la mention « Ferme du LeLoup ».
La Grosse Borne (ou Breu, Aubreux, de la locution « Au breû ») est un grand lieu boueux.
Le Chêne-houdiez (ou Chêne houdiez) est le nom d'une partie du bois et vient d'un chêne délimitant le territoire, de la même manière qu'une borne. On retrouve ses traces sur les cartes de Ferraris: Chêne Audy. 70 ans plus tard, sur les cartes de Vandermaelen, il devient Chêne Haudiez. Il s'agit également du nom des lotissements dans le bois de Peissant.
Le Bruliau (ou Brûliau) possède un hameau où se trouve le monument Mozin et Libotte. Son étymologie vient du Moyen néerlandais bruul et du gaulois brogolis signifiant « Petit bois clôturé ». Cette zone est habitée à partir du début .
Les Chaufours sont est une ancienne zone de four à chaux qui a maintenant disparu.
Mon Etuble (devenu La Marlière) serait un ancien site où était extrait l'argile et le calcaire (le marnemarne), la marlière étant devenu la marnière. Ce qui peut expliquer les objets, en argile, trouvés de l’époque gauloise.
La Meulière est une zone avec une couche de substrat en roche meulière.
Prail Lez Vaux signifie la vallée de prés.
(la) Praile (ou Praille, Prelle) est un ancien hameau, à l'entrée de Fauroeulx, qui est rattaché au village à la fin du . Praille vient du wallon prâle découlé du latin pratella et se traduisant par petit pré.
Environnement Inscrit dans la réglementation Natura 2000, le paysage est peu vallonné, entouré de champs, prairies et un bois, à l'est, délimitant Peissant, Merbes-le-Château, Erquelinnes et Vellereille-les-Brayeux. Ce bois est l'élément naturel le plus imposant du village.
Cours d'eau Jusqu'au début du , Peissant possédait de nombreux marais mais par l'urbanisation galopante, ces derniers ont disparu du paysage. De nombreux ruisseaux (dont la majorité sont souterrains), marais et étangs (privés), tous non navigables, composent le village.
Le ruisseau des Estinnes (ou l'Estinnes, référence: HN01R_06G) est le cours d'eau principal qui traverse plusieurs villages de la commune. Il prend sa source dans la zone du Bruliau. Pour Peissant, il est alimenté par un grand nombre de ruisseaux dont le ruisseau du Château (qui servait autrefois à alimenter le complexe agricole du château et créer une douve autour de ce dernier) et le ruisseau de Beauregard. La zone d'eau peissantoise fait partie de la section Haine 1 sous la masse d'eau BERWE030 et BERWM022.
Pour visualiser les points d'eau et autres informations sur ce sujet, GéoPortail Wallonie a mis à disposition une carte détaillée.
Faune et flore Peissant possède une grande biodiversité naturelle et locale mais n’a pas d'animaux ou plantes exceptionnels à la région. Le village fait partie d'un couloir migratoire pour les oies sauvages et cigognes. Hormis pour les étangs privés, les animaux aquatiques (poissons) ne sont plus présents.
La roselière est un espace naturel protégé situé à l'est du village, en lisière du bois vers Merbes-le-Château, à la fin de la rue Bois de Ville, comprenant l'étang de la Marlière, appartenant à la réserve naturelle d’Estinnes. Cette zone de , comprise dans une zone de , est protégée depuis 2008 par le Département de la Nature et des Forêts et Natagora. Ce lieu à un grand intérêt pour l’avifaune.
Histoire
Origines Jusqu'à la famille Cornet d'Elzius, Peissant est un domaine seigneurial. Le mot Peissant, pour désigner le village connu aujourd'hui, est issu du nom de de cette famille. Peissant vit essentiellement de son agriculture, élevage, scierie et sablière. On retrouve des récits de Peissant dans le patrimoine d'autres villes belges mais également des Pays-Bas, Espagne et France puisqu'avant l'indépendance de la Belgique, la région était occupée par divers royaumes.
Grâce à la carte de Ferraris (1770-1778), l'Atlas des chemins vicinaux (1841), la carte de Vandermaelencarte de Vandermaelen (1846-1854) et la carte du dépôt de la guerrecarte du dépôt de la guerre (1865-1880), des informations complémentaires permettent d'observer l'évolution de lieux, les points stratégiques militaires, le domaine, la démographie du village. WalOnMap permet de superposer ces cartes.
Époque Gauloise vignette|Poteries de la nécropole gallo-romaine des ap. J.-C., musée royal de Mariemont. Les dernières fouilles archéologiques datent de 1946, par M. Breuer, après celle de 1943 où du mobilier funéraire (en terre sigillée italique) a été découvert et daté de la fin de l'âge de fer. En 1946, une nécropole du de notre ère ainsi que des tombes et quelques habitations du siècle suivant, prouvent que le villagé était habité. De la poterie et des pièces de monnaie gauloises et julioclaudiennes font également partie des découvertes mais aucune continuité entre les périodes gauloise et gallo-romaine ne peut être affirmée.
Une carte des zones de fouilles est disponible via WalOnMap.
De 1150 à 1706 D’après l’archéologue, historien et documentaliste du , Théodore Bernier (1843-1893), la seigneurie fut cédée en 1150 par Nicolas de Chièvres, évêque de Cambrai, à l’abbaye de Lobbes en échange de la seigneurie de Maresches (Maurage). À cette époque, le territoire est sous le régime des ducs de Bourgogne jusqu'en 1516.
À partir de cet échange et jusqu'en 1830, la seigneurie est louée et dépendante des moines de l'abbaye de Lobbes.
Elle appartenait à Ghislain (ou Gossuin) de Peissant, qui assista à un acte d’Odon. Cet acte a pour but de lever la sentence d’excommunication prononcée par Pascal II contre Gossuin, qui avait envahi l’abbaye de Liessies. Cette dernière obtient les 2/3 des bois de Peissant.
Après Ghislain, une famille portant le nom de Peissant fait partie du royaume des Pays-Bas. L'origine du nom de cette famille n'est pas connue, ni la relation qu'elle avait avec Gossuin mais Armand de Peissant (mort vers 1196), chevalier du royaume des Pays-Bas en fait acquisition pour sa famille. C'est sa fille, Fleurine (ou Flore, morte vers 1219) de Peissant qui en devient dame lorsqu'elle épouse en 1212 Nicolas V de Rumigny. Ce dernier deviendra seigneur de Peissant à la suite de cette union. La famille de Rumigny est une très vieille famille descendante des comtes de Metz et de Juliers, et est en très bonne relation avec les comtes de Hainaut.
Bien que Flore ait trois frères (Enguerrand, Siger et Raoul), ils ne sont pas apparentés à la seigneurie. Tout comme Wauthier de Peissant (mort vers 1221), que l'on retrouve dans l'histoire des Pays-Bas, qui n’a aucun lien avec la famille de Armand et le domaine.
Nicolas V de Rumigny-Florennes (1194-1257) restera seigneur jusqu'à sa mort. À la suite de cet évènement, le domaine sera légué au fils ainé, Hugues (né en 1213) qui fera la même chose que son père. Gilles dit Gillion, fils de Hugues, (1270-1328) prendra en main le domaine et deviendra seigneur de Hyon grâce à son mariage avec Catherine de Berlaymont.
Pendant presque deux siècles, le domaine est légué au fils ainé de chaque génération. La famille garde toujours de bonnes relations avec les comtes de Hainaut. Certains descendants deviennent chevalier, comme Jean I (1328-1393) à Reims lors du sacre du roi Charles VI en 1380, ou échevin de Mons, comme Jacquemart de Rumigny-Peissant (mort en 1468 à Ath). D'autres seront seigneur d'autres domaines en plus de celui de Peissant.
Au , Nicolas de Rumigny-Peissant (né en 1431 à Ath - Mort en 1495 à Mons) et Jeanne de Barbençon Donstiennes ont un fils, Jean III (mort en 1554) qui deviendra, en 1464, un seigneur de plusieurs villes (Gochenée, Sallieremont et Peissant). Entretenant toujours de bonnes relations avec les autres fief alentour, il permet à son ami Jean de Goegnies d'établir un fief dans Peissant vers 1473 où le fils de ce dernier, Guillaume, vivra jusqu'en 1502-1505 à Peissant. En 1496, Nicolas rassemble Ressaix, une seigneurie proche, sous son pouvoir faisant de Peissant un grand domaine Ressaix-Peissant. S'ajoute la ville de Pecquereau, par son mariage en 1506, à Marie de l'Estoret.
À partir de 1516, Peissant n'est plus sous le régime des ducs de Bourgogne et passe sous le territoire du royaume des Pays-Bas espagnols appelés également les Dix-Sept Provinces, jusqu'en 1714. La famille Rumigny-Peissant continue de vivre à Peissant et de gagner ou de perdre des territoires selon ses relations politiques.
En 1520, Marie et Jean III ont un fils du nom de Lancelot. Il perdit le pouvoir de Gochenée et de Sallieremont mais gagna La Haye dont il sera seigneur (en plus de Ressaix-Peissant et de Pecquereau). Il épouse Marguerite de Hertaing, avec qui il aura deux enfants, Jean IV (né en 1555) puis Jeanne (née en 1579). L’aîné devient seigneur des domaines de ses parents puis épouse Catherine van Berchem, avec qui il aura une fille du nom de Catherine (née en 1579), Jean IV à 24 ans. Catherine épousera Jean-Baptiste Anceau de Clermont et n’auront pas de fils : le domaine sera légué à la sœur de Jean IV, Jeanne, en faisant perdre tous les autres domaines.
Jeanne, dite la Jeune, de Rumigny-Peissant, fille de Jean III et Marie, épouse Jean de Hertaing (mort en 1608). Par cette union la famille de Rumigny-Peissant s'éteint dans l’histoire du village et laisse place à une nouvelle du nom de Hertaing.
Jean et Jeanne auront deux enfants, Nicolas et Charlotte. Le fils sera seigneur de Peissant et épouse Anne Alexandrine de Thiant avec qui il n'aura pas d'enfants. À la mort de son mari, en 1626, Anne Alexandrine se remarie avec Adrien d’Ioville (ou Diauville). Le roi Philippe IV considéra cet acte comme anti-chrétien, et édita une obligation de confiscation du domaine de Peissant. Le , le domaine est saisi et octroyé à Maximilien Van Broechem, un noble flamand. Ce dernier laisse la gestion du domaine à famille d'Argenteau ; il restera le propriétaire durant trois générations.