Jean Pierre Girard-dit-Vieux, né Jean-Pierre Maurice Girard-dit-Guerre, le à Genève, mort le à Arras (Pas-de-Calais), est un citoyen de la République de Genève, général de brigade genevois au service de la Révolution et de l’Empire.

Biographie Jean Pierre Girard-dit-Vieux est le fils de Jean Pierre Girard-dit-Guerre, maître horloger, d'une ancienne famille genevoise originaire d'Italie, la famille Girardi-GuerraAlbert de Montet, Études généalogiques genevoises, Revue historique vaudoise, , 1895, et de Susanne Rittel.

Il entre au service de la France le comme soldat au régiment des gardes suisses, compagnie Traverse, devient caporal instructeur en 1770, sergent instructeur en 1775, et est congédié le . En 1782, il retourne à Genève où il prend parti dans les discussions politiques opposant aristocratie et Représentants, il fait parte du millier de représentants condamnés à l'exilAlbin Thourel, Histoire de Genéve: depuis son origine jusqu'à nos jours, vol. 3, , éd. Colin, 1833 après jugementClemente Solaro Della Margarita, Traités publics de la Royale Maison de Savoie avec les puissances étrangères : depuis la paix de Château Cambresis jusqu'à nos jours, vol. 3, , éd. Imprimerie Royale, 1836.

Il prend parti pour la Révolution française et reprend du service le comme lieutenant-colonel commandant le de volontaires du Bec-d'Embès. Il sert de 1792 à 1797 aux armées des Alpes et du Rhin. Le , il commande le camp de Niffer à l'armée du Haut-Rhin, et est promu général de brigade le par Pichegru. Le suivant, il fait partie de la division Férino, et prend part à la bataille de Geisberg du 26 au . Passé à la division Gouvion-Saint-Cyr à Trippstadt le , il commande la brigade le , et, en octobre de la même année, il est envoyé en congé.

De retour dans sa division le , il passe dans la division Taponnier le . Il se bat à Biberach le , pénètre dans le Val d'Enfer à la tête de l'avant-garde le , rejoint la division Ambert le , et combat à Emmendingen le . vignette|droite|Arc de triomphe de l'Étoile, pilier Est

À ce sujet Moreau écrit au général Girard :

En , il commande une division sous Georges Joseph Dufour à l'aile droite de l'armée de Rhin-et-Moselle, et le , il est désigné pour faire partie de l'armée d'Angleterre. C'est à la même époque que Girard opère, à la tête d'une armée de Tableau historique des dissentions de la République de Genève et de la perte de son indépendance, , 1803Abel Hugo, France militaire. Histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837, , éd. Delloye, 1838 (certains auteurs donnent le chiffre de s), la réunion de Genève à la France, préparée par Félix Desportes ()Berthold van Muyden, Histoire de la nation suisse, vol.3, , éd. H. Mignot, 1899. Le , il prend le commandement du département du Léman, et le , il passe à la division militaire à Tarbes. Le , il est envoyé aux armées du Danube et d'Helvétie, puis le , à l'armée du bas-Rhin, sous Georges Joseph Dufour. En , il retourne à l'armée du Rhin, commandant à Kehl le . Il est remplacé par Klein et rejoint la division Colaud à l'armée du Rhin en . En , Girard passe à la division Souham puis sert dans la division militaire comme commandant du département du Pas-de-Calais. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le et commandeur de l'ordre le .

Lors du sacre de l'empereur Napoléon et du couronnement de l'impératrice Joséphine dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le , Girard fait partie des fonctionnaires appelés à assister à la cérémonie du sacreProcès-verbal de la cérémonie du sacre et du couronnement de LL. MM. l'empereur Napoléon et l'impératrice Joséphine, , Imprimerie Impériale, 1805.

Du au , il commande par intérim la division militaire, puis il est nommé à la tête de la brigade de la division du général Lagrange à l'armée du Nord à Anvers. Le , il commande le Pas-de-calais, puis une brigade de gardes nationales sous Rampon à Saint-Omer. Le , il reprend le commandement du Pas-de-calais, et le , participe à la campagne d'Allemagne comme commandant de la brigade de la division du corps de la Grande Armée. Le , il passe à la division du même corps et le dans la division Puthod. Il se distingue à Essling les 21 et , ainsi qu'à Wagram les 5 et Joseph Durieux, Carnet de la Sabretache : revue militaire rétrospective, année 1909, . Il est élevé au grade de grand officier de la Légion d'honneur le , et renvoyé en France le suivant. Le , il reprend le commandement du Pas-de-calais, et est créé baron de l'Empire le . vignette|Sépulture de Jean Pierre Girard dit Vieux sur les hauteurs de la Citadelle d'Arras (Pas-de-Calais).

Le général Girard-dit-Vieux meurt en service à Arras le Le décret du 20 février 1806 portait que l'église Sainte-Geneviève de Paris servirait de lieu de sépulture aux dignitaires de la Légion d'honneur ; mais la distance qui sépare Paris d'Arras étant un obstacle à l'exécution du décret, toutes les autorités civiles, militaires et judiciaires, convoquées par le préfet, se rendent au quartier général du baron Girard-dit-Vieux ; M. l'évêque d'Arras, accompagné de ses grands vicaires, s'y rend également. Le préfet et les différents fonctionnaires font autour du cercueil une marche lente et solennelle. Parmi eux se trouve le ministre protestant qui a assisté le général dans ses derniers moments. Le corps est ensuite placé sur un char funèbre au-dessus duquel flotte le drapeau du département. Les fonctionnaires suivent le char, rangés dans l'ordre prescrit par le décret du 21 messidor an XII. La troupe et les gardes nationaux viennent ensuite. Arrivés sur le lieu de la sépulture, les assistants prononcent quelques discours, et les décharges de mousqueterie se font entendre aussitôt après. Le cœur du général Girard est envoyé au grand chancelier de la Légion d'honneur pour être placé à Sainte-Geneviève. Il y est inhumé. Sa sépulture, située au niveau du bastion de la Reine, domine les hauteurs de la Citadelle d'Arras (Pas-de-Calais).

Conformément au décret du , son cœur a été transmis dans une urne au grand chancelier de la Légion d'honneur afin qu'il soit déposé auprès de ses pairs dans l'église Sainte-Geneviève de Paris, appelée aujourd'hui le Panthéon. vignette|Détail de la tombe de Jean Pierre Girard-dit-Vieux, né Jean-Pierre Maurice Girard dit Guerre, mort le 2 mars 1811 à Arras (Pas-de-Calais).

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile en 1841, sur le pilier Est, .

Famille Le , il épouse à Genève, au temple de la Fusterie, dit aussi Temple Neuf, Suzanne Benoît. Elle lui donne deux fils, Déodat, mort à quatre ans et Pierre Louis, qui sera chef d’escadron puis maire de Bains, dans les Vosges.

Armes De sable au casque d'or, accompagné de trois étoiles du même deux et une, et de gueules au signe des barons tirés de l'armée ; le deuxième, d'or à deux fasces superposées d'azur, accompagnées de trois molettes, une en chef, deux en pointe du même. Livrées : noir, jaune, rouge, bleuArchivum heraldicum , , éd. Société suisses d'héraldique, 1918.

Notes et références

Sources

Frédéric Barbey, Félix Desportes et l'annexion de Genève à la France 1794-1799, , éd. Perrin et cie, 1916 Journal du Soir, , , , Mort du général baron Girard dit Vieux A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion-d'honneur: biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 3, , éd. Bureau de l'administration, 1844 Michel-Edmond Richard, Notables protestants en France dans la première moitié du , , éd. du Lys, 1996, Nelly Dupré, L'avenir de l'Artois, , La tombe d'un général, baron d'Empire, dans la Citadelle

La Voix du Nord, , Marie-Josée Averland, Mais qui est le général Jean-Pierre Girard honoré à la citadelle d'Arras?

Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1793 Catégorie:Militaire de la république de Genève Catégorie:Naissance en août 1750 Catégorie:Naissance dans la république de Genève Catégorie:Décès en mars 1811 Catégorie:Décès à Arras Catégorie:Décès à 60 ans Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Baron de l'Empire