Joinville-le-Pont est une commune française située dans le département du Val-de-Marne en région Île-de-France.

Elle jouxte par l'est la ville de Paris et est traversée par la Marne.

Géographie Localisation vignette|gauche|Le pont sur la Marne, dont le prédécesseur a donné son qualificatif au nom de la ville. Joinville le Pont est une ville du Val-de-Marne jouxtant par l'est la ville de Paris, capitale de la France, et plus exactement par le bois de Vincennes, qui en fait partie. Elle se trouve à la fin de la vallée de la Marne, peu avant son confluent avec la Seine.

La commune fait donc partie de l'aire d'attraction de Paris, ainsi que de son unité urbaine, de sa zone d'emploi et de son bassin de vie.

Communes limitrophes

Géologie et relief

La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Hydrographie vignette|redresse=1.4|Carte hydrographique de la commune.

La commune est traversée en son milieu par la Marne qui sépare la ville en deux : à l'est, le bas de Joinville et à l'ouest le haut de Joinville. L'île Fanac occupe le lit de la rivière, tandis que l'île des Saints Pères est délimitée par le canal dit de Saint-Maur, qui permet d'éviter aux bateaux une boucle importante. Un canal, dit ru de Polangis, serpente dans le quartier du même nom.

La Marne, grande rivière, serpente doucement entre les coteaux à l’ouest du plateau de la Brie. Elle traverse Joinville-le-Pont avant de faire une large boucle autour de la presqu'ile de Saint-Maur-des-Fossés et de s’associer avec la Seine au pont de Charenton pour traverser Paris.

Depuis les temps anciens, le seul franchissement possible de la Marne pour aller de Paris vers les régions de l’Est était le pont de Joinville situé au début de la boucle de Saint-Maur-des-Fossés.

Au cours du , grâce à sa liaison facile avec Paris par le chemin de fer de la Bastille, les Parisiens vinrent en grand nombre les dimanches, attirés par le canotage sur la Marne. Un canal a été creusé spécialement pour les rameurs au travers du quartier de Polangis, baptisé rivière (ou ru) de Polangis. Le canotage a laissé la place au kayak et à l’aviron dans la seconde moitié du . De nombreuses régates à l'aviron ont été disputées sur le plan d’eau de Joinville, notamment, la "tête de rivière" chaque début du mois de mai, jusqu'à la fin des années 1960, et accueille à présent chaque année le Grand 8.

Le plan d’eau abrite un port de plaisance, sur l'emplacement duquel se trouvaient plusieurs piscines découvertes dans la Marne même, dont le "banc de sable" que les anciens Joinvillais ont tous connu, lesquels pour la plupart y ont appris à nager. Un barrage empêche la navigation dans la grande boucle de la Marne. Cependant, le tunnel dit de Saint-Maur puis une écluse permettent aux bateaux de rejoindre la Seine.

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Joinville-le-Pont est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle appartient à l'unité urbaine de ParisUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Paris comprend une ville-centre et ...

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...

Occupation des sols

centre|vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine La commune de Joinville-le-Pont est constituée de deux ensembles de quartiers, séparés par la Marne : Joinville-le-Haut qui comprend le quartier du centre, le quartier Vautier, le quartier des Canadiens, la résidence Espérance et le quartier du Quai de la Marne ; Joinville-le-Bas qui comprend le quartier de Polangis et le quartier de Palissy, séparés eux-mêmes par l'avenue du Général-Gallieni (RD 4 ex-N 4).

Il y a aussi l'île Fanac, sur la Marne, accessible par le pont de Joinville.

Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2016 et de en 2011..

Parmi ces logements, 93 % étaient des résidences principales, 2 % des résidences secondaires et 4,9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 22,2 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 77,5 % des appartements.

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Joinville-le-Pont en 2022 en comparaison avec celle du Val-de-Marne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (2 %) par rapport au département (2,1 %) et à la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Joinville-le-Pont en 2022. Typologie Joinville-le-Pont. Val-de-Marne. France entière. Résidences principales (en %)939282,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)22,19,7 Logements vacants (en %)4,95,98

Voies de communication et transports La commune est traversée d'est en ouest par la nationale 4 qui enjambe la Marne par le pont de Joinville qui prend appui sur l'île Fanac.

La commune est desservie par le avec la Gare de Joinville-le-Pont. Elle est aussi traversée par la ligne 77, 281 et 317 du réseau de bus RATP et les lignes 101, 106, 108, 110, 111, 112 et 201 du réseau de bus Bord de Marne.

Toponymie vignette|Panneau d'entrée de la commune.

La commune est instituée par la Révolution française en 1790, par démembrement de l’ancienne paroisse de Saint-Maur (actuellement Saint-Maur-des-Fossés), sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, avant d'être renommée Joinville-le-Pont en 1831.

Histoire Le hameau du Pont de Saint-Maur

Joinville était à l'origine rattachée à la ville de Saint-Maur. L'archevêque Odon de Sully dote l'abbaye de Saint-Maur, en 1205, d'un pont sur la Marne dénommé Pont Olin. Sur les rives s'installent des auberges pour les bateliers et les voyageurs. Elles constituent, vers 1259, le hameau dit de Pont des Fossés, puis de Pont de Saint-Maur. Il deviendra ensuite la Branche du Pont de-Saint-Maur. Une chapelle dédiée à saint Léonard est édifiée pour les bateliers.

Le , le futur Henri IV, roi de Navarre, prend le pont avec deux pièces d'artillerie et hommes. En 1649, le pont est détruit par les partisans de la Fronde. En 1652, les soldats du Condé font de même. En 1669, la Branche-du-Pont-de-Saint-Maur compte cent trente-deux feux soit quelque quatre-cent-trente habitants. Rattachée jusqu'en 1693 à la paroisse de Fontenay, elle dépend ensuite de celle de Saint-Maur.

La période révolutionnaire vignette|La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, plan cadastral, 1812.

La Révolution française voit la transformation des anciennes paroisses en communes. En 1790, les habitants de la Branche du Pont de Saint-Maur (409 en 1793) proclament leur commune indépendante de celle de Saint-Maur, arguant de l'existence d'un lieu de culte, la chapelle Saint-LéonardGeorges Bousquié, Voici Joinville, Bleu éditions, 1964.

En 1790, la commune est constituée sous le nom de La Branche-du-Pont-de-Saint-MaurNivelet, B., Joinville-le-Pont, F. Huby, 1910. Edmée Lheureux devient le premier maire avec comme officiers municipaux Jean Le Jeune et Laurent-François Pinson, qui deviendra maire en 1800. Il exerce également la profession de marchand de boisAlmanach général du département de Paris pour l’année 1791, imprimerie Devaux, Paris, 1791. Elle est référencée en 1791Almanach général du département de Paris pour l'année 1791, imprimerie Devaux, Paris, 1791 comme faisant partie du département de Paris (qui deviendra celui de la Seine en 1795), du district de Bourg-la-Reine, rebaptisé Bourg-l'Égalité l'année suivante, et du canton de Vincennes.

Le maire de Saint-Maur proteste et adresse une plainte à la municipalité de Paris, le . Des démarches identiques seront renouvelées jusqu'en 1830 par les élus de Saint-Maur.

En application de la Loi du 28 pluviôse an VIII, un conseil municipal est élu en 1800. Le préfet de la Seine, Nicolas Frochot, désigne Laurent Pinson (1755-1814), marchand de bois, en tant que maire de la communeBase de données des maires de France, Maires GenWeb. Il mourra en fonction en 1814.

Le , l'armée française est battue par les régiments autrichiens, wurtembourgeois et cosaques autour du pont. La bataille fait . Des cadavres ont été retirés de la Marne pendant deux mois.

Joinville-le-Pont vignette|Pont ferroviaire au-dessus de la Marne à JoinvilleArmand Guillaumin, 1871-1875New York, Metropolitan Museum of Art vignette|Tramway de la ligne 10 (Porte de Vincennes –Champigny-gare) de la compagnie des tramways de l'Est parisien sur le pont de Joinville vers 1910 : Outre la ligne de Vincennes, la ville était desservie dès le début du par les tramways parisiens. vignette|Le fameux restaurant de guinguettes Chez Gégène.

En 1830, Laurent-Nicolas Pinson (1788-1867), marchand de bois, fils de Laurent-François Pinson, devient maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur.

Le conseil municipal et son maire, Laurent-Nicolas Pinson, obtiennent du roi Louis-Philippe que la commune soit désormais appelée Joinville-le-Pont en l'honneur de François d'Orléans, prince de Joinville (1818-1900), troisième fils de Louis-Philippe. L’ordonnance royale du autorise ce changement d'appellationVille de Joinville-le-Pont : Joinville-le-Pont a , 1981, auquel on adjoint « -le-Pont » pour éviter la confusion avec Joinville dans la Haute-Marne.