Paul Ferdinand Stanislas Dermoncourt, né à Crécy-au-Mont le et mort le à Aubevoye, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie Révolution française Ses père et mère sont Charles Nicolas Dermoncourt et Marie-Jeanne Dugnet ; ils demeurent à Origny-Sainte-Benoite en 1815.

En 1789, il participe à la prise de la Bastille, et entre immédiatement après dans la compagnie Odiot (quartier de la butte Saint-Roch) des grenadiers de la garde nationale de Paris.

Volontaire dans le de l'Aisne le , sergent de grenadiers et sergent-major les et , il fait la campagne de cette année à l'armée du Nord, se trouve au combat de Quiévrain, et embarque à Lorient pour la Martinique, avec le général Donatien de Rochambeau. Arrivé à Saint-Domingue, il parvient à ramener aux commissaires civils pour Saint-Domingue Polverel et Sonthonax les troupes qui tenaient encore le parti du gouverneur fraîchement déchu d'Esparbès.

En novembre, à la tête de sa compagnie, tous les officiers, affectés par une fièvre, étant indisponibles, il s'empare de Morne Pelé tenu par les indigènes, qu'il met en déroute. Cité à l'ordre de l'armée le pour ce fait de guerre, il reçoit le même jour le grade de lieutenant puis celui de capitaine le . Il contracte à son tour cette fièvre qui décime les colons autour de lui mais lui survit.

Il embarque le à Philadelphie, pensant pouvoir y rétablir sa santé, au nombre des premiers réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique. Pris par des corsaires des îles Bermudes, rejeté en mer par une tempête, il parvient enfin à destination. Or l'épidémie s'avérant être la fièvre jaune continue de décimer les émigrés et gagne vite les Philadelphiens. Dermoncourt profite pour rentrer en France du départ d'un grand convoi de la baie de Chesapeake, qui a lieu le et arrive à Brest le .

Placé en quarantaine pendant quelques jours comme tous ceux qui venaient d'outre-mer, il est par la suite attaché à l'armée des côtes de Brest. Il combat les chouans à Quiberon le 11 juillet puis retourne à Brest où il remplit les fonctions d'adjudant de place. Le , il est à Paris et, le 5, défend la Convention au combat de Saint-Roch.

vignette|200px|Village de Faver.

Nommé le aide de camp du général Dumas, il se rend avec lui en Italie puis, après la bataille de Rivoli et la reddition de Mantoue (), il le suit dans le Tyrol. Lors du franchissement de l'Avis (proche de Lavis), il sauve la vie à l'aide de camp Lambert, que le torrent entraîne. S'apercevant qu'une redoute, défendue par 60 Autrichiens, et placée à la tête du village de Faver, situé à mi-côte, incommodait la division, il se met à la tête de 50 grenadiers, se porte au-dessus de la redoute, la prend à revers, s'en empare et ramène les Autrichiens prisonniers.

vignette|200px|Pont couvert sur l'Eisach.

Il se distingue à l'enlèvement du pont de Neumarkt et à la prise de Bozen. Les Français de Joubert marchent sur Brixen. L'ennemi est posté à Klausen sur l'Eisach et l'entrée de cette petite ville se trouve défendue par un pont couvert de de longueur. La fusillade engagée sur ce pont ne permet pas à la cavalerie de passer. L'aide de camp Dermoncourt met pied à terre avec une vingtaine de dragons et, sous le feu de l'ennemi, dégageant le pont en jetant dans l'Eisach tout ce qui l'encombre, livre le passage au général Dumas et à toute sa colonne ; Brixen tombe bientôt au pouvoir des troupes françaises. À une lieue en avant de cette ville, le général Dumas se trouve seul à lutter contre un escadron ennemi ; Dermoncourt se précipite aussitôt à son secours et reçoit une blessure grave à l'épaule. Le général en chef Napoléon Bonaparte, informé par le général Joubert de la conduite de cet officier pendant la campagne, le cite avec éloges dans son rapport au gouvernement.

Passé capitaine dans le de dragons le , il sert en Suisse, s'embarque à Toulon le avec l'armée expéditionnaire d'Orient et fait les campagnes d'Égypte et de Syrie jusqu'en l'an IX.

À la bataille d'Aboukir, le , le colonel Duvivier, qui a la cavalerie sous ses ordres, ayant été tué, le capitaine Dermoncourt lui succède dans ce commandement jusqu'à son remplacement par l'adjudant-général Roize et se conduit avec autant d'intelligence que de courage.

Durant l'action, il reçoit une balle dans la poitrine qui le renverse sur la croupe de son cheval, il n'évite le danger que parce que son manteau est roulé en croix devant lui, et est blessé d'un coup de feu à la cheville gauche. Quoique sa blessure le fasse beaucoup souffrir et l'empêche de se chausser, le général en chef le charge de conduire des dromadaires chargés d'argent à Rahmanieh puis à Alexandrie, avec des dépêches secrètes pour le général Marmont et l'amiral Ganteaume, dont il doit lui porter les réponses au Caire. Il remplit sa mission malgré les attaques répétées des Arabes ; la réponse de l'amiral est verbale, elle se borne à ce peu de mots : «Le vent est bon». Le capitaine Dermoncourt la rapporte exactement au général en chef, qui bientôt après cingle vers la France. Il se signale à la bataille d'Héliopolis, près de Coraïmin Dictionnaire encyclopédique. Avec planches: 1,13-24, Philippe Le-Bas, Didot, 1842, ., où il secourt Kléber, et à la reprise du Caire.

Le général en chef Menou reconnaît ses services par une promotion au grade de chef d'escadron au de dragons le .

Au siège d'Aboukir, le , atteint d'un coup de feu à la gorge, il ne quitte pas le commandement, rallie son corps et soutient la retraite avec une grande énergie. Revenu en France en vertu de la convention d'Alexandrie, confirmé dans son dernier grade par le premier Consul le , il passe dans le de cavalerie, mais ce régiment ayant été incorporé dans les cuirassiers, on l'envoie dans le de dragons le . En l'an XII, le premier Consul le nomme, le , major du de cuirassiers et, le 4 germinal, chevalier de la Légion d'honneur.

Premier Empire Il sert à la Grande Armée de l'an XIV à 1807. Fait colonel du de dragons le de cette dernière année, il mène son régiment au feu pour la première fois le , à la bataille d'Heilsberg, et pour la seconde fois le 14, à Friedland. À la fin de cette bataille, l'Empereur fait appeler Sopransi, aide de camp du prince de Neuchâtel : « Allez dire au colonel du régiment que je suis content de lui.»

Baron de l'Empire avec dotation le et lettres patentes du , officier de la Légion d'honneur le suivant, il entre immédiatement en Espagne avec la division Latour-Maubourg et y reste jusqu'en 1811. Sa retraite de Tarragone au mois de est un des plus beaux faits d'armes de l'armée française des campagnes d'Espagne. Le , à la bataille de Talavera, où il commande sa brigade, il a la cuisse droite traversée d'un coup de feu. Forcé d'interrompre son service, il le reprend au mois d'octobre et reçoit, le , dans la sierra Morena, une balle morte au genou droit. À Madridejos (Castille), au Trocadéro ou à Chiclana (Andalousie), il fait preuve de bravoure, d'activité et de talents militaires. Le de dragons étant devenu le de chevau-légers lanciers, le colonel Dermoncourt quitte l'Andalousie le et entre en France pour procéder à l'organisation du nouveau corps, organisation qu'il complète à Chartres. Il quitte cette ville le et rejoint la Grande Armée à Moscou le . Il se bat le 21 à Malo-Jaroslawetz.

Au commencement de 1813, il prend à Mayence le commandement d'un régiment de marche et se rend à l'armée près de Bautzen. À la bataille de Reichenbach, il fait plusieurs charges heureuses et a un cheval tué sous lui. C'est pendant l'armistice que l'Empereur l'élève, le , au grade de général de brigade et lui confie le commandement de la cavalerie du .

Il se trouve aux affaires de Goldberg, de Lœwenberg, de Leipzig et de Hanau, et l'Empereur lui donne la croix de commandeur de la Légion d'honneur le .. Le 25, il est à Neuf-Brisach, chargé de surveiller les travaux et les approvisionnements de cette place. Au moment de l'investissement, et lorsqu'il se dispose à se retirer avec sa brigade sur Schelestadt, il reçoit l'ordre suivant : Par ordre du général Grouchy, lieutenant de la droite de l'armée, il est ordonné au général Dermoncourt de se jeter de sa personne dans la place de Neufbrisach et de la défendre jusqu'à la dernière goutte de son sang. Le général de division GROUCHY. Et les Autrichiens n'y sont pas entrés.

Restaurations et Cent-Jours Après l'abdication, il fait sa soumission à Louis XVIII qui le nomme chevalier de Saint-Louis le , l'emploie au quartier général de la militaire le 23 du même mois et lui confie, le , le commandement supérieur de Neuf-Brisach, qu'il lui retire le .

Au retour de l'île d'Elbe, l'Empereur le rétablit le dans ce commandement. Il soutient avec succès le second blocus de Neuf-Brisach. Remplacé, on le met à la retraite le .

À cette date, il est impliqué au même titre que purent l'être Gilbert du Motier de La Fayette ou Jacques-Antoine Manuel dans un complot charbonnier à Belfort. Non condamné, il se retrouve maire de Widensolen de 1826 à 1830Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace..

Rappelé en activité à la Révolution de 1830, il reçoit, le , le commandement du département de la Haute-Loire et celui de la Loire-Inférieure le .

Retrait des affaires militaires et écriture

Il est réadmis à la retraite le , conformément à la loi. Il va résider à Batignolles, près de Paris. Il écrit son témoignage de la tentative de coup d'État en Vendée de la duchesse de Berry, en 1832. Publié dès 1833, ce livre est exhumé du silence par Claude Ribbe au , qui le préface. Le récit comporte les faits vécus par Dermoncourt entre sa nomination et la capture de Madame.

Il meurt à Aubevoye le dans sa résidence du quartier du Montier.

Famille Dermoncourt laisse une fille prénommée Armanda domiciliée rue Chaptal en 1848. Il est veuf à sa mort d'Ernestine Louise Juliette Geiger, née à Dessenheim, fille de Françoise Victoire Wilhelm (1754-1842) et de Jean Pierre Geiger, avocat au conseil souverain d'Alsace , ancien notaire à Neuf-Brisach où leur mariage a lieu le . Il est le grand-père d'un enfant né en 1850, Ainé Ferdinand Stanislas .

Hommages

Une rue de Neuf-Brisach porte son nom. Une rue de Widensolen porte son nom. Alexandre Dumas, en collaboration avec Gaspard de Cherville, écrit Les Louves de Machecoul (1858), roman peu connu dont l'action se situe entre 1831 et 1832 et met en scène, en arrière-plan d'une histoire d'amours contrariées et ses personnages fictifs, la duchesse de Berry et le général Dermoncourt. L'acteur Jean-Joseph Renot incarne le général dans un drame d'Arthur Bernède mis en scène au théâtre, intitulé La duchesse de Berry .

Armoiries

Figure Blasonnement Armes du baron Dermoncourt et de l'Empire

Coupé ; au premier d'argent terrassé au palmier de sinople et des barons militaires; au deuxième, d'azur au cavalier armé de toutes pièces d'or.Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy,

ou

Parti d'argent et de gueules, coupé d'azur : l'argent, au palmier terrassé de sinople ; le gueules, au signe des barons militaires ; et l'azur, au cavalier armé de toutes pièces, d'or.Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries sur toutsurlheraldique.blogspot.com.

Livrées : les couleurs de l'écu, le verd dans les bordures seulement.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Le baron Dermoncourt, aide de camp du général Dumas par M. Frossard, vice-président de la société historique de Villers-Cotterêts. En ligne. Fastes de la Légion d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, volume 4,

Articles connexes Armorial des barons de l'Empire

Liens externes

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