Ange Hyacinthe Maxence de Damas de Cormaillon, baron de Damas (Paris - ), est un militaire et homme politique français.

Biographie Maxence de Damas est le fils de Charles de Damas, baron de Cormaillon, page du Roi en sa grande écurie, colonel d'infanterie, chevalier de Saint Louis, et de Marguerite Gabrielle de Sarsfield.

À la mort de son père, Charles de Damas, à Quiberon, , est conduit en Russie par son oncle le duc de Richelieu, qui le présente au Tsar Paul , pour intégrer l'école militaire des cadets de Saint-Pétersbourg.

Sorti premier au classement des élèves étrangers, il commence une brillante carrière militaire au service du Tsar Alexandre.

Il participe aux campagnes européennes contre les armées napoléoniennes et entre dans Paris avec le grade et l'uniforme de général russe.

À la Restauration, à la demande de Louis XVIII, et avec l’agrément du Tsar Alexandre, Maxence de Damas intègre l'armée FrançaiseLe Baron de Damas sur http://www.comtedechambord.fr, consulté le 09/01/2014..

Carrière militaire et politique en France

Il est nommé lieutenant général en 1815 et reçoit le commandement de la de Marseille. Après avoir pacifié le Midi, il commande, en Catalogne, la pendant l'Expédition d'Espagne, il obtient la reddition de Figuières. Il est alors nommé pair de France, le .

Dix jours plus tard, Il devient ministre de la Guerre, le . Il conçoit « l'armée de métier » par la loi de 1824, qui privilégie l'engagement au nombre, la compétence par la formation et la durée du service.

En août 1824, bien qu'il eût souhaité conserver le ministère de la Guerre, le Roi lui demande de remplacer François-René de Chateaubriand au ministère des Affaires étrangères, ce dont l'écrivain lui tiendra grief.

Il parvient à résoudre les crises d'Espagne et du Portugal, puis de Grèce avec l'Empire Ottoman, il ouvre de nouvelles ambassades dans tout l'orient et ordonne la première expédition archéologique sur l'Euphrate, qui mettra au jour sur un siècle de fouilles la ville d'Ur et les splendeurs de Khorsabad. Il négocie avec la République de HaïtiVoir historique des noms de pays « Saint-Domingue ». les indemnisations des Français après l'indépendance de la colonie de Saint-Domingue.

En 1825, le baron de Damas propose une réorganisation interne de l’administration centrale du Quai d'Orsay, où la répartition fonctionnelle prime sur la division selon le critère géographique. Il crée, sur le même plan que la division politique et la division des chancelleries, une division commerciale, divisée en deux sections, à laquelle est joint un bureau de statistique. Ce type d’organisation prévaudra, dans ses grandes lignes, jusqu’à la réforme de Philippe Berthelot en 1907 (la division commerciale prenant le nom de « direction des consulats et Affaires commerciales » à partir des années 1870).

De cette structure émanent les fonds « Négociations commerciales » (négociations le plus souvent bilatérales ayant abouti à la signature d’un accord, affaires traitées à Paris), « Affaires diverses commerciales » (grands projets tels que voies ferrées, exploitation des mines, commerce de denrées essentielles, expositions etc.) et « Statistiques extérieures ».

Il reste ministre des Affaires étrangères jusqu'à la chute du ministère Villèle, le .

À partir de 1828, il devient gouverneur du petit-fils du Roi Charles X, le duc de Bordeaux.

Le , il recueille à Rambouillet l'acte d'abdication du Roi Charles X.

À la révolution de juillet 1830, il accompagne en exil le roi Charles X et l'enfant roi Henri V, dont il reste le gouverneur. À partir d', il suit la famille royale dans son exil, de Saint Cloud à Cherbourg, puis au château de Lulworth en Angleterre, au Palais de Hollyrood en Écosse et au château de Prague, jusqu'en 1833.

Retraite à Hautefort Le baron de Damas revient en France en 1833, et se retire dans la propriété de son épouse, le château de Hautefort. Il entreprend la rédaction de ses mémoires et commence son ultime carrière dédiée aux œuvres sociales, gérant l'hospice d'Hautefort, créant localement la première « sécurité sociale », et promouvant l'agriculture par l'instauration d'un prêt d'honneur, premier crédit rurald'après les Mémoires du Baron de Damas,Librairie Plon, 1922..

En mars et , il séjourne avec la plus jeune de ses filles à Prague, puis à Dresde, où il reçoit un accueil chaleureux du comte de Chambord, dont il fut, vingt ans auparavant, le gouverneur, et de son épouse.

En juillet et , il fait, avec plusieurs de ses enfants un séjour à Frohsdorf et à Vienne, au cours duquel il revoit longuement le comte de Chambord, son épouse et la duchesse de Parme, sœur du prince.

Après sa retraite à Hautefort, le baron de Damas fut le dernier représentant de sa branche à avoir résidé dans les possessions familiales de Bourgogne (Château de Malaisy, Cormaillon).

Maxence de Damas est inhumé à Anlezy (Nièvre), sauf son cœur, placé avec le corps de son épouse, à Hautefort.

Le monument sépulcral de Maxence de Damas et son épouse, visible dans la chapelle de l'hospice de Hautefort, est classé Monument historique depuis un arrêté du .

Distinctions

Grand croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Grand officier de la Légion d'honneur décoré de nombreux ordres étrangers

Œuvres Mémoires du baron de Damas (1785 - 1862), publiés par son petit-fils le Comte de Damas, 1922, Paris, librairie Plon, 2 volumes in 8°, XV+323-380 pages ; (réédition : Phénix Éditions, 2005 ) ; vignette|Sigismonde Charlotte Laure de Hautefort, baronne de DamasPetr Zaborov, « Ja Rossii i russkih ne zabyvaju Dvadcat' pjat' pisem barona de Dama k semejstvu Oleninyh », dans Cahiers du monde russe, /3, 1998,

Mariage et descendance 125px|right

Il épouse à Paris le Charlotte Laure de Hautefort ( † Paris, ), fille du comte Armand- Louis-Amédée de Hautefort (1776-1809) et de Julie-Alix de Choiseul-Praslin (1777-1799). Elle était l'arrière petite fille d'Emmanuel Dieudonné de Hautefort, marquis de Hautefort, ambassadeur à Vienne, et la petite-fille de Renaud César de Choiseul, 2e duc de Praslin. Dont : Charles Gabriel Godefroy Michel de Damas, prêtre (Marseille, - Paris, ) ; Pierre Marie Edmond de Damas (Marseille, - Anlezy, ), marié en 1844 avec Blanche Charlotte Catherine Alexandrine de Bessou (1825-1880), d'où une nombreuse descendance ; Amédée Jean Marie Paul de Damas, jésuite, nommé par Napoléon III aumônier des bagnards puis aumônier militaire de la campagne de Crimée, puis à Damas, fondateur et procureur des missions d'orient, auteur de plusieurs ouvrages sur la religion et les missions (Marseille, - Clermont-Ferrand, ) Alfred Jacques Marie Maxence de Damas (Marseille, - Billère, ), marié en 1850 avec Armandine de La Panouse, puis en 1863 avec Isabelle Deborah Young (Londres, 23 mai 1826 - Paris , 13 mars 1904). Sans postérité des deux mariages. Alix Laurence Marie de Damas (Paris, - château de La Roussière ), mariée en 1863 avec Louis Pierre Casimir de Blacas, duc de Blacas (1815-1866), veuf de Marie de Pérusse des Cars (1827-1855), fils de Pierre Louis Jean Casimir de Blacas, 1er duc de Blacas, dont une fille ; Paul Marie de Damas (Paris, - Libourne, ), marié en 1850 avec Victoire Marie Mathilde Le Clerc de Juigné (1828 - incendie du Bazar de la Charité, 1897). Sans postérité. Charles Marie Michel de Damas, jésuite (Paris, - Lyon ) ; Alberic Marie de Damas, capitaine de chasseurs, chev. Légion d'honneur, mort en Chine dans la campagne du Tonkin (Paris, - Li Ossou, Chine, ) ; Henri Louis Marie de Damas (Paris, - ) ; Marie Thérèse Philomène de Damas (Hautefort - château de La Roussière, ), historienne, auteur d'une généalogie de la Maison d'Hautefort, mariée en 1859 avec Charles Paul Amédée marquis de Cumont, maire de Saint Maixent de Beugné, conseiller général du canton de Coulonges sur l'Autize (1829-1908). Sans postérité. Elle a laissé un journal intime, publié en 2024. Par son mariage avec Charlotte Laure de Hautefort, fille de Julie-Alix de Choiseul-Praslin, il devient aussi propriétaire du Château de Sainte-Suzanne (Mayenne) le , demeure qu'il vend le .

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie

Hubert Lamant, La Maison de Damas, ducs et pairs de France, 1977, un volume in 4°, 353 pages ; Georges Martin, Histoire et généalogie des Maisons de Gontaut-Biron et d'Hautefort, 1995, un volume in 8°, Lyon, l'auteur, 251 pages ; Thomas McDonald, Mémoires d'une Périgourdine - 1828-1862 - Journal intime de Marie-Thérèse de Damas d'Hautefort, marquise de Cumont, 2024, Limoges, Les Ardents éditeurs, 255 pages.

Articles connexes Maison de Damas Restauration française Ministère Joseph de Villèle Henri d'Artois, duc de Bordeaux, futur « Henri V » Château de Hautefort Famille de Gontaut

Liens externes

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