Selon la généalogie traditionnelle des comtes de Toulouse faite par les Bénédictins dans l’Histoire générale de Languedoc, il serait , mais des études critiques ont établi que deux comtes du prénom de Raymond avaient été omis. Il serait donc : voir . de Toulouse (Saint-Gilles, - Toulouse, ) fut comte de Melgueil () de 1173 à 1190 puis comte de Toulouse, de Saint-Gilles, de Rouergue en 1209, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1194 à 1222.

Caractère est un prince plus politique que belliqueux. Il se montre calculateur, temporisateur et d’une grande souplesse politique, faisant mine de se soumettre à plusieurs reprises pour mieux se redresser au meilleur moment. Cela lui a permis de reprendre à Simon de Montfort le comté de Toulouse. Cultivé, il compte parmi ses amis nombre de troubadours.

Biographie est le fils aîné et héritier de , comte de Toulouse, et de Constance de France, sœur du roi .

Son premier mariage lui apporte le comté de Melgueil, que sa première épouse lui cède par testament avant de mourir en 1176. Raymond se remarie ensuite avec Béatrice, la sœur de , vicomte de Carcassonne et de Béziers, et rival des comtes de Toulouse.

En 1192, le roi Richard Cœur de Lion, son épouse Bérengère de Navarre, et sa sœur Jeanne d'Angleterre, partis en croisade rentrent de Terre sainte. Leurs navires sont séparés par la tempête, Richard échoue en Italie. Il continue et chevauche en Autriche où il est capturé et emprisonné, tandis que Bérengère et Jeanne débarquent dans le Languedoc. Elles demandent et obtiennent l’autorisation de de traverser le comté de Toulouse pour rejoindre Bordeaux. et son fils, le futur , les reçoivent avec faste, au printemps 1193. Raymond le Jeune s’éprend d’une des suivantes de Jeanne, la fille d'Isaac Doukas Comnène. Quelques mois plus tard c'est elle qu'il épouse, après avoir répudié sa seconde épouse, occasionnant des tensions avec Trencavel.

meurt en . Son fils est intronisé le . Richard Cœur de Lion, libéré des geôles autrichiennes et revenu dans ses États, reprend à son compte les prétentions des ducs d’Aquitaine sur le ToulousainVoir Philippe de Toulouse., mais doit compter avec l’opposition de Philippe Auguste, roi de France. Plutôt que se lancer dans une guerre hasardeuse, il préfère conclure une alliance avec le comte de Toulouse. , qui a répudié la princesse chypriote, épouse Jeanne d’Angleterre à Rouen en , et reçoit en dot l'Agenais et le Quercy. Pour ne pas perdre un allié, Philippe Auguste donne au comte de Toulouse la ville de Figeac.

Durant les années qui suivent, le catharisme se propage dans le comté de Toulouse et dans des vicomtés languedociennes, sans que Rome, qui ne réalise pas l’ampleur de l’hérésie, s’en inquiète. Comme ses prédécesseurs, est en litige avec l’abbaye de Saint-Gilles à propos des bénéfices de l’abbaye et de sa répartition. La lutte lui vaut une excommunication dès 1196, qui n’est levée qu’en 1198.

Mais il gagne l’amitié de et la paix règne dans le Languedoc avec ses principaux vassaux qui sont, outre les Trencavel, le comte d'Armagnac, le comte de Comminges, le comte de Foix et les vicomtes de Montpellier, de Nîmes, de Greze, de Rodez. Cependant le lien féodal est beaucoup plus relâché que chez les Capétiens, et l'individualisme et l'insubordination est souvent la règle.

Veuf de Jeanne d’Angleterre, Raymond se remarie avec Éléonore d’Aragon. Ces alliances matrimoniales successives accompagnées de la disparition progressive des principaux adversaires de son père - et le roi en 1196, la vicomtesse Ermengarde de Narbonne en 1197 et Richard Cœur de Lion en 1199 - annoncent un apaisement des relations entre le comté de Toulouse, les Plantagenêts et la maison de Barcelone. À Toulouse, il maintient les libertés communales, multiplie les exemptions fiscales et étend la sauveté à tout le territoire communal.

Mais est soupçonné d'une coupable indulgence vis-à-vis de l'hérésie cathare. Depuis 1203, un moine cistercien, Pierre de Castelnau est envoyé par le pape pour lutter contre l'hérésie dans le Midi de la France. refuse de collaborer avec le légat pontifical. Ce dernier l'excommunie et jette l'interdit sur le comté. L'assassinat de Castelnau, le , par un écuyer du comte qui l'embroche, provoque le courroux du pape qui confirme l'excommunication contre , accusé d'être l'instigateur du crime. lance un appel à la croisade des albigeois auprès de Philippe-Auguste, suzerain théorique du comte de Toulouse, mais le roi de France se dérobe. Une armée croisée, dirigée par Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux et nouveau légat envoyé par le pape, avance néanmoins vers le comté ; avant son arrivée, obtient d'être relevé de son excommunication en s'humiliant publiquement sur le parvis de l'église de Saint-Gilles (amende honorable en braies et chemise), le .

220px|vignette| rendant hommage à d'Aragon.

Dès lors, accompagne la croisade, plus en observateur qu'en combattant, se compromettant ainsi aux yeux de son propre camp mais rendant par cette décision ses terres inviolables. Après les succès remportés par les croisés (prise et massacre de Béziers, siège et prise de Carcassonne et mort de Raymond-Roger Trencavel), la croisade dirigée depuis par fait peser une menace sur sa personne et son fief. Il essaie de s'entendre avec Montfort, mais il rencontre l'hostilité constante des légats du pape. Il cherche également l'appui de son beau-frère , roi d'Aragon. En , il entreprend un long voyage pour défendre sa position auprès de Philippe-Auguste, d' et l'empereur , son suzerain pour le marquisat de Provence. De nouveau excommunié en 1211 par le concile de Montpellier, sentence confirmée en avril de la même année par le pape, il essaie d'organiser la résistance contre les croisés, alors que le concile a transféré sa suzeraineté à de Montfort. Mais il ne peut déloger Montfort enfermé dans Castelnaudary.

Le , rend hommage à . Les deux hommes et le comte de Foix investissent en Muret. Le , les croisés de Simon de Montfort, plus disciplinés, écrasent les coalisés. , héros de Las Navas de Tolosa, est tué dans la bataille. , en butte avec l'évêque de Toulouse Foulques, ne peut alors éviter la conquête de la ville par en , et s'exile à la cour d'Aragon à Barcelone.

Le , sur ses ordres, son frère Baudouin de Toulouse, ayant participé à la bataille de Muret aux côtés des croisés, est enlevé de son château de Lolmie et pendu comme traître. En Raymond est à Rome, où le du Latran débat du sort de son comté. Il est déchu de ses droits au profit de Simon de Monfort, mais le pape préserve le marquisat de Provence au profit de son fils, le futur .

En , le père et le fils sont accueillis triomphalement à Marseille et à Avignon. Tandis que se rend en Aragon, le jeune Raymond, plus entreprenant que son père, met le siège devant Beaucaire qu'il prend le . Le , il reprend Toulouse où met immédiatement le siège. Ce dernier y est tué mais son fils Amaury prend sa succession. Revenu à Toulouse, y décède, toujours excommunié, des suites d'une brève maladie le .

Mariages et enfants épouse successivement : le , Ermessende Pelet (morte en 1176), héritière du comté de Melgueil, veuve de Pierre Bernard de Sauve et fille de Bernard Pelet, seigneur d’Alais, et de Béatrice, comtesse de Melgueil ; après 1176, Béatrice de Béziers, fille de , vicomte de Béziers, et de l'une de ses épouses, Adélaide ou Saure. Elle est répudiée en 1193, après avoir donné naissance à : Constance, mariée à (mort en 1234), roi de Navarre, puis à , seigneur de Sauve, de la maison d'Anduze ; en 1193, la Demoiselle de Chypre., fille d’Isaac Doukas Comnène, empereur de Chypre auto-proclamé. Le mariage est annulé avant 1196 ; en , Jeanne d'Angleterre (1165-1199), fille d' (1133-1189), roi d’Angleterre et d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine, qui donne naissance à : (1197-1249), comte de Toulouse, Jeanne de Toulouse (1198-1255), mariée vers 1219 avec (1190-1253), fils de et de Judith de Mercœur, d'où : Delphine de La Tour (d'Auvergne) (1220-1299) mariée avec (1210-1265).. Le fait que Jeanne de Toulouse soit fille de Jeanne d'Angleterre ne repose que sur une citation de l'obituaire de l'abbaye de Vaissy en Auvergne. Aucune autre source médiévale n'y fait référence, un fils né vivant et mort le , lors du décès de Jeanne d'Angleterre ; en , Éléonore d'Aragon (1182-1226), fille d’, roi d’Aragon, et de Sancha de Castille.

Le comte de Toulouse eut aussi au moins trois enfants naturels dont la mère n'est pas identifiée : 1) Bertrand, vicomte de Bruniquel, Monclar et Salvagnac, marié en 1224 avec Comtorisse de Rabastens et tige des Toulouse-Bruniquel éteints en 1577 ; 2) Guillemette, mariée à Hugues d'Alfaro, sénéchal d'Agenais, à laquelle il a cédé Montlaur et Saint-Jory dans un testament de 1209 ; 3) Raymonde, nonne au monastère d'Espinasse.

Ascendance

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie . . Foundation for Medieval Genealogy : , comte de Toulouse. Guillaume Catel, Histoire des Comtes de Tolose, chez Pierre Bosc à Tolose, 1623. Laurent Macé, "Avant et après Muret: le Midi de la France au tournant du (1195-1222)." dans Aa. Vv., La encrucijada de Muret, Sevilla,Monografias de la Sociedad Española de Estudios Medievales: Archivos y Publicaciones Scripturium, n°6, 2015, p. 195-210.

Fiction .

Articles connexes

Croisade des albigeois Comté de Toulouse

Liens externes

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