Stomoxys calcitrans, la Mouche charbonneuse, est une espèce de diptères de la famille des Muscidae. Contrairement à la plupart des autres mouches de cette famille, elle pique les mammifères et se nourrit de leur sang. Son nom fait référence à la maladie du charbon (maladie infectieuse redoutée des éleveurs) qu'elle peut transmettre.
Milieu de vie C'est une espèce de mouches communes à la campagne, dans les étables, bergeries ou écuries où elle trouve en abondance les fumiers et crottins où elle pond ses œufs qui donneront des larves coprophages.
Description et alimentation Cette espèce est l'une des rares mouches ressemblant à la mouche domestique, mais étant piqueuse et se nourrissant de sang au stade adulte (piqûre douloureuse pour les humains comme pour les animaux). Elle est un peu plus petite (6 à 8 mm) que la mouche domestique et a un abdomen un peu plus large, plus clair et tacheté. Elle possède une trompe noire, brillante, un peu plus longue que la tête et très pointue, qu'elle pointe en permanence vers l'avant. Contrairement aux autres insectes hématophages, les deux sexes piquent.
Reproduction La femelle pond ses œufs dans le fumier ou les crottes. Les asticots, coprophages, se développent entre 10 et en fonction de la température.
Transmission de pathogènes Outre la maladie du charbon, les mouches charbonneuses transmettent les virus de l’anémie infectieuse équine, de la fièvre porcine africaine, des fièvres du West Nile ou de la Vallée du Rift. Des rickettsies (Anaplasma, Coxiella), d’autres bactéries et des parasites (Trypanosoma spp., Besnoitia spp.) sont aussi transmis par les stomoxes. Enfin, les stomoxes sont des hôtes intermédiaires du nématode parasite Habronema microstomaBaldacchino, F., Muenworn, V., Desquesnes, M., Desoli, F., Charoenviriyaphap, T. & Duvallet, G. 2013: Transmission of pathogens by Stomoxys flies (Diptera, Muscidae): a review. Parasite, 20, 26. PDF, accès libre PDF dans PubMedCentral.
Lutte
En élevage, on lutte généralement contre la mouche charbonneuse par des insecticides. Des répulsifs moins toxiques, comme des huiles essentielles, sont à l'étude.
Espèce proche Elle peut vivre en syntopie avec une espèce apparentée, Stomoxys niger, également vectrice d'hémoparasites aux animaux d'élevage. Pour les distinguer, on peut mesurer la longueur du palpe maxillaire qui est plus long chez S. niger, pour les deux sexesFiche INIST CNRS.
Dans la culture Dans son livre Mes saints parents, Céline Martin rapporte que son père Louis Martin, pendant qu'il était à la pêche, avait été piqué par une mouche charbonneuse et développa un épithélioma. Le compositeur russe Alexandre Scriabine (1872-1915) est mort après une piqûre de mouche charbonneuse.
Dénominations Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Mouche charbonneuse ; Mouche du charbon ; Mouche piquante des étables ; Mouche piquante ; Mouche piqueuse des étables ; Stomoxe.
Systématique Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Stomoxys calcitrans ((Linnaeus, 1758).
L'espèce a été initialement classée dans le genre Conops sous le protonyme Conops calcitrans Linnaeus, 1758.
Stomoxys calcitrans a pour synonymes :
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Espèce de Diptères (nom scientifique) Catégorie:Muscidae Catégorie:Insecte décrit en 1758 Catégorie:Taxon décrit par Carl von Linné