Jack et le Haricot magique ou Jacques et le Haricot magique au Québec (Jack and the Beanstalk) est un conte populaire anglais.
Il comporte certaines similitudes avec Jack le tueur de géants, autre conte mettant en scène un héros des Cornouailles. Les origines de Jack et le Haricot magique sont incertaines. On peut voir dans une version parodique parue dans la première moitié du une première variante littéraire de l'histoire. En 1807, Benjamin Tabart publie à Londres une version moraliséeTabart, dans The History of Jack and the Bean-Stalk (1807), introduit le personnage d'une fée, qui donne l'explication de la morale de l'histoire à Jack. – Grenby (2006), p. 1-24., plus proche de la version connue actuellement. Par la suite, Henry Cole popularisera l'histoire dans The Home Treasury (1842)Dans une recension de livres pour enfants effectuée en 1842 et 1844 pour The Quarterly Review (volumes 71 et 74), Elizabeth Eastlake recommande une série de livres, à commencer par « The House [sic] Treasury, de Felix Summerly [i.e. Henry Cole], incluant les « Nursery Songs » traditionnelles d'Angleterre, La Belle et la Bête, Jack et le Haricot magique, et d'autres vieux amis, tous faits de façon charmante et joliment illustrés ». – cité par Summerfield (1980), p. 35-52., et Joseph Jacobs en donnera encore une autre version dans English Fairy Tales (1890). Cette dernière est la version qui, aujourd'hui, est le plus souvent reproduite dans les recueils en langue anglaise et, du fait que la morale en est absenteTatar (2002), p. 132. et par son traitement littéraire plus « sec », elle est souvent considérée comme étant plus fidèle aux versions orales que celle de Tabart. Sur ce point, cependant, aucune certitude ne peut exister.
Jack et le Haricot magique figure parmi les contes populaires les plus célèbres et a fait, jusqu'à nos jours, l'objet de nombreuses adaptations sous différentes formes.
Premières versions imprimées On ne connaît pas précisément l'origine de ce conte, mais on pense qu'il a des racines britanniques.
Selon Iona et Peter OpieOpie (1974)., la première version littéraire du conte est Enchantment Demonstrated in the Story of Jack Spriggins and the Enchanted Bean, qui figure dans l'édition anglaise de 1734 de Round About our Coal-Fire or Christmas Entertainments, recueil dont une première édition, qui n'incluait pas le conte, date de 1730. Il s'agit alors d'une version parodique qui tourne en dérision le récit, mais qui témoigne cependant, de la part de l'auteur, d'une bonne connaissance du conte traditionnel « History of Jack and the Beanstalk », sur le site surlalunefairytales.com. – Page consultée le 12 juin 2010..
vignette|droite|320px|Frontispice (« Jack escaping from the Giant ») et page de titre de The History of Jack and the Bean-Stalk, B. Tabart, Londres, 1807. Avant de trouver une nouvelle version imprimée du conte, il faut attendre 1807, avec la publication de deux ouvrages : The History of Mother Twaddle, and the Marvellous Atchievements of Her Son Jack, avec pour nom d'auteur les seules initiales « B.A.T. », et The History of Jack and the Bean The History of Jack and the Bean-Stalk : Notice et fac-similé, sur le site The Hockliffe Project., édité à Londres par Benjamin Tabart. Dans le premier cas, il s'agit d'une version versifiée qui diffère sensiblement de la version connue : c'est une servante qui conduit Jack dans la maison du géant, et elle donne à ce dernier de la bière pour l'endormir ; une fois que le géant est endormi, Jack le décapite ; il épouse ensuite la servante et fait venir sa mère. L'autre version, dont la page de titre renseigne qu'il s'agit d'une version "imprimée d'après le manuscrit original, jamais publiée auparavant", se rapproche davantage du conte tel qu'on le connaît aujourd'hui, si ce n'est qu'il fait intervenir le personnage d'une fée qui donne la morale du récit.
En 1890, Joseph Jacobs rapporta, dans English Fairy Tales, une version de Jack et le Haricot magique, qu'il dit basée sur « des versions orales entendues dans son enfance en Australie aux environs de 1860Goldberg (2001), p. 12. », et dans laquelle il prend parti d'ignorer la justification donnée par Tabart au fait que Jack tue le géant. Par la suite, les autres versions du conte suivront tantôt Tabart, qui donc justifie les actes du héros, tantôt Jacobs, qui présente Jack comme un fieffé filou. Ainsi, Andrew Lang, dans un Red Fairy Book, également publié en 1890, suit-il Tabart. Il est difficile de déterminer, de Tabart/Lang ou de Jacobs, laquelle des deux versions est la plus proche de la version orale : tandis que des spécialistes comme Katharine Briggs, Philip Neil ou Maria Tatar préfèrent la version de Jacobs, d'autres, comme Iona et Peter Opie, considèrent que ce n'est là « rien d'autre qu'une réécriture du texte que l'on continue à imprimer depuis plus d'un demi-siècle. »
Résumé (version de Jacobs) vignette|gauche|Jack échange sa vache contre des haricots. Illustration de Walter Crane. Dans la version du conte donnée par Jacobs, Jack est un garçon qui vit seul avec sa mère, qui est veuve. Leur seul moyen de subsistance est le lait que donne leur unique vache. Un matin, ils se rendent compte que leur vache ne donne plus de lait. La mère de Jack décide alors d'envoyer son fils la vendre au marché.
En chemin, Jack rencontre un vieil homme à l'allure étrange et qui salue Jack en l'appelant par son prénom. Il parvient à convaincre Jack d'échanger sa vache contre des haricots qu'il dit « magiques » : si on les plante pendant la nuit, le matin ils auront poussé jusqu'au ciel ! Quand Jack revient chez lui sans argent mais avec, seulement, une poignée de haricots, sa mère se met en colère et jette les haricots par la fenêtre. Elle punit son fils pour sa crédulité en l'envoyant au lit sans souper.
vignette|droite|180px|« Fee-fi-fo-fum, I smell the blood of an Englishman. ». Illustration d'Arthur Rackham extraite de Flora Annie Steel, English Fairy Tales, 1918. Tandis que Jack dort, les haricots poussent dans le sol et, au matin, une gigantesque tige de haricots a poussé à l'endroit où ils ont été jetés. À son réveil, quand Jack voit l'énorme tige montant jusqu'au ciel, il décide directement de grimper à son sommet.
Tout en haut, il trouve une large route, qu'il emprunte, et qui le conduit à une grande maison. Sur le seuil de la grande maison se tient une grande femme. Jack lui demande de lui offrir à déjeuner, mais la femme le met en garde : son mari est un ogre et, si Jack ne tourne pas les talons, c'est lui qui risque de servir de déjeuner à son mari. Jack insiste, et la géante lui prépare à manger. Jack n'est pas arrivé à la moitié de son repas, que des bruits de pas se font entendre, qui font trembler toute la maison. La géante cache Jack dans un fourneau. L'ogre arrive et, immédiatement, il sent la présence d'un humain : Fee-fi-fo-fum !I smell the blood of an Englishman,Be he alive, or be he dead,I'll have his bones to grind my bread.
Ce qui veut dire : Fee-fi-fo-fum !Je renifle le sang d'un Anglais,Qu'il soit vivant, ou qu'il soit mort,J'aurai ses os à moudre pour faire mon pain.
La femme de l'ogre dit à celui-ci qu'il se fait des idées et que l'odeur qu'il sent est sans doute celle des restes du petit garçon dont il s'est délecté la veille. L'ogre s'en va et, alors que Jack est prêt à sauter de sa cachette et à prendre ses jambes à son cou, la géante lui dit d'attendre que son mari soit en train de faire la sieste. Après que l'ogre a ingurgité, Jack le voit prendre quelques sacs dans un coffre et compter les pièces d'or qu'ils contiennent jusqu'au moment où il s'est endormi. Alors, Jack sort du four sur la pointe des pieds, et il s'échappe en emportant l'un des sacs d'or. Il descend la tige de haricots et ramène l'or à sa mère.
vignette|droite|Jack s'échappe une troisième fois, en emportant une harpe magique. L'ogre est à ses trousses. Illustration de Walter Crane. L'or permet à Jack et à sa mère de vivre pendant un certain temps, mais arrive un moment où il n'y en a plus, et Jack décide de remonter en haut de la tige de haricots. Sur le seuil de la grande maison, il trouve de nouveau la géante. Elle lui demande si ce n'est pas lui qui est déjà venu, le jour où son mari s'est aperçu que l'un de ses sacs d'or manquait. Jack lui répond qu'il a faim et qu'il ne peut pas lui parler tant qu'il n'a pas mangé. La géante, de nouveau, lui prépare un repas... Tout se passe comme la fois précédente mais, cette fois, Jack parvient à dérober une oie qui, à chaque fois qu'on dit « ponds », pond un œuf d'or. Il la ramène à sa mère.
Bien vite, Jack, insatisfait, éprouve l'envie de remonter au sommet de la tige de haricots. Une troisième fois, il escalade donc la tige mais, au lieu d'aller tout droit jusqu'à la grande maison, quand il arrive près de celle-ci, il se cache derrière un buisson et attend, avant d'entrer chez l'ogre, que la géante soit sortie chercher de l'eau. Dans la maison, il se trouve une autre cachette, dans une « marmiteEn anglais copper : un grand récipient en cuivre. ». Le couple de géants revient. Encore une fois, l'ogre sent la présence de Jack. La géante dit alors à son mari de chercher dans le four, car c'est là que Jack s'était caché auparavant. Jack n'y est pas, et ils se disent que l'odeur est sans doute celle d'une femme que l'ogre a mangée la veille. Après le déjeuner, l'ogre demande à sa femme de lui apporter sa harpe d'or. La harpe chante jusqu'à ce que l'ogre se soit endormi, et Jack, alors, en profite pour sortir de sa cachette. Au moment où Jack s'empare de la harpe, celle-ci appelle son maître l'ogre avec une voix humaine, et l'ogre se réveille. L'ogre poursuit Jack, qui s'est emparé de la harpe, jusqu'à la tige de haricots. L'ogre descend la tige derrière Jack mais, une fois que Jack est arrivé en bas, vite, il demande à sa mère de lui donner une hache, dont il se sert pour couper l'énorme tige. L'ogre tombe et « brise sa couronne ».
Jack montre à sa mère la harpe d'or, et grâce à elle, et en vendant les œufs d'or, ils deviennent tous les deux très riches. Jack épouse une grande princesse. Et ils vivent par la suite heureux pour toujours.
Variantes Les trois vols sont absents de la version parodique de 1734 et de la version « B.A.T. » de 1807, mais pas la tige de haricots. Dans la version de Tabart (1807), Jack, à son arrivée dans le royaume du géant, apprend d'une vieille femme que les biens de son père ont été dérobés par le géantGoldberg (2001), p. 11..
Structure Introduction : Jack et sa mère sont pauvres, mais leur vache donne du lait. Malheur → Mission : La vache ne fait plus de lait Rencontre → Proposition magique ← Échec terrestre de la mission : Jack fait la rencontre d'un « magicien » – Jack accepte la magie et échange la vache contre un ou des haricots. Sanction terrestre : Jack, puni, est privé de nourriture (Jack a faim). NUIT : Jack dort. La magie s'opère : Au matin, découverte de la tige de haricots géante. Le Monde céleste : visite/ (Jack a très faim) : (a) La femme de l'ogre protège Jack et le cache dans un four – (b) L'ogre sent Jack : Fee-fi-fo-fum ! (« refrain-formule ») – (c) Jack emporte le sac d'or – (d) L'ogre ne se doute de rien. visite/ (Jack a faim) : (a) La femme de l'ogre doute de Jack et le cache, malgré tout, dans le four – (b) Fee-fi-fo-fum ! – (c) Jack emporte la poule aux œufs d'or – (d) L'ogre, dans sa maison, manque d'attraper Jack. visite/ (Jack désire trouver d'autres trésors) : (a) Jack se cache dans une marmite – (b) Fee-fi-fo-fum ! – (a') La femme de l'ogre dénonce Jack – (c) Jack emporte la harpe d'or – (d) L'ogre poursuit Jack jusque sur la tige. Conclusion : Chute et mort de l'ogre – Jack et sa mère sont riches et heureux.