Sir William Schwenck GilbertGilbert se prononce Guilbert avec un g dur (né le à Londres et mort le ) est un dramaturge, librettiste, poète et illustrateur britannique, principalement connu pour ses quatorze opéras-comiques (surnommés les ) produits en collaboration avec le compositeur Sir Arthur Sullivan.

Parmi les plus célèbres : H.M.S. Pinafore, The Pirates of Penzance et l’une des œuvres les plus jouées dans l’histoire du théâtre musical, The MikadoKenrick, John. G&S Story: Part III, consulté le 13 octobre 2006; et Powell, Jim. William S. Gilbert's Wicked Wit for Liberty consulté le 13 octobre 2006.. Ces œuvres, ainsi que d’autres Savoy operas, sont toujours régulièrement reprises dans le monde anglophone et au-delà par des compagnies d’opéras, des troupes de répertoire, des écoles et des troupes de théâtre amateur. Certaines expressions sont passées dans le langage quotidien, telles que « » « un coup bref et tranchant », « What, never? Well, hardly ever! » “Quoi, jamais ? Disons, presque jamais !”Lawrence, Arthur H. "An illustrated interview with Sir Arthur Sullivan" Part 3, from The Strand Magazine, vol. xiv, n°.84 (décembre 1897) ou « Let the punishment fit the crime ».” Que le châtiment soit à la hauteur du crime”The last phrase is a satiric take on Cicero's De Legibus, 106 B.C. See Green, Edward. "Ballads, songs and speeches", BBC, 20 septembre 2004, accessed 16 October 2006..

William S. Gilbert écrivit également les , important recueil de vers à vocation humoristique accompagnés de ses propres dessins et caricatures. Sa production pleine de créativité comporta plus de 75 pièces et livrets, de nombreux récits et histoires, des poèmes, des paroles de chansons et diverses pièces comiques et sérieuses. Ses pièces et son style réaliste de mise en scène ont inspiré d’autres dramaturges, tels que Oscar Wilde et George Bernard ShawFeingold, Michael, "Engaging the Past", The Village Voice, 4 May 2004. Selon l’Histoire de la Littérature Anglaise et Américaine de Cambridge, The Cambridge History of English and American Literature, volume XIII, chapitre VIII, section 15 (1907–21).

Biographie

Premières années et carrière

Débuts "Le juge ne venait-il pas de prononcer son jugement que la pauvre femme se baissa et, retirant l’une de ses lourdes chaussures, me la jeta au travers de la figure, me complimentant ainsi pour mon éloquence à tenter de la défendre, accompagnant son geste d’un torrent d’injures à propos de mes compétences juridiques et de ma ligne de défense."— My Maiden BriefGilbert, W. S. Foggerty's Fairy and Other Tales (1890), pp. 158–59. (Gilbert rapporta cet incident comme autobiographique)How, Harry, Interview of W. S. Gilbert William S. Gilbert naquit au 17 , le Strand à Londres. Son père, également prénommé , fut chirurgien de la marine pendant une courte période, avant de se lancer dans l’écriture de romans et de nouvelles, dont certains furent illustrés par son fils. La mère de Gilbert était Anne Mary Bye Morris (1812-1888), fille de l’apothicaire Thomas Morris. Les parents de Gilbert étaient distants et austères et il n’avait de relation particulièrement étroite avec ni l’un ni l’autre. Les disputes entre ses parents se multipliaient et, à la suite de la rupture de leur mariage en 1876, sa relation avec ses parents, et en particulier avec sa mère, devint encore plus tenduePearson, pp. 16–17. Gilbert avait trois sœurs cadettes, dont deux étaient nées hors d’Angleterre en raison des fréquents déplacements de la famille : Jane Morris (née en 1838 à Milan - Italie, décédée en 1906), qui épousa Alfred Weigall, peintre miniaturiste, Anne Maude (1845-1932) et Mary Florence (née à Boulogne – France - en 1911), aucune de ces deux dernières ne se mariaAinger, family tree and pp. 15–19Eden, David. Gilbert: Appearance and Reality, p. 44, Sir Arthur Sullivan Society (2003). Bébé, Gilbert avait le surnom de « Bab », puis celui de « Schwenck » en lien avec les parrain et marraine de son pèreStedman, Jane W. "Gilbert, Sir William Schwenck (1836–1911)", Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, septembre 2004, online edn, mai 2008, consulté le 10 janvier 2010 (subscription required).

Dans son enfance, William S. Gilbert voyagea en Italie en 1838 et séjourna en France pendant deux ans avec ses parents, avant qu’ils ne finissent par s’établir à Londres en 1847. Il fréquenta l’école à Boulogne (France) à partir de l’âge de sept ans (plus tard il écrivit son journal intime en français afin que les serviteurs ne puissent le lire)Morrison, Robert, The Controversy Surrounding Gilbert's Last Opera, puis la Western Grammar School de Brompton à Londres et enfin la , où il devint représentant des élèves. Il y écrivit des pièces pour l’école et peignit des paysages. Il fréquenta ensuite King’s College à Londres, dont il sortit diplômé en 1856. Gilbert avait l’intention de passer les examens pour entrer dans l’Artillerie royale, mais la guerre de Crimée s’achevant, les recrutements étaient moins nombreux, et le seul poste disponible aurait été au sein d’un . Ceci étant, il s’inscrivit au Service civil en tant qu’employé adjoint au Bureau du Conseil privé pendant quatre ans, période qu’il détesta. En 1859, il rejoignit la , formation de volontaires à temps partiel dont la mission était la défense du territoire et il y servit jusqu’en 1878, tout en ayant d’autres activités dont l’écriture, et en sortit avec le grade de capitainePearson, p. 16. He first joined the 5th West Yorkshire Militia, and later the Royal Aberdeenshire Highlanders. Upon leaving the Militia, Gilbert was given an honorary promotion to Major. Stedman (1996) p. 157 and Ainger, p. 154. En 1863, il reçut une donation de 300£ qu’il mit à profit pour quitter le Service Civil et entamer une brève carrière d’avocat (il avait déjà intégré l’Honorable Société de l’Inner Temple en tant qu’étudiant), mais son cabinet n’avait pas grand succès avec quelque cinq clients dans l’annéeGilbert, W.S. ed. Peter Haining – Introduction.

À partir de 1861 et afin d’améliorer ses revenus, William S. Gilbert commit nombre d’histoires, de bandes dessinées, de caricatures, des critiques de pièces de théâtre (dont beaucoup sous forme de parodie)Stedman, Jane W. W. S. Gilbert's Theatrical Criticism. Londres, The Society for Theatre Research, 2000. , et, sous le pseudonyme de « Bab » (son surnom d’enfance) illustra des poèmes pour plusieurs magazines de bandes dessinées, principalement Fun, lancé en 1861 par H.J. Byron. Il publia des histoires, des articles et des critiques pour des journaux tels que le Cornhill Magazine, la London Society, le Tinsley’s Magazine et le Temple Bar. Gilbert était également le correspondant londonien de L’invalide Russe et critique de théâtre pour le Illustrated London Times. Dans les années 1860, il contribua aux suppléments de Noël de Tom Hood, au Saturday Night, au Comic News et au Savage Club Papers. En 1870, le journal The Observer l’envoya en France en tant que correspondant de la guerre franco-prussienne.

Les poèmes, illustrés par William S. Gilbert avec beaucoup d’humour, eurent un immense succès et furent réimprimés sous forme de livre avec le titre « Bab Ballads »Stedman (1996), pp. 26–29. See also the introduction to Gilbert, W.S. (1908), The Bab Ballads, etc., which details the history of the collections it was drawn from.. Plus tard, il y puisa souvent l’inspiration pour écrire ses pièces et opéras comiques. Gilbert et ses collègues de Fun, dont Tom Robertson, , et F.C. Burnand (qui rejoignit Punch en 1862) fréquentaient le Arundel Club, le et également le café Evans, où ils avaient une table qui était en compétition avec la ‘Table ronde’ de PunchStedman (1996), pp. 16–18. See also Tom Robertson's play , which fictionalised the evenings in Evans's café in one scene.. Après avoir eu une relation avec la romancière au milieu des années 1860Ainger, p. 52, Gilbert épousa en 1867 Lucy Agnes Turner, de 11 ans sa cadette et qu’il surnomma « Kitty ». Au fil des années il lui écrivit de nombreuses lettres pleines d’affection. Gilbert et Lucy avaient une vie sociale très riche à la fois à Londres et plus tard à , où ils organisaient des dîners ou étaient invités chez des amis, à l’opposé de ce qui fut décrit dans des fictions telles que le film Topsy-Turvy. Le couple n’eut pas d’enfant, mais fut entouré de nombreux animaux de compagnie, dont certains plutôt exotiquesAinger, p. 148 et Stedman (1996), pp. 318–20. Voir aussi Bond, Jessie. Reminiscences, Chapter 16 et McIntosh..

Premières pièces Pendant sa scolarité, William S. Gilbert écrivit et mit en scène un certain nombre de pièces, mais sa première production à titre professionnel fut Uncle Baby, qui resta à l’affiche pendant sept semaines à l’automne 1863David Eden (in Gilbert and Sullivan: The Creative Conflict 1986) suggests that this play was by, or in collaboration with, Gilbert's father, although Crowther says that Eden gives no foundation for this suggestion. See Crowther, Andrew, The Life of W. S. Gilbert..

En 1865-66, William S. Gilbert travaille avec Charles Millward sur plusieurs pantomimes, parmi lesquelles Hush-a-Bye, Baby, On the Tree Top, Harlequin Fortunia, King Frog of Frog Island, the Magic Toys of Lowther ArcadeStedman (1996), pp. 34–35.. Le premier succès de Gilbert en solo intervint cependant quelques jours après la première de Hush-a-Bye. On demanda à son ami et mentor, Tom Robertson, d’écrire une pantomime, mais ce dernier ne se sentait pas capable de rendre sa copie dans les quinze jours exigés et il suggéra qu’on s’adresse à Gilbert. Écrite et montée en 10 jours, , adaptation burlesque de L’Élixir d’amour de Gaetano Donizetti, rencontra un grand succès populaire. Ceci marqua le début d’une longue série d’opéras burlesques, de pantomimes et de farces, pleins de jeux de calembours décalés (qui étaient de mise à l’époque)Gilbert, W. S. (a burlesque of Donizetti's ), voire parfois de passages satiriques qui seront plus tard la marque des œuvres de GilbertThe full quote refers to and reads: "The satire is shrewd, but not profound; the young author is apt to sneer, and he has by no means learned to make the best use of his curiously logical fancy. That he occasionally degrades high and beautiful themes is not surprising. To do so had been the regular proceeding in burlesque, and the age almost expected it; but Gilbert's is not the then usual hearty cockney vulgarity.", tels que :

Ceci fut suivi par l’avant-dernier opéra parodique, , adaptation burlesque de l’opéra de Giacomo Meyerbeer, Robert le Diable, qui fit partie du triple programme d’ouverture du de Londres en 1868. Cette pièce constitua le plus grand succès de Gilbert à cette date. Elle fut jouée plus d’une centaine de fois et fréquemment reprise et jouée sans relâche en région pendant les trois années suivantesStedman (1996), p. 62.

Dans le théâtre victorien, « [ridiculiser] les beaux thèmes classiques… était le quotidien du burlesque, et c’est ce à quoi on s’attendait. » Les comédies burlesques de Gilbert étaient cependant considérées comme ayant un inhabituel bon goût en comparaison avec ce qui se faisait sur la scène londonienne. écrivit : ces pièces « révèlent comment un auteur peut commencer à écrire du burlesque à partir de l’opéra et finir par écrire de l’opéra à partir du burlesque. »Goldberg (1931), p. xvii Gilbert se détacha encore plus du burlesque à partir de 1869 en écrivant des pièces avec une trame originale et contenant moins de calembours. Sa première comédie en prose s’intitula (1869)Crowther, Andrew, The Life of W. S. Gilbert. The Gilbert and Sullivan Archive, accessed 1 June 2011

Théâtre de divertissement de German Reed et autres pièces du début des années 1870 CHRYSAL: Ce chien est en train de se moquer de moi ! ZORAM: Il m’a insulté ; BOTH: Notre honneur doit être sauvegardé ! (Ils croisent le fer.) GÉLANOR: Non, non— Regardez-moi. Derrière ces murs de cristal Une influence étrange et mystérieuse doit prévaloir :