Les élections générales québécoises de 2007 ont lieu le et sont déclenchées par le premier ministre Jean Charest le .. Le scrutin permet l'élection à l'Assemblée nationale du Québec de 125 députés de la ; il s'agit de la générale dans la province depuis la confédération canadienne de 1867.

Le gouvernement élu est formé par le Parti libéral du Québec, dirigé par Jean Charest, l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont formant l'opposition officielle et le Parti québécois d'André Boisclair étant relégué au deuxième groupe de l'opposition. Il s'agit du premier gouvernement minoritaire au Québec depuis 1878 et également le plus petit pourcentage de votes accordé aux libéraux depuis la confédération.

Contexte Rumeurs d'élections

En , des rumeurs commencent à circuler sur le déclenchement d'élections pour l'automne 2006. Certains croient que le premier ministre Jean Charest veut déclencher des élections avant la prochaine élection fédérale afin d'éviter un conflit entre les deux. Étant donné la situation minoritaire de l'actuel gouvernement fédéral, la prochaine élection fédérale pourra bien se produire au printemps 2007.

À l'automne 2006, les rumeurs d'élections sont persistantes.. Par contre, après des brèves hésitations, Jean Charest tait les rumeurs au mois d'octobre.. En effet, plusieurs ministres ont affirmé aux médias qu'en raison de la crise dans l'industrie forestière, le temps n'était pas au déclenchement d'élections. Ils ont également évoqué des projets de loi qu'ils désiraient voir cheminer ou déposés à l'Assemblée nationale au cours de la session d'automne. Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil Trésor, a affirmé : .

Vers le milieu du mois de , plusieurs éléments sont rapportés dans les médias, laissant croire à des élections vers le mois de mars... Les rumeurs d'élections reprennent de plus belle en et la publication d'un sondage dans lequel le Parti libéral du Québec dépasse le Parti québécois dans les intentions de vote pour la première fois depuis 2004, ainsi que les multiples difficultés du chef péquiste André Boisclair avec les militants de son parti, semblent accélérer le processus. Les rumeurs se concrétisent lorsque le PLQ annule son congrès annuel, qui devait avoir lieu du 23 au , pour le remplacer par un Conseil général élargi le .. Jean Charest aurait donc beau jeu de déclencher les élections peu après ce conseil pour fixer la date du scrutin au ..

Le , le ministre des Finances, Michel Audet, dépose le budget du gouvernement devant l'Assemblée nationale, convoquée d'urgence pour l'occasion.. Le lendemain, Jean Charest demande au lieutenant-gouverneur Lise Thibault de dissoudre l'Assemblée nationale et de déclencher des élections. La date du scrutin fut fixée au .

Réforme électorale

Pendant la , Benoît Pelletier, le ministre responsable de la réforme électorale, annonce vouloir déposer deux projets de loi sur la réforme électorale au cours de la session d'automne. Le gouvernement étudie un temps la possibilité d'un référendum sur la réforme du mode de scrutin qui se serait déroulé conjointement avec l'élection générale.. Un référendum semblable a eu lieu lors de l'élection générale de 2005 en Colombie-Britannique et il est probable qu'un référendum sur la réforme électorale aura également lieu en Ontario en même temps que la prochaine élection générale dans cette province. Toutefois, en date du , cette proposition est définitivement écartée par les instances dirigeantes du Parti libéral, qui ne sont pas enchantées par la proposition du ministre Pelletier.. Le , le ministre Pelletier annonce que la réforme est reportée. Il demande au Directeur général des élections de se pencher sur certains problèmes reliés au mode de scrutin et de remettre un rapport avant ..

Modification de la loi électorale

La Loi électorale du Québec est modifiée et ces modifications s'appliqueront lors de cette élection de 2007. Notamment, il est maintenant permis aux candidats qui n'habitent pas la circonscription où ils se présentent d'y voter, en indiquant comme adresse leur bureau de campagne. Auparavant, seuls les députés sortants jouissaient de ce privilège. Ce changement a été critiqué par certains analystes qui déplorent que le lien qui existe entre le député et sa circonscription devient de moins en moins important et que ..

La loi électorale crée également des commissions de révision itinérantes dans les circonscriptions rurales où les électeurs auraient plus de à parcourir pour se rendre au bureau de révision de la liste électorale. De plus, pour la première fois, certains électeurs ont le privilège de voter à leur domicile s'ils ne sont pas en mesure de se déplacer pour des raisons de santé ; les électeurs ayant ce droit en font la demande auprès du directeur du scrutin dans leur circonscription au moins 14 jours avant la date du scrutin, et une équipe est envoyée sur place recueillir leurs votes..

Le , à la suite d'une controverse concernant des femmes musulmanes désirant garder leur Niqab, le directeur général des élections, utilisant les pouvoirs accordés par l'article 490 de la Loi électorale du Québec, déclare l'obligation pour tous les électeurs d'avoir le visage découvert lors du vote. Cette mesure ne s'appliquera que pour cette élection. Voir accommodement raisonnable.

Partis politiques Parti libéral du Québec

Slogan: Unis pour réussir

Voir la plateforme électorale

Le Parti libéral du Québec est au pouvoir depuis 2003. Cette période de quatre ans a souvent été très difficile pour le gouvernement, qui battait des records d'impopularité auprès de l'électorat et qui traînait continuellement derrière le Parti québécois dans les sondages. Toutefois, en 2006 le Parti libéral commence à effectuer une certaine remontée dans les sondages et reprend finalement la première place, ce que plusieurs considèrent comme un facteur ayant influencé la décision de déclencher les élections.

Bien que les partis soient habituellement très discrets sur l'état de leurs finances, il semblerait que le Parti libéral a une bonne longueur d'avance sur ses rivaux sur ce plan. Le rapport financier de 2005 indiquait que le parti avait accumulé au-delà de 11 millions $ dans sa caisse électorale ; ce montant ne tient pas en compte les dépenses et revenus de 2006. La limite des dépenses électorales pour 2007 est fixée à 9,8 millions par la Loi électorale, c'est-à-dire 65 cents par électeur pour le parti et par électeur pour le candidat..

Action démocratique du Québec

Slogan: Au Québec, on passe à l'action

Voir la plateforme électorale

L'Action démocratique du Québec a connu des temps difficiles en 2006 avec de très mauvais résultats lors des élections partielles, ce qui a poussé plusieurs à prédire la fin du parti de Mario Dumont. Toutefois, il est remonté dans les sondages grâce à la question des accommodements raisonnables, passant de 12 % à plus de 20 % dans les intentions de vote en quelques mois seulement. Considéré comme marginal il y a un an à peine, Dumont est ainsi devenu un candidat réaliste au poste de premier ministre..

Le parti prévoyait une campagne plus modeste que celle de 2003, qui avait coûté six millions et qui s'était soldée par une déception avec l'élection de seulement 4 députés.. Selon le rapport financier de 2005, le parti avait accumulé 1 million $ dans sa caisse électorale.

En 2003, l'ADQ avait été le dernier parti à révéler sa plateforme, une semaine seulement avant l'émission des brefs. Cette fois l'ADQ a été le premier parti à dévoiler sa plateforme électorale, qui fut révélée en entier en décembre, plus de deux mois avant le déclenchement des élections.

Parti québécois

Slogan: Reconstruisons notre Québec

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À la suite de la défaite de l'élection générale québécoise de 2003, lors de laquelle le Parti québécois a enregistré ses pires résultats dans le vote populaire depuis 1976, le parti a lancé une « saison des idées » pour tenter de renouveler son discours. Il a énormément bénéficié de l'impopularité du gouvernement Charest au cours du premier mandat de ce dernier, devançant de loin les autres partis dans la plupart des sondages. En 2005, à la suite d'un vote de confiance qu'il jugeait insuffisant, le chef du parti, Bernard Landry, démissionne et quitte la politique. André Boisclair lui succède lors de l'élection à la direction du Parti québécois de 2005. D'abord très populaire auprès du public, ce qui fait monter le PQ au-dessus de la barre de 50 % dans les sondages, André Boisclair commence à éprouver des difficultés à la fin de 2006 et au début de 2007 ; certains membres de son parti, dont l'ancien chef Bernard Landry, critiquent ouvertement son leadership et son jugement.

Le Parti québécois avait accumulé plus de 7 millions $ dans sa caisse électorale en 2005.

Parti vert du Québec

Slogan: Je vote.

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Le Parti vert du Québec est un parti écologiste dirigé par Scott McKay. Il a refusé tout rapprochement avec Québec solidaire, de la même façon qu'il l'avait fait avec l'Union des forces progressistes, d'où est issu l'actuel Québec solidaire.. Le parti espère tirer profit de l'intérêt pour les questions touchant à l'environnement manifesté dans les médias et les sondages. Le Parti vert se situe à égalité et même devant Québec solidaire selon les sondages, et ce malgré une couverture médiatique beaucoup moindre. À l'occasion de ce scrutin, la formation présente un nombre record de candidats. Lors de la dernière élection générale, le parti avait présenté 37 candidats ; cette fois, il en présente 108.

Québec solidaire

Slogan: Soyons lucides, votons Solidaire!

Voir la plateforme électorale

Québec solidaire est né en 2006 de la fusion du mouvement Option citoyenne et de l'Union des forces progressistes; le parti participe pour la première fois aux élections générales. Le chef officiel est le secrétaire général Régent Séguin et le parti comporte deux « porte-parole »: Françoise David et Amir Khadir. Québec solidaire se décrit comme un parti de gauche, souverainiste, écologiste et féministe.

Autres partis

En plus des cinq partis bénéficiant d'une couverture médiatique appréciable, sept autres partis sont officiellement inscrits auprès du Directeur général des élections. On y retrouve le Parti démocratie chrétienne du Québec, le Parti conscience universelle, le Parti communiste du Québec, le Parti marxiste-léniniste du Québec, le Parti unitaire du Québec, le Parti Égalité, et le Bloc Pot.

Le Parti communiste du Québec ne présentera pas de candidats et demanda à ses membres d'appuyer Québec solidaire.

Les enjeux Santé La santé est un enjeu important dans toutes les élections au Canada depuis quelques années ; selon un sondage publié par CROP le jour du déclenchement des élections, 44 % des Québécois croient que la santé sera l'enjeu principal de la campagne électorale.. Le Parti libéral indique qu'il en fera le thème central de sa campagne. Les partis d'opposition ont tous deux attaqués le gouvernement sur son bilan en santé, l'accusant de ne pas avoir respecté ses promesses faites lors de l'élection de 2003. De son côté, Québec solidaire s'oppose farouchement à la création d'un système de santé à deux vitesses.

Environnement L'environnement est une préoccupation importante pour de nombreux électeurs québécois. Selon un sondage CROP, 19 % des Québécois estiment que l'environnement sera l'enjeu dominant de la présente campagne électorale. Le tollé public ayant suivi l'annonce de la construction de la centrale du Suroît., le débat entourant le respect des modalités du protocole de Kyoto, l'implantation de parcs éoliens privés, les événements entourant la privatisation d'une section du parc national du Mont-Orford et le débat concernant le prolongement de l'autoroute 25 dans la région de Montréal démontrent l'importance grandissante du dossier.