vignette| de province parmi à « Les fédérés ».« La Fête de la Fédération », Max Gallo, dans Le Figaro, janvier 1970. au Champ-de-Mars pour la fête de la Fédération. vignette|Fête de la Fédération par Jean-Baptiste Cloquet (1790).

La Fête de la Fédération est la fête célébrée le , l'un des événements inauguraux et emblématiques de la Révolution française, sur le Champ-de-Mars, à Paris. , roi de France, assiste à cette fête et y prête serment à la Nation et à la loi dans un climat d'unité nationale, en présence des députés des 83 départements de l'époque.

Une seconde fédération a lieu le , deux ans plus tard ; mais l'union et l'entraînement qui avaient marqué la première font déjà place à la méfiance. Pendant les Cent-Jours (1815), on tente de renouveler les anciennes fédérations à Paris et en Bretagne sans résultat.

Fête de la réconciliation et de l'unité Origine Un grand nombre de départements avaient institué des fêtes civiques pour la prestation du serment civique. Dans ces fêtes, la milice citoyenne, les gardes nationales des districts fraternisent avec les troupes de ligne.

Ce sont ces fêtes civiques spontanées qui inspirent l'idée d'une grande fête d'union nationale aux députés de l'Assemblée constituante et au marquis de La Fayette, homme de confiance du roi Louis XVI.

Fête de la Fédération de Lyon, le 30 mai 1790 Le , la municipalité de Lyon organise une grande fête civique : les de la garde nationale de Lyon et des délégations des départements voisins défilent et s'assemblent dans le « Grand-Camp », à l'extérieur de la ville dans la plaine des Brotteaux, où l'on a construit pour l'occasion un temple de la Concorde et un rocher surmonté par une statue de la liberté portant d'une main une pique surmontée du bonnet phrygien et de l'autre une branche d'olivier. Un vaste public est spectateur. Une messe est célébrée par le curé de la paroisse Saint-Georges, l'abbé Benoît-Nizier ServierJean-Baptiste Monfalcon, Histoire de la ville de Lyon, Volume 2, Guilbert et Dorier, 1847, .. Le serment suivant est prononcéA. Ray, Réimpression de l'ancien Moniteur : seule histoire authentique et inaltérée de la révolution française depuis la réunion des États-généraux jusqu'au consulat (mai 1789-novembre 1799), volume 4, H. Plon, 1860, . :

Fête de la Fédération de Paris, le 14 juillet 1790 Aménagement du Champ-de-Mars vignette|Fête de la Fédération, le au Champ-de-Mars (musée de la Révolution française). À l'imitation des fédérations régionales de gardes nationales qui commencent dans le Midi dès août 1789 et s'étendent à toute la France, La Fayette, commandant de la Garde nationale de Paris, fait organiser à Paris pour l'anniversaire de la prise de la Bastille une fête nationale de la Fédération.

Dès le , commencent les travaux de terrassement. Ils sont nourris, mais mal payés et, quand on leur reproche leur lenteur, ils menacent de quitter le chantier. Il s'agit de transformer le Champ-de-Mars en un vaste cirque, d'une capacité de , au centre duquel doit s'élever l'autel de la patrie. On fait appel à la bonne volonté des Parisiens. Ils répondent en masse. Louis XVI vient de Saint-Cloud donner un coup de pioche, La Fayette, en manches de chemise, travaille comme un ouvrier. C'est bientôt une fourmilière humaine, où les ouvriers du faubourg Saint-Antoine côtoient les nobles, où les moines côtoient les bourgeois, où les courtisanes donnent la main aux dames des beaux quartiers. Les charbonniers, les bouchers, les imprimeurs viennent avec leurs bannières décorées de tricolore. On chante Ah ! ça ira et autres couplets patriotiques. Les soldats se mêlent aux gardes nationaux. On héberge les fédérés venus de la province ; ils sont au moins Max Gallo, La Fête de la Fédération, , .Ernest Lavisse, Philippe Sagnac ,Histoire de la France contemporaine depuis la Révolution jusqu'à la paix de 1919, , ..

Déroulement de la Fête de la Fédération vignette|gauche|La fête de la Fédération, tableau de Charles Thévenin, musée Carnavalet. La Fête de la Fédération a lieu le , pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils sont , y compris ceux de Paris. Les Parisiens prennent place sur les talus qu'on a élevés autour de l'esplanade. Louis XVI arrive de Saint-Cloud et prend place dans le pavillon dressé devant l'École militaire. La participation de la foule est immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps.

La Fayette, commandant de la Garde nationale, en grand uniforme, arrive sur un cheval blanc et monte sur l'estrade. Il prête serment le premier, au nom des gardes nationaux fédérés : .

vignette|Serment de La Fayette à la Fête de la Fédération (musée de la Révolution française).

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d'Autun, célèbre la messe, entouré de en surplis de cérémonie. En montant sur l'estrade, il aurait dit à La Fayette : Le mot est maintes fois cité, adressé suivant les sources à des personnes différentes, cf. par exemple l'Encyclopédie Larousse. Dans Monsieur de Talleyrand (1835), Charles Maxime Catherinet de Villemarest écrit : « Nous bornerons donc à raconter la part que prit l'évêque d'Autun à cette cérémonie imposante pour les spectateurs, mais qui peut-être parut ridicule à ceux qui en furent les acteurs. On sait qu'au moment où il se rendit à l'autel pour y célébrer la messe, l'évêque ayant aperçu le commandant de la garde nationale, M. de Lafayette, placé près de lui, lui dit tout bas : « Ah ça ! je vous en prie, ne me faites pas rire. ».

Puis c'est au tour du président de l'Assemblée Charles-François de Bonnay de prêter serment au nom des députés et des électeurs.

Enfin, le roi prête à son tour serment de fidélité aux lois nouvelles : .

La reine, se levant et montrant le Dauphin, déclare : . Le marquis de Ferrières se souvient que : « ce mouvement inattendu fut payé par mille cris de : vive le roi, vive la reine, vive Monsieur le dauphin ! ».

La multitude prête serment et on entonne un Te Deum, puis on se sépare au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s'adressent à Louis XVI. Ferrières raconte : « C'était un spectacle digne de l'observation philosophique que cette foule d'hommes venus des parties les plus opposées de la France, entraînés par l'impulsion du caractère national, bannissant tout souvenir du passé, toute idée du présent, toute crainte de l'avenir, se livrant à une délicieuse insouciance. »

À l'étranger, dans plusieurs villes, notamment à Hambourg, on célèbre l'anniversaire de la célèbre prise de la Bastille.

Postérité Serment civique vignette|La fête de la Fédération, tableau d'Hubert Robert. La Fête de la Fédération institue le serment civique, inaugurant une série de serments républicainsMélanges républicains..

Fête nationale française Le , il est décidé que le devient officiellement jour de la Fête nationale française, sur proposition du député Benjamin Raspail ; en souvenir de la prise de la Bastille, symbole de la fin de la monarchie absolue (le ), et de la fête de la Fédération (le )..

Historiographie L'historien Jules Michelet lui consacre deux longs chapitres de son Histoire de la Révolution françaiseJules Michelet, Histoire de la Révolution française, Paris, Chamerot, 1847, tome II, livre III, chapitre XI : « De la religion nouvelle. Fédérations (juillet 89-juillet 90) » et chapitre XII : « De la religion nouvelle. Fédération générale (14 juillet 1790) », ., contre un petit chapitre pour Edgar QuinetEdgar Quinet, La Révolution, Paris, A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie, 1866, tome 1, livre sept : « Varennes », chapitre 1 : « Fédération », . et quelques pages pour Adolphe ThiersAdolphe Thiers, Histoire de la révolution française, Bruxelles, J.-P. Meline, 1834, tome 1, chapitre V, ..

Plus récemment, Mona Ozouf consacre un chapitre entier à cette seule fête dans La fête révolutionnaire, 1789-1799Mona Ozouf, La fête révolutionnaire, 1789-1799, Paris, Gallimard, 1976, chapitre II : « La fête de la Fédération : le modèle et les réalités »..

Iconographie vignette|gauche|Fédération des Gardes nationales et de l'armée au Champ-de-Mars, à Paris, le 14 juillet 1790, tableau d'Auguste Couder, marouflé sur le mur de l'escalier d'honneur de l'Hôtel de Préfecture du Rhône, photographie provenant de la notice du tableau établie par le Département des peintures du musée du Louvre. La Fête de la Fédération a donné lieu à une importante iconographie. De nombreux peintres l'ont représentée, dont : Hubert Robert ; Charles Thévenin ; Auguste CouderDépartement des peintures des Collections du Louvre, notice du tableau "Fédération des Gardes nationales et de l'armée au Champ-de-Mars, à Paris, le 14 juillet 1790, par Auguste Couder." ; François Louis Swebach-Desfontaines ; Jean-François Janinet ; Moreau le Jeune ; Pierre-Antoine Demachy.

Le mouvement fédéraliste « La Fédération » a coorganisé le un colloque scientifique pour le de la Fête de la Fédération ()...

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . François Duluc, Le marquis de Bonnay, Passés composés, 2022, p. 131-149. Adolphe Thiers, La fête de la Fédération, in Chrestomathie française, ou choix de morceaux tirés des meilleurs écrivains français, Volume 2 par Alexandre Vinet, 1838, 128-131, .

Récit exact et circonstancié de tout ce qui s'est passé à Paris le à la Fédération incluant notamment l'Hymne pour la fête de la Fédération, de Marie-Joseph Chénier, dans Chrestomathie française, ou choix de morceaux tirés des meilleurs écrivains français, Volume 2 Par Alexandre Vinet, 1838, 182, . Alain Charles Gruber, Les décors élevés à Paris pour la fête de la Fédération le , dans Les grandes fêtes et leurs décors à l'époque de Louis XVI, page 149 et suivantes, 1972.

Articles connexes Défilé militaire du 14 Juillet Fête nationale française La Fédération Rue de la Fédération Liste des rassemblements les plus importants en France

Liens externes

Site Hérodote.net - 14 juillet 1790 - La Fête de la Fédération Encyclopédie Imago Mundi - La Fête de la Fédération

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