Les landes de Gascogne (en gascon, graphie classique las Lanas de Gasconha, graphie fébusienne las Lanes de Gascougne) constituent une région naturelle de France de près de d'hectares de l'État des lieux., située au débouché du Bassin aquitain sur l'océan Atlantique. Constituée à l'origine de landes, elle est aujourd'hui dominée par une pinède (66 % du territoire) essentiellement introduite par l'Homme et des îlots d'agriculture (18 % du territoire). Elle s'étend sur trois départements (la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne) et concerne un périmètre de , défini par une ordonnance de 1945.

Présentation Généralités La région est un plateau sédimentaire incliné et globalement plat, caractérisé par un sol pauvre et sablonneux.

C'est cette planéité, néanmoins modelée par le cordon dunaire littoral empêchant l'écoulement facile des eaux douces vers la mer, qui a donné à la région son caractère de zone humide, du moins avant les grands travaux d'assainissement, de fixation des dunes et de plantation de pins à partir de la fin du et pendant tout le . Le paysage de landes humides, arpentées par les bergers landais sur échasses, a cédé la place au milieu du au premier massif forestier de France : la forêt des Landes de Gascogne qui s'étend sur le « triangle des landes » (Soulac, Nérac, Tarnos). À l'occasion de certaines fêtes folkloriques, les bergers redeviennent ces échassiers landais d'autrefois, qui gardaient leurs troupeaux, vêtus de peaux de moutons, haut perchés sur leurs échasses.

La région a connu une transformation profonde du fait de ces travaux qui ont bouleversé totalement, en moins d'un siècle, une économie et une culture millénaires. Le système agropastoral a fait place à l'industrialisation du gemmage (auparavant pratiqué uniquement dans les forêts naturelles du littoral), et progressivement à l'industrie du bois. Les essais d'agriculture industrielle et commerciale n'ont pas abouti, jusqu'à l'arrivée du maïs dans les . C'est une région qui s'urbanise et se périurbanise (+2,3 % par an d'artificialisation des sols de 2006 à 2009) de l'État des lieux..

Le littoral a pris plus d'importance avec le développement du tourisme balnéaire et de villégiature dès le milieu du (notamment avec l'arrivée du train à partir de 1841 à La Teste-de-Buch, puis à Bayonne et Lacanau). Le tourisme reste un important pourvoyeur d'emplois saisonniers. La démographie est en forte hausse, avec environ en 2006 (soit +60 % en quarante ans, +0,9 %/an de 1990 à 1999, +1,4 % par an de 1999 à 2006, 2/3 des résidents nouveaux venant d'autres régions) de l'État des lieux..

La concurrence internationale et les évolutions technologiques ont atteint durement l'économie du massif forestier, qui demeure une des premières sources de richesse de la Nouvelle-Aquitaine.

Localisation Les landes de Gascogne sont bordées : à l'ouest par l'océan Atlantique ; au nord-est par la frange viticole du Médoc, le Bordelais, le Bazadais et le Queyran ; au sud-est par le Pays d'Albret et la Ténarèze, avec le cours de la Gélise comme délimitation, l'Armagnac, le Tursan, la Chalosse, les pays d'Orthe et de Seignanx.

Villes principales

Gironde : La Teste-de-Buch, Arcachon. Landes : Dax, Mont-de-Marsan.

Stations balnéaires Le littoral des Landes de Gascogne est constitutif de la Côte d'Argent, comptant parmi les stations balnéaires : Gironde : Soulac, Montalivet, Hourtin, Carcans-Maubuisson, Lacanau, Le Porge, Lège-Cap-Ferret, Arcachon, Pyla-sur-Mer ; Landes : Biscarrosse, Mimizan, Contis, Lit-et-Mixe, Saint-Girons, Moliets, Messanges, Vieux-Boucau-les-Bains, Soustons, Seignosse, Hossegor, Capbreton, Labenne, Ondres, Tarnos.

Forêt des Landes

La forêt des Landes s’étend sur () de l'État des lieux., vaste triangle allant de Soulac à Tarnos et jusqu’à Nérac. Elle recouvre la majeure partie des départements de la Gironde et des Landes ainsi que l'ouest du Lot-et-Garonne. La surface forestière se répartit sur la dune littorale pour environ 9 % et à l'intérieur des terres sur la plaine sableuse du « plateau landais » pour le restant soit 91 % environ de l'État des lieux.. La forêt de pins telle qu’on la connaît aujourd’hui ne couvrait que avant que le boisement systématique des dunes et du plateau landais, ne modifie ce paysage. Mais de nos jours, le pin maritime, essence largement majoritaire, représente plus de 80 % des arbres qui composent la forêt, la surface restante étant composée de chênes, ormes, tilleuls, de châtaigniers, aulnes, lauriers, arbousiers, pruniers, pommiers, cerisiers Fortement dominée par le pin maritime (82% de la surface soit en 2010), la composition du massif connait une cependant une évolution récente avec une part croissante de feuillus (naturels ou introduits) passée de 8 % à 15 % en dix ans (de 2000 à 2010 environ) de l'État des lieux..

La forêt des Landes offre une diversité de paysages de l'État des lieux.. Au nord, la proximité des exploitations viticoles du bordelais offrent des paysages de pin et de vignes mêlées, où se côtoient les échoppes et les maisons landaises traditionnelles. Au sud, les pins laissent place peu à peu aux collines verdoyantes de la Chalosse, et l'on devine au loin les Pyrénées. La Côte d'Argent abrite des forêts au sous-bois différent de celui de l'intérieur de la lande. Les arbousiers, chênes verts et chênes-lièges se partagent la lumière qui n'est pas captée par les pins. Au cœur du massif forestier, la présence de quelques cours d'eau et tout particulièrement de la Leyre, est propice au développement d'une forêt constituée de feuillus dissimulant bien souvent la rivière : la forêt galerie.

Le massif boisé a été touché par deux tempêtes majeures (tempête Martin en 1999 et tempête Klaus dix ans plus tard en 2009) au cours desquelles 26 % de la forêt landaise connaît plus de 40 % de dégâts en superficieEstimations pour le pin maritime, IFN.. Depuis la sécheresse de 1976 surtout, le massif est aussi régulièrement victime d'attaques sanitaires (chenilles processionnaires, scolytes et autres ravageurs auxquels les peuplements souvent monospécifiques sont particulièrement sensibles) et périodiquement menacé par des incendies de forêts de l'État des lieux..

Étymologie Le mot commun lande (en gascon lana/ lanne) vient du celtique landa altération de lann enda, c'est-à-dire les fins de la terre (plate) ou de la plaine, ici la grande plaine aquitaine. C'est une allusion commune aux finages de confins maritimes ainsi qu'à leurs végétations caractéristiques, cette dernière acception végétale étant plus tardive et spécifique aux traditions paysannes.

Le terme latin ager syrticus est une autre appellation qui rappelle qu'il s'agit d'un vaste rivage maritime, parfois inondé et marécageux, ce que les anciens cultivateurs des sables landais traduisaient littéralement par des « terres labourées par les intrusions de la mer ou par envahissement des eaux bloquées par des cordons dunaires et qui ne peuvent ainsi accéder librement aux rivages maritimes, terres aussi modelées par les vents transporteurs de sables, parfois destructeurs de toute vie au vent et qui soufflent en mitraille, parfois à des dizaines de lieues de la mer, ne se privant pas de faire irruption avec fracas dans les bons pays ». C'est ce dernier terme ager syrticus passé en latin médiéval qui figure sur les esquisses de premières cartes carolingiennes, au-dessus d'un espace blanc entre Bordeaux et Adour, comme dans la Géographie Universelle de Anton Friedrich Büsching au siècle des Lumières.

L'appellation de « Landes de Gascogne » n'apparaît qu'au , la région étant désignée avant cela par « Landes de Bordeaux », qui a un sens plus restrictif aujourd'hui..

Géologie Le substratum calcaire et molassique tertiaire du Bassin aquitain a été affecté par des mouvements tectoniques qui ont produit, au Tertiaire, d’un sillon ouvert sur la plate-forme atlantique à hauteur de Biscarrosse.

À la fin du Miocène, se cumulent des sédiments d'origine océanique et détritique en provenance des Pyrénées. Par la suite, plusieurs processus conduiront à ce qu'on appelle le « sables des Landes » : à la base, un complexe argilo-sableux siliceux fossilisant d’origine fluviatile et lacustre, de d’épaisseur (argiles à kaolinite de Luxey-Pissos, lignites pliocènes de Lamothe et d’Arjuzanx) ; au sommet des sables quartzeux fins, d’origine éolienne, de quelques mètres d’épaisseur ; entre les deux, des grès siliceux à matière organique colorante et des grès à ciment ferrugineux (alios, garluche) dans des podzosols lessivés.

Géographie Le littoral est protégé par des dunes, à la végétation spécifique, qui privent de nombreux petits fleuves côtiers d'accès à l'Océan et conduisant à la formation d'un chapelet de lacs. Le bassin d'Arcachon constitue la seule brèche dans le cordon dunaire landais, long de deux cents kilomètres.

Histoire Avant le « désert landais » Concernant l’histoire de la végétation, basée sur les données polliniques, le territoire des Landes de Gascogne était couvert par une importante forêt diversifiée (chêne, orme, tilleul, frêne, hêtre, pin) durant la première moitié de l’Holocène (de ). Au début de l’Holocène, la couverture forestière est caractérisée par une importante pinède, remplacée vers par une chênaie riche en arbres et arbustes héliophiles (bouleau, noisetier, aulne). Bien qu’elle soit soumise à des déboisements réguliers à partir du Néolithique final (vers 3500 ) cette forêt persiste jusqu’au début du Moyen-Age (vers 600 ), période à partir de laquelle l’intensification des activités humaines entraîne dans certains secteurs sa disparition et laisse la place à des landes..

Concernant l’occupation humaine, les données polliniques indiquent une anthropisation remontant à la première moitié du Néolithique ancien ( ), sans que des vestiges archéologiques puissent le confirmer. L’occupation est pérenne à partir du Néolithique final ( ), et s’intensifie dès la Protohistoire ( ) et atteint un point culminant durant le Moyen Âge. Ainsi contrairement à l’image traditionnelle de la Grande-Lande qui renvoie à un espace marginal ou inhospitalier, caricaturé sous le terme de « désert landais »., il convient de reconsidérer cet espace comme auparavant densément peuplé et exploité dès la fin du Néolithique..

Système agropastoral

Jusqu’au milieu du , les habitants des Landes ont dû faire face à l’extrême pauvreté des sols de leurs communaux. La lande se résumait à de grandes étendues nues, marécageuses, plates et insalubres. Les Landais vivaient du système agro-pastoral. Regroupés dans des « airials » (petits hameaux isolés), ils cultivaient le seigle et le millet, base de leur maigre alimentation, et élevaient des moutons dont le rôle consistait à fertiliser les terres. C’est de cette époque que vient l’image du berger landais perché sur ses échasses. En effet, ce moyen de locomotion était parfaitement adapté pour surveiller les troupeaux, et se déplacer rapidement sur de longues distances.

Avant l’image classique du berger landais surveillant du haut de ses échasses ses moutons pâturant la lande rase, selon les historiens, les vaches étaient nombreuses et ce n’est qu’à la suite de la grande épizootie de 1775 qui en a détruit l’essentiel, que le mouton a prévalu. De même, ce n'est qu’après la disparition d’une grande partie de la forêt, décimée au par le gel, les incendies et la déforestation que la lande rase est apparue à la fin du ..