Le château de Rastignac est un château français construit entre 1811 et 1817 par l'architecte Mathurin Salat, dit Blanchard, sur la commune de La Bachellerie en DordogneIl est visible, dans les deux sens, depuis l'autoroute A 89..

Le château et son parc font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques.

Historique On trouve des traces d'un château nommé « Hospitium de Rastinhaco » datant de 1483.

En 1572, le château est incendié à la suite de la condamnation de ses propriétaires, Raymond Chapt de Rastignac et ses deux frères, au cours des « Grands Jours de Périgueux ».

Il est remplacé par la demeure actuelle, construite entre 1811 et 1817 à l'initiative de Pierre Chapt de RastignacGuy Penaud, Dictionnaire biographique du Périgord, , éditions Fanlac, 1999, ...

vignette|redresse|gauche|Portrait de Zénaïde Chapt de Rastignac, duchesse de La Rochefoucauld, peint en 1817 par Edmée Brucy. En 1817, la fille de ce dernier, Zenaïde Chapt de Rastignac (1798-1875), apporte le château en dot à François Marie de La Rochefoucauld, duc de Liancourt ; leur fils Pierre le vend en 1878 à Auguste de Peyronny, qui le transmet à son fils Henri-Marie Georges de Peyronny, et lui-même à son neveu peu avant sa mort, en 1921, le capitaine de vaisseau (ER) Octave Lauwick (mort en 1940 à 82 ans) et son épouse.

Le , le château est brûlé par les troupes allemandes de la division Brehmer à la suite d'une opération de représailles contre la Résistance, et les de collection de la galerie Bernheim-Jeune qui y étaient cachés depuis le début de la guerre ont disparuGuy Penaud, , Les crimes de la Division "Brehmer", éditions la Lauze, mars 2004, . (parmi lesquelles des Cézanne, des Manet, des Renoir, des Toulouse-Lautrec, un Matisse et un van Gogh)Dominique Richard, Le mystère des toiles de Dordogne, Sud Ouest, .. Dans son récit Les inoubliables, Jean-Marc Parisis revient très précisément sur cette affaire et ses suites..

En 1952, le château est restauré par l'architecte en chef des monuments historiques Yves-Marie Froidevaux.

Cléo de Mérode, rivale de Sarah Bernhardt, y séjourna, alors qu'il appartenait aux Lauwick.

Après des années d'abandon où le château subit des pillages et se détériore gravement, sept Néerlandais le rachètent en copropriété en l'an 2000, le scindant en autant de logements, cinq dans l'édifice proprement dit, et deux dans l'orangerieHervé Chassain, Il habite à la Maison-Blanche, Sud Ouest édition Dordogne ..

Le modèle de la Maison-Blanche ? vignette|left|upright=1|La Maison-Blanche : portique en rotonde au Sud. Le château, de style néopalladien, comporte un portique en rotonde ressemblant à celui de la Maison-Blanche de Washington (le portique, en façade Sud, est construit en 1829).

En 1971, pour trancher la question d'un lien ou non entre Rastignac et Washington, un citoyen américain, M. Leslie-E. Acsay, offre un prix de pour trouver la date de construction et l'architecte du château. Le prix est remporté en 1972 par le conservateur des Archives départementales de la Dordogne, Noël Becquart, grâce à son étude parue dans le Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord (SHAP). Il a pu étudier les cinq cahiers du régisseur pour les années 1811 à 1817 conservés dans les Archives départementales de la Dordogne qui permettent de suivre l'avancement des travaux et en révèle l'identité d'un architecte peu connu : Mathurin Salat dit Blanchard, et la campagne de construction : 1811-1817.

Certains historiens pensent que l'origine de cette similitude serait un dessin de l'architecte Charles-Louis Clérisseau qui était un ami de Thomas Jefferson quand il était ambassadeur des États-Unis à Paris.

Selon d'autres, il fut édifié sur les assises du château féodal des marquis du lieu et achevé vers 1820 d'après les plans ayant servi à édifier le château du duc de Leinster à Dublin à la fin du ), puis la résidence du président des États-Unis d'AmériqueJacques de Montarnal, Châteaux et manoirs de France - Périgord et Limousin - Paris, Vincent et Fréal, 1937, ..

Il pourrait aussi s'agir d'un simple plagiat ; dans les années 1780Société historique et archéologique du Périgord., le marquis de Chapt de Rastignac a pour projet de faire reconstruire le château et fait établir des plans par un architecte qui est appelé Blanchard, de son nom Mathurin SalatDans les actes du congrès archéologique de France de 1979, François-Georges Pariset dit Blanchard natif de Nontron en 1755, fixé en 1783 au Taillan, puis à Eysines, aux portes de Bordeaux, en 1808. Bien que travaillant dans les alentours de Bordeaux, il n'apparaît dans aucune liste à Bordeaux. Il retourne ensuite dans son pays et exerce comme architecte-ingénieur. Il n'est plus cité dans les cahiers du régisseur de Rastignac après 1815. Il est cité comme architecte à Mareuil en 1821 (INHA : Prison de Nontron), où il meurt en 1822. Il n'est cité qu'une seule fois avec le titre d'architecte dans les cahiers du régisseur de Rastignac. Il ne semble pas avoir été un très bon architecte, car ses ouvrages ont souvent eu des problèmes entraînant des critiques et des diminutions de ses honoraires. En 1810, il établit un devis pour la prison de Nontron, mais il n'est pas retenu. En 1811, il propose un devis pour la réparation de l'église de Verteillac. En 1815 il fait un devis pour la prison de Périgueux, mais on lui préfère l'architecte Combes (INHA : Prison de Périgueux). Il avait réalisé en 1812 les plans du Palais de Justice et de la sous-préfecture de Ribérac (INHA : Sous-préfecture de Ribérac) mais ayant oublié des éléments importants, on décide de ne lui payer qu'une partie de ses prestations. Il semble donc difficile de penser qu'il a été l'inventeur du plan du château de Rastignac. François-Georges Pariset note qu'en 1808 il s'est marié avec une Anglaise, Mary Palmer, qui est dite de Bordeaux depuis six ans, donc après la paix d'Amiens, sur son contrat de mariage. Elle devait probablement travailler auprès d'une riche famille des Chartrons. Bien qu'il n'ait pas été possible de dire s'ils étaient parents, il note qu'un lieutenant-colonel anglais, Charles Palmer, achète, après 1814, des domaines viticoles à Cenon. Son domaine s'avérant trop grand, il doit le vendre en 1843, pour partie aux Pereire qui construisirent Château Palmer. Charles Palmer a habité à Grosvenor Place en 1839 et Shaftesbury Terrace en 1843. Il aurait pu servir à faire connaître l'architecture anglaise au marquis de Rastignac, mais il n'est arrivé à Bordeaux qu'après le début de la construction du château. (et non Jean-Luc Blanchard)Michel Gallet, Les architectes parisiens du , Paris, Éditions Mengès, 1995, citant une ., peut-être par Charles-Louis Clérisseau.

Après la Révolution de 1789, le gentilhomme doit fuir la France pour l'Allemagne en 1791 comme émigré ; il entre dans l'armée des princes. Il revient en France et devient en 1809 président du collège électoral du Lot, en 1817 député du Lot, en 1823 pair de France, et meurt en 1833.

Le projet démarre en 1811 par des démolitions pour une construction entre 1812 et 1817. Le château, de style néo-classique, est reconstruit par l'architecte-entrepreneur Mathurin Salat, dit Blanchard. Les cahiers du régisseur donnent un coût de construction du seul château de , sans tenir compte du jardin à l'anglaise. Deux noms sont cités : Jean Delmas, maçon entrepreneur qui a reçu près de et Blanchard, désigné une fois comme architecte, qui est payé ; ce dernier n'apparaît plus dans ces cahiers après , quand le gros-œuvre est terminé.

Thomas Jefferson était à Bordeaux en 1789Our White House in France ? et y a visité l'école d'architecture où une copie des plans avait été déposée et à cette occasion aurait pu voir les plans du futur château de Rastignac, et s'en inspirer à son retour aux États-Unis.

Un reportage télévisé sur TF1 du soutient cette thèse, à savoir que Rastignac aurait été le modèle pour la conception de la Maison-Blanche, Jefferson y ayant séjourné lors d'une visite en France, travail appuyé par les recherches d'un historien.

Or, la Maison-Blanche a été construite à partir de 1792 par Hoban, puis reconstruite après 1814 ; sa colonnade imaginée par Jefferson en 1792, n'est réalisée qu'en 1824 par Latrobe.

De passage à Bordeaux en 1787, Thomas Jefferson n'a pu rencontrer pour alimenter sa réflexion architecturale que des architectes liés à Victor Louis, auteur en 1787 des plans du château du Bouilh : deux pavillons réunis par une colonnade qui s'incurve et devient dans son centre un pavillon circulaire.

Un autre architecte bordelais, Louis Combes (1754-1818), imagina avant 1789 un château bâti sur une falaise creusée de loggias et comprenant deux pavillons d'où partent des colonnades disposées en courbe (plans non réalisés).

On peut aussi citer le château Peychotte, une folie construite entre 1785 et 1789 par l'architecte Jean-Baptiste Dufart (1752-1820).

Quand commence la construction du château de Rastignac, l'architecte Combes a entrepris la réalisation de château Margaux ; cet architecte est celui du département de la Dordogne et travaille à Périgueux.

Il ne semble donc pas que l'origine du château soit à chercher à Bordeaux, mais plutôt à Paris. Ce type de bâtiment avec des colonnes et un bombement central sous coupole se retrouve dans l'architecture néo-classique : château de Montmusard, par Charles De Wailly, en 1766 ; intendance de Franche-Comté, à Besançon, par Victor Louis, en 1774 ; projet de pavillon pour Catherine II, en 1776 ; hôtel de préfecture du Cantal, à Aurillac, construit entre 1798 et 1811 suivant les plans de l'ingénieur en chef des ponts et chaussées Lallié. Le bâtiment qui peut conduire à la Maison-Blanche comme au château de Rastignac pourrait être l'hôtel Thellusson, luxueux édifice néo-palladien bâti de 1778 à 1780 à Paris par Claude-Nicolas Ledoux (détruit en 1826) qui était considéré comme son chef-d'œuvre, André Chastel, L'art français. Le temps de l'éloquence 1775-1825, Flammarion, Paris, 1996, ..

Il est aussi possible que le concepteur de Rastignac soit son propriétaire qui aurait fait une synthèse des formes architecturales vues au cours de ses voyages, comme l'a fait Thomas Jefferson pour la Maison-Blanche ; Blanchard n'aurait alors que « mis au net » et réalisé les idées du marquis.

Protection Les façades et toitures du château, les communs et le parc sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du . Le vestibule et l'escalier de pierre sont également classés par arrêté du , consultée le ..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Marthe Marsac, « À propos du château de Rastignac et de la Maison Blanche de Washington », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1969, tome 96, livraison, lire en ligne Noël Becquart, « Du nouveau sur le château de Rastignac », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, Périgueux, tome XCIX, 1972, lire en ligne François-Georges Pariset, « Le château de Rastignac », , dans Congrès archéologique de France. . Périgord Noir. 1979, Société française d'archéologie, Paris, 1982 Leslie E. Acsay, Who was the Designer of the White House ?, American Hungarian Library and Historical Society, Excerpts from a lecture, tirage à part,

Articles connexes Liste des châteaux de la Dordogne Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Sarlat-la-Canéda Liste des monuments historiques protégés en 1946 Liste des monuments historiques protégés en 1951 Château Peychotte

Liens externes

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Rastignac, Chateau Rastignac Catégorie:Maison-Blanche Catégorie:Monument historique classé en 1946 Catégorie:Monument historique classé en 1951