La réanimation cardiopulmonaire (RCP) ou réanimation cardiorespiratoire (RCR ; parfois CPR, de l'anglais ) est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsqu'une victime fait un arrêt cardiorespiratoire (ACR) : son cœur ne bat alors plus, privant de sang les organes, et il faut donc pratiquer la RCP pour y suppléer..

Lorsque la circulation du sang s'arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à s'altérer : c'est l'anoxie. Des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie diminuent de 10 % par minute sans réanimation et sont donc quasiment nulles après dix minutes d'arrêt circulatoire sans réanimation, sauf cas particulierà température « normale » () ; les basses températures protègent le cerveau et augmentent les chances de survie, ainsi, en cas de noyade ou d'hypothermie, il est possible de récupérer une victime malgré un arrêt circulatoire de plusieurs dizaines de minutes (notion de « mort apparente »). Le fait d'oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d'éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d'accroître les chances de survie et de minimiser les séquelles.

Description sommaire

La réanimation cardiopulmonaire est séparée en réanimation cardiopulmonaire de base (réalisable par tout le monde) et réanimation spécialisée (réalisée par les professionnels de santé formés à ce type de réanimation).

Elle est composée de l'association de : compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE) pour remplacer la circulation sanguine interrompue par l'absence de contraction du cœur ; Ventilation artificielle pour l'oxygénation des organes non réalisée en l'absence de respiration.

Le concept a été inventé par le docteur Peter Safar, à qui l'on doit l'acronyme en anglais ABC : A pour , libération des voies aériennes ; B pour , ventilation artificielle ; C pour , assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.

L'arrivée de la défibrillation en préhospitalier a ajouté un D à l'acronyme mnémotechnique de Safar qui devient donc ABCD: , , , .

La réanimation cardiopulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c'est-à-dire : inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ; et qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l'élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d'air sortir par le nez ou la bouche. À moins d'y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victimeRecommandations relatives à l’initiation du grand public à la prise en charge de l'arrêt cardiaque et à l'utilisation de défibrillateurs automatiques externes, [http://www.interieur.gouv.fr/content/download/36642/277086/file/AC_grand_public_VF.pdf Ministère Français de l'intérieur, Consulté le 13/12/2013. Cette opération n'est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et retarde d'autant la réanimation. Les cas d'arrêt respiratoire sans arrêt cardiaque sont rares et ne sont que temporaires. La conduite à adopter, pour le grand public, est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s'écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d'abord stopper l'hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple un appareil électrique dans le cas d'une électrocution.

Dans le cas d'un adulte qui s'effondre sans raison, et lorsqu'on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l'arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP. Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours.

Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n'est disponible, on pratique la RCP deux minutes avant d'aller alerter les secours car l'apport rapide d'oxygène aux cellules peut améliorer l'état de la personne. Au contraire, dans le cas de l'arrêt spontané chez l'adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne.

Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d'alerter les secours et d'apporter un défibrillateur (DSA ou DAE, AED en anglais), puis commence immédiatement la réanimation.

Limites temporelles Le temps durant lequel une victime d'un arrêt cardiorespiratoire peut rester sans recevoir une réanimation cardiopulmonaire avant de souffrir de lésions cérébrales est variable, mais il est considéré comme étant de quelques minutes (de 3 à 5, normalement, ou un peu plus). Certaines victimes peuvent mourir pendant ce temps.

Et le temps durant lequel une réanimation cardiopulmonaire peut encore fonctionner n'est pas clair, et cela dépend de nombreux facteurs. Plusieurs guides officiels recommandent de poursuivre une réanimation cardiopulmonaire jusqu'à l'arrivée des services médicaux d'urgence (pour essayer de garder le patient en vie ainsi). Aussi, les mêmes guides indiquent qu’il faut demander un défibrillateur d’urgence (un DAE ou DEA, AED en anglais; les défibrillateurs sont des appareils fréquents aujourd’hui), pour essayer une défibrillation automatique dès que possible, avant de considérer que le patient est déjà mort.

Principes et pratique de la réanimation cardiopulmonaire La réanimation cardiopulmonaire (RCP, ou réanimation cardiorespiratoire: RCR) part du principe fondamental que la personne est en arrêt cardiorespiratoire (la cessation des battements du cœur). Si ce n'est pas le cas, un des éléments du bilan l'indiquera, il ne faut alors pas faire de réanimation cardiopulmonaire.

Un processus de réanimation cardiopulmonaire (RCP) se compose des aspects suivants, qui se produisent dans un ordre chronologique:

Protection La protection permet d'assurer la sécurité de la zone et des personnes (contre le feu, les risques électriques ou autres). Ainsi, le patient peut avoir besoin d'être déplacé vers un espace plus sûr.

—En cas d'une possible lésion grave de la colonne vertébrale: s'il semble possible que le patient ait une grave lésion dans le cordon médullaire (dans la colonne vertébrale, soit au dos ou au cou), le patient ne doit pas être déplacé sauf nécessité absolue. Dans ce cas, il faut déplacer le patient le moins possible et très soigneusement (voir les mentions sur cette lésion dans les dessins ci-dessous), jusqu'à ce qu'il soit dans un endroit qui a une sécurité suffisante. Ces précautions évitent des risques de causer plus de dommages à la mobilité du patient.

À la fin du déplacement, le patient doit être allongé, face vers le haut, sur une surface suffisamment ferme pour faire des compressions thoraciques (par exemple sur le sol).

Bilan C'est l'évaluation de la situation: reconnaître l'arrêt cardiorespiratoire.

Une victime a besoin d'une réanimation cardiopulmonaire (RCP ou RCR) si elle ne respire pas ou si son cœur ne bat pas. Elle peut également en avoir besoin si sa respiration est trop faible (pratiquement nulle, juste un geste d'ouverture de la bouche), ou si son pouls est trop faible (pratiquement nul, peut-être seulement un battement isolé qui a été détecté à un moment). Dans tous les cas, le patient serait inconscient.

Il est recommandé d'appeler à l'aide dès la constatation de l'inconscience, et à chaque étape du bilan.

Dans certains cas, la victime a une blessure qui saigne abondamment, ce qui nécessite son propre traitement supplémentaire pour arrêter la perte de sang (normalement, maintenir la blessure pressée).

La façon initiale de vérifier si le patient a besoin de réanimation est de toucher une de ses épaules et de crier quelque chose, comme: "pouvez-vous m'entendre?!".

Le sauveteur peut vérifier les battements du cœur comme décrit ici (les secouristes professionnels peuvent prendre seulement 10 secondes pour cela) : en le pouls et la carotide: en plaçant deux doigts dans un côté de le cou (le côté gauche ou droit), de préférence dans une rainure qui peut se former en parallèle à sa voie respiratoire (trachée), et approximativement entre sa tête et la bande horizontale de sa pomme d'Adam (voir le dessin ci-dessous). si un problème rend impossible la vérification du pouls ou de la carotide, les battements cardiaques peuvent être vérifiés au pouls radial: en plaçant deux doigts au poignet, sous la partie du pouce, avec une pression intermédiaire (voir le dessin ci-dessous). aussi, il est possible de vérifier la respiration de la victime en plaçant une oreille sur sa bouche et en regardant à la fois si sa poitrine se déplace de bas en haut, gonflée par l'air (voir le dessin ci-dessous).

Alerter Cette partie suit un ordre très précis.

vignette|247x247px|Mallette avec défibrillateur public, dans une station. Son symbole universel est en haut.

Si la personne qui aide le patient ne sait pas faire la réanimation cardio-pulmonaire, elle peut demander s’il y a quelqu’un autour qui sait comment la pratiquer.

Aussi, envoyer quelqu'un demander des services médicaux d'urgence, ou si l'on est isolé, demander soi-même les secours en appelant le numéro d'urgence 15 ou le 112 (il y a d'autres numéros d'urgence dans d'autres pays ici).

Et aussi, envoyer quelqu'un obtenir un défibrillateur automatique externe (DAE ou DEA, AED en anglais) ou semi-automatique (DSA), s'il y en a un proche de disponible (les défibrillateurs sont très fréquents aujourd’hui, et très faciles à utiliser, avec des instructions enregistrées). Il faut apporter le défibrillateur rapidement et l'appliquer dès que possible (lire en dessous).

Pendant qu'une autre personne apporte l’appareil et le met en œuvre, quelqu'un doit rester avec la victime pour faire la réanimation cardiopulmonaire (RCP, lire plus bas).

Il y a des sauveteurs qui peuvent faire deux tâches en même temps : appeler avec un téléphone en mode haut-parleur pendant qu'ils font les manœuvres de réanimation (RCP) au patient.

Normalement, la priorité est d'appeler les services médicaux d'urgence (si c'est possible) et d'utiliser un défibrillateur (si le défibrillateur peut être pris en très peu de temps). C'est pourquoi, s’il n’y a pas de téléphone proche, et le sauveteur est seul, il faut chercher un téléphone premièrement, mais seulement s'il pourra revenir en très peu de temps pour faire la réanimation cardiopulmonaire (RCP) au patient, ou si les services médicaux d'urgence seront avec le patient en très peu de temps. Lorsque le sauveteur a trouvé un téléphone, il appelle les services médicaux d'urgence, et, après l’appel, le sauveteur cherche à obtenir un défibrillateur (si celui-ci peut être pris en très peu de temps), pour essayer de défibriller le patient (lire plus bas). Ensuite, le sauveteur revient pour faire les manœuvres de réanimation cardiopulmonaire (RCP, lire plus bas) ou commencer la défibrillation.