L'immigration au Canada représente le taux le plus élevé parmi les pays du G7. Chaque année, le Canada fixe des cibles relatives au nombre d'immigrants à accueillir. Entre 2001 et 2014, une moyenne de se sont installés au Canada chaque année.
Depuis le dernier siècle, l'immigration permet de soutenir la croissance démographique et économique du Canada. En 2019, personnes ont obtenu la résidence permanente, ce qui représente plus de 1 % de la population.
Chaque année, environ deviennent des citoyens canadiens.. Les autorités prévoient que les habitants originaires d'un pays étranger représenteront 30 % de la population canadienne en 2030. Les candidats à l'immigration doivent cependant prouver détenir des compétences professionnelles spécifiques faisant défaut au niveau local, ou être en mesure de créer des entreprises au Canada. En raison de cette politique, 36 % des médecins, 41 % des ingénieurs et un chef d'entreprise sur trois au Canada sont issus de l'immigration (statistiques de 2023). Cette politique migratoire présente l'inconvénient de priver les pays pauvres de leur personnel qualifié et ainsi de ralentir leur développement
Histoire
thumb|Jean Suey Zee Lee, première sino-canadienne à servir dans l'Aviation royale du Canada, a obtenu la nationalité canadienne en 1947. À la suite de l'invasion anglaise de 1760, l'immigration canadienne se transforme d'une immigration de colonisation et d'exploration en une immigration économique. Les premiers à bénéficier de cette politique sont les loyalistes américains, chassés de leurs terres plus au sud. Au , l'immigration était encouragée par Londres qui faisait venir beaucoup de colons britanniques dans le Haut-Canada, la Nouvelle-Écosse et les Cantons de l'Est. À cette époque, le Canada attire notamment beaucoup d'Irlandais qui fuyaient la famine dans leur pays.
Au Québec, Henri Bourassa et Armand Lavergne, deux députés libéraux de tendance nationaliste, s'insurgent à la Chambre des communes. En 1907, ils accusent ouvertement le gouvernement fédéral de tenter d’assimiler les Canadiens français. Depuis cette période, le gouvernement du Québec a obtenu le droit en 1978 d'établir sa propre politique en matière d'immigration. Aujourd'hui, il favorise à son tour les immigrants en fonction de leur langue ou de leur pays d’origine.
La fin du et le début du marquent l'expansion vers l'Ouest : Ottawa recrute des colons ukrainiens, allemands et italiens pour coloniser les provinces du Manitoba, de la Saskatchewan, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. À partir de 1869, le Canada met en place ses premières lois pour règlementer l'immigration. L'acte d'immigration de 1869, établi par le premier ministre John A. Macdonald vise essentiellement à assurer la sécurité des arrivants et leur départ vers l'Ouest. Les besoins en main-d'œuvre sont importants, autant dans les mines que sur les chantiers ou dans l'industrie. Les entreprises ont recours à des courtiers en emploi, les padroni, pour recruter des candidats à l'immigration d'origine italienne. En 1904-1905, la Commission royale sur l'immigration italienne présidée par le juge John Winchester enquête sur ces padroni. La commission démontra que ces intermédiaires surfacturaient leurs services aux migrants, et le Chemin de fer Canadien Pacifique congédia son principal padrone, sans pour autant faire cesser cette pratique.
Dès la fin du , le Canada ne considère toutefois plus tous les immigrants sur un pied d'égalité. Les asiatiques sont les premiers à être considérés comme indésirables, et en particulier les Chinois. Ceux ci sont trop nombreux à rejoindre le chantier du Chemin de fer Canadien pacifique au goût des syndicalistes blancs de Colombie britannique. La première loi de l'immigration chinoise de 1885 impose à chaque immigrant chinois un droit d'entrée de 10 dollars, droit qui ne cesse d'augmenter pour atteindre 500 dollars en 1903. Par la suite, l'immigration chinoise, y compris en provenance de Hongkong, est interdite avec la loi de l'immigration chinoise de 1923. La loi de 1906 marque aussi un tournant pour les immigrés en provenance des pays d'Europe du Sud et des Balkans. L'acte de l'immigration de 1906 est élaboré sous la pression des syndicats des villes de la Côte Est qui craignent une diminution du salaire journalier à la suite de l'afflux d'étrangers. Rédigée sous la direction du ministre de l'intérieur Frank Oliver, elle autorise la déportation des candidats jugés indésirables.
En 1913, le Canada établit un nouveau record. En effet, arrivèrent cette année-là, un chiffre jamais égalé dans l'histoire du pays.. Il faut cependant noter que cette forte immigration au Canada a été accompagnée et contrebalancée par une forte émigration vers les États-Unis. Pour beaucoup d'immigrés débarquant au Canada, le pays jouait le rôle d'une porte d'entrée vers un pays à la croissance économique bien plus grande. Cet attrait pour les États-Unis a également touché les Canadiens. Ainsi, rien que pour les Canadiens-français, on estime que quasiment un million de ces derniers ont émigré vers les États-Unis, principalement les grands centres manufacturiers, de 1840 à 1930..
Au , des Polonais, des Chinois, des Juifs, des Grecs arrivent à Montréal, à Toronto et à Vancouver. Une bonne partie de la Colombie-Britannique est ainsi sinophone. Dès la deuxième moitié du , la plupart des immigrants viennent de l'Asie et récemment, de l'Afrique et du Moyen-Orient.
Le Canada a longtemps eu une politique migratoire très stricte, notamment à l'égard des juifs. Entre l'instauration de la dictature hitlérienne en Allemagne en 1933 et la création de l'État d’Israël en 1948, seuls ont été acceptés au Canada, alors que les persécutions se généralisaient en Europe. Le refus de Mackenzie King en 1939 d'autoriser le paquebot Saint Louis, qui transportait plusieurs centaines de réfugiés, à accoster, est emblématique de cette politiquehttps://www.cbc.ca/news/canada/holocaust-historian-irving-abella-1.6510246.
Le nombre d'immigrés au Canada est passé de 2,1 millions en 1951 (15 % de la population totale du Canada), à 2,8 millions en 1961 (16 % de la population totale du Canada), à 3,3 millions en 1971 (15% de la population totale du Canada), à 3,9 millions en 1986 (16% de la population totale du Canada), à 5,4 millions en 2001 (18 % de la population totale du Canada) et à 8,3 millions en 2021 (23 % de la population totale du Canada)....
Politique d'immigration L'application de la politique et des lois sur l'immigration est assurée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, un des ministères du gouvernement du Canada. Le ministèreCitoyenneté et Immigration Canada, http://www.cic.gc.ca/francais/ministere/faisons.asp : effectue les vérifications requises et approuve l'admission des immigrants, des étudiants étrangers, des visiteurs et des travailleurs temporaires désirant obtenir un titre de séjour ; réinstalle les réfugiés, les protège et leur offre l'asile ; aide les nouveaux arrivants à s'adapter à la société (économique et politique) canadienne et à acquérir la citoyenneté ; gère l'accès au Canada de manière à protéger la sécurité et la santé de ses habitants, de même que préserver l'intégrité des lois canadiennes.
Le IRCC propose plusieurs programmes aux candidats étrangers à l'immigration au CanadaCitoyenneté et Immigration Canada, https://www.cic.gc.ca/francais/immigrer/index.asp : travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec : pour les personnes sélectionnées par le gouvernement du Québec afin de s'établir dans la province et d'y travailler ; travailleurs qualifiés et professionnels : pour les individus qui veulent s'établir et travailler au Canada, hors du Québec ; catégorie de l'expérience canadienne : pour les personnes qui ont acquis une expérience de travail récente au Canada ou qui ont gradué et récemment travaillé au Canada ; investisseurs, entrepreneurs et travailleurs autonomes : pour les immigrants qui veulent lancer une entreprise au Canada ; candidats des provinces : une des provinces ou un des territoires du Canada peut nommer des candidats pour s'établir et travailler dans cette province ou ce territoire ; parrainage : un résident permanent ou un citoyen canadien peut parrainer certains membres de sa famille à immigrer à certaines conditions.
Le candidat à l'immigration obtient le statut de résident permanent à l'issue de sa procédure d'immigration. Ce statut lui permet de vivre, d'étudier et de travailler partout sur le territoire canadien et de bénéficier de la plupart des avantages sociaux auxquels les citoyens canadiens ont droit, notamment à l'assurance-maladie. Le statut de résident permanent n'est cependant pas celui de citoyen et n'aboutit pas toujours à l'obtention de la citoyenneté. Ce dernier permet uniquement d'en déposer la demande.
Ainsi, si le Canada reste l'une des principales destinations pour l'immigration dans le monde, il faut également noter que cette immigration est rigoureusement sélectionnée : les résidents permanents sont en moyenne davantage diplômés et qualifiés que ceux acceptés aux États-Unis ou en Europe.
Système Entrée express Entrée express a remplacé le système initial de vérification des immigrés par le principe « celui qui arrivera premier recevra premier ». Entrée express utilise le système de points appelé Système de classement global (SCG) pour classer automatiquement les candidats intéressés et sélectionner les candidats les plus compétitifs pour l'immigration. Les principaux facteurs considérés sont l'âge, le niveau de scolarité, la maîtrise de l'anglais et/ou du français et l'expérience de travail au Canada. Le candidat idéal a de 20 à 29 ans avec le niveau de scolarité élevé et bonne maîtrise de l'anglais ou du français.
Le tirage Entrée express a lieu environ toutes les deux semaines. Le gouvernement fédéral fixe un score minimum en utilisant le Système de classement global. Tous les candidats qui obtiennent un score supérieur au score minimum reçoivent une invitation officielle à présenter une demande de résidence permanente..
Si plusieurs candidats ont le même score du SCG, le système trie les demandes par la date et l'heure auxquelles le profil du candidat a été soumis au système.. Dans de rares cas, le gouvernement peut limiter les tirages pour certains programmes d'immigration Entrée express.
Le gouvernement du Canada établit un quota annuel d'immigrés qui viennent au pays à l'aide du système Entrée express. En 2022, le but est de .
Le score du SCG le plus faible pour recevoir une invitation était de 199 points en .. En 2020, le score du SCG le plus faible pour les demandeurs était de 415 points sur . La même année, les candidats d'Entrée express ont reçu ..
Opinion des Canadiens sur l'immigration Au niveau national En , comme le rapporte le journal français Le Monde, 58 % des Canadiens estiment qu'il y a trop d’immigration, selon un sondage de l'Environics Institute.
En , selon un sondage pour l'Association d'études canadiennes, une organisation rattachée à l'Université Queen's, 65 % des Canadiens trouvent qu'il y trop d'immigrés au Canada et 48 % des Canadiens se disent favorables à la déportation des migrants illégaux.
En , selon un sondage de l'institut Léger pour l'Association d'études canadiennes, 62 % des Canadiens trouvent que le Canada accueille trop d'immigrés. Même 57 % des immigrés déjà présents au Canada pensent qu'il y a trop d'immigrés au Canada.
Au Québec En , selon un sondage Léger-Le Journal-TVA, des Québécois pensent que le Canada devrait accueillir moins d'immigrés. Notamment, 79 % des Québécois pensent que l'immigration augmente la pénurie de logements au Canada.
Candidats à l'immigration à destination de la province de Québec