La bataille d'Auray, qui a lieu le , est la dernière bataille de la guerre de Succession de Bretagne, guerre secondaire qui s'inscrit dans le cadre de la rivalité franco-anglaise au début de la guerre de Cent Ans (1337-1453). Elle oppose une armée anglo-bretonne soutenant Jean III de Montfort à une armée franco-bretonne soutenant Charles de Blois. Elle s'achève par la victoire de Jean de Montfort, qui est ensuite reconnu comme le duc Jean IV de Bretagne.
Elle tire son nom de la ville bretonne d'Auray (actuel département du Morbihan), près de laquelle elle a eu lieu, sur le plateau de Rostevel et près du marais de Kerzo, situés sur le territoire de l'actuelle commune de Brech, au nord d'Auray.
Préludes En 1341, la mort sans héritier direct du duc Jean III de Bretagne ouvre une guerre de succession où s’aiguise la rivalité entre Français et Anglais dans le contexte de la guerre de Cent Ans. Une dernière bataille a lieu le à Auray. Elle oppose une armée anglo-bretonne aux ordres de Jean IV de Montfort à une force franco-bretonne soutenant de Charles de Blois.
Attaque et siège d'Auray par les troupes anglo-bretonnes Au début de l'année 1364, après l'échec des négociations d'Évran, le jeune Jean (futur Jean IV), fils de Jean de Montfort, attaque Auray, ville aux mains des Franco-Bretons depuis 1342.
Cette ville littorale est en effet un enjeu stratégique : château fort construit sur un escarpement, dominant un port abrité, avec un pont sur la route de Vannes.
Entré dans Auray, il assiège le château que bloquent par mer les navires de Nicolas Bouchart en provenance du Croisic.
Les vivres venant à manquer, les assiégés acceptent de rendre la place si les secours commandés par Charles de Blois n'arrivent pas avant la Saint-Michel.
Arrivée d'une armée de secours aux assiégés Le , tandis que Charles de Blois est à l'abbaye Notre-Dame de Lanvaux, Bertrand du Guesclin, qui commande l'avant-garde, se trouve à Brandivy. Le 28, du Guesclin s'installe sur la rive gauche du Loc'h, en vue du château.
Pour éviter de se trouver pris entre le château et l'armée de secours, Jean de Montfort évacue Auray et se place face à l'ennemi, sur le coteau de la rive droite.
Attaque de Charles de Blois Le 29, des négociations ont lieu, sans succès. Charles de Blois ordonne l'attaque.
Son armée traverse la rivière et se range face au sud. Jean IV suit le mouvement et se range face au nord.
La bataille Disposition des troupes Armée franco-bretonne Aile gauche : Jean IV de Chalon-Auxerre (1337-1370) Aile droite : Bertrand du Guesclin Centre : Charles de Blois.
Une faible réserve qui ne sera pas utilisée.
Armée anglo-bretonne Aile droite : Olivier V de Clisson Aile gauche : l'Anglais Robert Knolles Centre : Jean de Montfort et l'Anglais John Chandos.
Une réserve importante prête à intervenir.
Déroulement des combats left|thumb|300px|La bataille d'Auray, d'après la Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier.
Une première courte escarmouche oppose les arbalétriers français et les archers anglais. Puis les hommes d'armes se précipitent sans chercher à manœuvrer.
Le combat est acharné, car tous veulent que cette bataille soit décisive et mette fin à cette guerre longue et cruelle. De plus la consigne a été donnée de part et d'autre de ne pas faire de quartier à celui des deux prétendants qui viendrait à tomber aux mains de ses ennemis.
Chaque corps anglo-breton est enfoncé, l'un après l'autre, mais les réserves rétablissent la situation. Par contre l'aile droite franco-bretonne plie et, n'étant pas soutenue par les réserves, se replie vers le centre. L'aile gauche plie à son tour et les troupes de Charles de Blois lâchent pied. Pierre de Boisboissel, chevalier banneret sous les ordres de son ami Du Guesclin, et membre du conseil de Charles de Blois, tombe à ses pieds et expire. Charles, renversé d'un coup de lance, est achevé par un soldat anglais obéissant à la consigne donnée. Du Guesclin, ayant brisé toutes ses armes, est obligé de se rendre à John ChandosD. Taillandier, Histoire de Bretagne, tome I, Kervyn de Lettenhove, 12967, tome VII, .
Conséquences Cette victoire de Jean de Montfort met fin à la guerre de Succession de Bretagne, Charles de Blois renonce à poursuivre le combat.
Par le traité de Guérande (1365), le roi de France reconnaît Jean IV de Bretagne comme duc de Bretagne.
La légende du chien Yoland
thumb|Pierre Le Baud, Compillation des cronicques et ystoires des Bretons, , Bibliothèque nationale de France)
Selon une légende, une sorcière sauvée du lynchage par Jean III le Bon lui aurait offert un jeune lévrier nommé Yoland dont elle déclare qu'il ne serait jamais fidèle qu'au duc de Bretagne. D'abord fidèle à Charles de Blois pendant la guerre de Succession de Bretagne, il fait allégeance à Jean III de Montfort lors de la bataille d'Auray. Yoland est ensuite retrouvé mort sur le champ de bataille.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . .
Articles connexes Liste des batailles et des sièges de la guerre de Cent Ans
Liens externes
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