L'éducation chez les Témoins de Jéhovah est basée sur leur compréhension de la Bible, qui est publiée dans les publications de la société Watchtower. L'obéissance et le respect sont les qualités les plus souvent mise en avant par cette éducation.
L'éducation au sein du mouvement comprend des pratiques régulières comme l'assistance aux réunions de la congrégation, l'étude des publications du mouvement et la prédication. Cela implique aussi le refus de célébrer les fêtes religieuses et patriotiques, ainsi que le fait de se séparer d'avec ceux qui ne font pas partie du mouvement.
Cette éducation fait l'objet de critiques de la part d'associations de lutte contre les sectes, de commissions parlementaires et d'ex-membres.
L’éducation religieuse des enfants Le rôle des parents
Les Témoins de Jéhovah n’ont pas d’école confessionnelle ni de cours religieux destinés spécifiquement aux enfants. Ce sont donc aux parents d'assurer l’éducation religieuse de leurs enfants. Cette éducation commence dès la petite enfance, avec des lectures de la bible et des écrits du mouvement, et la participation aux différentes activités des Témoins de Jéhovah : assistance aux réunions, prédication, étude des publications en famille et aux réunions.
Le baptême
De tendance anabaptiste, les parents ne baptisent pas les nourrissons, car pour eux le baptême doit être volontaire et conscient, à un âge où la personne est en mesure de comprendre l'engagement qu'elle prend. Toutefois, les enfants ont la possibilité de se faire baptiser, s’ils apportent la preuve d'une maturité suffisante et qu’ils désirent devenir des disciples. Ils doivent pour cela s'identifier à des « proclamateurs de la bonne nouvelle du Royaume » en participant régulièrement à l’activité de prédication de porte en porte ou autre, et prendre une part active aux réunions organisées dans la congrégation.
Le baptême n'est donc pas réservé à de jeunes enfants, mais à ceux qui ont été capables d’assimiler l’enseignement religieux. Dans la pratique, certains se font baptiser vers l'âge de 10 ans, d'autres beaucoup plus tard. Un enfant peut très bien avoir compris toutes les connaissances élémentaires nécessaires à son baptême, celles-ci étant répétées très fréquemment lors des réunions de la congrégation et lors de l’étude des publications mises à sa disposition"L'enfant face aux parents Témoins de Jéhovah" sur AggeliaL'enfant chez les Témoins de Jéhovah, sur TJ-Encyclopedie.
Concrètement, les enfants ne sont pas systématiquement baptisés. Comme le note Nathalie Luca, anthroplogue au CNRS, « des recherches sociologiques ont montré que très peu de ces enfants devenaient eux-mêmes Témoins de Jéhovah, ce qui montre qu'ils ne sont pas totalement aliénés par le groupe »La Croix, lundi 6 août 2001, p. 3. En effet, d'après l'enquête de la SOFRESTémoins de Jéhovah - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES., parmi l'ensemble des foyers ayant des enfants, seuls 27 % ont baptisé tous leurs enfants, et 28 % certains d'entre eux.
L’éducation scolaire
École
Les enfants des Témoins de Jéhovah fréquentent dans leur immense majorité l’école publique, le mouvement n’ayant pas d’école confessionnelleSelon une enquête de la SOFRES, 94 % des familles scolarisent leurs enfants dans l'enseignement public et seulement 10 % dans le privé (TÉMOINS DE JÉHOVAH - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES).. Les publications des Témoins de Jéhovah recommandent aux enfants d’adopter une attitude respectueuse à l’écoleRapport commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, Georges Fenech, Philippe Vuilque, 12 décembre 2006. Aussi les enfants des Témoins de Jéhovah sont-ils bien adaptés au système éducatif. C'est ce que confirment deux inspecteurs généraux de l’Éducation nationale, membres de la Cellule de Prévention des Phénomènes Sectaires (CPPS) : . Ils ont généralement bonne réputation. Le journaliste écrivain Thomas Lardeur a fait l'éloge du comportement de leurs enfants en milieu scolaire, mettant en avant leurs qualités : .
Les publications du mouvement conseillent toujours le dialogue et une attitude respectueuse à l'égard des enseignants lorsqu'il s'agit de refuser de participer à une activité interdite par le mouvementTirez profit de l’école du ministère théocratique, 2002, pp. 67-8 : . Le mouvement s'imposant de rester neutre quant aux affaires du monde, les enfants ne participent donc pas aux élections de délégués de classe ni ne se portent candidats à celles-ci"Les fonctions électives", L'école et les Témoins de Jéhovah, 1983, p. 16"Les Témoins de Jéhovah : il s'agit d'un mouvement religieux millénariste né à la fin du ", voir section "La vie des enfants dans le Mouvement des TJ", CCMM Nord-Pas-de-Calais-Picardie ().
Une enquête de la SOFRES menée sur juillet-août 1998 signale que « trois familles sur quatre font participer leurs enfants aux activités culturelles et sportives de l'école, deux tiers aux activités sociales, classes vertes, classes de neige, etc. ».
Études supérieures
Une enquête menée en 2008 aux États-Unis sur l'ensemble des religions, par le Pew Research Center, indique que le pourcentage de diplômés universitaires est le plus faible de toutes les religions. Les résultats indiquent 6 % en College graduate (diplôme universitaire Bac+1 à Bac+4) et 3 % en Post Graduate (Bac+5 ou Doctorat). 70 % des Témoins de Jéhovah américains ne possèdent que l'équivalent du baccalauréat bac ou moins (eng) U.S. Religious Landscape Survey.
La Société Watchtower n’interdit pas impérativement les études, mais elle s’efforce de démontrer au travers de ses publications et discours qu’il est préférable d'en limiter la durée« L'enfant face aux parents Témoins de Jéhovah » sur AggeliaQuand l'intérêt de Jéhovah prime sur celui de l'enfant, BULLES n°87, UNADFI pour éviter de mettre en danger sa spiritualité au contact de l'enseignement profane : philosophie, préhistoire, évolution, etcLa Tour de garde, 15 décembre 1975, p. 764 :Mais jusqu’où doivent-ils poursuivre leurs études profanes ? Il ne serait guère raisonnable pour un jeune garçon, ou une jeune fille, de poursuivre de son propre gré des études coûteuses au-delà de ce qu’exige la loi ou ses parents. D’après I Timothée 6:20, il serait peu sage de se remplir l’esprit des philosophies des hommes imparfaits(...) C’est pourquoi des années d’étude à l’université peuvent présenter des pièges. On peut subir un véritable “lavage de cerveau” à cause de l’enseignement de philosophies humaines et permettre ainsi la destruction de sa foi en Dieu et dans la Bible..
De plus, considérant que le jour du jugement divin appelé Har-Maguédôn est très proche, les publications du mouvement estiment qu’il n’est pas très utile de faire de longues études et qu'il est préférable de consacrer le temps qu’il reste à l’œuvre de prédicationLa Tour de Garde, , p. 29 : De nos jours, il est communément admis qu'il faut impérativement passer par l'université ou par une grande école pour réussir. Mais les chrétiens ne suivent pas l'opinion populaire. (...) Nous ne devons pas céder à l'esprit matérialiste du monde, mais bien plutôt 'rester dans notre bon sens', c'est-à-dire garder notre orientation spirituelle. Aussi, jeunes chrétiens, posez-vous ces questions : Est-ce que je fais le maximum pour 'accomplir mon ministère', pour acquérir les qualités requises d'un ministre de la Parole de Dieu ? Qu'ai-je prévu de faire pour m'acquitter de mon ministère "pleinement" ? Ai-je envisagé de faire du service à plein temps l'activité principale de ma vie..
Certains parents Témoins de Jéhovah font le choix de faire suivre des études plus longues à leurs enfants. Dans leur enquête, le journaliste Frédéric Lenoir et la sociologue des religions Nathalie Luca ont noté une évolution dans la place accordée à l'éducation scolaire des enfants. Ils s'appuient sur un exemple certes exceptionnel, mais mettant en valeur ce changement : le plus jeune bachelier de France de l'année 1996 à l'âge de 15 ans, de parents Témoins de Jéhovah a été accepté en classe préparatoire aux grandes écolesNathalie Luca et Frédéric Lenoir, Sectes, mensonges et idéaux, Éditions Bayard, Paris, 1998, pp. 53-4. Voir aussi : Nathalie Luca, Sectes, Églises et nouveaux mouvements religieux, présenté dans le cadre du séminaire L'enseignement du fait religieux, tenu les 5, 6 et 7 novembre 2002. Depuis un certain temps, l’organisation encourageait des études plus poussées notamment en informatique ou dans le domaine du droit. Dans la pratique, l'enquête de la SOFRES confirme aussi la tendance dans l'amélioration du niveau scolaire, le niveau d'instruction des interviewés étant voisin de celui de la moyenne des FrançaisTÉMOINS DE JÉHOVAH - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES : .
Ces informations, qui se concentrent sur les Témoins de Jéhovah de France, doivent être nuancées avec les chiffres des autres pays.
L’enseignement de la philosophie au baccalauréat en France et les jeunes Témoins de Jéhovah
« Au travers de la maîtrise de la philosophie, ce qui est visé c’est la liberté de penser, liberté constitutive de la formation de l’homme et du citoyen, et contribuant à fonder l’idéal français de la République. » affirme Mark Sherringham, inspecteur général de l’Éducation nationaleLa revue de l'inspection générale : Existe-t-il un modèle éducatif français ? numéro 3 - septembre 2006.
Partant de cela, les jeunes bacheliersNéanmoins, « Luc Chatel a confirmé jeudi 16 juin 2011 que cette discipline serait, à partir de septembre prochain, enseignée dès la classe de seconde. Ce dispositif sera introduit de manière expérimentale dans 297 lycées, sur la base d’un appel à projets. » témoins de Jéhovah ne voient certainement dans la préparation à l’épreuve de philosophie qu’un apprentissage républicain à l’usage de la liberté de penser. Et ce, parallèlement à leur formation missionnaire d’expression publique de leurs croyances, autorisée par la laïcité. C’est ainsi, qu’ils n’ont jamais émis aucune objection de conscience face à l’obligation d’assister en terminale à plusieurs heures de cours de philosophie par semaine toute une année scolaire (8 h en série L, 4 h en série ES, et 2 h + 1 h en série S) et dans la voie technologique (1 h + 1 h).
Cette question au sein des familles témoins n’est d’ailleurs pas abordée pas plus que dans l’enseignement officiel (réunions, publications). Une explication résidant dans le fait que cette matière apparaît comme étant un « genre littéraire » (selon l’expression polémique de Jean-François Revel) de plus ; partie de l’éducation profane humaniste courante et acceptée jusque-là.