a été un grand prêtre de Ptah de Memphis et a vécu de la fin de la jusqu'au milieu de la .
Attestation et titres
Ptahchepsès n'est attesté que par son mastaba situé à Saqqarah, au nord de l'enceinte du complexe funéraire de Djéser. Parmi les titres du défunt se trouvent les suivants : « Doyen de la Maison de Ptah » (jȝw ny ḥw.t Ptḥ), « Chef des prêtres purs de Ptah » (jmj-r wˁbw Ptḥ), « Chef de l'atelier » (jmj-r wˁb.t), « Chef du domaine de Sokar » (jmj-r pr Skr), « Chef du magasin des provisions » (jmj-r st ḏfȝw), « Grand des directeurs des artisans » (wr ḫrp ḥmwwt), c'est-à-dire « Grand prêtre de Ptah », « Grand des directeurs des artisans des Deux Domaines » (wr ḫrp ḥmwwt m pr.wy), « Récompensé par le roi » (mḥnk nsw.t), « Prêtre de Ptah » (ḥm-nṯr Ptḥ), « Prêtre de Maât » (ḥm-nṯr Mȝˁ.t), « Prêtre de Horakhty » (ḥm-nṯr Ḥr-ȝht.y), « Prêtre de Sokar » (ḥm-nṯr Skr), « Prêtre de Rê dans le temple solaire d'Ouserkaf » (ḥm-nṯr Rˁ m Nḫn-Rˁ), « Prêtre de Rê dans le temple solaire de Sahourê » (ḥm-nṯr Rˁ m Sḫt-Rˁ), « Prêtre de Rê dans le temple solaire de Néferirkarê » (ḥm-nṯr Rˁ m Šsp-jb-Rˁ), « Prêtre de Rê-Hathor dans le temple solaire de Niouserrê » (ḥm-nṯr Rˁ Ḥw.t-Ḥr m St-jb-Rˁ m swt=f (j)ptn), « Chef de tous les secrets » (ḥrj-sštȝ), « Chef de tous les secrets de son dieu » (ḥrj-sštȝ n nṯr=f), « Directeur des artisans » (ḫrp ḥmwwt), « Directeur des prêtres-sem (de Sokar) » (ḫrp sm).
Carrière
La vie et la carrière de Ptahchepsès nous sont connues grâce à la grande stèle fausse-porte retrouvée dans son mastaba à Saqqarah. Huit colonnes, décrivent les étapes de la vie et de la carrière du défunt : [Enfant qui est né ... du t]emps de Mykérinos, celui qui a été éduqué parmi les enfants royaux au sein du palais royal et du harem, l'enfant Ptahchepsès, [Jeune homme qui portait une ceinture ... du] temps de Chepseskaf, celui qui a été éduqué parmi les enfants royaux au sein du palais royal et du harem, le jeune homme Ptahchepsès, [...] d'Ouserkaf. Sa Majesté lui donna la fille aînée du roi Khâmaât pour épouse, parce que Sa Majesté désirait qu'elle restât avec lui, plus qu'avec tout autre homme, Ptahchepsès [Grand des directeurs des artisans des Deux Do]maines de Sahourê, celui qui était estimé du roi plus que tout autre serviteur, qui embarquait sur toutes les barques du palais et pénétrait dans les voies du temple du Sud lors de toutes les fêtes d'apparition, Ptahchepsès, [... celui qui était estimé du roi plus que] tout autre [ser]viteur, en tant que maître des secrets de tout projet que Sa Majesté désirait accomplir, et qui réjouissait le cœur de Sa Majesté chaque jour, Ptahchepsès, [... celui qui était estimé du roi plus que] tout autre [ser]viteur. Lorsque Sa Majesté le louait pour quelque chose, elle lui faisait baiser son pied, ne lui permettant pas de baiser le sol, Ptahchepsès, [... celui qui était estimé du roi plus que] tout autre [ser]viteur, qui embarquait sur la barque nommée « Soutien des dieux » lors de toutes les fêtes d'apparition, aimé de son maître, Ptahchepsès, [... qui occupait] une place dans le cœur de son maître, aimé de son maître, vénéré de Ptah, accomplissant ce que son dieu désirait et réjouissant tous les artisans en présence du roi, Ptahchepsès.
Biographie
Sa biographie inscrite sur la fausse porte permet de déduire que Ptahchepsès, élevé à la cour parmi les enfants royaux, était probablement issu d'une famille de noble ascendance. Cette éducation de premier choix lui permit donc d'accéder rapidement à de hautes fonctions administratives puis religieuses. Ptahchepsès a eu une vie d'une exceptionnelle longévité accompagnant les règnes de huit souverains pendant plus de cinquante ans, accumulant au cours des ans les charges et les honneurs.
Favori du roi, il épousa une princesse de sang royal, Khâmaât faisant de lui le gendre du roi Ouserkaf. S'en suit alors une carrière s'étalant des règnes d'Ouserkaf à celui de Niouserrê.
Sa carrière, ayant eu lieu pendant la première moitié de la , jusqu'au règne de Niouserrê, se concentre donc sur la prêtrise de Ptah à Memphis, dont il était le grand prêtre, soit l'un des postes les plus élevés de la prêtrise à cette époque, notamment avec le poste de « Grand des voyants », c'est-à-dire le grand prêtre de Rê à Héliopolis. Si Ptahchepsès n'était pas « Grand des voyants », il était cependant fortement associé au culte de Rê avec les temples solaires des souverains de la période, situés à Abousir-Nord et Abou Ghorab. Les archives d'Abousir ont d'ailleurs montré que le grand temple de Ptah, au même titre que les temples solaires, était parfaitement intégré dans les circuits économiques des temples funéraires royaux. Il assurait également la direction du temple de Sokar, le dieu des nécropoles, et était le gouverneur de tous les domaines en Égypte rattachés au grand temple de Ptah. Enfin, il accompagnait le roi dans la grande barque Outesh-Netjerou qui transportait les dieux lors des grandes fêtes du royaume, les pèlerinages officiels ou les cérémonies liées au couronnement et aux jubilés royaux.
Ces différents éléments montrent à quel point Ptahchepsès était lié à la famille royale, par son mariage, mais aussi par les postes qu'il occupa : il était donc l'une des personnalités clefs du royaume. Ceci explique probablement pourquoi il est le premier grand pontife memphite à avoir bénéficié d'un tombeau aussi développé et dont on ait retrouvé la trace, révélant ainsi sa personnalité et une brillante carrière qui a accompagné plusieurs règnes assurant la transition entre la et la .
Sépulture vignette|upright=1.5|droite|Stèle fausse-porte de Ptahchepsès provenant de son mastaba de Saqqarah - British Museum
Le mastaba de Ptahchepsès a été retrouvé à Saqqarah par Auguste Mariette. Son emplacement est situé au nord de la pyramide de Djéser, juste au sud d'un hypogée baptisé « la tombe des bœufs » et non loin d'un autre baptisé lui « la tombe des oiseaux », deux tombeaux catacombes enfermant des momies d'animaux et essentiellement utilisés à la Basse époque. Perdu pendant plus d'un siècle, le mastaba a été redécouvert par une équipe tchèque en 2022-2023.
Édifié en pierre, ce mastaba présente un plan rectangulaire avec près de vingt huit mètres de longueur pour vingt un de large. Les murs accusent un fruit produit par le retrait progressif de chaque assise jusqu'au sommet plat de l'édifice. Sa façade orientale comporte une unique porte à laquelle on accédait par un portique. Cette porte donne sur la salle de culte du défunt ainsi que le serdab, qui communiquait avec la salle principale par une étroite fenêtre.
Il est probable que des statues du grand prêtre en provienne, le Musée égyptien du Caire possédant deux statues au nom d'un grand prêtre de Ptah Ptahchepsès. Toutes les deux figurent le grand prêtre assis avec ses titres et son nom.
La tombe de Ptahchepsès a également livré deux monuments d'importance qui ont été tous les deux prélevés en raison des textes qui les recouvrent : le linteau de la porte d'entrée du mastaba, exposé au Musée du Caire, qui outre les formules laudatives classiques destinées à assurer la survie du défunt, nous indique qu'il épousa la princesse Khâmaât, fille du roi Ouserkaf pendant le règne duquel il fut promu à la plus haute fonction du clergé memphite ; la stèle fausse-porte qui est actuellement conservée au British Museum. Il s'agit d'une grande stèle de calcaire peinte en rouge, imitant ainsi le granite, dont les hiéroglyphes sont peints dans un bleu vert qui contraste nettement avec l'ensemble.
Importance historique
La stèle fausse porte de Ptahchepsès est importante car le défunt a liste l'ensemble des rois sous lesquels il a vécu, allant de Mykérinos à Niouserrê. Le changement dynastique, de la à la , s'est fait sans encombre, les hauts dignitaires poursuivant leur carrière d'une dynastie à l'autre. Surtout, depuis la redécouverte du bloc manquant de la stèle fausse porte, deux éléments importants sont à noter : premièrement, l'ordre de succession royale de la fin de la est limitée à Mykérinos et Chepseskaf, tandis que l'hypothétique Djedefptah est complètement absent ; si ceci est cohérent avec les listes des mastabas G 8154 de Sékhemkarê et G 8740 de Netjerpounésout, tous deux situés dans le cimetière central de Gizeh, ces derniers omettent le roi constructeur de la pyramide inachevée de Zaouiet el-Aryan, ce qui pourrait signifier qu'ils aient également omis l'hypothétique Djédefptah ; or, si Ptahchepsès n'a pas omis l'éphémère Chepseskarê (voir ci-après), il est probable qu'aucun roi n'a régné entre Mykérinos et Ouserkaf autre que le roi Chepseskaf, deuxièmement, quatre rois successeurs de Sahourê et dont les noms sont perdus étaient à l'origine nommés sur la stèle, soit très probablement Néferirkarê Kakaï, Néferefrê, Chepseskarê et Niouserrê ; si trois de ces rois sont parfaitement attestés dans la documentation contemporaine, le cas de Chepseskarê est plus problématique car il n'est attesté que par des sceaux et empreintes de sceaux ; si la reconstruction de la stèle par Peter F. Dorman ou celle de Roman Gundacker est correcte, alors la stèle fausse porte de est la première attestation contemporaine significative du roi, et qui pourrait démontrer que son règne, bien qu'éphémère, n'était pas une usurpation.
Sur le linteau de la fausse-porte, le dieu Osiris figure dans la formule d'offrande. Par ailleurs, Osiris est peu attesté sous la , et un débat scientifique existe quant à la première mention de ce dieu dans les sources égyptiennes antiques. Selon la période durant laquelle a vécu Ptahchepsès, ses inscriptions pourraient constituer le témoignage le plus ancien de cette divinité.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Liens externes Ptahchepsès sur Égypte éternelle
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