Alexandre Lacassagne, né à Cahors le et mort à Lyon le , est un médecin français (médecin légiste et médecin expert auprès des tribunaux). Professeur à la Faculté de médecine de Lyon, il contribua à préciser la déontologie médicale et est l'un des fondateurs de l'anthropologie criminelle, dans la lignée de l'école italienne de criminologie de Cesare Lombroso, dont il tentera plus tard de se distinguer.

En hommage à son apport, le conseil municipal de Lyon, en 1925, rebaptise en son honneur le « Chemin des Pins » Avenue Lacassagne, dans le . La de commissaires de police issue de l'École nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1978, porte également son nom. La promotion 1999 de l'École du service de santé des armées de Lyon-Bron porte son nom. La promotion 2017 de la Faculté de médecine Lyon-Est de l'Université Claude Bernard Lyon 1 porte son nom.

Biographie

Alexandre Lacassagne naît dans le Quercy, d'un père directeur de l'hôtel Impérial à Cahors et d'une mère qu'il vénère et qui lui donne deux frères.

Il étudie la médecine en intégrant en 1864 la huitième promotion de l'école impériale du service de santé militaire de Strasbourg, où figure le futur prix Nobel Alphonse Laveran. Dès lors, sa carrière se partage entre la fonction de médecin militaire et de professeur à l'université. Il a notamment comme élève et assistant Edmond Locard. Il devient répétiteur à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce en 1872 et y obtient la chaire d'hygiène et de médecine légale en 1874. En 1872, il est agrégé de la Faculté de médecine de Montpellier puis reprend en 1880 la chaire de Médecine Légale et Toxicologie de la Faculté de Médecine de Lyon, jusqu'à sa retraite en 1913.

Le , il est élu membre à la section science de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon.. Il fonde en 1914 le Musée d'Histoire de la médecine et de la pharmacie. Il est le cofondateur avec Gabriel Tarde de la première revue française de criminologie en 1895 : Les Archives d'anthropologie criminelle, de criminologie, psychologie normale et pathologiquehttp://criminocorpus.org/sources/12764/..

Il épouse la fille du professeur Joseph Rollet en 1882, avec qui il aura trois enfants.

En 1924, il est renversé par une automobile sur la voie publique et meurt quelques mois plus tard des suites de cet accident. Son autopsie, qu'il avait souhaitée, révèle un hématome intracrânien post-traumatique. Alexandre Lacassagne est enterré à Beynost. Consulté le 4 janvier 2013..

Son œuvre vignette|Ex libris d'Alexandre lacassagne. vignette|Ex libris d'Alexandre lacassagne, autre version.

Les fulgurants progrès de la médecine et de la chirurgie dans la seconde moitié du , auxquels avaient contribué des Lyonnais comme Claude Bernard, Ollier, Mathieu Jaboulay et Antonin Poncet, rendent nécessaire une définition plus précise de la déontologie médicale. Ce à quoi s'employa Alexandre Lacassagne, professeur de médecine légale à la faculté de Lyon.

Mais il est surtout connu comme fondateur de l'anthropologie criminelle et d'une école de criminologie, dite « école lyonnaise », qui rejette les explications trop simplistes et exclusives, avancées par l'école italienne de criminologie en général et de Cesare Lombroso. Ces derniers mettent l'atavisme au premier rang des explications du phénomène criminel. Lacassagne soutient qu'il y a Certes, disait Lacassagne, le criminel est un qu'il faut éliminer, mais ce criminel Alexandre Lacassagne et l'école de Lyon, revue de science criminelle et de droit comparé, 1974, .. Il est marqué par sa formation militaire et la guerre franco-prussienne, ainsi que par la chute de l'Empire et les débuts de la période coloniale et républicaine de la Belle ÉpoqueMuriel Salle (2009), L’avers d’une Belle Époque. — Genre et altérité dans les pratiques et les discours d’Alexandre Lacassagne (1843-1924), médecin lyonnais ; thèse en sciences sociales de l'université Lumière Lyon 2 (Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes de l'U.F.R. géographie histoire, histoire de l’art et tourisme, ou GHHAT), soutenue le 18 septembre 2009 (résumé).. Ses écrits, comme sa bibliothèque, révèlent un intérêt très marqué pour l'altérité, celle des assassins et criminels, des fous, des femmes et des « invertis », ou encore des peuples dits « primitifs », dans un monde axé sur le progrès, la conquête et la classification, au service de laquelle il met l'anthropométrie, qui fondera de nombreux discours sociopolitiques ou racistes d'exclusion de certaines catégories de populations (l'autre).

Spécialiste de la toxicologie, de la putréfaction morbide, de l'étude des tatouages, des masques mortuaires, de l'argot, il est un obsessionnel de la classification par le pourquoi et le comment. , autrement dit : peut-on le caractériser scientifiquement, le distinguer dans la population et l'identifier, pour mieux prévenir ou réprimer ? En effet, Lacassagne n'est pas confiné dans son laboratoire : il investit l'espace de la ville, fréquente la morgue, la prison, la faculté ou le palais de justice, intervient dans la vie-même de la cité : il prend la parole en tant qu'expert, témoin, enseignant, conférencier ou organisateur d'expositions. Médecin judiciaire, il introduit les prémices de la police scientifique grâce à l'étude des stries de la balle car celle-ci peut être associée à l’arme correspondante. Pour la première fois dans la police scientifique, la balistique aide à résoudre une scène de crime du , après avoir tiré une balle avec le revolver d'un suspect.. Il publie en 1889 un article intitulé « La déformation des balles de revolver » dans le Volume 4 des Archives de l'Anthropologie Criminelle..

Son expertise aide à la résolution d'affaires marquantes : en 1889 la malle sanglante de Millery, en 1894 l'autopsie du président assassiné Sadi Carnot, en 1898 sa participation en qualité d'expert au procès du tueur en série Joseph Vacher, en 1913 l'identification de son collègue Mathieu Jaboulay décédé lors d'une catastrophe ferroviaire..

Citations

Décorations

..

Œuvres d'Alexandre Lacassagne

Ouvrages classés par ordre chronologique de publication.

. . . . . Il s'agit des soldats ayant fait l’objet d’une condamnation et appartenant au « bataillon des Joyeux » à Sétif en Algérie lorsqu'il officie comme médecin-major des armées.. (Collection complète en ligne). . . . . . . . . . — Communication faite à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, dans les séances des et . .

Les élèves d'Alexandre Lacassagne

Parmi eux, citons : Edmond Locard ; Jos Jullien.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

H. Souchon, « Alexandre Lacassagne et l'école de Lyon », Revue de science criminelle et de droit comparé, 1974, . Patrick Cardon, Discours littéraire et scientifiques fin de siècle : les archives d'anthropologie criminelle du de Lyon, 1886-1914, thèse, université de Provence. Patrick Tort, « L’histoire naturelle du crime : Le débat entre les écoles italienne et française d’anthropologie criminelle. Lombroso, Lacassagne, Tarde », dans La Raison classificatoire, Paris, Aubier, 1989, p. 469-535. Laurent Mucchieli, Histoire de la criminalité en France, L'Harmattan, 1994. . Philippe Artières, "Crimes écrits. la collection d'autobiographies de criminels du professeur Lacassagne", Persée, dossier thématique : Incriminer : Genèses. Sciences sociales et histoire, 1995, pp 48-67 .texte en ligne. Philippe Artières, Gérard Corneloup, Philippe Rassaert, Le médecin et le criminel : Alexandre Lacassagne, 1843-1924, catal. Expo. Bibliothèque municipale de Lyon, -, Lyon, Bibliothèque municipale, 2004, 240 p. Philippe Artières, "A. Lacassagne : de l’archive mineure aux Archives d’anthropologie criminelle", Criminocorpus, dossier thématique : Autour des Archives de l'anthropologie criminelle, 2005 texte en ligne. Marc Renneville, « La criminologie perdue d'Alexandre lacassagne (1843-1924) » in Criminocorpus, Dossier thématique : Autour des Archives de l'anthropologie criminelle, 2005, texte en ligne. Muriel Salle, L’avers d’une Belle Époque : genre et altérité dans les pratiques et les discours d’Alexandre Lacassagne (1843-1924), médecin lyonnais ; thèse en sciences sociales de l'université Lumière Lyon 2 (Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes de l'UFR Géographie, histoire, histoire de l'art et tourisme ou GHHAT), soutenue le (résumé). Muriel Salle, « Corps rebelles : les tatouages des soldats des bataillons d'Afrique dans la collection Lacassagne (1874-1924) », in Clio, Histoire, femmes et sociétés, : « Clôtures », . .

Articles connexes

Ses domaines d'étude : médecine, criminologie, criminalistique, police scientifique. Ses contemporains : Gabriel Tarde, Edmond Locard, Cesare Lombroso.

Liens externes

Alexandre Lacassagne notice bio-bibliographique dans le site de la Biu Santé. Alexandre Lacassagne dans la Banque d'images et de portraits de la Biu Santé. Alexandre Lacassagne dans le site du Comité des travaux historiques et scientifiques. Fonds Alexandre Lacassagne, Bibliothèque municipale de Lyon (France). Fiche du « fonds Lacassagne », sur le Guichet du savoir (consultée 2013-12-05).

Catégorie:Médecin français du XIXe siècle Catégorie:Médecin militaire français Catégorie:Médecin légiste français Catégorie:Criminologue français Catégorie:Membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon Catégorie:Personnalité des Hospices civils de Lyon Catégorie:Personnalité liée à Beynost Catégorie:Étudiant de l'université de Strasbourg Catégorie:Enseignant à l'université de Lyon Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1901 Catégorie:Police nationale (France) Catégorie:Naissance en août 1843 Catégorie:Naissance à Cahors Catégorie:Décès en septembre 1924 Catégorie:Décès dans le 3e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès à 81 ans Catégorie:Personnalité inhumée à Beynost Catégorie:Enseignant à la faculté de médecine de Montpellier