Henry Newell Martin est un physiologiste britannique, né à Newry, dans le Comté de Down en Irlande et mort le Il y a des renseignements contradictoires sur l'année de sa mort. Breathnach donne 1893. Sir Michael Foster, qui le connaissait bien, écrit sa notice nécrologique en 1896 ou 1897, disant que la santé de Martin avait défailli « last summer ». Mais dans le même volume des Abstracts of the papers printed in the Philosophical transactions [of the Royal Society], on peut lire (p. 297) « Henry Newell Martin, October 28, 1896, aged 44 ». à Burley-in-Wharfedale en Angleterre.

Il fait sa carrière principalement aux États-Unis. Il est généralement connu sous le nom de « H. Newell Martin ».

Biographie Martin est l’aîné de douze enfants. Son père est ministre congrégationaliste puis maître d’école. Ses deux parents sont Irlandais. Henry reçoit sa première éducation principalement à la maison.

Formation Il fait ses études à l’université de Londres et au Christ's College de l’université de Cambridge. C'est là qu'il devient le bras droit« Right hand » : « M. F. », Notice nécrologique de Martin dans les Proceedings of the Royal Society of London. d'un grand pédagogue, Michael Foster, dont il propagera l'influence et l'enthousiasme. C'est également là qu'il voit, en 1873, la publication de son premier articleThe structure of the olfactory mucous membrane.. Martin devient apprenti auprès d’un médecin de Londres tout en continuant ses études. Il étudie aux côtés de Francis Maitland Balfour et devient assistant de Thomas Henry Huxley, chaud défenseur de Darwin. Sa formation comprend un stage d'été à Leipzig en 1875, auprès de Carl Ludwig ; Ludwig est l'inventeur du kymographe, il a de l'expérience dans des préparations destinées à étudier le cœur et c'est lui qui a conçu le nouvel institut de physiologie de LeipzigHeinz-Gerd Zimmer, The isolated perfused heart and its pioneers..

Professeur à Baltimore Détenteur d'un Bachelor of Sciences et médecin, Martin accepte de partir pour les États-Unis et de devenir, en 1876, le premier professeur de biologie de l'université Johns-Hopkins aux États-Unis, fondée la même année. Il y jouera un double rôle de chercheur et d'animateur.

Il invente une méthodeA new method of studying the mammalian heart. pour étudier le cœur des mammifères qui jouera un grand rôleW. Bruce Fye, H. Newell Martin and the isolated heart preparation: the link between the frog and open heart surgery. dans ses travaux et ceux de ses élèves : un chien est anesthésié ; l'animal est sacrifié, mais on s'assure, pendant que tout lien de l'ensemble cœur-poumons avec le reste de l'animal est coupé, que le cœur continue à battre et à être oxygéné, que le sang ne coagule pas et reste à la bonne température, procurant ainsi à l'ensemble une sorte de vie artificielle de plusieurs heuresVoir par exemple l'illustration de Martin reproduite hors texte par Breathnach à la fin de son article.. On peut alors faire varier certains paramètres, la pression artérielleObservations on the direct influence of variations of arterial pressure upon the rate of beat of the mammalian heart., la pression veineuse, la températureThe direct influence of gradual variations of temperature upon the rate of beat of the dog's heart., l'apport d'éléments étrangers comme l'alcool éthyliqueThe action of ethyl alcohol upon the dog's heart..

Le rôle d'animateur de Martin est tout aussi important. Au début des années 1880, il est entouré d'une brillante équipe dont font partie William K. Brooks., , et A. M. Harvey (1975), « Fountainhead of American physiology: H. Newell Martin and his pupil William Henry Howell » dans Johns Hopkins Med J, 136(1): 38-46.. Depuis 1879Fye, H. Newell Martin, p. 143. paraît (irrégulièrement) Studies from the Biological Laboratory of the Johns Hopkins University (« Stud Biol Lab Johns Hopkins University »), qui, entre autres publications, recueille leurs articles. George Nuttall vient travailler un moment chez luiNotice nécrologique de Nuttall.. Il se marie, en 1879, avec une femme qui sera occasionnellement sa collaboratriceVoir la première édition de The human body., Hetty Carr Cary, connue pour sa grande beautéBreathnach, p. 272 : « a celebrated beauty and woman of great fascination ». et veuve du général confédéré John Pegram. Désormais, il peut promouvoir son université dans la « bonne société », ses élèves sont invités à discuter chez lui toutes les semaines, et à toutes les semaines il se rend à New York pour entretenir de biologie un cercle féminin.

En 1883, il fait une Croonian Lecture (sur « l'influence directe de variations graduelles de température sur le rythme cardiaque des chiens ») et en 1885 il devient membre de la Royal Society.

Fin de vie Martin est devenu la cible d'attaques « malveillantesLe mot est de lui : « malicious misrepresentation of physiologists », dans A correction of certain statements published in the Zoophilist also A castigation and an appeal. » des antivivisectionnistes et des antiévolutionnistesRosenberg, Martin, Henry Newell.. En 1891, sa santé commence à décliner. En 1892, sa femme meurt. Malade, dépendant de la morphine qui soulage sa polyneuropathie, alcoolique, il démissionne de l'université en 1893 et retourne en Angleterre. Il y meurt en 1896, sa carrière remarquable, écrit l'historien de la médecine W. Bruce Fye, « détruite par la neurasthénie et l'alcoolismeA remarkable career destroyed by neurasthenia and alcoholism. ». Il n'avait jamais eu la citoyenneté américaine mais les 17 années passées à Baltimore suffiront à le faire considérer comme le fondateur de la physiologie aux États-Unis.

Publications

Texte de la leçon inaugurale du

Avec William A. Moale. A handbook of vertebrate dissection. New York, Macmillan and Co., 1881 Lire en ligne

H. Newell Martin, The human body. A beginner's text-book of anatomy, physiology and hygiene. New York. Henry Hold and Co. 1885. Divers collaborateurs au fil des éditions, dont sa femme pour la première. Texte en ligne de la dixième édition . Cité par Fye Recueil d'articles

Bibliographie

C. S. Breathnach, « Henry Newell Martin (1848–1893). A pioneer physiologist » dans Med Hist. 13, 1969, S. 271–279. . M[ichael] F[oster], Notice nécrologique parue dans les Proceedings of the Royal Society of London, from April 23, 1896, to February 18, 1897, vol. LX.« M. F. » est « Michael Foster » pour Charles E. Rosenberg (Lire en ligne). En effet, l'auteur s'identifie comme de physiologie à Trinity College, ce qu'était bien Foster quand il a connu Martin. W. Bruce Fye, « H. Newell Martin — a remarkable career destroyed by neurasthenia and alcoholism », dans Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, 40, 2, 1985, p. 133-166. En ligne W. Bruce Fye, « H. Newell Martin and the isolated heart preparation: the link between the frog and open heart surgery » dans Circulation 73, 1986, S. 857–864. . PDF en ligne.

A. M. Harvey (1975), « Fountainhead of American physiology: H. Newell Martin and his pupil William Henry Howell » dans Johns Hopkins Med J 136(1): 38-46.

Notes

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