Mohammed Moulessehoul (en ), dit Yasmina Khadra (en ), né le à Kenadsa dans l'actuelle wilaya de Béchar (Sahara algérien), est un écrivain algérien.

Biographie Carrière militaire Mohammed Moulessehoul est né à Kenadsa (actuelle wilaya de Béchar) le . Son père, officier de l'ALN, est blessé en 1958. En 1964, il envoie Mohammed (alors âgé de neuf ans) à l'école des cadets de la Révolution d'El Mechouar à Tlemcen afin de le former au grade d'officier. À , il sort sous-lieutenant de l'Académie militaire de Cherchell, avant de servir comme officier dans l'armée algérienne pendant vingt-cinq ans. Durant la guerre civile algérienne, dans les années 1990, il est l'un des principaux responsables de la lutte contre l'AIS puis le GIA, en particulier en Oranie. Il atteint le grade de commandantYasmina Khadra, biographie sur Leaders-afrique.com (Consulté le 4 janvier 2017)Emmanuelle Pirat. « Yasmina Khadra : pour libérer les esprits, il faut libérer la femme ». CFDT Magazine, mai 2016, pp. 27-29..

Il fait valoir ses droits à la retraite et quitte l'armée algérienne en 2000 pour se consacrer à l'écriture.

Carrière littéraire À , Mohammed Moulessehoul finit son premier recueil de nouvelles qui est publié onze ans après, en 1984. Il publie trois recueils de nouvelles et trois romans sous son propre nom de 1984 à 1989 et obtient plusieurs prix littéraires, parmi lesquels celui du Fonds international pour la promotion de la culture (de l'UNESCO) en 1993. Pour échapper au Comité de censure militaire, institué en 1988, il opte pour la clandestinité et publie son roman Le Dingue au bistouri (éditions Laphomic-Alger 1989), le premier dans la série des « Commissaire Llob ». Il écrit pendant onze ans sous différents pseudonymes et collabore à plusieurs journaux algériens et étrangers pour défendre les écrivains algériens. En 1997 paraît en France, chez l'éditeur parisien Baleine, Morituri qui le révèle au grand public, sous le pseudonyme Yasmina Khadra.

Il opte définitivement pour ce pseudonyme, qui sont les deux prénoms de son épouse., laquelle en porte un troisième, Amel en hommage à Amel Eldjazaïri, petite-fille de l'émir Abdelkader. En réalité, sa femme s'appelle Yamina et c'est son éditeur qui a rajouté un « s », pensant corriger une erreur.. Mohammed Moulessehoul explique ce choix :

Dans un monde aussi conservateur que le monde arabo-musulman, porter un pseudonyme féminin, pour un homme, est une véritable révolution. Yasmina Khadra n'est pas seulement un nom de romancier, il est aussi un engagement indéfectible pour l'émancipation de la femme musulmane. Il dit à ce propos :

En 2000, il part au Mexique avec sa femme et leurs enfants pour s'installer par la suite en France en 2001.. Cette même année, il révèle sa véritable identité avec la parution de son roman autobiographique L'Écrivain. À cette époque, ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques. thumb|left|Séance de dédicaces au Livre sur les quais à Morges (Suisse) en 2018. Il acquiert sa renommée internationale avec les romans noirs du commissaire Brahim Llob : Morituri, adapté au cinéma en 2007 par Okacha Touita, Double Blanc et L'Automne des chimères. Llob est un incorruptible, dans un Alger dévoré par le fanatisme et les luttes de pouvoir. Son Algérie saigne à plaies ouvertes et cela révolte le commissaire. Llob n'hésite donc pas à prendre le risque de fouiner dans les hautes sphères de la société, ce qui lui vaut bien vite la sympathie du lecteur.. Cette série s'enrichit en 2004 d'un autre roman, La Part du mort.

Yasmina Khadra illustre également « le dialogue de sourds qui oppose l'Orient et l'Occident » avec les trois romans.: Les Hirondelles de Kaboul, qui raconte l'histoire de deux couples afghans sous le régime des Talibans ; L'Attentat, roman dans lequel un médecin arabe, Amin, intégré en Israël, recherche la vérité sur sa femme kamikaze ; Les Sirènes de Bagdad relate le désarroi d'un jeune bédouin irakien poussé à bout par l'accumulation de bavures commises par les troupes américaines.

Yasmina Khadra a touché plusieurs millions de lecteurs dans le monde. Adaptés au cinéma, au théâtre, en bande dessinée, en chorégraphie, ses romans sont traduits en et édités dans 56 pays dont l'Albanie, l'Algérie, l'Allemagne, l'Autriche, l'Arménie, le Bangladesh, le Brésil, la Bulgarie, la Chine continentale, la Corée du sud, la Croatie, le Danemark, les Émirats arabes unis, l'Estonie, les États-Unis, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Grèce, l'Espagne (castillan et catalan), la Hongrie, l'Inde, l'Indonésie, l'Iran, l'Islande, l'Italie, Israël, le Japon, le Kirghizistan, le Liban, la Lituanie, la Macédoine du Nord, le Mexique, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, le Pakistan (en ourdou), la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Slovénie, la Suède, la Suisse, Taïwan, la République tchèque, la Turquie et le Vietnam.

En 2010, Yasmina Khadra dirige une collection sur le Maghreb chez l’éditeur de polars Après la luneLe magazine littéraire, 2 mars 2010.

En 2013, il fait son entrée dans le dictionnaire (Le Petit Robert des noms propres).

En 2015, il publie La Dernière Nuit du Raïs, où le narrateur est l'ancien dictateur libyen Kadhafi.

En 2016, il co-scénarise le film du cinéaste Rachid Bouchareb, La Route d'Istanbul, sélectionné au festival du film africain de Khouribga et publie Dieu n'habite pas La HavanePhilippe Vallet, Yasmina Khadra : "Dieu n'habite pas La Havane", Francetvinfo.fr, 15 septembre 2016 (Consulté le 4 janvier 2017). La qualité littéraire de ce roman est lourdement critiquée par l'écrivain et critique Éric ChevillardÉric Chevillard, Eric Chevillard : « Yasmina Khadra écrit faux comme une casserole », LeMonde.fr, 1 septembre 2016 (Consulté le 4 janvier 2017). Astrid de Larminat, critique du Figaro littéraire, le qualifie de « moins ambitieux que le précédent », mais lui trouve « un charme mélancolique » et lui attribue quatre « cœurs » sur cinqAstrid De Larminat, Astrid De Larminat : « DIEU N'HABITE PAS LA HAVANE De Yasmina Khadra, la critique de la rédaction. », LeFigaro.fr, 18 août 2016 (consulté le 9 janvier 2017).

Carrière politique À la demande du président Abdelaziz Bouteflika, il est nommé directeur du Centre culturel algérien de ParisYasmina Khadra : "Le régime algérien est un zombie", Lejdd.fr, 29 mars 2014 (Consulté le 4 janvier 2017) en 2008, fonction à laquelle il a mis fin le , après qu'il eut parlé d'« absurdité » et de « fuite en avant suicidaire » à propos du quatrième mandat de BouteflikaIsabelle Mandraud, Yasmina Khadra reprend son « chemin d'écrivain », lemonde.fr, 31 mai 2014 (Consulté le 4 janvier 2017).

Le , il annonce être candidat à la prochaine élection présidentielle algérienneMohammed Aïssaoui, « Yasmina Khadra, politique fiction », Le Figaro, encart « Culture », mardi 19 novembre 2013, p. 38.. Il a exclu tout éventuel parrainage d'un parti politique, et affirmé qu'il allait récolter les signatures nécessaires pour officialiser sa candidature. Selon son décompte, il ne recueille que sur les nécessaires et échoue à déposer sa candidature auprès du Conseil constitutionnel avant la clôture..

Lors du Festival du cinéma américain de Deauville 2022, il est membre du jury.

Œuvres Sous le nom de Mohammed Moulessehoul

Sous le nom de plume de Yasmina Khadra

Le Dingue au bistouri, 1990, Laphomic, Alger et 1999, Flammarion (J'ai lu 2001), Paris ; adapté en BD par Mohamed Bouslah, Alger 2009 La Foire des enfoirés, 1993, Laphomic Morituri, 1997, Baleine, Paris, Trophée 813 du Meilleur polar francophone ; (Folio policier 2002) ; adapté au cinéma par Okacha Touita, 2007 L'Automne des chimères, 1998, Baleine, Prix allemand du roman noir international (Folio policier 2001) Double blanc, 1998, Baleine (Gallimard, Folio policier 2000) Les Agneaux du Seigneur, 1998, Julliard (Pocket 1999), Paris À quoi rêvent les loups, 1999, Julliard (Pocket 2000) L'Écrivain, 2001, Julliard (Pocket 2003) L'Imposture des mots, 2002, Julliard (Pocket 2004) Les Hirondelles de Kaboul, 2002, Julliard (Pocket 2004) (France Loisirs 2003) ; adapté au théâtre en France, en Turquie, au Brésil, en Équateur ; en adaptation en film d'animation par Zabou Breitman. Le roman a touché plus de en France. Cousine K, 2003, Julliard (Pocket 2004) La Part du mort, 2004, Julliard (Gallimard, Folio policier 2005) La Rose de Blida, 2005, éd. Après la lune, Paris. (Sedia 2007) L'Attentat, 2005, Julliard (Pocket 2006) (Sedia, 2006) (France Loisirs 2006) ; adapté au cinéma sous le même titre par Ziad Doueiri, Grand Prix du festival international du film de Marrakech 2012, prix du Public à Toronto, prix spécial du Jury à San Sébastien, sortie en salle mondiale le ; adapté en BD chez Glenat 2012 ; adapté au théâtre en Italie, en Algérie, en Afrique par Osmane Aledji (Benin), présenté au Rwanda, Burundi, Congo Brazzaville, dans les villes Mbuji Mayi, Kisangani, Lubumbabhi, Matadi, Bukavu en République Démocratique du Congo (deux autres adaptations au théâtre en France pour 2013). Le roman s'est vendu à plus de en France. Les Sirènes de Bagdad, 2006, Julliard (Sedia, Alger 2006) (Pocket 2007) (France Loisirs 2007) Le Quatuor algérien : Morituri, Double blanc, L'Automne des chimères, La Part du mort (en un seul volume, Gallimard, Folio policier 2008) Ce que le jour doit à la nuit, 2008, Julliard (Sédia, Alger, 2008) (Pocket 2009) (France Loisirs 2009) (Grand Livre du Mois, 2008) ; (Éditions de la loupe, 2009, en gros caractères) ; en audio (CD) 2008 ; adapté au cinéma par Alexandre Arcady, 2012) ; adapté à la danse, chorégraphie réalisée par la Compagnie Hervé Koubi, France (danse hip-hop, capoeira et danse contemporaine). Le roman s'est vendu à 1 million d'exemplaires en France. La Longue Nuit d'un repenti, 2010, Éditions du Moteur (réédition dans Six façons de le dire, ouvrage collectif (avec Nicolas d'Estienne d'Orves, Sophie Adriansen, Mercedes Deambrosis, David Foenkinos, Christophe Ferré), 2011, Éditions du Moteur) L'Olympe des infortunes, 2010, Julliard (Mediaplus-Constantine 2010) (Pocket 2011) (adapté au théâtre en France) Œuvres, , 2011, Julliard L'Équation africaine, 2011, Julliard ; Pocket 2012 ; France Loisirs 2012 Les Chants cannibales, 2012, Éditions Casbah-Alger Algérie, éditions Michel Lafon (beau-livre, en collaboration avec le photographe Reza), 2012 Les anges meurent de nos blessures, Julliard, Qu'attendent les singes, Julliard, , Paris ; Casbah, , Alger La Dernière Nuit du Raïs, Julliard, 2015 Dieu n'habite pas La Havane, Julliard, 2016 Ce que le mirage doit à l'oasis, Yasmina Khadra et Lassaâd Metoui, Flammarion, Khalil, Éditions Casbah et Julliard, L’Outrage fait à Sarah Ikker, Éditions Casbah (), Éditions Julliard () Le Sel de tous les oublis, (Julliard, ), (Casbah Éditions, ) 1963, région de Blida, un jeune instituteur, Adem Naït-Gacem, quitté par son épouse, erre à la recherche de lui-même. Pour l'amour d'Elena, (Mialet Barrault, ) Les Vertueux, (Mialet Barrault et édition Casbah en Algérie , en France et en Algérie) Cœur d'amande, édition Mialet Barrault, . Le prieur de Bethléem, édition Flammarion,

Prix littéraires Ceci est une liste non exhaustive de ses prix, en particulier français, pour lesquels l'œuvre de Yasmina Khadra a été récompensée. Pour l'ensemble de son œuvre, l'Académie française lui a décerné le Grand prix de littérature Henri-Gal, Prix de l'Institut de France 2011.

Accusations de plagiat Son roman Le Privilège du phénix (1989) a été retiré des librairies lorsqu’il a été accusé de plagiat par son compatriote l'écrivain arabophone Tahar Ouettar. à cause de la présence d'un personnage nommé Llaz, qui se trouve être le même personnage dans le roman Al Llaz (1974). C'est plusieurs années après, et seulement après l’avoir expurgé des passages incriminés et du personnage Llaz, que ce roman a été finalement publié. À ce propos, Yasmina Khadra a déclaré :