Étigny est une commune française située en bordure de la rivière Yonne dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie Localisation Étigny se trouve sur la rive gauche (à l'ouest) de la rivière YonneCarte IGN interactive d'Étigny sur geoportail.gouv.fr. Couches « cartes IGN classiques » et « Limites administratives » activées. Vous pouvez aisément moduler la transparence des couches dans l'onglet de sélection des couches en haut à droite de la carte ; et en ajouter depuis le menu « Cartes » en haut à gauche. Zoomer en rapprochement pour passer à la carte d'état-major., à 11 km au sud de Sens. Troyes est à 73 km au nord-est. Au sud se trouvent Joigny à 25 km et Auxerre à 53 kmÉtigny sur google maps..
Relief
Le nord de la commune est très plat, à une altitude variant entre 70 m et 75 m environ. Au sud de la commune, le flanc ouest de la vallée de l'Yonne serre de près le lit du fleuve et montre en rive gauche une dénivellation atteignant 50 m d'altitude sur 130 m de distance.
Hydrographie
L'Yonne est le seul cours d'eau traversant la commune, mais la présence d'eau ne s'y limite pas à l'emprise du lit de la rivière : dans ce fond de vallée étalé, l'exploitation de gravières a amené la formation de plusieurs étendues d'eau dans le nord de la commune aux abords de Rosoy, vers le lieu-dit le Brassot - un lieu chargé d'histoire.
Transports
L'autoroute la plus proche est la A19 avec une entrée-sortie à 10 km à l'est, à Subligny. L'échangeur A19-A5 est à 15 km au nord de cette entrée. L'entrée-sortie la plus proche pour la A5 est à 35 km au nord, à Bagneaux.
vignette|Gare ferroviaire d'Étigny(vue panoramique)
La ligne ferroviaire de Paris à Marseille traverse la commune en suivant la rive gauche de l'Yonne, avec une gare à Étigny desservie par des trains TER Bourgogne. Les deux gares voisines à Sens au nord et à Villeneuve-sur-Yonne au sud.
Les aéroports les plus proches sont : Aéroport d'Auxerre - Branches à 36 km Aéroport de Troyes - Barberey à 57 km Aérodrome de Lognes-Émerainville à 91 km Aéroport de Paris-Orly à 95 km Aéroport Châlons Vatry à 97 km
Communes limitrophes
Risques Étigny se trouve à moins de 80 km en ligne directe de trois centrales nucléaires : centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (45,1 km), centrale nucléaire de Dampierre (73,3 km) et centrale nucléaire de Belleville (76,6 km). La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux est à 136 km.
Inondations et mouvements de terrain sont deux autres risques répertoriés sur la commune..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ()..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Sens », sur la commune de Sens à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022..
Urbanisme Typologie Au , Étigny est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (66,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (62,4 %), forêts (17 %), zones urbanisées (13 %), zones agricoles hétérogènes (4,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Estiniacus (vers 833) ; Stanacus, lisez Stiniacus (853) ; Ethigniacum (1484) ; Estigny (1494)..
Histoire Protohistoire et Antiquité
À l'est du lieu-dit le Brassot, des traces d'occupation humaine ont été relevées datant du Néolithique ancien (Protohistoire), du début du Bronze final (1200 à 1000 av. J.-C. environ) et de La Tène finaleSéguier Jean-Marc et Auxiette Ginette, Le Brassot à Étigny (Yonne) : un établissement rural de la Tène finale de la vallée de l’Yonne. Dans Revue archéologique de l’Est, n° 57, 2008, Dijon. p. 185-204..
Les vestiges datés du Néolithique ancien comprennent quelque 40 fosses attribuées au rubané récent (5100-4900 av. J.C.Jérôme Dubouloz. Datation absolue du premier Néolithique du Bassin parisien : complément et relecture des données RRBP et VSG. Dans Bulletin de la Société préhistorique française, 2003, vol. 100, n° 4, pp. 671-689.) et final dans le bassin parisien. Ces fosses ont livré en abondance du matériel (silex, os d'animaux et céramique). Le Néolithique moyen est représenté par un chenalAugereau, Anne ; Creusillet, Marie-France ; Meunier, Katia ; Collaborateurs : Boitard-Bidault, Ève ; Bonnardin, Sandrine ; Carré, Alain. Etigny / Le Brassot Est (89) : Néolithique, Bronze final, La Tène finale : rapport de fouilles. Dijon : Inrap GES , 2006..
Les gravières de la vallée de l'Yonne ont fait l'objet de fouilles d'archéologie préventive en l'an 2000, ce qui a mis au jour l'établissement rural ouvert datant du second âge du fer, plus précisément de la Tène finale. S'y trouvent un bâtiment à quatre poteaux, un grenier à plateforme, un silo, un atelier et des fosses, le tout sur un espace de 130 m de long sur 30 m de large. Petite métallurgie, tissage, filage et confection de baguettes en bois de cerf (cette dernière rare dans la Protohistoire récente) y ont été pratiquées en productions d’appoint. Les objets en céramique trouvés sur le lieu incluaient une coupe et des amphores d'origine méditerranéenne, et des pièces de céramique celtique de type Besançon (dont on retrouve des exemples dans des sites sur Saint-Denis-lès-Sens 13 km au nord, et sur Varennes-sur-Seine, environ 50 km en aval de l'Yonne). Le site n'aurait été occupé que pour une vingtaine d'années, lors de la Tène D2b (de 50 à 30 av. J.-C, soit pratiquement immédiatement après la défaite de Vercingétorix en -52). Ce site offre un paradoxe curieux : une bonne partie des amphores trouvées viennent d'Italie, certaines ayant contenu du vin étrusque réputé de bonne qualité, ce qui indiquerait un établissement d'une certaine richesse voire aristocratique ; cependant rien d'autre sur le site n'indique un tel rang social. Note : cette abondance de vins italiens va à l'encontre de l'idée généralement retenue qu'à cette époque l'importation de ces vins périclitait au profit de vins ibériques et Narbonnais. De plus l'organisation spatiale des bâtiments et structures est atypique - mis à part l'absence de fossés périphériques protecteurs, absence qui se retrouve dans certains autres sites du territoire sénon de la même époque, le plus notable étant celui des Méchantes Terres à Grisy-sur-Seine. Les deux sites ont aussi le même type d'implantation, tout en longueur, ce qui suggère qu'ils longeaient une voie de passage secondaire.
La Via Agrippa de l'Océan passait sur le futur territoire de la commune : elle longe l'Yonne dans cette section de son trajet et on la retrouve à Saint-Julien-du-Sault 15 km au sud et à Gron au nord. La branche de la Via Agrippa menant de Sens à Orléans (et qui drainait entre autres tous les pèlerins dAquis Segeste à quelque 60 km d'Étigny) commençait à Paron, à seulement 6 km au nord ; celle menant de Sens à Troyes passait à environ 10 km au nord-est (en rive droite de l'Yonne)..
Le fief de Sérilly Dominant de plus de 50 mètres la Via Agrippa de l'Océan qui glisse entre le cours de l'Yonne et le talus, le lieudit de Sérilly accueille à la fin du une famille de chevaliers. Le prénom de Narjot, porté par elle, fait songer à Toucy, ville capitale de la Puisaye. A l'évidence, une telle implantation permet à ces chevaliers de bloquer aisément la circulation routière et fluviale, sans doute pour le compte de la Couronne, et d'assurer la garde rapprochée de la cité de SensÉtienne Meunier. Les chevaliers de la famille de Sérilly. CSGY, XI, 2011..
La famille Minagier Les Minagier appartiennent au patriciat de Sens du , et sont les héritiers du notaire et secrétaire de Louis XI Thomas Tribole. Ils sont les détenteurs de la seigneurie d'Etigny au . Durant les guerres civiles, Jehan Minagier soutient le parti qui cherche à faire triompher la politique de Catherine de Médicis. Ses alliances matrimoniales le lient au très étroit milieu des huguenots locaux du Sénonais et de l'Auxerrois. En 1576 la régente s'invite dans son château pour négocier avec les rebelles à la Couronne. La paix hâtivement et mal conclue n'est pas acceptée en ville. Les chanoines de la cathédrale de Sens refusent de chanter le Te Deum pour cette parodie de paix, nullement intimidés par la présence de la reine. De fait, la guerre reprendra extrêmement vite, leur donnant raison. Les habitants de Sens poursuivront de leur vindicte la descendance de Jehan Minagier qui en quelques décennies du , perdra considérablement son avance dans l'échelle sociale, rattrapée par une fiscalité habilement exercée contre elle.
Le 30 mars 1601, Gabrielle Minagier et son mari Etienne Senay, écuyer, vendent les « Terres et Seigneuries d’Etigny et Serilly » à Claude De La Bistrate, payeur des gages du Parlement..
Le 20 février 1602, Margueritte Minagier, veuve DalibourdMargueritte Minagier est veuve du Sieur Dalibourd, médecin du Roy., promet de vendre « à Maître Etienne De La Bistrate, Conseillier au Grand Conseil, scavoir la Maison et Grange Dalibourd cy-devant dit la Maison des Odots, 67 arpents de terre, 2 arpents 19 carreaux de vigne, les ¾ de l’Isle Bourbelin, l’Isle Calais, une autre Isle, appellée l’Isle des Clercs et tout ce qui peut appartenir à laditte Minagier comme héritière de Jean Minagier son père en laditte terre dudit Etigny et Serilly ». Margueritte Minagier reconnaît cette promesse par-devant notaire le 24 décembre 1602 et la vente est réalisée le 22 septembre 1603.