En grammaire, la proposition relative est une proposition subordonnée servant le plus souvent d'expansion nominale. Dotée obligatoirement d'un verbe, elle est introduite au moyen d'un pronom relatif.
Exemples :
« Il cherche un maçon . » « Tu devrais changer les pneus de ta voiture, . » « Mon voisin, , m'a souvent rendu service. »
Français
On détaillera ici quelques spécificités des relatives en français. Il va de soi que d'autres langues connaissent des procédés similaires.
Généralités Fonctionnement
Le pronom relatif exerce toujours une fonction à l'intérieur de la proposition subordonnée relative ; La proposition subordonnée relative ADJECTIVE est épithète (depuis la parution de la terminologie grammaticale de 2020 — Eduscol) ou mise en apposition à l'antécédent ; Lorsqu'elle est dite "SUBSTANTIVE", celle-ci peut occuper n'importe quelle fonction nominale ; La proposition subordonnée relative complète toujours un nom, un groupe ou syntagme nominal, un pronom (démonstratif, par exemple) (« J'adore les gâteaux au chocolat [que ma mère fait chaque dimanche] » ou "Ceux [à qui tu as dédicacé ton ouvrage] sont ravis").
Fonctions du pronom relatif : sujet : qui ; COD : que ; CDN : dont ; COI : dont, à qui, de qui, à laquelle, auquel, duquel, de laquelle ; CC : sur lequel, dans lequel, avec lequel, à laquelle, où.
Autonomie
En tant qu'expansion du nom, la proposition relative n'est pas un complément essentiel : on peut la supprimer sans rendre la phrase agrammaticale, même quand elle est enchâssée dans la principale : « [Ce , [qui est énorme], se nomme Boubou] » ⇒ « [Ce se nomme Boubou] ». Inversement, on ne peut pas la conserver seule : qui est énorme n'est pas une proposition autonome.
Il existe cependant des propositions relatives non supprimables, qui ne sont pas des expansions d'un nom : les relatives sans antécédent ; les relatives attributives ; les relatives déterminatives.
Mode du verbe de la relative
Le mode non marqué dans la relative est l'indicatif. Le subjonctif peut cependant être employé. Il apporte dans ce cas une valeur subjective ou hypothétique à la relative :
Je voudrais un médicament qui guérisse la toux → qui guérisse rend l'idée de but (pour guérir) et fait intervenir l'hypothèse : il n'est pas sûr qu'un tel médicament existe (actualisation incomplète). Dans ce type d'emploi, le subjonctif dans la relative s'utilise principalement pour des antécédents indéfinis. On peut opposer ce tour à Je voudrais ce médicament qui guérit la toux, dans lequel le locuteur sait qu'un tel médicament existe (actualisation complète). C'est le chat le plus intelligent que je connaisse : c'est un tour courant après un superlatif. L'indicatif rendrait la phrase plus objective : dans C'est le chat le plus intelligent que je connais, le locuteur marque qu'il n'y a aucun doute quant à l'extension des chats intelligents.
Pour étudier les différents types de relatives, il convient d'opérer au préalable une distinction entre les relatives avec antécédent et les relatives sans antécédent.
Ce tour rapide de l'utilisation des relatives en français ne se veut bien sûr pas exhaustif. Il cache en effet par sa brièveté de nombreuses difficultés d'analyse.
Relative sans antécédent (substantive)
Une relative sans antécédent (ou relative substantive) est une proposition subordonnée relative dont le pronom relatif est employé sans antécédent, et qui équivaut à un nom (un substantif) ou à un élément nominalisé :
Qui aime bien ne châtie jamais. La relative substantive équivaut à « L'homme aimant ne châtie jamais ».
Une relative substantive est exclusivement introduite par les pronoms « qui », « quoi », « où », ou « quiconque » (donc, jamais par « que », « dont » ou « lequel »), qui dans ce cas, ne sont plus des anaphores mais des représentants référentiels permettant un accès direct au référent.
Une relative substantive constituant un élément syntaxique essentiel de la phrase, elle n'est jamais supprimable : [<Qui> aime bien] [ne châtie jamais] Il n'est pas possible de retirer la relative (la principale « ne châtie jamais » n'est pas autonome) car c'est le sujet du verbe « châtier ».
La relative substantive est moins fréquente que la relative avec antécédent. On la trouve souvent dans les proverbes ou les expressions plus ou moins figées. Sa fonction syntaxique au sein de la phrase est l'une des différentes fonctions du nom : , j'irai. La relative substantive « Où tu iras » est C.C. de lieu du verbe « irai ». Rira bien . La relative substantive « qui rira le dernier » est sujet du verbe « rira ». J'aime . La relative substantive « qui m'aime » est C.O.D. du verbe « J'aime ». Sois reconnaissant . La relative substantive « envers qui te rend service » est C.O.I. du verbe « Sois reconnaissant » (ou complément de l'adjectif « reconnaissant »).
Relative avec antécédent dite "adjective" (elle équivaut à un adjectif, donc)
Une relative adjective (avec antécédent) est une proposition subordonnée relative dont le pronom relatif est employé avec un antécédent. Plus communes que les précédentes, les relatives avec antécédent sont de deux sortes, selon qu'elles participent ou non à l'actualisation de cet antécédent : elles sont appelées déterminatives dans le premier cas et explicatives dans le second. Les relatives attributives constituent un cas un peu à part.
Relative adjective déterminative
Une relative déterminative (ou relative restrictive) est une proposition subordonnée relative avec antécédent qui permet d'identifier (partiellement ou totalement) le référent désigné par l'antécédent du pronom relatif introducteur :
Il cherche un maçon .
Le maçon en question n'est pas totalement déterminé (on n'est même pas sûr qu'il existe), mais on est sûr d'une chose : il ne peut s'agir de n'importe quel maçon, mais d'un « maçon qui sache travailler à l'ancienne ».
Permettant de spécifier une sous-classe dans un ensemble donné, une relative déterminative a donc un caractère indispensable et ne peut être supprimée (sa suppression, possible d'un point de vue purement syntaxique, ne permettrait pas l'actualisation du référent, celui-ci ne pourrait donc plus être identifié). Elle a la valeur d'une épithète :
La rue est barrée pour cause de travaux.
Si l'on supprime la relative (« La rue est barrée pour cause de travaux. »), il devient impossible d'identifier le référent, c'est-à-dire, de dire de quelle rue il s'agit (sauf, bien sûr, si l'on sous-entend qu'il s'agit de la rue dans laquelle se déroule l'énonciation).
Relative adjective explicative
Une relative explicative (ou relative non déterminative ou relative non restrictive) est une proposition subordonnée relative avec antécédent qui ne joue aucun rôle dans l'identification du référent :
Tu devrais changer les pneus de ta voiture, . Le destinataire n'a qu'une seule voiture, laquelle ne possède que quatre (ou cinq) pneus. Les pneus en question sont parfaitement identifiés même en l'absence de la relative (« Tu devrais changer les pneus de ta voiture. »).
La relative explicative apporte donc un certain nombre d'informations complémentaires non indispensables à l'identification du référent. À l'oral, elle est souvent séparée de son antécédent par une pause syntaxique (des virgules à l'écrit). Elle peut plus facilement être supprimée qu'une déterminative. Sa suppression consiste donc en une simple perte sémantique, ne modifiant pas l'actualisation du référent. Souvent porteuse de valeurs circonstancielles et logiques, elle a la valeur d'une apposition : Mon voisin, , m'a souvent rendu service. La relative sert à ajouter une information logique et à expliquer le contenu de la principale (« C'est parce que mon voisin est une personne sympathique, que celui-ci m'a souvent rendu service »).
La différence sémantique entre la relative explicative et la relative déterminative mérite quelques observations. Toutes deux sont supprimables d'un simple point de vue syntaxique, mais la suppression de la subordonnée déterminative, elle, met en péril l'actualisation de l'antécédent. Ce qui signifie qu'un énoncé donné n'aura pas le même sens selon qu'il prend la forme d'une relative explicative ou d'une relative déterminative : Les soldats se sont mal battus. / Les soldats, , se sont mal battus. La première phrase signifie que tous les soldats n'étaient pas fatigués, et que tous ne se sont pas mal battus. La relative — ici, déterminative — restreint l'extension du groupe fonctionnel (ici : le sujet du verbe principal) dont fait partie l'antécédent « soldats » (le référent) : ne sont considérés, parmi tous les soldats, que ceux qui étaient fatigués et non la totalité de l'ensemble. « Certains » soldats étaient fatigués et ce sont ceux-là qui se sont mal battus.
La deuxième phrase signifie tout au contraire que « tous » les soldats étaient fatigués, et que par conséquent, « tous » se sont mal battus. La relative (explicative) ne fait qu'apporter une explication subsidiaire : l'antécédent « soldats » (le référent) ne subit aucune restriction, ce sont bien tous les soldats qui se sont mal battus, et cela « parce qu'ils étaient fatigués ». On dit que la relative explicative a une « valeur généralisante ».
En résumé En français, les relatives adjectives explicatives sont parfois distinguées des adjectives déterminatives par la mise en incise au moyen de virgules : en effet, « les soldats, qui étaient fatigués, se sont mal battus » et « les soldats qui étaient fatigués se sont mal battus » n'ont strictement pas le même sens. Ces virgules marquent la pause faite à l'oral, qui permet précisément de marquer la valeur explicative de la relative. C'est ainsi qu'on distingue donc dans le discours oral : Relative adjective déterminative : Les soldats se sont mal battus (phrase prononcée SANS PAUSE) Relative adjective explicative : Les soldats PAUSE PAUSE se sont mal battus — ce qui donne à l'écrit : Les soldats, , se sont mal battus.
Relative attributive
Une relative attributive est une proposition subordonnée relative avec antécédent, dont la fonction est attribut, du sujet réel ou de l'objet. Elle constitue un cas particulier s'apparentant aux relatives déterminatives. Elle ne peut exister qu'au sein d'un certain nombre d'expressions figées (quoique très courantes), et constituant le thème de la phrase, pour des raisons purement syntaxiques, elle ne peut jamais être supprimée et elle peut être substituable à un attribut du COD : [Boubou a les poils] [<qui> frisent]. La relative est attribut de l'objet « poils ». La phrase entière équivaut à : « Les poils de Boubou sont frisants ». Il n'y a que toi . La relative est attribut du sujet réel « toi ». La phrase entière équivaut à : « Toi seul mérites de réussir ». J'ai les cheveux . La relative est attribut de l'objet « cheveux ». La phrase entière équivaut à : « Mes cheveux grisonnent. » Je la vis . La relative est attribut de l'objet « la ». La phrase entière équivaut à : « Je vis qu'elle était "en train" de s'approcher » Ils sont là . La relative est attribut du sujet « Ils ». La phrase entière équivaut à : « Ils sont "en train" d'attendre là »
Latin et grec ancien
Une proposition relative au subjonctif équivaut à une proposition circonstancielle. Le pronom relatif est alors l'équivalent : de la conjonction ut + subjonctif (= afin que, de telle sorte que, (tel…) que) ; ou de la conjonction cum + subjonctif (= alors que, bien que, puisque) suivie, le cas échéant, d'un pronom de rappel is, ea, id : qui (+subj.) = cum/ut in eis (+subj.).
Grec moderne