Raymond Callemin, né le à Bruxelles, mort guillotiné dans le de Paris, devant les portes de la prison de la Santé, le Archives de Paris 14e, acte de décès , année 1913 (page 22/31), est un anarchiste illégaliste et criminel français, membre de la bande à Bonnot, plus connu sous le surnom de Raymond la Science.
Biographie thumb|Fiche de police de Raymond Callemin. thumb|Le Petit Parisien : « On a arrêté Raymond la Science ».
Fils d'un cordonnier, Narcisse CalleminFrédéric Lavignette, La Bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Lyon, Fage Edition, 2008.« Raymond Callemin grandissait le plus possible dans la rue, pour fuir l'arrière-chambre étouffante où l'on entrait par l'échoppe de cordonnier où son père, du matin à la nuit tombée, rafistolait les chaussures du quartier. Son père était un brave ivrogne résigné, vieux socialiste déçu du socialisme. » Victor Serge, Mémoires d'un révolutionnaire. Cité par Frédéric Lavignette, La Bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Lyon, Fage Edition, 2008, p. 263., Raymond est un ami d'enfance de Viktor Kibaltchich, le futur Victor Serge, mais également de Jean De Boë et d'Édouard Carouy, deux autres membres de la future bande à BonnotRichard Parry, The Bonnot Gang, Londres, Rebel Press, 1987, page 37. Il fait des études jusqu'à l'âge de et apprend le métier de photographeTémoignage de Narcisse Callemin, paru dans Le Petit Parisien du 10 avril 1912. Cité par Frédéric Lavignette, La Bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Lyon, Fage Edition, 2008, p.263..
Raymond Callemin participe en 1911 au groupe qui publie le journal libertaire L'Anarchie, dans un pavillon de la rue du Chevalier-de-la-Barre à Romainville, à l'époque où bon nombre de rédacteurs sont des « individualistes scientifiques » qui pratiquent une forme d'ascèse libertaire (pas de vin, de café, de sel, de viande ou de tabac…). Il y fait fonction de caissier et de typographe. C'est dans ce milieu qu'il rencontre entre autres Octave Garnier, André Soudy ou René Valet et retrouve Édouard CarouyJean Maitron, Le mouvement anarchiste en France. Volume I. Des origines à 1914. Gallimard, coll. « Tel », 1992..
Son surnom de « Raymond la Science » lui est donné, d'après Jean Maitron, en raison de son goût immodéré de la lecture. Les journaux de l'époque avancent une autre explication : « Callemin ne cessait, dans les parlottes anarchistes, d'appuyer les moindres affirmations sur l'autorité de la science. Son sobriquet lui fut décerné par dérision par ses camaradesLe Petit Parisien du 8 avril 1912. Cité par Frédéric Lavignette, La Bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Lyon, Fage Edition, 2008, p. 257.. » Callemin lui-même aurait dit : « On m'appelle ainsi parce que je connais pas mal de choses et que pour mes amis j'ai autant de science en mon cerveau que l'on peut en trouver dans les livresLa citation est-elle authentique ? Parue dans Excelsior, 8 avril 1912. Citée par Frédéric Lavignette, La Bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Lyon, Fage Edition, 2008, p. 257.. »
Raymond Callemin participe aux actions les plus retentissantes de la bande à Bonnot : l'agression de deux employés de la Société générale, rue Ordener, le , le meurtre de l'agent de police Garnier, place du Havre, le , et l'attaque de l'agence de la Société générale à Chantilly le au cours de laquelle deux employés sont tués.
Il est arrêté le , 48 rue de La Tour-d'Auvergne à ParisRenaud Thomazo, Mort aux bourgeois !, Sur les traces de la bande à Bonnot, Larousse, coll. « L'Histoire comme un roman », 2007..
Il comparaît à partir du devant les assises de Paris, en compagnie de dix-neuf autres accusés, parmi lesquels se trouvent Victor Serge et Rirette Maîtrejean en tant que gérants du journal L'Anarchie.
Au procès, Bonnot et Garnier étant morts, Callemin fait figure de chef. Il assume d'ailleurs ses responsabilités avec fierté.
Il est l'un des quatre accusés à être condamné à mort. Après le verdict, il tentera de disculper Eugène Dieudonné, également condamné à mort pour sa participation supposée à l'agression de la rue Ordener. Dieudonné sera gracié.
Son exécution a lieu le , en même temps que celles d'Étienne Monier et d'André SoudyÉmile Becker, La bande à Bonnot, 1968Bernard Thomas, La belle époque de la bande à Bonnot, Paris, Fayard, 1992..
Anecdote En 1974, Guy Debord compose une chanson sur l'attentat d'Émile Henry contre le siège des mines de Carmaux à Paris, le . L'auteur attribue, par fantaisie, La Java des Bons-Enfants à Raymond Callemin. La chanson figure sur l'album Pour en finir avec le travail, un recueil de « Chansons du prolétariat révolutionnaire » paru sous forme de disque vinyle en 1974 et réédité en CD en 1998.
Œuvres
Ouvrages Mémoires de Callemin dit Raymond la Science, (Archives de la préfecture de police de Paris (JA 16 Bande à Bonnot) - courtoisie d'Archives anarchistes)
À propos
La Java des bons enfants (faussement attribuée à Callemin par Guy Debord), illustrateur Jean-Michel Alberola, Éditions Colophon, 2006BNF, notice.
Citations Lors de son arrestation :
En montant sur l'échafaud :
Bibliographie Frédéric Lavignette, La bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Fage Editions, 2008, Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. Tome 11. 1871-1914, Bou à Del. Page 104. Notice Callemin, Raymond, François. Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, Gallimard, coll. « Tel », 1992 Jean Maitron, Ravachol et les anarchistes, Gallimard, , 1992 Alain Monestier, Les Grandes affaires criminelles, éditions Bordas, 1988, Jean Préposiet, Histoire de l'anarchisme, Tallandier, coll. « APPROCHES », 2005 René Reouven, « Dictionnaire des assassins », éditions Denoël, 1986, Bernard Thomas, La belle époque de la bande à Bonnot, Paris, Fayard, 1992 Renaud Thomazo, Mort aux bourgeois !, Sur les traces de la bande à Bonnot, Larousse, coll. « L'Histoire comme un roman », 2007
Audiovisuel Anne Steiner, Les anarchistes, corpus individualistes, Dictionnaire biographique Maitron, Centre d'Histoire Sociale, , voir en ligne.
Liens externes
Articles connexes Membres de la bande à Bonnot Histoire de l'anarchisme Jules Bonnot Illégalisme Anarchisme Libertaire La Bande à Bonnot, film retraçant l'épopée de la bande, Raymond la science étant joué par Jacques Brel.
Notes et références
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