Saint-Martin-sur-Ouanne est une ancienne commune française, située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Charny Orée de Puisaye.
Géographie
Saint-Martin est situé dans la vallée de l'Ouanne, entre Charny et Toucy, sur la RD 950 qui suit le cours de la rivière en traversant la commune du nord au sud. Les coteaux pour l'essentiel boisés en rive gauche de l'Ouanne et du Branlin (qui confluent l'un avec l'autre à Saint-Martin), sont assez abrupts, avec notamment de dénivellation sur de distance au niveau du bois des Naudins, au nord de Saint-Martin. Ces coteaux marquent une nette séparation entre un plateau au relief très peu marqué à l'ouest de la commune, et la large vallée au milieu. Le plateau à l'est présente des coteaux beaucoup moins marqués et un paysage plus vallonné qu'à l'ouest.
Le bourg se trouve en bordure sud du territoire de la commune.
Communes limitrophes
Géologie et relief
La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 136 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, ..
La source du Moulin Blanc, d'origine karstique, débouche dans un étang au fond envasé. Elle s'ouvre par un entonnoir de 7 mètres de profondeur, 13 mètres de diamètre au sommet et 2 mètres de diamètre à la base. La couche supérieure du sol est composée d'alluvions (terre végétale, limons) ; le sous-sol est formé de plusieurs couches de craie du Turonien reposant sur de la craie marneuse. Au fond de l'entonnoir se trouve un goulet vertical descendant à 15 mètres de profondeur, juste assez large pour laisser passer un plongeur équipé de bouteilles Ce goulet est prolongé par une galerie déclive large de 60 à 80 cm, qui peut être parcourue assez facilement jusqu'à -55 mètres de profondeur (la longueur de la cavité explorée est de ~120 mètres). Cette source est alimentée au moins en partie par les pertes des cours d'eau coulant sur le plateau à 4 km du Moulin Blanc, dont le ru du Cuivre..
Hydrographie
La rivière Ouanne traverse la commune du sud au nord.
Le Branlin conflue avec l'Ouanne sur la commune, en aval et au nord de Saint-Martin.
Le ru des Entonnoirs fait une courte apparition à la pointe sud de la commune. Venant de Saint-Denis, il sert de limite avec cette commune sur avant de passer sur le territoire de Saint-Martin. Il y coule sur environ avant de confluer avec l'Ouanne au niveau de Donzy, au sud de Saint-Martin.
Voies de communication et transports thumb|La gare en 1900.Saint-Martin est traversé par la RD950 qui relie Charny et la D943 Montargis-Joigny au nord, à Toucy, Leugny et Courson-les-Carrières au sud. La D18 vers Saint-Fargeau commence à la sortie sud du village. La sortie n° 4 (Courtenay ouest) de l'autoroute A19 est à 27 km au nord, la sortie n° 18 (Sépeaux) de l'autoroute A6 à 19 km au nord-est.
Les gares de trains les plus proches sont Montargis à 40 km au nord-ouest et Laroche-Migennes à 42 km à l'est.
Urbanisme Lieux-dits et écarts Le territoire de la commune inclut de nombreux hameaux et lieux-dits.
Les lieux-dits suivis d'une astérisque sont situés à l'écart de la route indiquée.
Logement
En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 332, alors qu'il était de 288 en 1999LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie..
Parmi ces logements, 59,9 % étaient des résidences principales, 30,9 % des résidences secondaires et 9,2 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 94,8 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 2,5 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements..
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 75,9 %, en hausse par rapport à 1999 (71,4 %)LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation..
Projets d'aménagement
Toponymie
Ponessant En écrivant leurs chartes, exclusivement en latin, les scribes du Moyen Âge, moines d’abbaye ou clercs de chancellerie, avaient le choix, face aux toponymes gaulois, germaniques ou romans, entre transcrire phonétiquement ou tenter une latinisation voire une traduction en latin plus ou moins hasardeuse. De ce fait, d’un scribe à l’autre, les noms changent. Il faut donc être circonspect tant sur la forme que sur le sens original des toponymes .
Les variantes du toponyme Ponessant, depuis Charles le Chauve jusqu’à l’abbé Lebeuf, font toutes référence à un pont (pons). Elles présupposent donc deux choses : 1- une racine latineEn gaulois : brivo, le pont, bien que les villes et les voies romaines en soient fort éloignéesSur la cartographie routière antique dans l’Yonne, voir : Maximilien Quantin, Cartulaire général de l'Yonne : recueil de documents authentiques pour servir à l'histoire des pays qui forment ce département, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, volume II, Auxerre, Éditeur : Perriquet et Rouillé, 1860, p. XI ; Augusta Hure, Le Sénonais gallo-romain, Editions Culture et Civilistion, Bruxelles, 1978, p. 71 ; Dr Ed. Couillault, Découverte d’un tronçon de voie pavée […] près du hameau des Roussines, Bulletin de Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, année 1935., 2- l’implantation de la villa auprès d’un pont. Sur le premier présupposé, la probabilité est faible, quant au second, si les traces probables d’un pont antique ont bien été identifiées à l’emplacement du pont actuel sur l’Ouanne, à la sortie nord de Saint-Martin, cet ouvrage est distant de 1,6 km en amont de Ponessant, lequel en outre se tient non au bord de l’eau mais sur le coteau à 550 m de la rivière. L’hypothèse de cette mense conventuelle prenant le nom d’un pont parait dès lors fragile. Peut-être faudrait-il envisager une racine gauloise qui reste à établirQuelques pistes à titre d'exemple : Penno, la tête ; naseo, lier ; Asia, l'orge.
Les noms donnés à ce supposé pont sur les chartes sont de deux sortes : Nascencius, majoritaire et première occurrence, forgé semble-t-il à partir du latin Nascentia, naissance, et Maxentius (deux occurrences). Maxentius, Maxence (Maixent en roman), est un nom d’homme latin, à rapprocher de sainte Maxence, martyre scote de la fin du , qui donna son nom à Pont-Sainte-Maxence, pont permettant à une importante chaussée romaine le franchissement l’Oise.
On trouve successivement : Pons-Nascencii (Chancellerie de Charles le Chauve, 853), Ponsnascentus (Chancellerie de Charles le Chauve, 864), Pons Maxentus (scribe du concile de Piste, 864), Pons Maxentius (chancellerie de Carloman, 884), Pontis-Nascentiis (scribe de Saint-Germain, 1175), Pontem-Nascentem (Bulle du pape Clément III, 1188), Terra de Pont-Naissant (Parlement de Paris, 1269), Pont-Naixant (abbé Lebeuf, 1743), Ponessant (Cassini, fin XVIIIe s.)
Cassini, qui est le premier à donner la graphie actuelle de Ponessant, distingue par ailleurs Ponessant Haut et Bas, ainsi que le moulin implanté sur l’Ouanne au droit du hameau, qui n’est mentionné dans aucune des chartes publiées par Maximilien Quantin.
Histoire
Le territoire de la commune de Saint-Martin-sur-Ouanne comprend, outre le village, plusieurs hameaux et lieudits dont l’histoire mérite d’être contée, en particulier Ponessant, Donzy, le Moulin-Rouge et la Grange-Rouge.
Saint-Martin-sur-Ouanne (village)
Saint-Martin-sur-Ouanne (Sanctum Martinum) est cité dans une liste d'églises ajoutée au Liber Sacramentorum de Sens. Il s’agit d’une liste de 145 églises, paroisses ou prieurés appartenant à l’archidiaconé de SensCet archidiaconé recouvrait l’ancien pagus senonensis, l’une des cinq divisions territoriales de la civitas des Sénons, civitas qui formait l’assiette de l’archidiocèse de Sens jusqu’à la Révolution., qu’un scribe écrivit au verso des feuillets 3 et 4 d’un sacramentaire à l’usage de l’Eglise de Sens. Datée tout d’abord du IXe s., cette liste est depuis les travaux de Léopold Delisle datée du XIe s.
Saint-Martin-sur-Ouanne apparait plus précisément parmi les quarante-neuf églises composant le Ministerium confié à cette époque au prêtre Frédéraire, couvrant notamment le futur doyenné de Courtenay. Sont également citées, entre autres, les paroisses de Saint-Denis-sur-Ouanne, Grandchamp et Champignelles, mais ni Charny, ni Perreux, ni Malicorne ne semblent avoir d’église à cette époque.
La paroisse de Saint-Martin dépendait dans l’ancienne France du doyenné de Courtenay, l’un des cinq doyennés de l’archidiaconé de Sens, lui-même l’un des cinq archidiaconés de l’archidiocèse de Sens. Ce doyenné de Courtenay s’étendait depuis Gron et Egriselles-le-Bocage au nord, jusqu’à Branches, Dracy et Tannerre au sud, ces derniers villages formant la limite entre l’archidiocèse et l’évêché d’Auxerre. À l’ouest, les villages de Chêne-Arnoult, Saint-Maurice sur Lavéron, Aillant-sur-Milleron et Rogny étaient compris dans l’archidiaconé du Gâtinais.
Après 1817, Saint-Martin est rattaché à l'archiprêtré de Joigny et au doyenné de Charny.
1276 – Le testament de Guillaume de Courtenay en faveur de Saint-Martin et de Boissel Par testament, Guillaume de CourtenayGuillaume (1226 – 1280), fils de Robert et de Mahaut de Mehun, participa à la dernière croisade de Saint-Louis et à la prise de Carthage en 1270. Il avait acquis de son neveu Jean Ier de Sancerre la châtellenie de La Ferté-Loupière au manoir de la Coudre., seigneur de Champignelles et de La Ferté-Loupière, lègue le à la cure de Saint-Martin cinq sous pour un service de messe (pro servicio faciendo) et cinq sous à la léproserie du même lieu (Boissel).
La période sombre, 1348 -1360 Après la peste noire qui sévit en 1349 tuant environ le tiers de la population française, c'est au tour du capitaine anglais Robert Knolles de ravager la région entre 1358 et 1360, depuis la forteresse voisine de Malicorne. Il dévaste Saint-Martin, maltraite et rançonne la population. Il faudra plusieurs générations avant que la région se repeuple.
Trace émouvante des exactions de Robert Knowles et de ses comparses, une lettre de rémission est accordée en par le Dauphin (futur Charles V) aux habitants de Saint-Martin-sur-Ouanne et de Champignelles :
« Savoir faisons que comme nos ennemis ont naguère pris et tiennent le châtel de Malicorne-sur-Ouanne et pillent, brûlent, rançonnent, détruisent tout le pays, mettent à mort et prennent prisonniers tous les hommes et ravissent et déshonorent toutes les femmes qu’ils peuvent trouver […] pour ce […] les habitants […] se sont rançonnés à ces ennemis sans notre licence […] et pour ce notre amé Bérard de Bellegarde a fait brûler plusieurs desdites villes en tout ou parti et pillé et pris les biens desdits habitants et avec ce a pris ou fait prendre quelques-uns desdits habitants […] et veut les rançonner […] »
Le Dauphin leur fit grâce, ordonne la mise en liberté des prisonniers et la restitution du butin et des rançons déjà perçues.
Ponessant C’est une grande chance pour un modeste hameau d’avoir des références historiques si anciennes et si nombreuses. La raison en est que cette terre appartenait aux moines et que ceux-ci demandaient régulièrement au monarque confirmation de leurs possessions contre les envahissements des puissants. Certaines de ces chartes ont été conservées et mises à la disposition du public grâce au travail remarquable de Maximilien Quantin.
Avant de passer en revue les chartes traitant de Ponessant, donnons la parole au savant abbé Lebeuf.
Entre 748 et 763 - Ponessant est donné aux moines de Saint-Germain