L’économie du Qatar se trouve parmi celles qui connaissent le plus fort taux de croissance du monde avec, entre 2000 et 2004 un taux égal à . Le pays intègre l'OMC le .

Le pétrole et le gaz naturel sont les pierres angulaires de l’économie du Qatar et représentent plus de des recettes totales de l’État, plus de du produit intérieur brut et environ des recettes d’exportation. Le Qatar possède la troisième plus grande réserve de gaz naturel prouvée au monde. Depuis au moins le début des années 2010, il en est le quatrième pays exportateur..

Vue d'ensemble Avec une population d'environ d'habitants, le Qatar représente un marché réduit. Les productions d'hydrocarbures assurent une rente confortable, et pourtant l'État Qatari tente de diversifier son économie par de nombreux investissements à l'extérieur du pays. Le minuscule émirat engloutit peu à peu les fleurons de l'économie mondiale. Mastodonte financier, il distribue aussi ses largesses aux habitants, qui jouissent d'un haut niveau de vie.

En 2001, le PIB (PPA) du Qatar dépasse de dollars, soit dollars par habitant. Avec de tels chiffres, et un IDH de 0,826, le Qatar était un pays riche, mais moins que nombre d'États occidentaux.

En 2013, avec un PIB (nominal) de par habitant, le Qatar passe à la première place mondiale due à sa rente en hydrocarbure et à la conversion réussie de son économie. Le Qatar devient de moins en moins dépendant de son pétrole.

Économie traditionnelle Le Qatar est une péninsule placée au cœur du Golfe Persique, entre la Perse (Iran) et l'Arabie d'une part; entre le Proche-Orient et les Indes d'autre part. Cela explique que, traditionnellement, les Qatariens étaient des navigateurs et des commerçants dynamiques (Boutres). La pêche et le commerce des perles est resté longtemps une activité économique dynamique. L'agriculture, qui n'emploie guère que 3 % de la population active pour 1 % du PIB, n'est qu'un secteur économique marginal à cause de l'extrême aridité du territoire, la quasi-totalité de l'eau potable consommée localement étant le résultat du dessalement de l'eau de mer réalisé par des usines modernes.

Secteur des hydrocarbures Gaz naturel Le pays dispose des 3 plus grandes réserves prouvées de gaz du monde après l’Iran et la Russie ; elles représentent 13,3 % des réserves mondialesBP Statistical Review of World Energy June 2014. . Le gigantesque gisement de North Dome, à de la côte nord-est, en détient la quasi-totalité : , soit Oil & Gas Journal, janvier 2011; ce qui correspond à plus d’un siècle d’exploitation. Le Projet Dolphin est un accord d'exportation de ce gaz vers les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn.

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, le Qatar fournit entre 12 et 14 % du gaz naturel liquéfié (GNL) européen. En 2025, le pays menace de cesser d'approvisionner l'Europe en GNL déclarant qu'il ne pourrait pas continuer à faire des affaires dans l'Union européenne (UE) si des changements n'étaient pas apportés à ses règles en matière de développement durable. Cette loi sur le développement durable fait peser sur les entreprises la menace d'amendes portant sur 5 % de leur chiffre d'affaires mondialExxonMobil avertit que la législation de l'UE pourrait l'amener à quitter l'Europe, lesechos.fr, 3 novembre 2025.

Pétrole Le pétrole, découvert en 1939 à Dukhân, est une des principales sources de revenus du Qatar. À fin 2013, les réserves prouvées de pétrole du pays sont estimées à (), soit 1,5 % des réserves prouvées mondiales. La production pétrolière en 2013 est de barils par jour.

Industries de transformation des hydrocarbures En 2010, le Qatar sera le premier producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), le principal fournisseur des États-Unis, de l’Europe occidentale et de l’Asie (Japon, Corée, Inde). En 2015, il deviendra le du Gas to Liquid (GTL que l’ dans le diesel, le naphte et les lubrifiants, et prévoit d'investir dans ce but près de de dollars. Le Qatar investit également dans des unités de production de polyéthylène (plastique) et de carburants propres.

Projet bancaire En le Qatar annonce le lancement dans le courant de l’année d’une banque de l’énergie. L’institution, dotée d’un capital de de dollars, a pour ambition d'être la plus importante banque de sa catégorie à l’échelle mondiale.

Rente financière La baisse des cours du pétrole, liée à l'augmentation du volume produit par l'Arabie saoudite pour faire baisser le cours et provoquer l'arrêt de l'exploitation de schiste des États-Unis, afin de rendre les puits caduques (les puits doivent être utilisés rapidement après leurs ouvertures), provoque au Qatar pour la première fois, un début d'endettement, la rente devenue trop faible.

Entreprises

Ooredoo Al-Jazeera Academy Barwa (principal actionnaire : Qatarien Diar pour ) Barwa Bank First Finance Company First Real Estate Company Hassad, principal investisseur agricole du Qatar, particulièrement actif en Australie où l'entreprise y possède pour d'euros de terres. Qatar Petroleum et ses filiales gazières Qatargas et RasGas (coentreprise avec de participation d'Exxon). Qatar Investment Authority. Le fonds souverain, qui est particulièrement actif dans le secteur de l'immobilier par le biais de sa filiale Qatari Diar, fondée en 2005. Qatari Diar intervient de plus en plus dans le système financier international. Depuis 2005, Qatari Diar investit plus de de dollars dans plus de , à au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe, en partenariat avec de grands groupes comme Suez Environnement, Vinci (France), Hochtief ou Deutsche Bahn (Allemagne).

Secteur de la construction On estime que le Qatar dépense l'équivalent de de livres sterling ( d'euros) de ses richesses en gaz et en pétrole dans la construction d'infrastructures de transport, d'hôtels, de stades et d'autres installations avant la coupe du monde de football de 2022 qui se déroulera au Qatar.

Conditions de travail et travailleurs immigrés Jusqu'en 2016, les travailleurs migrants sont soumis à la « Kafala ». Celle-ci peut s'apparenter à une sujétion où le salarié n'a aucun droit, étant placé sous la tutelle d'un « parrain », généralement son employeur. La médiatisation internationale de la dureté des conditions de travail sur les chantiers, notamment les stades en construction pour la coupe du monde de football de 2022, pousse l'émirat à entreprendre certaines réformes. La Kafala est officiellement abolie et la poursuite du travail lorsque la température dépasse les 40 degrés est interdite. Toutefois, les syndicats restent interdits, le ministère du travail n'a guère d'inspecteurs pour faire respecter la loi et les peines encourues ( d'amende) sont peu dissuasives. Les employés peuvent difficilement se risquer à présenter leur cas devant les tribunaux ; une femme de ménage qui dénoncerait des mauvais traitements pourrait facilement être expulsée.

Le juriste égyptien Adnan Fayçal souligne que « le Qatar, comme ses voisins, est plus sensible aux législations du monde anglo-saxon. L'État est un simple arbitre, un régulateur des relations au sein de l'entreprise. En l'absence de syndicats, interdits, c'est un paradis pour les employeurs. »

Des centaines de milliers d'Indiens travaillent au Qatar, où 1,2 million de migrants sont employés. Le Népal a la deuxième plus grande main-d'œuvre migrante au Qatar après l'Inde et son économie dépend fortement de l'argent envoyé par ses travailleurs migrants. En 2012, la Banque mondiale a calculé que les envois de fonds représentaient 22 % de l'ensemble de la production économique du Népal et ce chiffre est en augmentation

En 2013, la plupart des dispositions prises par les entrepreneurs sont en violation de la réglementation locale qui établit des normes élevées pour le logement des travailleurs, ne permettant aux entreprises de loger plus de quatre travailleurs dans la même salle, interdisant l'utilisation de lits superposés et obligeant les employeurs à assurer l'eau potable, la climatisation et ventilation adéquate dans tous les logements.

Plus de indiens sont décédés au Qatar entre 2010 et 2012 et indiens sont morts au cours des cinq premiers mois de l'année 2013 ( se sont plaints sur la même période à l'ambassade des conditions de travail et de problèmes consulaires Indian labourers working on construction sites in Qatar reveal abuse, sur theguardian.com, 27 septembre 2013.) de la construction népalais sont par ailleurs morts sur les chantiers de la coupe du monde depuis le début de 2012 Qatar World Cup 2022: 70 Nepalese workers die on building sites sur theguardian.com, octobre 2013. En , la BBC estimait le nombre de morts sur les chantiers qatarien à un chiffre proche de en l'espace de trois années, rien que pour les travailleurs venus d'Inde, du Népal et du Bangladesh, alors même que des ouvriers égyptiens ou philippins travaillent aussi sur les chantiers du Qatar, pour lesquels le nombre de morts n'a pas fait l'objet de décompte particulier Have 1,200 World Cup workers really died in Qatar?, sur bbc.com (consulté le 9 février 2016).. En 2016, la représentation indienne au Qatar estimait le nombre de ses ressortissants décédés à 241 pour 2013 et 279 en 2014 et 2015. Les ouvriers meurent souvent durant leur sommeil de déshydratation.

Commerce extérieur Le commerce extérieur est excédentaire mais déséquilibré.

Exportations La balance commerciale est traditionnellement excédentaire. En 2004, les exportations atteignent environ de rials et les importations de rials.

Importations Le Qatar importe l'intégralité de ses matières premières hors hydrocarbures et 90 % de sa consommation alimentaire.

Investissements à l'étranger

Sachant que les ressources en hydrocarbures ne sont pas illimitées, le Qatar compte diversifier son économie le plus possible par de nombreux investissements dans le monde.

Investissements au Royaume-Uni : La bourse de Londres Le grand magasin Harrods L'ambassade des États-Unis Le marché de Camden Le village des athlètes des Jeux olympiques (transformés en logements à loyer modéré)

Investissements en France : Le club de football Paris Saint-Germain Le luxueux hôtel parisien Royal Monceau

Tourisme

Capitale : Doha. Régions nord et nord-ouest : Umm Salal, Al Khawr, Ash Shamal , Al Ghuwariyah, Al Jumaliyah. Régions sud et sud-ouest : Al Rayyan, Mesaieed, Al Wakrah, Jariyan al Batnah.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Christian Chesnot, Georges Malbrunot, Qatar: les secrets du coffre-fort Broché, Michel Lafon, 2013, 333 p.

Articles connexes Économie du Moyen-Orient Service de renseignement financier du Qatar Office du tourisme du Qatar

Liens externes L'État du monde - 2004, La Découverte. Atlaséco - Atlas économique mondial - 2006, Le Nouvel Observateur Hors-série. Interview de Ghanim bin Saad al-Saad, directeur général de Qatari Diar, Les Échos, , . Aurélien Colly, Le Qatar se place sur la carte mondiale de l’énergie, RFI, 26/03/2006.

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