Le cor de basset fait partie de la famille des clarinettes, instrument à vent de la famille des bois à anche simple. Basset signifie « petite basse », le cor de basset ayant un son plus grave que la clarinette classique.

Le cor de basset est peu utilisé de nos jours, sauf pour jouer le répertoire classique (le compositeur allemand Richard Strauss l'intègre ainsi dans l'orchestration de certains de ses opéras, notamment dans Elektra (1909) (où il y en a deux), Le Chevalier à la rose en alternance avec la clarinette basse ou La Femme sans ombre. On peut compter dans son répertoire de nombreuses pièces de Mozart, en musique de chambre notamment. On peut aussi citer les concertos pour cor de basset et orchestre d'Alessandro Rolla et d'Heinrich Backofen, ainsi que les deux Konzertstücke (1833) de Felix Mendelssohn pour clarinette, cor de basset et piano.

Le cor de basset le plus courant et le plus pratiqué est celui comprenant un pavillon en laiton.

Histoire L'invention du cor de basset est attribuée à Anton et Johan Stadler vers 1770. La clarinette existe alors depuis près de . Néanmoins Anton et Michael Mayrhofer de Passau, « inventeurs » autoproclamés, ont construit quatre instruments de type cors de basset courbes vers 1760 et n’étaient pas officiellement des facteurs d’instruments à vent (c'est-à-dire des tourneurs)...

Certains considèrent que le cor de basset est l'équivalent du chalumeau basse en ut, le plus grave des trois instruments pour lesquels ont été écrits les trios pour trois chalumeaux de Christoph Graupner, et a été créé à la suite de la clarinette d'amour inventée dans la première moitié du .

Très peu de cors de basset ont été fabriqués et utilisés en France dans la deuxième moitié du . par rapport à l'Allemagne et à la Bohême.

Les premiers cors de basset étaient de forme courbe en faucille terminée par une boîte formant un méandre pour allonger le tube et des clefs supplémentaires au pouce pour atteindre les notes graves supplémentaires jusqu'à l'ut grave (Michel Amlingue en France); ils présentaient une forme peu esthétique et surtout peu pratique. Le plus simple de ces cors de basset en forme de faucille (qui pourrait être antérieur à l'instrument de Mayrhofer) ne comporte que cinq clefs : des clefs de pouce pour le mi et le do grave (le ré n'était pas disponible), une clef en forme de queue de poisson pour le fa grave/do bas clairon (jouable avec l'une ou l'autre main du corps du haut) et les deux clefs obligatoires sur le corps supérieur. L'état de développement est donc équivalent à celui de la clarinette à trois clés.

Les instruments évoluèrent ensuite en deux corps droits reliés par un compartiment coudé. On arriva finalement à une clarinette allongée droite, comportant des clés supplémentaires, et se terminant par un pavillon en métal (ce dernier permettant une meilleure projection du son).

Le cor de basset fut la première clarinette « non droite » et qui bénéficiait du système de pavillon courbé. Les premiers modèles étaient de forme courbe et de tonalité mi, mi bémol ou ré. On retrouve ensuite des modèles en sol et en la. Le cor de basset en fa s'est imposé au , tonalité sonnant une tierce en dessous de la clarinette en la.

L'ambitus du cor de basset en fa s'étend généralement de do2 à ré6 écrit et couvre alors quatre octaves plus une note.

Le cor de basset peut-être considéré comme un premier pas vers la clarinette basse, inventée à la fin du .

Facture moderne De nos jours, certains fabricants reviennent aux sources et confectionnent des cors de basset droits et entièrement en ébène. Le son provenant du bois serait plus chaud et plus tendre, prétendument comme ce que connut Mozart.

vignette|Extrait de l'autographe de l'Allegro du concerto pour cor de basset (esquisse) en sol K.621b. À l’occasion d’une rencontre avec le musicoloque américain Howard Chandler Robbins Landon, le clarinettiste et facteur d'instruments anciens Gilles Thomé réalise la reconstitution d’un cor de basset en sol et la restitution de l'esquisse du concerto pour cor de basset K.584/K.621 de Mozart, conservée à la bibliothèque de Winterthour. ; il édite la partition aux éditions Alphonse Leduc et joue en 1994 l'œuvre reconstruite en première mondiale au Mans avec la présence de la musicologue Brigitte Massin.

En 2024, Richard Haynes a fait transformer une clarinette d'amour en sol en un cor de basset en sol en changeant le pavillon, le barillet et le bec. Il s'agit d'un modèle unique, représenté en haut de page, avec lequel Richard Haynes a joué une version reconstruite de Concerto pour clarinette de Mozart en . à partir de ses travaux de reconstruction basés sur l'esquisse du concerto pour cor de basset K.584/K.621.

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Répertoire Mozart et le cor de basset Wolfgang Amadeus Mozart était très sensible aux instruments à vent, et particulièrement à la clarinette. Le cor de basset provoqua chez lui un véritable engouement. La première utilisation par Mozart du cor de basset date de 1781. C′est pour la sérénade KV 361 10 en si , dite « Gran partita », qu'il utilise treize instruments à vent dont deux clarinettes en si et deux cors de basset.

Cette utilisation est un succès. Mozart utilisera le cor de basset (ainsi que la clarinette de basset) dans la plupart de ses pièces de musique de chambre pour instruments à vent. L'apothéose de sa passion pour cet instrument se trouve dans son œuvre ultime, son requiem, inauguré par un duo de cors de basset.

On notera les pièces écrites à la fin de sa vie incluant le cor de basset : Opéra en deux actes Die Zauberflöte K.620 [1891. Spring-9.28, Vienna] [cor de basset en fa] Opera seria en deux actes La clemenza di Tito K.621 [1891. Spring-9.5, Prague] [clarinette de basset en si bémol] Opera seria en deux actes La clemenza di Tito K.621 [1891. Spring-9.5, Prague] [cor de basset en fa] Messe de requiem en ré K.626 [1891. Latter Half, Vienne] [cor de basset en fa]

Répertoire ancien Giacomo Meyerbeer utilise le cor de basset dans la Danse bohémienne (Acte III, instrumental) de l'opéra Les Huguenots (1832-1836).

Johann Christian Bach (1735-1782), opéra Temistocle () dont la première est donnée à Mannheim ; un trio de « clarinettes d’amour » en ré grave est utilisé dont la partie la plus grave emploie l'ut grave, correspondant aux cors de basset ; Carl Philipp Stamitz (1745-1801), Concerto en si bémol majeur pour cor de basset et orchestre ; Georg Druschetzky (1745-1819), Divertissements pour 3 cors de basset ; Franz Anton Pfeiffer (1752-1787), Concerto pour cor de basset en si bémol majeur (vers 1780) Alessandro Rolla (1757-1801), Concerto en fa majeur (1829), BI. 528, pour cor de basset et orchestre ; Vojtěch Nudera (1748-1811), Divertimenti pour trois cors de basset ; Anton Stadler (1753-1812), Terzetten pour trois cors de basset ; Franz Danzi (1763-1826), Sonate pour cor de basset et piano, Op. 62 ; Johann Georg Heinrich Backofen (1768-1839), Quintette en fa majeur pour cor de basset et quatuor à cordes, Op. 9 ; Concerto pour cor de basset Johann Georg Loesener (1769-1829), Variations pour cor de basset, 2 violons, alto, contrebasse, 2 flûtes et 2 cors ; Vincenzo Ciuffolotti (1769-1840) ; Georg Abraham Schneider (1770 - 1839), Concerto pour cor de basset et orchestre, Op.90 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827), , Op.17 (1801) pour pianoforte et cor, ou cor de basset., ou alto, ou violoncelle ; originellement composé pour le corniste tchèque Giovanni Punto ; Luigi Bortolotti (1776-1856), Concerto pour cor de basset et orchestre ; Philipp Roeth (1779-1850), concerto pour cor de basset en fa majeur (Haase, 1810) ; Thomas Lindsay Willman (1784-1840) ; Carl Maria von Weber (1786-1826), Sérénade sur Oberon pour cor de basset et deux guitares, Op. 28 (1825-1826 ?), arrangée par Heinrich Neumann ; (1795-1870), Adagio und Variationen, Op. 45 pour cor de basset et orchestre ; Alois Beerhalter (1798-1858), Variationen über ein deutsches Volkslied für Bassetthorn (1830); Carl Oestreich (1800-1840), Pièce de concert pour cor de basset et orchestre (1830) ; Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847), Konzertstücke pour clarinette, cor de basset et piano n° 1 (opus 113) et n° 2 (opus 114), (1832-1833) ; Giuseppe Neroni (1784-1858), Sonate pour cor de basset et orchestre (1840-1850) ; Josef Růžek (1834-1891) ; Alessandro Vessella (1860-1929).

Répertoire contemporain Franz Schreker a utilisé le cor de basset dans quelques œuvres, dont les opéras Die Gezeichneten (1918) et (1919). Roger Sessions a inclus un cor de basset pour son Concerto pour violon (1935), où il ouvre le mouvement lent dans un long duo avec le violon solo. Dans le dernier quart du et la première décennie du , Karlheinz Stockhausen a beaucoup écrit pour le cor de basset, lui donnant une place de choix dans son cycle d'opéras Licht (1977-2003) et d'autres pièces (Traum, Formel (1981), Evas Spiegel (1984), Susani (1984), Die 7 Lieder Der Tage (1986), Freia (1991), In Freundschaft (1977).).

Joseph Holbrooke, Sérénade pour 12 instruments, op. 61b (1915) ; cette pièce fait appel à la fois aux cors de basset et au hautbois d'amour ; Havergal Brian, (1919–1927 - éd. 1932); cette œuvre fait appel à deux cors de basset ; Peter Schat, Etudes pour piano et orchestre, op. 39, (1992) ; cette pièce emploie 3 cors de basset dans l'orchestre ; Osvaldo Golijov, Dreams and Prayers of Isaac the Blind (1994) pour clarinettiste solo (clarinettes soprano, cor de basset et clarinette basse) et quatuor à cordes; arrangé plus tard pour clarinettiste solo et orchestre à cordes. ; George Benjamin, Into the Little Hill (2006), opéra pour soprano, contralto et ensemble.

On pourra également citer d'autres compositeurs depuis le qui ont écrit pour cor de basset tels , Luciano Berio, Edgar Bredow, , Jean-Luc Darbellay, , Ivan Fedele, , Matteo Franceschini, Heinrich Fuchs, Pietro Gomez, , Roland Häfner, , Willy Hess, , Bertold Hummel, , Giselher Klebe, Frank Martin, Marc Bernard Naylor, Betty Olivera, Vincenzo Perrone, Stefano Pierini, Kyle Rowan, , Marco Stroppa, , ...

Dans l'orgue Le « cor de basset » ou « corno di bassetto » est un jeu d'anches semblable à la clarinette. Il a un corps cylindrique.

Littérature Le nom italien de l'instrument, corno di bassetto, a été utilisé par George Bernard Shaw comme pseudonyme lorsqu'il écrivait des critiques musicales.

Enregistrements 1995 : Mozart, l'ami Stadler et le cor de basset par le Trio di Bassetto, label K617 (ref. K617060) 1999 : Mozart & Contemporaries on 3 original Lotz basset horns par le Stadler Trio, label Glossa Music (ref. GCD 920603).. 1999 : Mozart : Une soirée chez les Jacquin par Gilles Thomé, clarinette, cor de basset en sol (2 CD, Zig Zag Territoires – ZZT2990701.2) 2002 : Mozart, Stadler & the Basset Horn - Divertimenti par Colin Lawson, Michael Harris et Thimothy Lines, label ASV Gaudeamus (ref. GAU 246). 2011 : Adalbert Nudera - Bassethorn-Trios'' par l'ensemble Clarimonia, label Cavalli Records (ref. CCD 810).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Clarinette Clarinette alto Clarinette de basset Theodor Lotz

Liens externes

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