Ouanne est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Ouannais.

Géographie La commune française métropolitaine la plus éloignée d'Ouanne est Bonifacio située à à vol d'oiseau. La ville la plus proche: Auxerre se situe à .

Du centre du pays partent différents chemins secondaires:

L'ancien chemin d'Orléans à Auxerre, que suivaient les diligences, notamment « la poste », passait devant la Mairie actuelle, montait la rue des Trois Sabots, rejoignait Coulangeron puis Avigneau, Escamps, Chevannes et enfin Auxerre.

Vers le milieu du fut construite une nouvelle route plus directe pour relier facilement Ouanne à Auxerre : c'est la D85 qui rejoint la N151 par la rude « Côtes aux Anes ». On dit que « Les diligences peinaient tant qu'au bas de la côte un astucieux se proposa, avec ses ânes et contre quelques deniers, d'aider les chevaux défaillants » d'où le nom la « Côte aux Anes ».

En se dirigeant vers Courson-les-Carrières et la Forterre, on doit monter « la Montagne de Fontenailles » () et, si l'on gagne Saint-Sauveur et sa Puisaye, il faut une fois de plus, changer de vitesse pour avaler « la côte de Vrilly » qui culmine à . Il n'y a qu'une route plate, celle qui longe la tortueuse rivière de l'Ouanne pour gagner Toucy, puis Charny et la Puisaye humide et bocagère.

Communes limitrophes

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Molesmes_sapc », sur la commune de Les Hauts de Forterre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..

Urbanisme Typologie Au , Ouanne est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Auxerre, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (82,8 %), zones agricoles hétérogènes (9,2 %), prairies (4,7 %), forêts (2,2 %), zones urbanisées (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Odouna (IIe siècle)Sur une plaque de marbre datant du 2ème siècle de notre ère, conservée au musée d'Autun. ; Odona (VIe siècle) ; Odona (vers 680) ; Odonense vicaria (863) ; Oana (1146) ; Oona (1162) ; Oanna (1270) ; Oane (1152) ; Oanne (XVIe siècle) ; Oayne (1514) ; Ouayne (1625) ; Ouane (1561) ; Ouenne (1684) ; Ouaine (1712)..

Selon Bernard Tanguy, son nom doit être rattaché à une racine hydronymique / od /, Ouanne est en réalité, qu’un nom de cours d’eau devenu, comme tant d’autres, un nom lieu. La rivière l'Ouanne prend sa source sur la commune.

Histoire Antiquité La localité existait déjà à l'époque gallo-romaine sous le nom d’Odouna ou Oduna. Après le départ des légions romaines, chassées par les barbares venus de l'est, le nom d'« Odouna » évolue et se transforme au cours des siècles : Ouayne, Ouene, Ouaine, pour devenir Ouanne après la révolution de 1789.

La station antique d'Ouanne est connue d'après un fragment de marbre du conservé au musée d'Autun, couramment appelé l'itinéraire d'Autun car découvert dans cette ville. Le marbre indique les distances sur la voie romaine d'Auxerre à Entrains..

Moyen Âge Haut Moyen Âge Ouanne faisait partie au du pagus (pays) d'Auxerre, avec le titre de vicairie. En 596 le règlement de saint Aunaire, évêque d'Auxerre (572-605), inclut Ouanne dans les trente principales paroisses du diocèse..

La voie romaine était connue encore au Haut Moyen Âge, puisqu'en 841 Charles le Chauve suivit ce chemin jusqu'en face de Thury, où il assit son camp avant de livrer la bataille de Fontenoy (Fontanetum). Elle fait mention de la voie allant d'Auxerre à Entrains, puis à Mesvres « Massava », en passant par Ouanne « Odouna ». C'est le « Cheminum levatum quo tendibur ab INTERANUM et AUTISSIODORUM » : chemin levé qui tend d'Entrains à Auxerre. Lors de la construction du groupe scolaire en 1954, de nombreux sarcophages de pierre furent retrouvés.

Moyen Âge classique En 1086 existait, dans Ouanne, une « forteresse avec fossé extérieur ». Au bourg, la propriété appelée la Motte a été l'un des premiers fiefs. Elle était entourée de fossés, ainsi qu'on peut le voir (en partie) sur le cadastre de 1836. On y trouvait un moulin et un pigeonnier. Le château d'Etrisy, dont il subsistait quelques ruines, est maintenant entièrement rasé.

Au , les abbayes de Reigny et de Saint-Marien s'y installèrent. Plus tard, la terre releva du fief du baron de Donzy, et en arrière-fief du comté de Nevers.

Bas Moyen Âge Du château d'Etrisy, il reste un corps de ferme auquel a été accolée une grosse maison bourgeoise, avec un parc ombragé, vers le milieu du et qui longe la route d'Ouanne à Toucy, à gauche en sortant du bourg. Cette ferme fortifiée a conservé quatre tours dont les toitures en poivrière, recouvertes de tuiles, émergent des toits des bâtiments. L'une de ces tours aurait été construite sous le règne de Charles VII. Constamment entretenu et rénové, cet ancien château est le témoignage d'un passé encore proche et pourtant très lointain (cadastre de 1836, présent à la mairie de Ouanne).

Il existait de nombreuses chapelles dans les différents hameaux : Saint-Georges-Sainte-Appoline à Montputois (), Saint-Marien à Oiselet dans une "Maison forte" (), Saint-Loup à Vrilly, et à Duenne Sainte-Anne-Sainte-Reine, ainsi qu'un prieuré Saint-Lazare-et-Sainte-Madeleine. Le prieuré bénédictin Notre-Dame d'Ouanne est uni au prieuré de la Charité-sur-Loire dès le ..

Époque moderne En 1566, Charles IX, venant également de la Loire, dîne à Ouanne, le , et va ensuite coucher à AuxerreIn: Congrès scientifiques de France, , tenue à Auxerre au mois de septembre 1858, tome second, Librairie C. Gallot, Imprimeur à Auxerre, 1859..

Au , les différents fiefs de la commune appartenaient pour les deux tiers à Thérèse de Baillyon, dame de La Tournelle, et pour un tiers à Dame Marie-Louise de Druyes, épouse de Charles Chevalier, seigneur des Minières, et à Messire Jacques-Marie de Druyes, seigneur d'Avry, de Lamothe et de La Chategneraye. La commune, composée de dix-huit hameaux, avait presque ses limites actuelles.

LES SEIGNEURS ET LES FIEFS: — Au ,la famille Marie d’Avigneau, qui fut anoblie après le combat de Bléneau, possédait la terre d’Ouanne. En 1650, ce seigneur était prénommé André ; il était aussi seigneur de Charentenay et de Treigny et, en 1680, il le fut de Nanteau et de Creuzy (Voir la monographie de Migé). À sa mort, sa veuve Marie Nigot partagea ses biens entre ses enfants et Ouanne échut, avec Creuzy et Nanteau, à son fils André-Zacharie qui les revendit plus tard au comte de Courson, Pierre-David Perrinet.

En 1712, le seigneur d’Ouanne, qui possédait aussi les Miniers, ancienne châtellenie, s’appelait René Chevalier des Miniers. En cette année-là il épousait Charlotte de Moncorps qui, avec sa sœur Elisabeth, héritait de l’hoirie de Jean de Moncorps, leur père. Elle apportait à son mari la terre des Drillons, à Merry-Sec. Il eut pour successeur son fils Claude-Charles Chevalier.

Usselot, était, comme les Miniers, un fief d’Ouanne. (Voir Merry-Sec). il appartenait en 1180 à Étienne de Lalande dont la famille le garda quelques siècles. Au , il échut à Edme Lecomte de La Ferté qui le vendit en 1650 deux mille livres au comte de Courson. (Voir cette monographie).

Vers la même époque, le fief de Cussy, toujours du territoire d’Ouanne, avait comme propriétaire un chirurgien aux armées de Hollande, Dufaux, seigneur d’Estrisy. Ces deux seigneuries relevaient d’Ouanne qui était érigée en baronnie.

Époque contemporaine En 1790, Ouanne devient chef-lieu de canton, mais le nombre de cantons diminue et le village est rattaché à Courson-les-Carrières.

À la Révolution française, les familles Chevalier et de Moncorps se partageaient le territoire avec les clergés de Taingy, Auxerre, Coulangeron. Leurs biens furent confisquésLe décret du 2 novembre 1789 confisquait les biens de l’Église au profit de l’État qui les vendit aux enchères par lots. Les biens des nobles émigrés ou des suspects furent également déclarés biens nationaux le 30 mars 1792 et tout fut vendu comme bien national et à vil prix. Ainsi les 12 hectares environ de terres avec les deux corps de bâtiments de Moncorps furent vendus le 27 messidor an VII pour francs, et les 36 hectares de Jean-Jacques-Germain Chevalier de Miniers s’élevèrent seulement à francs. De son côté, l’État, en vendant les biens nationaux, s’engageait à allouer un traitement annuel aux membres du clergé en créant un budget des cultes, ce qui n’eut lieu que jusqu’au et ne fut rétabli qu’avec le Concordat de 1802.

Dans le latéral nord-est de l'église, une pierre tombale de Charles Jean-Jacques Germain, chevalier de Miniers, chevalier de Saint-Louis, chef de bataillon retraité, et décédé à Ouanne le dans sa .

Au bourg, la source a une profondeur de quatre mètres. Il est très difficile de la vider entièrement. Mais en 1850, les contemporains de Napoléon III, armés de pelles et de pioches et de leur courage, la vidèrent facilement en détournant le cours de l'Ouanne.

Au on a construit, juste après cette source, un joli lavoir offert à la commune.

En 1972, les deux communes de Ouanne et de Chastenay s'associent.

En 2009, le bureau de poste de Ouanne est transformé en agence postale communale.

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