Pejë ou Peja (en albanais) ou Peć (en serbe latin, en serbe cyrillique) est une ville et une commune/municipalité du Kosovo. Elle fait partie du district de Pejë/Peć. En 2009, la population de la commune/municipalité était estimée par l'OSCE à .. Selon le recensement kosovar de 2011, la ville intra muros compte et la commune/municipalité ..

Pejë/Peć est le centre administratif du district de Pejë/Peć. Elle est également le siège du patriarcat de Peć, le centre religieux historique de l'Église orthodoxe de Serbie ..

Nom Le nom serbe de la ville est Peć () ; le nom albanais, sous sa forme définie est Peja et, sous sa forme indéfinie Pejë. En latin, elle portait les noms de Pescium et Siparantum, en grec celui d'Episkion, en turc ottoman ايپك (İpek) et en slavon celui de Petcha Ipek, Encyclopedia Britannica, 1888 ; la ville était également connue sous le nom de Pentza.

En serbe, Peć signifie le « fourneau » ou la « grotte » ; cette seconde interprétation est peut-être liée aux grottes des gorges de la Rugova, situées à proximité et qui servaient d'habitations érémitiques pour les moines orthodoxes K.Jireček, La Civilisation serbe au Moyen Âge, Paris, 1920, p. 15. En revanche, dans les documents médiévaux de Raguse, le nom serbe de la cité est parfois traduit par Forno, ce qui signifie le « fourneau » en italien.

Géographie Pejë/Peć se trouve à environ au sud et à l'est de la frontière entre le Monténégro et le Kosovo et à peu près à la même distance de la frontière entre l'Albanie et le Kosovo. La ville est située sur les bords de la rivière Lumbardhi i Pejës/Pećka Bistrica. Le Drin blanc, la plus grande rivière du Kosovo, prend sa source sur son territoire.

vignette|centré|La rivière Lumbardhi i Pejës/Pećka Bistrica à Pejë/Peć.

Histoire Sous l'Empire romain, la ville était connue sous le nom de Pescium ; Ptolémée, dans sa Géographie, lui donne le nom de Siparantum.

vignette|centré|upright=0.8|Le Patriarcat de Peć. Entre 1180 et 1190, le grand župan serbe Stefan Nemanja s'empara de Pejë/Peć et du district de Hvosno, qu'il conquit sur l'Empire byzantin, établissant ainsi une domination serbe sur la ville pendant 300 ans .. En 1220, le roi serbe Stefan Nemanjić fit don de Pejë/Peć et de plusieurs villages alentour au monastère de Žiča qu'il venait de fonder F. Miklosich, Monumenta Serbica, Vienne, 1858. Comme Žiča était le siège d'un archevêché serbe, la ville passa ainsi sous le contrôle direct des archevêques et, plus tard, sous celle des patriarches qui y firent construire des résidences et des églises ; parmi ces édifices religieux figure l'église des Saints-Apôtres, construite par l'archevêque Saint Arsenije de Syrmie. Après que le monastère de Žiča eut été brûlé par les Coumans, entre 1276 et 1292, le siège de l'archevêché de Serbie fut transféré à Pejë/Peć, qui était considérée comme un lieu plus sûr ; il y resta jusqu'à l'abolition du Patriarcat de Serbie en 1766.

Sous le règne de l'empereur serbe Stefan Dušan, la ville devint un centre religieux majeur de la Serbie médiévale ; Dušan fit de Pejë/Peć le siège de l'église autocéphale de Serbie en 1346. Le Patriarcat de Peć, construit sur un site dominant la ville, abritait quatre églises décorées de fresques, une bibliothèque et un trésor.

vignette|La mosquée Bajrakli de Pejë/Peć. Pejë/Peć fut conquise par les Ottomans à la fin du . La ville changea de nom et devint Ipek. De nombreux Turcs vinrent s'y installer et la ville prit une allure orientale, avec des rues étroites et des bâtiments caractéristiques du style balkanique. La religion musulmane se répandit et de nombreuses mosquées furent construites ; l'une des plus célèbres est la mosquée Bajrakli, construite au et située au centre de la ville.

La ville prit de l'importance politique à travers la ligue de Peja, créée en 1899 par des patriotes albanais dirigés par Haxhi Zeka ; par ses traditions et son caractère, cette ligue s'inspirait de la ligue de Prizren ; il s'agissait de défendre les droits des Albanais et d'obtenir pour eux l'autonomie au sein de l'Empire ottoman. En 1900, au terme de sa lutte armée contre l'Empire, la ligue fut dissoute Bep Jubani et autres, Historia e popullit shqiptar : për shkollat e mesme, Libri Shkollor, Pristina, 2002, pp. 182 à 185.

Les Ottomans perdirent le contrôle de la région au cours de la première guerre balkanique en 1912-1913, au cours de laquelle le royaume du Monténégro s'empara de la ville. À la fin de 1915, pendant la Première Guerre mondiale, l'Autriche-Hongrie occupa Pejë/Peć qui leur fut reprise en octobre 1918. Après la guerre, la ville fit partie du royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui, en 1929, devint le royaume de Yougoslavie. Entre 1931 et 1941, la ville fit partie de la Banovine de Zeta. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pejë/Peć fut occupée par l'Albanie. Après la guerre, la ville fit partie de la république fédérative socialiste de Yougoslavie et intégrée dans la province de Kosovo et Métochie, autonome au sein de la république socialiste de Serbie.

Les relations entre Serbes et Albanais, souvent tendues au cours du , conduisirent à la guerre du Kosovo de 1999 ; à cette époque la ville connut des massacres et des destructions .. Plus de 80 % des que comptait la ville furent gravement endommagées () ou détruites () .. La ville eut encore à subir les violences inter-ethniques lors des .

Localités vignette|center|upright=0.8|Localisation de la commune/municipalité de Pejë/Peć au Kosovo.

Selon la pratique de l'OSCE, le nom d'un village porte en premier celui donné par la nationalité majoritaire. La commune/municipalité de Pejë/Peć compte les localités suivantes :

Babiq/Babiće Baran/Barane Bellopojë/Belo Polje Bllagajë/Blagaje Bogë/Boge Breg i Zi/Crni Vrh Brestovik/Brestovik Brezhanik/Brežanik (Brezhanik)/Čungur Broliq/Brolić Buçan/Bučane Çallapek/Čelopek Dobërdol/Dobri Do Drelaj/Drelje Dubočak/Dubočak Dubovë/Dubovo Dugaivë/Duganjive Gllaviçicë/Glavičica Gllogjan/Glođane Goraždevac/Gorazhdec Graboc/Grabovac Haxhaj/Hadžovići Jabllanicë/Jablanica Jabllanicë e Madhe/Velika Jablanica Jabllanicë e Vogël/Mala Jablanica Katundi i Ri/Pašino Selo Kërstoc/Krstovac Kliçinë/Klinčina Koshutan/Košutane Kosuriq/Kosurić Kotradiq/Kotradić Kryshec/Kruševac Kuqishtë/Kućište Leshan/Lješane Lipë/Lipa Ljevoša/Lëvoshë Llabjan/Labljane Llaz-Bellopaq/Laz Belopać Llozhan/Ložane Llugagji/Lugađija Loxhë/Lođa Lubeniq/Ljubenić Lutogllavë/Ljutoglava Malaj/Maljeviće Millovanc/Milanovac Nabërgjan/Nabrđe Nakëll/Naklo Nepolë/Nepolje Novosellë/Novo Selo Osojë/Osoje Ozdrim/Ozrim Pavlan/Plavljane Pejë/Peć Pepiq/Pepiće Pishtan/Pištane Poçestë/Počešće Qyshk/Ćuška Radac/Radavac Ramun/Romune Rashiq/Rašić (Raushiq)/Novi Raušić Raushiq/Raušić Rekë e Allagës/Alagina Reka Rosulë/Rosulje Ruhot/Ruhot Shkrel/Škrelje Shtupeq i Madh/Veliki Štupelj Shtupeq i Vogël/Mali Štupelj Sigë/Siga Stankaj/Jošanica Sverkë/Svrke Treboviq/Trebović Trestenik/Trstenik Turjakë/Turjak Vitomiricë/Vitomirica Vragoc/Vragovac Vranoc/Vranovac Zagërmë/Zagrmlje Zahaq/Zahać Zllapek/Zlopek

Démographie Ville intra muros Évolution historique de la population dans la ville

+ Évolution de la population

Répartition de la population par nationalités (2011) Nationalité Nombre % Albanais 93,78 Bosniaques 2,41 Égyptiens 2,25 Roms 303 0,62 Gorans 174 0,36 Ashkalis 80 0,16 Turcs 46 0,09 Serbes 21 0,04 Inconnus/Autres.

En 2011, les Albanais représentaient 93,78 % de la population.

Commune/municipalité Évolution historique de la population dans la commune/municipalité

+ Évolution de la population

Répartition de la population par nationalité dans la commune/municipalité Données anciennes Répartition par nationalitésAnnée/PopulationAlbanais %Serbes %Monténégrins %Roms %Bosniaques %Autres %Total1961 62,35 728 2,1 1971 70,12 433 1981 71,99 3,46 1991 75,5 3,5 950 - - 89,3500 1,2 1,9 4,9 5,4 91,112Sources : Recensements yougoslaves jusqu'en 1991, estimations de l'OSCE pour 1999 et 2006

En mars 2009, la commune/municipalité de Pejë/Peć comptait environ , dont une grande majorité d'Albanais du Kosovo ; un millier de Serbes du Kosovo vit dans le village de Goraždevac/Gorazhdevc et, après leur retour, d'autres vivent à Siga/Sigë, Brestovik/Brestovik, Belo Polje/Bellopole et Ljevoša/Levoshë ; seul un petit nombre vit à Pejë/Pec. La communauté bosniaque, qui compte environ vit principalement dans la ville et à Vitomirica/Vitomiricë, tandis que Roms, Ashkalis et Égyptiens vivent dans la commune/municipalité, que ce soit dans la ville intra muros ou dans les zones rurales.

Données récentes (recensement kosovar de 2011) Nationalité Nombre % Albanais 91,21 Bosniaques 3,93 Égyptiens 2,80 Roms 993 1,03 Serbes 332 0,34 Gorans 189 0,20 Ashkalis 143 0,15 Turcs 59 0,06 Inconnus/Autres

En 2011, les Albanais représentaient 91,21 % de la population, les Bosniaques 3,93 %, les Égyptiens 2,80 % et les Roms 1,03 %.

Religions

Politique L'assemblée de Pejë/Peć compte 41 membres, qui, en 2007, se répartissaient de la manière suivante :

Parti Sièges Alliance pour le futur du Kosovo (AAK) 10 Ligue démocratique du Kosovo (LDK) 7 Ligue démocratique de Dardanie (LDD) 6 Parti démocratique du Kosovo (PDK) 6 Parti réformiste (ORA) 5 Nouvelle alliance du Kosovo (AKR) 4 Parti d'action démocratique (SDA) 1 Initiative citoyenne Rustem Nurković (GIRN) 1 Initiative démocratique du Kosovo (IRDK) 1

Ali Berisha, membre de l'AAK, a été élu maire de la commune/municipalité.

Sites et architecture vignette|redresse|La vieille čaršija. vignette|L'une des églises du patriarcat de Peć. vignette|Vue de la mosquée Bajrakli. vignette|Le vieux hammam.

L'ensemble du centre ancien de Pejë/Peć (čaršija) est mentionné par l'Académie serbe des sciences et des arts au titre des « entités spatiales historico-culturelles ».. Parmi les édifices ou lieux classés de la ville, on peut citer :

le site archéologique de Peć (-s). le patriarcat de Peć (1220-1230). le site d'Idvorac (). les ruines de l'église Saint-Marc (). les ruines de l'église Saint-Dimitri (). le vieux cimetière du patriarcat (-s). la mosquée Bajrakli (Seconde moitié du ). la tombe de Halil Bey (). la mosquée hammam (). le vieux hammam (). la mosquée Defterdar et ses turbes (Seconde moitié du ). la tour-résidence de Qamil Liman (-s). la tour-résidence de Janićije Jokić (-s). la tour-résidence de Milovan Gojković (-s). la tour-résidence de Jashar Pasha (-s) . la tour de l'horloge (-s) la tour du ministre (-s) la tour-résidence de Shaban Goska (-s) la tombe d'Ali Pacha Gusinja (). le konak de Jashar Pacha (). le konak de Tahir Bey (). la maison de la famille Sahatxhiu () la résidence Pilingjurka () la résidence d'Ehat Musa () l'ensemble de bâtiments de Begollëva () la tour de Nitajva () la maison Protić (). la maison Sahatdži (). une maison située 41 rue de la Victoire (). une maison située 45 rue de la Victoire (). tour et harem à Peć (). ensemble résidentiel et harem (). la tour Sheremet (). une tour-résidence située 61 rue Boro Vukmirović (). la tour-résidence de Mihajlo Jovanović (). l'école élémentaire albanaise (). le moulin de Haxhi Zeka (). la tombe de Haxhi Zeka (1899). la clairière de Crni vrh (1937). une maison située 85 rue du Maréchal Tito (1940). la maison de Bora Vukmirović (1941-1944). la maison de Miladin Popović (1941-1944). la maison de Ramiz Sadiku (1941-1944). maison ancienne et quartier général des Partisans ( ; 1941-1944). la maison d'Adem Muhaxher () la maison d'Enver Hadr () le konak de Haki Spahiu (?) le konak de Kasapollëva (?) la mosquée Taftali (?) la mosquée de Kuqa (?) la mosquée de la tour de l'horloge (?) la mosquée de Xhylfahatun (?) le konak de Mahmut Begollva (?)

Culture

Sport Pejë/Peć possède deux clubs de football, le KF Besa et le KF Shqiponja, ainsi qu'un club de basket-ball, le KB Peja. Depuis , la ville possède aussi un club de taekwondo, le Taekwondo club Peja ..

Éducation