Jacques Ernest Othon Debû (hameau de Marsauceux, Mézières-en-Drouais, Eure-et-Loir, . - Paris , ) est un homme politique français. Résistant (membre du Conseil national de la Résistance), sénateur gaulliste (RPF) (1948-1958), directeur des informations de Radio Monte-Carlo (1960-1967), un des leaders du gaullisme de gauche (Union démocratique du travail).
Biographie
Jeunesse et débuts dans le journalisme Jacques Debû-Bridel est le fils de Gabriel Debû, pasteur protestant, et de son épouse Ernestine Bridel, et le petit-fils de Philippe Bridel (1852-1936), philosophe suisse.. Il entre en 1912 au collège Rotrou de Dreux (Eure-et-Loir)Journal L'Action républicaine du 26 août 1980 : "Ancien élève du collège Rotrou. Jacques Debû-Bridel l'ami des hommes et des animaux.", puis au collège cantonal de Lausanne. Après des études à la faculté de droit de Paris, il entre à l'École libre des sciences politiques. , puis se lance dans le journalisme, les lettres et la politique. Il fait ses débuts de journaliste en 1922, au quotidien L’Éclair alors dirigé par Émile Buré, qu'il retrouve de 1929 à 1935 au quotidien L'Ordre pour lequel il est chroniqueur parlementaire.
Durant l'entre-deux-guerres : ligues, fascisme et antinazisme Disciple de Maurice Barrès, il est membre de la Ligue des patriotes. Il devient membre du mouvement fasciste Le Faisceau de Georges Valois : il est rédacteur à son périodique, Le Nouveau Siècle, et secrétaire du délégué à la propagande financière .. Mais il rompt avec Valois en 1926 et réintègre l'Action française. Il est condamné en justice comme les dirigeants de l'AF pour avoir diffamé ValoisL'Action française, 11 avril 1929, . Il reste proche sinon membre de l'AF jusqu'en 1930, collaborant au quotidien L'Action française et donnant des conférences pour la ligue . Il adhère ensuite à la Fédération républicaine de Louis Marin et se présente sans succès aux législatives de 1932, comme candidat « d'union nationale » contre Pierre Cot en Savoie.
L'année suivante, avec quelques amis (Louis Terrier, Louis Dumat, François Le Grix, Lucien Farnoux-Raynaud, Robert Nisse et Max Brusset), il fonde un éphémère Mouvement national populaire (MNP) et un journal intitulé L'Action Nouvelle (qui disparaît à la veille des émeutes du 6 février 1934) prônant le nationalisme et la lutte contre le marxisme. Dans L'Action Nouvelle du , il écrivait : « Nous sommes anticapitalistes parce que nous sommes nationaux et antimarxistes. […] Notre doctrine a ses racines dans le sol de la France. Le terme même de socialisme-national se trouve chez l’un de nos maîtres les plus chers : Barrès ».
Miné par des divisons internes, le groupe semble se dissoudre progressivement et Debû-Bridel repart de son côté en rejoignant l'Union pour la nation d'Henri Franklin BouillonLe Petit Journal, 29 mars 1934, , groupe dont il devient l'un des cadres.
Il rentre au cabinet d'André Tardieu dans les années 1930. Parallèlement, il entame une carrière littéraire à La Nouvelle Revue française où il se lie d'une amitié indéfectible avec Jean Paulhan. Frères esclaves paraît en 1934, Jeunes ménages obtient le prix Interallié en 1935. Militant anti-nazi dès 1935, il entre en résistance dès , à l'Organisation civile et militaire et au NAP (Noyautage des administrations publiques).
Sous l'Occupation En , à l'initiative de Jean Paulhan, il rencontre Jacques Decour. Les trois hommes, bientôt rejoints par Jean Blanzat, sont à l'origine du Comité national des écrivains. En 1943, il est membre du Conseil national de la Résistance (CNR) en tant que représentant de la Fédération républicaine (parti de la droite catholique), et contribue à la rédaction, puis à la direction, du journal Front national, organe du mouvement de large union résistante éponyme créé à l'initiative du PCF. Son frère Étienne, lieutenant pilote au groupe Lorraine, meurt au combat le . En 1944, Jacques Debû-Bridel est désigné par le général de Gaulle pour faire partie de l'Assemblée consultative provisoire. Ses deux témoignages, Déroute et Sous la cendre, restent fondamentaux pour la période et doivent beaucoup à l'aide de Jean Paulhan.
Sous la République En 1947, Jacques Debû-Bridel rejoint le Rassemblement du peuple français (RPF) fondé par le général de Gaulle. Il est élu sénateur de la Seine (1948-1958). Fin 1948, alors conseiller de Paris, il propose de fermer toutes les boîtes de nuit homosexuelles de la capitale.
Dans les années 1950 il est chef de délégation du groupe franco-soviétique du Conseil de la République de France.
Au cours des années 1960, Jacques Debû-Bridel est directeur des informations de Radio Monte-Carlo (1960-1967) et en même temps un des dirigeants de l'Union démocratique du travail (UDT), le parti gaulliste de gauche, qui fusionne en 1962 avec l'UNR pour réunir les gaullistes au sein de l'UNR-UDT.
Constatant l'éparpillement des gaullistes de gauche à la fin des années 1970, et ne se reconnaissant pas dans le néo-gaullisme du RPR, il fonde la Nouvelle Union démocratique du travail (nouvelle UDT) en 1979.
Vie privée
Il se marie le avec Marie Adéle Ernestine Pluzanski dans le de Paris. La bénédiction nuptiale est donnée le même jour à l'église Sainte-Marie des BatignollesL'Action française du , , et du , , .. Ils ont deux enfants : France, épouse de Frédéric Rohde, et Sonia, épouse de Jean-Pierre Mahaim de Perregaux.
À la fin de sa vie, il vit au hameau de Flouville à Montigny-sur-Avre (Eure-et-Loir)Journal L'Action républicaine du : "Il s'est retiré à Montigny-sur-Avre, au hameau de Flouville, entouré par ses petits-enfants et son chien." et dans le de Paris.
Ses archives privées sont dispersées lors d'une vente à Chartres le .
Filmographie Dans le film Paris brûle-t-il ?, son rôle est interprété par Michael Lonsdale.
Publications Frère esclave, Gallimard, 1934 Jeunes ménages, Gallimard, 1935 Secondes noces, Gallimard, 1937 Anne-Geneviève de Bourbon, Gallimard, 1938 Angleterre (D'Alcuin à Huxley). Publié sous le nom d'Argonne, son pseudonyme dans la clandestinité, par les Éditions de Minuit, Paris, 1943 puis par les Cahiers du silence, Londres, 1944 Les Scandales du ravitaillement, s.n., 1945 Les Éditions de Minuit, Éditions de Minuit, 1945 Déroute, Gallimard, 1945 Carthage n'est pas détruite, Les Éditions universelles, 1945 La Fayette, une vie au service de la liberté, Les Éditions de la nouvelle France, 1945. Charles Fourier, éd. des Trois Collines, Genève, 1946 Histoire du marché noir, Jeune Parque, 1947 L'Agonie de la Troisième République. 1929-1939, Éditions du bateau ivre, 1948 Le Secret d'Émilie Brontë, Ferenczi, 1950 Sous la cendre, Gallimard, 1951 La Conjuration d'Amboise, Del Duca, 1963 Les Journées de Paris (trois volumes, de Philippe-Auguste à ), Del Duca, 1960-72 La Résistance intellectuelle, Julliard, 1970 De Gaulle contestataire, Plon, 1970 De Gaulle et le CNR, France-Empire, 1978 L'actualité de Fourier - de l'utopie au fouriérisme appliqué, France-Empire, 1978 Un vieil homme et sa caniche, France-Empire, 1980
Distinctions
Responsabilités associatives Président d'honneur de France terre d'asile (et premier président de 1971 à 1981 environ) ; Président délégué de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance ;
Décorations
(décret du ) ; .
Odonymie La place Jacques-Debu-Bridel, située à l'entrée du parc Montsouris dans le de Paris, est nommée en son hommage en 2000. Notes et références Références
Voir aussi Bibliographie .
Liens externes
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