Myron (en grec ancien / ), né à Éleuthères en Attique, dans la première moitié du , est l'un des plus célèbres sculpteurs grecs, bronzier.. Il est l'auteur de nombreuses statues d'athlètes, la plus connue étant le Discobole.
Biographie Myron naît à Éleuthères, XXXIV, 57.Polémon, De arce 1 = XI, 486.Inscriptiones Græcæ i³ 511 et 892., à la limite de l'Attique et de la Béotie, vers 485 av. J.-C.., de parents béotiens. Éleuthères étant alors sous juridiction athénienne, Myron est probablement citoyen athénien ; Pausanias le nomme d'ailleurs « Myron d'Athènes »Par exemple , VI, 2, 2..
Selon la tradition, il part à Argos pour devenir le disciple d'Agéladas, qui avait déjà eu Phidias comme élève. Myron a pour condisciple Polyclète, dont il devient rapidement le rivalPline, XXXIV, 10.. Il reprend de son maître l'intérêt pour la représentation de la musculature et du mouvement.
Actuellement ses statues ne sont connues que par recoupement entre des copies antiques, parfois très fragmentaires et des reproductions sur des vases grecs antiques.
Ses premières œuvres connues sont des statues d'athlètes : une statue du coureur spartiate Chionis, vainqueur aux Jeux olympiquesAnthologie grecque, XVI, 53 et 54. et une du boxeur Philippe de PellanaPausanias, VI, 8, 5.. Avant -457, la cité d'Égine lui commande un xoanon de la déesse HécatePausanias, II, 30, 2.. Il réalise également un portrait du coureur LadasPausanias, II, 19, 7., représenté courant sur la pointe des pieds. Il exécute un portrait de Timanthe de Cléonai, vainqueur olympique du pancrace en -456 que l'on pense reconnaître dans le type de l'Athlète d'Amelung, représentant un athlète en train de nouer un bonnet à brides sur sa tête.
Myron rompt avec son maître peut-être vers 450 av. J.-C., au moment où Myron réalise son œuvre la plus connue, le Discobole, et Polyclète son Doryphore.. Myron s'établit à Athènes, cependant que Polyclète reste à Argos. Il continue à produire des statues d'athlètes, mais réalise également des effigies de divinités et d'animaux pour des commanditaires béotiens, d'Asie Mineure, siciliens et athéniens. Sa dernière création est peut-être sa statue de vache, qui est sans doute l'œuvre la plus connue de Myron sous l'AntiquitéJean Tzétzès, Chiliades, VIII, 370. et dont de nombreuses épigrammes vantent le réalisme. L'une d'elles déclare ainsi : « à cause de ta génisse, Myron, est mort le veau égaré, qui croyait que le bronze renfermait du laitAnthologie grecque, IX, 735.. »
Myron vit vieux et riche : selon la tradition, il fréquente l'hétaïre la plus coûteuse de son époque, LaïsAusone, Épigrammes 18 Green.. Il meurt probablement vers 420 av. J.-C..
Œuvre
Myron est un artiste particulièrement prolifique ; Pline l'Ancien note qu'il est « plus fécond » que son rival Polyclète.
Statues d'athlètes Pausanias et Pline lui attribuent plusieurs effigies d'athlètes :
deux statues de Lycinos, vainqueur aux épreuves hippiques aux Jeux olympiquesPausanias, VI, 2, 2. ; une statue de Timanthe de Cléonai, vainqueur au pancrace aux Jeux olympiques — Pline évoque également « des pancratiastes » ; une statue de Philippe de Pellana, vainqueur à la boxe junior aux Jeux olympiques ; une statue de Chionis de Sparte, vainqueur à la course aux Jeux olympiques ; des pentathlètes à Delphes ;
La plus célèbre est celle dite du Discobole, c'est-à-dire du lanceur de disque, cité par Pline et décrit en détail par Lucien de Samosate : « courbé dans l'attitude du lancer, tourné vers la main qui tient le disque, légèrement fléchi sur le pied opposé, prêt à se relever après le jetLucien, Pseudologiste, 18. Extrait de la traduction de Marion Muller-Dufeu.. » Grâce à cette précision, l'œuvre a été reconnue dans un grand nombre de copies en marbre dont la plus célèbre est l'exemplaire Lancelotti au palais Massimo alle Terme.
Effigies de dieux et de héros vignette|gauche|Le Minotaure. Copie romaine. Musée national archéologique d'Athènes On doit à Myron des représentations de :
Apollon à Éphèse, rapporté par Marc Antoine à Rome et restitué par Auguste ; Apollon dans l'Asclépiéion d'Agrigente, enlevé par VerrèsCicéron, Contre Verrès, IV, 43, 93. ; Athéna et Marsyas ; Zeus, Athéna et Héraclès, trois statues colossales placées sur la même base dans l'Héraion de Samos, enlevées par Marc Antoine et restituées par Auguste, à l'exception de la statue de Zeus qui est transférée au Capitole, XIV, 637b. ; Dionysos en bronze, sur l'HéliconAnthologie grecque, XVI, 257.Pausanias, IX, 30, 1. ; Érechthée à Athènes ; Héraclès en bronze, propriété d'Héius le Mamertin et saisi par VerrèsCicéron, Contre Verrès, IV, 3, 5. — peut-être le même que l'Héraclès mentionné par Pline dans le temple de Pompée, près du Circus Maximus ; Persée tuant Méduse, qu'au temps de Pausanias on voyait encore sur l'AcropolePausanias, I, 23, 7. ; un Minotaure ; Hécate en bois à Égine.
Représentations d'animaux
Myron s'adonna avec un égal succès à la représentation des animaux : d'ailleurs son œuvre la plus célèbre était, dans l'Antiquité romaine, une génisse de bronze, qui se trouvait, à l'origine, sur l'Acropole et toujours du temps de Cicéron, au AEC, puis que l'on admirait encore à Rome en 550 de l'ère chrétienne. La trace de cette génisse a totalement disparue. Il a également sculpté un chienAucune trace de ce chien ou lévrier au musée de l'Acropole d'Athènes, ni dans Rolley (1994). Boardman (1994) ne fait allusion qu'à d'« autres animaux »..
Scènes de genre Pline cite des scieurs et une vieille femme ivrePline, XXXVI, 32., réalisée pour la cité de Smyrne.
Myron dans la postérité
Dans la littérature
Prosper Mérimée, dans sa célèbre Vénus d'Ille, fait de Myron le sculpteur de la Vénus découverte par M. de Peyrehorade. Sur le bras de la statue est écrit : « VENERI TVRBVL EVTYCHES MYRO IMPERIO FECIT ». Le narrateur traduit la phrase ainsi : « Eutychès Myron a fait cette offrande à Vénus par son ordre ».
Notes et références
Annexes
Bibliographie
.
. . .
Lien externe Myron dans Artcyclopedia.
Catégorie:Sculpteur grec du Ve siècle av. J.-C.