Le mandat du gouvernement de Joseph-Adolphe Chapleau s'étend du au . Chapleau succède au gouvernement libéral de Henri-Gustave Joly de Lotbinière, bloqué par le Conseil législatif à majorité conservatrice qui lui refuse les subsides, et par le lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille qui rejette sa demande de dissolution. Réélu aux élections de 1881, Chapleau quitte la politique provinciale moins d'un an plus tard pour devenir secrétaire d'État dans le cabinet fédéral de John A. Macdonald.

Caractéristiques

Le gouvernement Chapleau est le premier gouvernement québécois à négocier un accord économique international, soit avec la France. Il favorise la colonisation dans les Laurentides (l'épopée du curé Labelle) et commence à préconiser l'industrialisation de la province. Attiré par le pouvoir à Ottawa, Chapleau laisse cependant son parti divisé entre les ultramontains et les conservateurs de l'école de Cartier. Le gouvernement Mousseau qui lui succède peine à gérer cette crise.

Le Crédit foncier franco-canadien

L'administration Chapleau se distingue par la création du Crédit foncier franco-canadien en 1880, une institution dotée d'un fonds de négocié avec des financiers parisiens et destinée à consentir des prêts aux agriculteurs, aux municipalités et au gouvernement lui-même. Il s'agit du premier accord financier d'envergure entre le Québec et la France depuis le traité de Paris de 1763. La quatrième session de la () est cependant assombrie par un scandale : Chapleau et Étienne-Théodore Pâquet auraient chacun reçu pour leur rôle dans la fondation du Crédit foncier.

Les chemins de fer et la vente du QMO&O

vignette|gauche|Locomotive du Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, baptisée Lotbinière, réseau public que le gouvernement Chapleau vend en 1882.

Chapleau crée en 1881 le département des Chemins de fer, dont il assume la charge, pour administrer le réseau public du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental (QMO&O). En , le gouvernement annonce la vente du QMO&O : le tronçon ouest est cédé au Canadian Pacific Railway pour et le tronçon est à un syndicat privé dirigé par Louis-Adélard Senécal, organisateur financier du Parti conservateur et ami intime de Chapleau, pour la même somme. L'opposition crie au favoritisme et la transaction dépouille la province de sa plus importante propriété publique au profit d'intérêts fédéraux et montréalais.

L'opposition ultramontaine

Chapleau s'oppose ouvertement à la faction ultramontaine de son parti, qui réclame la suprématie de l'Église sur l'État. La vente du QMO&O accentue la fracture interne du Parti conservateur et engendre, sous le gouvernement Mousseau, deux factions rivales : les ultramontains et les proches de Chapleau.

Le départ pour Ottawa

Le , Chapleau permute avec Joseph-Alfred Mousseau : Chapleau devient secrétaire d'État dans le cabinet Macdonald à Ottawa, tandis que Mousseau, alors secrétaire d'État fédéral, lui succède comme premier ministre du Québec.

Chronologie

: le gouvernement Joly de Lotbinière perd un vote de confiance à l'Assemblée législative. : le lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille refuse la dissolution demandée par Joly et invite Chapleau à former un gouvernement conservateur. : assermentation du cabinet Chapleau. Deux des ministres, Étienne-Théodore Pâquet et Edmund James Flynn, sont des transfuges libéraux, mais aucun n'est de l'aile ultramontaine du Parti conservateur. : tractations entre Chapleau et les libéraux d'Honoré Mercier dans le but de former un gouvernement de coalition. Les négociations n'aboutissent pas, Mercier exigeant l'abolition du Conseil législatif du Québec, à laquelle Chapleau s'oppose. : inauguration de la troisième session de la . : le Québec en vient à une entente avec la Banque de Paris et des Pays-Bas pour un emprunt de . : inauguration du Crédit foncier franco-canadien, doté d'un fonds de . : Chapleau et Mercier négocient de nouveau pour former un gouvernement de coalition. Mercier est prêt à accepter un conservateur comme chef de la coalition mais exige au préalable la démission de Chapleau. Les tractations sont de nouveau rompues. : début de la quatrième session de la , marquée par un scandale financier : Chapleau et Étienne-Théodore Pâquet auraient reçu chacun pour leur aide à fonder le Crédit foncier. 1881 : création du département des Chemins de fer, confié au premier ministre Chapleau, pour administrer le réseau public du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental (QMO&O). : Chapleau annonce des élections pour le . : Chapleau accroît sa majorité en Chambre lors des élections générales, avec 50 conservateurs contre 14 libéraux et 1 conservateur indépendant. : J. G. Robertson démissionne de son poste de trésorier provincial, se disant en désaccord avec la prochaine privatisation du QMO&O. : Québec annonce officiellement la vente du QMO&O. La partie ouest est vendue au Canadian Pacific Railway pour , la partie est à un syndicat financier dirigé par Louis-Adélard Senécal pour la même somme. au : première session de la . Chapleau réussit de peine et de misère à faire voter la vente du chemin de fer. : Chapleau permute avec Joseph-Alfred Mousseau, devenant secrétaire d'État dans le cabinet fédéral de John A. Macdonald. : Joseph-Alfred Mousseau succède officiellement à Chapleau comme premier ministre du Québec.

Lois marquantes

1880 : Loi incorporant le Crédit foncier franco-canadien (43-44 Vict.), premier accord financier entre le Québec et la France depuis le traité de Paris, créant un fonds de destiné à consentir des prêts aux agriculteurs, aux municipalités et au gouvernement. 1881 : création du département des Chemins de fer pour administrer le réseau public du chemin de fer Québec, Montréal, Ottawa & Occidental (QMO&O) avant sa privatisation en 1882. 1882 : Loi autorisant la vente du QMO&O, cédant le tronçon ouest au Canadian Pacific Railway et le tronçon est à un syndicat privé dirigé par Louis-Adélard Senécal.

Composition

Cabinet Chapleau (1879-1881)

Le premier cabinet Chapleau, à la suite du « coup d'État » de Letellier de Saint-Just, intègre deux transfuges libéraux (Étienne-Théodore Pâquet et Edmund James Flynn) mais aucun ultramontain. Chapleau cumule la fonction de commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics.

Premier ministre et président du Conseil exécutif : Joseph-Adolphe Chapleau Agriculture et travaux publics : Joseph-Adolphe Chapleau Procureur général : Louis-Onésime Loranger Terres de la Couronne : Edmund James Flynn Secrétaire et registraire : Étienne-Théodore Pâquet Solliciteur général : William Warren Lynch Trésorier : Joseph Gibb Robertson Président du Conseil législatif : John Jones RossSiège au Conseil législatif.

Cabinet Chapleau (1881-1882)

Aux suites des élections de 1881 et de la création du département des Chemins de fer, le cabinet évolue. Joseph Gibb Robertson démissionne en janvier 1882, en désaccord avec la prochaine vente du QMO&O, et est remplacé par Jonathan Saxton Campbell Würtele.

Premier ministre et président du Conseil exécutif : Joseph-Adolphe Chapleau Agriculture et travaux publics : John Jones Ross (1881-1882), Élisée Dionne (1882) Terres de la Couronne : Edmund James Flynn Chemins de fer : Joseph-Adolphe Chapleau (1881), John Jones Ross (1881-1882), William Warren Lynch (1882) Procureur général : Louis-Onésime Loranger Secrétaire et registraire : Étienne-Théodore Pâquet Trésorier : Joseph Gibb Robertson (1881-1882), Jonathan Saxton Campbell Würtele (1882) Solliciteur général : William Warren Lynch Président du Conseil législatif : John Jones Ross

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie . . .

Chapleau, Joseph-Adolphe Catégorie:1879 au Québec Catégorie:1880 au Québec Catégorie:1881 au Québec Catégorie:1882 au Québec