Les instituts médico-éducatifs (IME), sont des établissements français qui accueillent théoriquement des enfants et adolescents en situation de handicap mental, généralement âgés de 3 à , en accueil de jour ou avec hébergement. En 2026, les IME () du territoire français représentent des capacités d'accueil de jeunes enfants et adolescents en situation de handicap (troubles neuropsychiatriques tels que des troubles moteurs, sensoriels ou troubles de la communication). Ces établissements ne reçoivent pas toujours un public correspondant à leur agrément, 10 % des mineurs en IME n'ayant aucun handicap mental. Le droit à l'éducation n'est pas respecté dans environ un quart des cas en 2022.
Ces établissements sont confrontés à des défis majeurs d'inclusion sociale et scolaire (tensions capacitaires, hausse et diversification des besoins…), et font débat du fait de leur surreprésentation parmi les affaires d'agressions sexuelles et de violences commises sur mineurs, ainsi qu'en raison leur décalage avec les évolutions du droit international des personnes handicapées. L'ONU demande depuis 2017 leur transformation en centres de ressources non-résidentiels, et un transfert de compétences vers les établissements scolaires ordinaires, en raison des violations de droits des mineurs handicapés, et notamment de la ségrégation scolaire. Depuis 2016, certains IME évoluent vers des « dispositifs d’accompagnement médico-éducatif » (DAME) et « dispositifs intégrés médico‑éducatifs » (DIME) et s'ouvrent progressivement vers le milieu ordinaire pour ajuster leurs réponses à l'évolution des besoins sociétaux. Selon le rapport de vie publique de , .
Histoire Les instituts médico-éducatifs sont le plus souvent désignés par leur sigle, IME.
Un grand nombre d'IME ont ouvert durant les Trente Glorieuses, avec pour mission de permettre aux mineurs handicapés d'accéder à une éducation et à une protection contre l'exclusion sociale. À cette époque, la société ne remet pas en cause le fait que les mineurs handicapés relèvent d'une éducation spécialisée plutôt que du droit commun. La plupart de ces établissements sont fondés par des associations, que ce soit à l'initiative de familles d'enfants touchées par le handicap mental (par exemple l'ASRL), de professionnels militants (par exemple l’ASEI) ou d’organisations humanitaires (par exemple la Croix-Rouge française).
Au cours de la seconde moitié du et du début du , la conception de l'enfant en situation de handicap en tant qu'usager évolue ; l'accent est placé sur ses droits, ce qui rend la vision du de plus en plus inacceptable. En 2003, un rapport du Sénat souligne de nombreuses atteintes aux droits des mineurs et des maltraitances en IME. Les premières rencontres annuelles consacrées aux IME sont organisées en .
L'existence des IME en France s'inscrit dans un contexte où l'ensemble des pays occidentaux évoluent en direction d'une politique d'inclusion des personnes handicapées, sous la pression des personnes handicapées elles-mêmes et de leurs proches. Cela entraîne des tensions, voire des , les responsables d'IME étant incités à évoluer en ce sens tout en maintenant la même capacité d'accueil en internat, en raison d'une forte tension sur le nombre de places. Les professionnels de ces établissements déplorent un manque de moyens financiers. En , le ministre de l'éducation Pap Ndiaye donne le chiffre de mineurs français en attente d'une place dans un IME..
La politique nationale de bientraitance dans le médico-social.
Un avenir en débat En 2023, les IME sont directement concernés par les réformes tendant à une école inclusive dans laquelle s'inscrit l'annonce de l'ouverture de 100 IME au sein d'écoles ordinaires avant 2027.
Fin 2023, un appel syndical indique ainsi : . Dans le même temps, il dénonce et demande , revendication reprise par un appel intersyndical concernant l'éducation en général.
Tout en soutenant la grève, des collectifs militant pour le droit des personnes handicapées soulignent le caractère dommageable de ces positions considérant que cela et s'inscrit . La question a donné lieu à des débats dans le milieu éducatif où à côté de l'accord sur le manque de moyens se manifeste des désaccords sur l'inclusion et la place des IME.. Dans son article pour Alternatives économiques, Elsa Sabado met en cause un sous-financement des politiques publiques qui devraient permettre l'inclusion scolaire, créant des tensions entre les acteurs du secteur..
Depuis 2016, certains IME évoluent pour devenir des « dispositifs d’accompagnement médico-éducatif » (DAME) ; environ 15 % des IME sont organisés en dispositifs intégrés fin 2025. Cette évolution a pour but de répondre aux besoin d'autodétermination des personnes handicapées.
Définition Le champ d'action historique des IME est d'accueillir les enfants et adolescents avec un handicap intellectuel.
Quel que soit le degré de leur déficience : légère, moyenne ou profonde, accompagnée de divers troubles. Cela peut aller de la déficience légère au polyhandicap. La majeure partie des IME est à but non lucratif, c'est-à-dire qu'elle ne rémunère pas d'actionnaires. L’IME est le terme générique qui permet de regrouper plusieurs catégories de structures qui fonctionnent en internat, en externat, en semi-internat ou en accueil temporaire. Ils peuvent se distinguer en fonction de l’âge des enfants accueillis : de 6 à en institut médico-éducatif (IME, terme générique) de 3 à , en internat médicopédagogique (IMP), ou externat médicopédagogique (EMP) de 14 à , en section d'initiation et de formation professionnelle (SIFPRO), également appelée institut médicoprofessionnel (IMPro) ou centre médicoprofessionnel (CMPro). Par ailleurs, l'amendement Cretonl'amendement Creton permet aux personnes accueillies de prolonger leur prise en charge en IME au-delà de l'âge limite si aucune place en secteur adulte n'est disponible.
Les instituts médico-éducatifs sont spécialisés selon le degré et le type de handicap pris en charge. En effet, la déficience intellectuelle peut s’accompagner de différents troubles, tels que des troubles de la personnalité, des troubles moteurs et sensoriels, des troubles graves de la communicationAdapei . L'orientation pour ces enfants handicapés vers cet établissement est proposée par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Nombre d'IME et nombre de places En 2026, 1 380 IME (74 700 places) représentent 64% des capacités d'accueil des jeunes enfants et adolescents en situation de handicap.
En 2018, on comptait proposant ..
En 2016, selon l'enquête ES cités de Bénédicte Marabet, la France comptait plus de proposant près de .
L'accueil est majoritairement sur le mode de l'externat (71 % en 2018).
Cette capacité d'accueil représente une part significative, approchant les deux tiers de la capacité totale d'accueil des établissements médico-sociaux destinés aux enfants et adolescents en situation de handicap. Les capacités d'accueil sont inégales, et manquent dans certains départements (en moyenne le ratio est de 50 places pour 10 000 jeunes, mais avec un grand manque de places dans certains départements où les listes d'attente sont parfois très longues, avec une pénurie de ressources en pédopsychiatrie et des difficultés de coopération avec l'Éducation nationale (pour les collèges et lycées notamment).
Profil des jeunes en IME Les enfants et jeunes accueillis sont généralement âgés de 3 à ..
D'après une enquête de Bénédicte Marabet publiée en 2016, les profils cliniques des mineurs en IME se caractérisent par l'hétérogénéité. Près des trois quarts des IME interrogés dans le cadre de cette enquête estiment que leur agrément (en 2016) ne correspond pas adéquatement aux caractéristiques et aux besoins des publics qu'ils accompagnent. Une tendance de surreprésentation masculine émerge, avec une proportion de 63 % de garçons pour 37 % de filles. Cette surreprésentation des garçons est notée aussi dans l'enquête de Claire Bourdais-Mannone et al. publiée en 2003, concernant les enfants orientés par la Commission Départementale de l'Éducation Spéciale dans le département du Var vers des structures médico-sociales : 39 garçons sont orientés en IME, pour 19 filles.. Cette enquête identifie aussi deux grandes vagues d'orientation en IME à l'âge de puis à l'âge de , correspondant aux changements de cycle scolaire (âge d'entrée à l'école primaire, puis âge d'entrée au collège).
Les grands adolescents et les jeunes majeurs représentent 43 % des résidents en 2010, contre 38 % en 2001 et 40 % en 2006.
10 % des jeunes présents en IME en 2016 n'ont pas de handicap intellectuel diagnostiqué.
Devenir des jeunes après l'IME D'après Marabet, 40 % des jeunes accueillis en IME sont ensuite envoyés en établissement et service d'accompagnement par le travail (ESAT) ; 25 % arrivent dans un autre établissement médico-social de type foyer d'accueil médicalisé (FAM), maison d'accueil spécialisée (MAS) ou foyer occupationnel (FO) ; 12 % tentent de trouver une formation ou un emploi en milieu ordinaire ; enfin 10 % sont déclarés sans activité.
Gestion et financement
L'Agence régionale de santé est l'autorité compétente exclusive en ce qui concerne les IME. Depuis le début du , d'après Sandrine Pich-Traveset les IME sont tenus de respecter des contraintes indispensables et de plus en plus nombreuses. La règlementation s'est faite , ce qui a pour effet de responsabiliser organismes gestionnaires et directeurs d'IME. Il existe des IME gérés par des associations ; leur mission est qualifiée , mais ces établissements ne peuvent prétendre au statut de service public dans la mesure où ils sont gérés par un organisme privé..
Leur financement relève de l’assurance maladie et fait l’objet d’une tarification par le directeur général de l’agence régionale de santé compétente. La dotation publique aux IME était en 2018 d'environ d'euros.
En 2018, le personnel associé correspond à temps plein.
Textes réglementaires Depuis une loi du , les IME ne peuvent plus être créés librement, toute création étant soumise à une autorisation administrative. Une autorisation est requise également pour modifier la capacité d'accueil ou transformer un IME. Les personnes qui ne respecteraient pas ces règles s'exposent à une fermeture de l'IME par les autorités administratives.
Les IME sont réglementés par le code de l’action sociale et des familles, qui définit leur cadre institutionnel, et en particulier par des conditions techniques minimales d’organisation qui leur sont propresArticles D. 312-11 et suivants du CASF..
La loi du relative à l'égalité des droits et des chances, à la participation à la citoyenneté des personnes handicapées a, de façon indirecte, un impact considérable sur la scolarisation d'enfants handicapés.
Le référentiel de compétences des enseignants spécialisés est aussi considéré comme un texte réglementaire pouvant servir d'appui à toutes personnes chargées de l'enseignement et de l'aide pédagogique.
Les droits des enfants et adolescents accueillis est garanti par les dispositifs qui s’appliquent à l’ensemble des catégories d’établissements et services sociaux et médico-sociauxO. Poinsot, Le droit des personnes accueillies ou accompagnées, les usagers dans l’action sociale et médico-sociale, coll. Ouvrages généraux, LEH Édition, 2016, 410 p., ..
Professions et carrières en IME Les professionnels travaillant en IME sont de profils très divers, allant des éducateurs spécialisés aux personnels médicaux.