(littéralement « André le géant a une bande de potes ») est un mouvement street art, créé par Frank Shepard Fairey en 1989, renommé Obey Giant en 1998.
André the Giant Has a Posse
En 1997, un documentaire d’Helen Stickler Andre The Giant Has a Posse est montré au Festival du film indépendant de Sundance. Éd Halter, critique cinéma au Village Voice, le décrit comme « légendaire… une étude canonique de la manipulation médiatique de la Génération-X. Une des analyses les plus vives de la culture underground des années 1990 »Village Voice, 2003.
Obey Giant alt=Tag d'une tête styisées en noir sur blanc sur un portail en fer noir. Dessous est marqué Obey.|vignette|Graffiti d'. En 1998, Shepard Fairey est menacé de poursuites par la firme Titan SportsInterview à Tattoo Magazine, 1999. pour l'utilisation de la marque déposée André the Giant, qu'il abandonne. Il décide de créer une image plus graphique de la figure du lutteur et de l'associer à un nouveau label propulsé comme une marque de fabrique, Obey (de l'impératif « obéis »). Obey Giant est né, comme une parodie de propagande associé à une parodie de la marque capitaliste. L'anecdote dit qu'il a été adopté en référence au panneau Obey qui apparaît dans They Live, film de John Carpenter de 1988 (sorti en France sous le titre Invasion Los Angeles), dont le personnage principal est incarné par le catcheur Roddy PiperL’histoire d’un ouvrier de chantier à la recherche de travail et habitant un bidonville, qui entre en possession d'une paire de lunettes hors du commun qui lui permettent de voir la réalité telle qu'elle est : le monde est gouverné par des extra-terrestres. Le film fait l'écho aux craintes d'une économie en déclin, au sein d'une culture de la cupidité et de consommation telles que les États-Unis ont inventé dans les années 1980. La classe dirigeante est composée d’extraterrestres qui contrôlent les affaires sociales humaines par le biais de la publicité subliminale et par l’accaparement des opportunités économiques..
Le critique d’art Robert L. Pincus du San Diego Union-Tribune écrit qu’Obey « était la réaction contre les formes d’art engagées qui ne délivrait à l’époque pas de message clair. Pourtant, Obey était suggestivement anti-autoritaire »Social ferment not always reflected in fermentation of artworks. « Suivant le message délivré par les galeries d’art, un certain street art tient plus du concept que de l’art formel » écrit Nick Mount du magazine The Walrus. « Fuck Bush » n’est pas une esthétique ; c’est une éthique. Les adhésifs Obey Giant de Shepard Fairey et les affiches Akayism d’Akay sont les enfants intelligents de l’art conceptuel et ironique de Duchamp »The Renaissance of Cute, issue 2008.09.
Avec le temps, l’imagerie artistique de Shepard Fairey a évolué en une parodie plus ou moins subtile de styles emblématiques, comme la propagande politique populiste croisée avec la publicité commerciale issue de la mondialisation, accompagné du texte « Obey Giant ». alt=Des jeans et des t-shirts siglés d'une têtes stylisée sont posée sur une table. Sur une feuille de papier, sur un présentoir au milieu, est inscirit en lettre d'imprimerie, en petit et au centre, .|vignette|Vêtements siglés de la marque « » dans une boutique. En plus des adhésifs, Obey Giant s’est répandu à travers les pochoirs, la peinture murale et collages (Wheatpaste), couvrants des espaces publics ou privés, murs, panneaux de signalisation, espaces publicitaires, arrêts de bus… mais aussi sur d’autres supports dérivés : vêtement, accessoires et décoration d’intérieur etc. exploités à des fins commerciales, gobé par une iconographie qui fait allégeance aux médias et aux masses plus qu’à la contre-culture.
Sur l’ironie d’être un artiste de rue explorant les thèmes de la liberté d’expression et devenant un artiste loué par les marchands dans des buts consuméristes, c’est un Shepard Fairey gêné, assagi et père de famille qui répond en 2009 :
Bien entendu, la participation de Shepard Fairey à la campagne politique de Barack Obama jette également à travers les affiches « Hope » et « Progress » une mise en abime troublante entre la volonté parodique et défiante d’André The Giant / Obey Giant et la participation volontaire — avec succès — à une véritable campagne électorale. Fairey devient un artiste mondialement célèbre, aux antipodes de la contre-culture. Il est vrai que les années Bush sont passées par là.
« Je me considère comme un artiste populiste », dit-il. « Je veux atteindre les gens à travers le plus de moyensEn anglais, platforms possibles. Le Street art est un moyen sans bureaucratie pour faire ça, mais les T-shirts, les stickers, les projets commerciaux, l'Internet… – il y a tellement de moyens différents que j’ai utilisé pour placer mon travail devant les gens . ».
Dans le film Phone Game de 2002, trois petites affiches Obey Giant sont visibles en arrière-plan de la cabine téléphonique qui est l´objet de tout le long métrage. L´intrigue est supposée avoir lieu dans la rue de New York, qui a été reconstituée à Los Angeles. Ainsi, les Obey Giant ont été apposés comme éléments du décor new-yorkais.
Parodies alt=Image en noir et blanc. Un dessin d'un satellite est au milieu de l'image. À sa droite est écrit "Landsat 5 has a posse", "Landsat 5" en caractères d'imprimerie et "has a posse" manusrit. À sa gauche "13' 2 en caractères d'imprmerie, soit ses mensurations. L'image est entouré d'un cadre noir aux traits irréguliers.|vignette|Parodie d', où Landsat 5 remplace le catcheur. Le format de l’autocollant original « André the Giant has a posse » a été largement imité avec des intentions humoristiques. Dans ces parodies, l’image du catcheur a été remplacée avec une photographie noir-et-blanc satirique de personnes ou de personnages et leur mensurations correspondantes. Par exemple, Tattoo the Midget has a bigger posse (Tattoo le Nain a une bande plus grosse), reprenant l’image du comédien Hervé Villechaize jouant le personnage de Tattoo dans la série télévisée L’Île fantastique (Fantasy Island), diffusée aux États-Unis entre 1978 et 1984.
On peut citer aussi l’autocollant « Charles Darwin has a posse » de Colin Purrington, pour promouvoir l’enseignement de l’évolution, ou « Ralph Nader has a Posse » (candidat à l’élection présidentielle américaine de 2000 et très populaire sur les campus), etc.
Ces parodies sont une extension de la blague originale et sont bien en vue dans les lieux familier aux adhésifs d’origine, comme dans les quartiers de SoHo à Manhattan (New York), ou à Philadelphie.
Appropriation et droit de citation
Shepard Fairey a été critiqué pour s’approprier les œuvres d’autres artistes tout en omettant d’attribuer ces œuvres citéesan essay Critique de l'artiste Mark Vallen avec de nombreux exemples, How phony is Shepard Fairey?, Dan Wasserman, Boston Globe, 2 février 2009.Citons le cas fameux de l'attaque et la contre-attaque entre l'Associated Press et Shepard Fairey concernant l'utilisation de la photographie du président Obama – sous copyright d'AP – dans les affiches électorales de l'artiste. Shepard Fairey sait-il dessiner ?.
À l'inverse, le designer graphique Baxter Orr fit son propre usage de l’œuvre de Fairey : une œuvre intitulée Protect yourself - Giant, détournant le visage de l’icône « Obey Giant » dont le visage est couvert d’un masque de protection respiratoire « Shepard Fairey: OBEY my lawyers », Dan Wasserman, sur le site http://www.boston.com, 6 février 2009 (consulté le 13 juillet 2015)., mis en vente 25$ sur son site internet. Il reçut en une mise en demeure des avocats de Shepard Fairey, l’intimant de retirer de la vente car violant la propriété de marque. Celui-ci le menaça de poursuites, le traitant de et de Artist Cage Match: Fairey vs. Orr, Richard Whittaker, The Austin Chronicle, 13 mai 2008. (Bottom feeder signifie un poisson qui mange ce qui traîne dans les fonds marins.) Un an plus tard, Orr vend toujours le poster..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie Obey: Supply & Demand, The Art of Shepard Fairey by Shepard Fairey (2006), Gingko Press. E Pluribus Venom by Shepard Fairey (2008) Gingko Press. Philosophy of Obey (Obey Giant): The Formative Years (1989 - 2008), edited by Sarah Jaye Williams (2008), Nerve Books UK.
Articles connexes
Liens externes Site officiel de Obey Giant. Les graffitis Obey Giant recensés. (Autre adresse)
Catégorie:Graffiti Catégorie:Culture du skateboard