Stefan WyszyńskiPrononcer Vychinski, né le à Zuzela et mort le à Varsovie, est un cardinal polonais, archevêque de Varsovie et de Gniezno et primat de Pologne de 1948 à 1981. Il combattit le régime communiste, notamment contre l'oppression du régime et des restrictions sur la religion, ce qui lui valut plusieurs années de prison et des pressions. Vénéré comme bienheureux par l'Église catholique, il est fêté le .
Biographie Jeunesse Stefan Wyszyński naît le , dans la , située sur la rivière Bug. Il est le fils de l’organiste Stanisłas Wyszyński (1876-1970) et de Julianna Karp (1877-1910) et est le deuxième enfant d’une famille qui en compte sixSa sœur aînée est Anastazja (1900 -1974) et ses plus jeunes soeurs sont Stanisława (1903-1982), Janina (1905-1995) tandis que son frère est Wacław (1908-1919) et sa sœur mort-née s'appellle Zofia (1910). Stefan a aussi des demi-frères et sœurs, issus d’un second mariage de son père avec Eugenia Godlewska (1883-1948)Julia (1913-1995) et Tadeusz (1917-1981). L’atmosphère familiale est empreinte de patriotisme et de religiosité.
thumb|left|250px|La famille Wyszyński. Le futur cardinal commence son éducation à Andrzejewo, où sa famille déménage en 1910, puis à Varsovie, où dès 1912, il continue son éducation au Lycée Wojciech Górski - établissement scolaire privé d’élite, privilégiant la langue polonaise. Durant la Première guerre mondiale, en 1915, Stefan continue sa formation à l’École de Commerce (masculine) de la ville de Łomża. Il s’y inscrit dans une formation scout appelée « Czajki », appartenant à la « Première équipe scoute - Tadeusz Kościuszko » à Łomża. Elle est fondée par Kazimierz Lutosławski, un des principaux animateurs du mouvement scout en Pologne. Stefan prend part à leurs activités clandestines, ce qui lui vaut d’être condamné à une peine de fouet par les autorités allemandes.
En 1917, il entre au Lycée Saint-Pie X, du Petit séminaire de la ville de Włocławek. C’est en 1920, qu’il y passe son baccalauréat, puis poursuit sa formation au Grand Séminaire de cette même ville. Bien qu’originaire du diocèse de Płock, il choisit comme lieu de formation le Grand Séminaire de Włocławek, réputé pour son haut niveau d’enseignement. Il y termine ses études en 1924 et est ordonné seul le , à cause de problèmes de santé.
Prêtre
La même année 1924, il est nommé vicaire auprès de la cathédrale de Włocławek, où il exerce une activité de journaliste, étant secrétaire de la rédaction du quotidien « Słowo Kujawskie ». En 1924, le futur primat de Pologne se lie aux Syndicats chrétiens (ChZZ) et aux milieux chrétiens-démocrates et exerce son apostolat dans les milieux ouvriers. Il est membre de l’Association diocésaine des prêtres contemplatifs de Włocławek, qui a pour but d’approfondir la spiritualité des prêtres.
En 1925, le jeune abbé Wyszyński est envoyé à l’Université catholique de Lublin pour y parfaire ses études. Le recteur de l’Université est l’abbé Józef Kruszyński, originaire de Włocławek. Ainsi commencent ses études en droit canonique. Toutefois, c’est à l’abbé Antoni Szymański, éminent spécialiste en sciences sociales de l’Église et futur recteur de l’Université, que revient le devoir de prendre en charge le jeune abbé. En 1927, l’abbé Wyszyński obtient le grade de licencié, et, en 1929, celui de docteur en droit canonique, à la suite de la soutenance de sa thèse : « Les droits de la famille, de l’Église et de l’État sur la scolarité ». Durant les années trente du , il refuse un poste d’enseignant à l’Université de Lublin, bien qu’ayant préparé à cette fin un mémoire d'habilitation, « L’environnement moral du travail à l’usine », qui ne sera jamais terminé, parce que la seconde guerre mondiale éclate. Pendant ses études, il loge dans un foyer de prêtres étudiants, dirigé par l’abbé Władysław Korniłowicz, avec lequel il se lie d’amitié et qui deviendra l’un des fondateurs d'un centre éducatif pour non-voyants à Laski. L’abbé Wyszyński considère le père Korniłowicz comme son directeur spirituel et, jusqu’à la fin de ses jours, il en parlera comme de son père dans la foi.
De 1927, le jeune Wyszyński devient remplaçant du directeur de la maison pour étudiants. Durant ses études, il travaille bénévolement dans l’association « Entraide fraternelle », mais c’est à l’Association des étudiants catholiques « Renaissance » (SKMA), qu’il se consacre. Une fois ses études terminées, il y restera fidèle, bien que le plus âgé des membres. Il gardera contact avec ce milieu étudiant jusqu’à la fin de ses jours. Après la Seconde Guerre mondiale, vu l’impossibilité de réactiver officiellement l’association, il organise en 1957, à Jasna Góra, des journées de prière pour l’intelligentsia catholique de la « Renaissance ». En 1980, c’est sous son patronage que naîtra informellement le Mouvement Culturel Chrétien Renaissance.
Durant les années 1929-1930, l’abbé Wyszyński fait un voyage d’étude en Europe occidentale. Il parcourt l’Autriche et l’Italie, où il visite l’université Sacro Cuoro de Milan, l’Angelicum de Rome, ainsi que des centres scientifiques de France, Belgique, Hollande et Allemagne.
Lors des années 1930-1931, il est vicaire dans la paroisse de Lipno, puis à Przedcz. En 1933, il devient enseignant du droit canonique et des sciences sociales au Séminaire supérieur de Włocławek et continue de collaborer avec les syndicats chrétiens (ChZZ). Il participe aux semaines sociales de la « Renaissance », ainsi qu’à l’Association des jeunesses catholiques féminines et masculines, mouvement de jeunes qui est la branche de l’Action catholique.
Durant les années 1935-1939, l’abbé Wyszyński organise et préside l’Université Chrétienne ouvrière de Włocławek, tout en dirigeant la congrégation mariale des propriétaires terriens de la région de Kujavie-Dobrzyń. Il essaye, sans succès, de fonder une association catholique pour les jeunesses ouvrières, pareille aux JOC de Belgique, fondée par le cardinal Josef-Léon Cardijn. En 1933, il est médiateur entre les ouvriers en grève et les propriétaires d’usines de Włocławek. L’année 1939 est celle, où il commence la construction de la Maison des syndicats chrétiens à Włocławek.
À cause de son engagement social et de ses opinions, bien ancrées dans la doctrine sociale catholique, il est critiqué par une partie des propriétaires terriens de Kujavie et par les milieux nationalistes locaux. On le traite de « prêtre rouge », car il approuve la réforme agraire et le parcellement d’immenses propriétés foncières. L’ordinaire du diocèse de Włocławek, Karol Radoński, tenant compte de ces malentendus, lui a même interdit, pendant un certain temps, de prêcher.
En 1931, l’abbé Wyszyński obtient le poste de rédacteur en chef de la revue « L’Athénée sacerdotale ». Éditée par le diocèse de Włocławek, cette revue de spiritualité est remaniée par l’abbé Wyszyński, au point où, durant l’entre-deux-guerres, il en fera la meilleure publication intellectuelle pour les prêtres polonais. Il y écrit principalement sur des sujets sociaux, sur les rapports entre le catholicisme et le capitalisme, le fascisme et le communisme. Il y publie dans les années 1931-1939, plus de cent articles sous forme de brochures ou d’articles. On peut y trouver : La culture du bolchévisme et l’intelligentsia polonaise (1934), La nouvelle ruée du bolchévisme en Pologne (1936), La portée et le caractère des acquis de la doctrine sociale catholique (1937), Le programme catholique de la lutte contre le communisme (1937), Comment peut agir un aumônier en réalisant un système corporatiste (1939) et L’intelligentsia comme avant-garde du communisme (1939).
En cette période, les convictions de l’abbé Wyszyński portent les traits d’un grand engagement social, mais restent bien ancrées dans le cadre organiciste. Le futur primat de Pologne s’intéresse au corporatisme catholique, analysant avec beaucoup d’attention et de sympathie les réformes faites au Portugal par le premier ministre et professeur Oliveira Salazar.
Les acquis sociaux-catholiques, aussi bien intellectuels que pratiques, de l’abbé Wyszyński, attirent l’attention et sont reconnus par le primat de Pologne, le cardinal August Hlond, qui en 1938 lui demande de faire partie de son Conseil social.
Seconde Guerre mondiale thumb|right|250px|Abbé Wyszyński dans les années 1940.
Après l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, l’abbé Wyszyński accompagne des jeunes séminaristes à Lublin, puis à Włodzimierz, pour ensuite revenir pour quelques semaines à Włocławek occupé. Sur ordre de l’évêque Franciszek Korszyński l’abbé Wyszyński, en danger d’arrestation car professeur du Séminaire, quitte la ville. Il se rend auprès de sa famille à Wronciszewo, près de Warka.
En , par l’intermédiaire du père Korniłowicz et en tant qu’aumônier des Sœurs franciscaines servantes de la Croix il arrive, sur l’invitation d’Aleksandre et Jadwiga Zamoyski, dans leur propriété de Kozłówka, dans la région de Lublin. Il y reste jusqu’à .
Passible de répressions ordonnées par l’occupant allemand, il se cache à Nasutow, village voisin du domaine des Zamoyski. Le même mois, il déménage à Zakopane, comme aumônier des Sœurs Ursulines du cœur agonisant de Jésus, dans la localité de Jaszczurówka. La Gestapo l’arrête par hasard, mais faute de preuves le relâche. Lorsqu’elle revient l’arrêter, en , il a quitté Zakopane. Il arrive dans un des établissements des Sœurs franciscaines servantes de la Croix à Żułowo, où il retrouve le père Korniłowicz. Par deux fois, il voyage au château de la famille Dzieduszycki dans la commune de Zarzecze, non loin de Przeworske. Il use du surnom de « sœur Cécile », dont il se servira jusqu’à la fin de l’occupation. C’est de cette période que datent les récits sur son aide aux familles juives qui se cachent. L'abbé Wyszyński figure sur une liste tenue par les nazis, de prêtres polonais à abattre, pour , sur laquelle figure aussi Maximilien Kolbe.
À la charnière de septembre et , l’abbé Wyszyński se voit octroyer la charge de l’abbé Jan Zieja, jusqu’alors aumônier général des formations clandestines scoutes, appelées Szare Szeregi (Formations grises) ; il est aussi l’aumônier de l’établissement de Laski, tenu par les Soeurs franciscaines servantes de la Croix. Il collabore étroitement avec la fondatrice de cette congrégation, mère Elżbieta Czacka. Il enseigne à Varsovie, chez les Sœurs de la Résurrection, donnant des cours à caractère religieux et social. Avec Maciej Święcicki, senior de l’association Juventus Christiana, il collabore aussi avec la Délégation du Gouvernement polonais en exil à Londres, à l’élaboration d’un nouveau code du travail, prévu pour l’après-guerre. Il prêche des recollections pour divers ordres religieux féminins et participe aux séminaires scientifiques clandestins de l’Université de Varsovie et de l’Université des Terres Ouest.
De 1942, le futur primat prend soin de l’Institut de la Transfiguration du Christ, fondé par Halina Dernałowicz, et d’un groupe de jeunes filles réunies autour d’une congrégation mariale, animée par Maria Okońska, appelées « Huitaines » (du nom des huit bénédictions). C’est de ce groupe que naîtra le futur l’Institut laïc des servantes de la Vierge de Częstochowa - Mère de l’Église (aujourd’hui Institut du primat Wyszyński), dont l’abbé sera l’un des cofondateurs.
Au printemps 1944, l’abbé Wyszyński prête serment comme aumônier militaire devant le père Jerzy Baszkiewicz, du VII District appelé « Obroża », appartenant à Circonscription varsovienne de l’Armée de l’Intérieur (AK). Le futur cardinal portera désormais le nom de « Radwan III ». Il prend part à l’insurrection de Varsovie en qualité d’aumônier de l’hôpital situé à Laski, où il assiste les blessés et confesse les mourants de l’insurrection. Il y restera jusqu’à la fin de l’occupation allemande..