Le de hussards () est une unité de cavalerie blindée de l'armée de terre française, créé sous la Révolution à partir du régiment d'Esterhazy hussards, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime créé en 1764. Stationné à Metz depuis 2011, il fait partie de la brigade franco-allemande depuis 1990.
Le régiment s'est illustré au cours de sa longue histoire dans de nombreuses batailles, parmi lesquelles Valmy, Iéna, Friedland, Montereau ou plus récemment Ypres, Ourcq, et la seconde bataille de la Marne en 1918.
Création et différentes dénominations vignette|Esterhazy Houzard à gauche. : création du régiment Esterhazy Houzards : un décret supprime les noms des régiments et leur attribue un numéro. Esterhazy devient le de hussards 1814 : renommé Hussards du Dauphin 1815 : renommé Hussards de la Moselle au début de la Restauration 1825 : renommé de hussards À la mobilisation de 1939, en garnison à Strasbourg, le régiment forme six groupes de reconnaissance: les et GRCA, les , , et . Reprend sa dénomination de de hussards en 1940 dans l'armée d'armistice à Montauban. Dissous en lors de l'invasion de la zone libre. 1943 : création du groupe d'escadrons du de hussards dans les maquis du Sud-Ouest. : reconstitution du de hussards à Nancy 1962 : le régiment est dissous à LunévilleLa voix du combattant N°1864, avril 2021 Février 1963 : le régiment renaît à Pforzheim où il se substitue au de spahis marocains.
Maistres de camp et chefs de corps
(*) Officiers devenus général de brigade par la suite. (**) Officiers devenus général de division par la suite.(***) officier devenu général de corps d'armée par la suite.
Historique des garnisons, combats et batailles Ancien Régime Créé à Phalsbourg le par le comte hongrois Valentin Ladislas Esterhazy, le régiment est formé à partir d'un escadron de chacun des trois régiments de hussards déjà existants (Bercheny, Chamborant et le Royal Nassau), mais aussi de volontaires alsaciens et allemands. Le régiment porte alors le nom d'Esterhazy Houzards.
Guerres de la Révolution et de l'Empire thumb|Maréchal des logis chef du Hussards en 1791. À compter du , en remplacement du nom du « maistre de camp » fondateur, le régiment reçoit le . Son appellation se transforme en de Hussards et le régiment conserve ce numéro jusqu'à aujourd'hui. Il acquiert la réputation d’une troupe d’élite lors des campagnes de la révolution au sein de l’Armée du Nord (1792), celle de la Moselle (1793 à 1799) et celle des Pyrénées-Orientales (1793). 1792 Combat de Quiévrain Le , le participe activement à la bataille de Valmy. Le , affecté dans l'Armée de la Moselle, il participe à l'expédition de Trèves. 1794 : Armée du Nord
Lors du Premier Empire, le régiment va écrire, de la Prusse-Orientale à l’Espagne, quelques-unes des plus belles pages de son histoire : 1805 campagne de 1805 bataille d'Elchingen 1806 : Campagne de Prusse et de Pologne 14 octobre : Bataille d'Iéna 1807 8 février : Bataille d'Eylau Le 14 juin 1807 les 3 escadrons du regiment participent à la bataille de Friedland 1808-1812 Il séjourne en Espagne de 1808 à 1813 1813 : Campagne d'Allemagne 16-19 octobre : Bataille de Leipzig 1814 campagne de France, formé de jeunes cavaliers inexpérimentés et non encore aguerris, les Marie-Louise, le Hussards s’illustre à Montereau sauvant ainsi du désastre, l’armée française en retraite.
1815 à 1848 Sous la restauration, prenant successivement les noms de Hussards du Dauphin et Hussards de la Moselle, il participe à l’expédition d’Espagne en 1823. Second Empire thumb|Lieutenant en tenue de campagne du régiment en 1870. Reprenant son nom de Hussards sous le second empire, il effectue son premier séjour en Algérie de 1861 à 1865.
De retour en France, il participe à la guerre de 1870 au cours de laquelle il n’a pas l’occasion de s’illustrer, mais sait se montrer digne du passé des vieux hussards de par sa discipline, son abnégation et l’attitude héroïque de certains des siens, en particulier à Ecouis. Son colonel est Marie Louis Antonin Viel de Lunas d'Espeuilles. Guerre de 1870 Siège de Bitche
1870 à 1914 Le 31 octobre 1870, durant la guerre franco-prussienne, un escadron du de chasseurs à cheval, qui formait le mixte de cavalerie, fut engagé au Combat d'Illiers en Eure-et-Loir.
Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la semaine sanglante. 1877-1892: Garnison à Lyon 1893-1906 ? : Garnison à Reims. 1912-1914 : Garnison au quartier Ordener à Senlis
Première Guerre mondiale Affectations
1914 Bataille de l'Ourcq Une des premières escarmouches : le 21 août 1914 Le lieutenant d'Argenlieu, chef de patrouille raconte :
Ma jument tire à pleins bras. Couché sur l’encolure, le sabre bien tendu, je vise l'officier ennemi à la poitrine. Son cheval fait un brusque écart, ma pointe érafle son épaule et je le dépasse. Nous traversons aisément le peloton ennemi ; les rangs sont très ouverts et les pointes des lances très hautes. J'ai grand peine à arrêter ma jument. Quand je réussis à lui faire faire demi-tour, j'aperçois des uhlans fuyant dans toutes les directions, quelques corps sont couchés sur le sol. Je prends comme objectif les cavaliers ennemis les plus proches. J'ai vite fait d'en rattraper un. Je le pique dans le dos de la pointe de mon sabre. Il se retourne sur sa selle en gémissant et s'abat dans une haie à quelques mètres de là. Mes hommes m'ont rallié. Nous continuons à donner la chasse ; mais deux ou trois uhlans démontés se sont installés derrière des javelles et commencent à nous fusiller ; je fonce droit sur l'un d'eux. J'entends une balle siffler à mon oreille, mais j'ai maintenant l'impression d'être sur l'Allemand et de le tenir au bout de ma lame. Il lâche un second coup de feu. Mon cheval s'effondre et je roule à terre. Quand je me relève, je vois l'Allemand basculer brusquement ; l'un de mes hommes démontés vient de le tuer à bout portant d'un coup de carabine. Le terrain est libre, trois uhlans morts sont étendus sur le dos, quatre autres, dont un blessé grave, restent entre nos mains".
Capture d'un drapeau ennemi : le 9 septembre 1914 (journal du régiment) Le capitaine Sonnois s'empare du drapeau du du : contrairement à l'usage, l'étendard régimentaire ne sera pas décoré de la Légion d'honneur, mais ce fait d'armes contribuera à accorder au régiment la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre 1914-1918.
Entre septembre et novembre, le régiment prend part à la "course à la mer" visant à couper la route aux Allemands descendant de Belgique. Du 21 au , le régiment participe notamment aux violents combats autour de Roye, en Picardie. La bataille d'Artois, qui débute à l'automne 1914 permet aux hussards de s'illustrer autour d'Arras et sur l'Yser. Les engagements remportés entre les 5 et , en particulier autour de Notre-Dame de Lorette, seront récompensés par de nombreuses citations individuelles. Ces actions permettent surtout la jonction de deux divisions du dangereusement éloignées. Le , la prise de Riez-Bailleul vaut aux , et d'être cités à l'ordre du corps de cavalerie. Le , la cavalerie a tellement perdu de chevaux qu'un escadron par régiment est contraint de poursuivre le combat à pied. Épuisé après le violent combat de Fournes le , le régiment est placé en réserve de la division, mais il se retrouve le , en avant-garde, près du mont Kemmel en Belgique et participe à l'attaque de Messines.
Bientôt débute la guerre de position qui ne permet plus les charges et chevauchées glorieuses du passé.
1915
1916
1917 Le , le régiment remonte à cheval et, après diverses escarmouches, libère Noyon. Les reconnaissances hardies menées par le régiment, en particulier par le , permettent de monter une offensive. Dès le le tracé des lignes allemandes est parfaitement déterminé dans le secteur imparti au . Mais l'attaque montée le suivant échoue. Les hussards reprennent alors la vie de tranchées.
1918 Le , une gigantesque offensive allemande est déclenchée de la Scarpe à l'Oise. Le régiment remonte alors à cheval et parcourt en quatre jours. Intégré au corps du général Robillot, il parvient à contenir la poussée ennemie au mont Kemmel, entre les 25 et , sans renforts, isolé et au prix de pertes considérables. Relevé le , il est félicité par le général Robillot.
Le , sur l'Ourcq, une nouvelle attaque allemande perce le front français. À marche forcée, le Hussards atteint Nanteuil-le-Haudoin le et est jeté immédiatement dans la bataille. Il recueille et rassemble les troupes alliées éparses dans le secteur et stoppe les éléments ennemis qui progressent dans la région de Troesne. Le , sans secours d'artillerie, lors d'une contre-attaque menée contre des forces très supérieures, le lieutenant-colonel Guérard est tué. Lorsque le régiment est relevé le , les cavaliers n'ont pas mangé depuis quatre jours et ont effectué un raid à cheval de .
Le , le régiment passe au de cavalerie et est engagé sur la Marne dès le dans la région de Montmirail.
Les 17 et , à pied, les hussards parviennent à déloger l'ennemi à l'ouest d'Epernay. Remontés à cheval le ils poursuivent les troupes allemandes qui résistent vivement.
Sa brillante conduite vaut au une citation à l'ordre de l'armée et la fourragère de la Croix de guerre.
Entre-deux-guerres
Le , le participe au défilé de la Victoire à Paris et, le suivant, il défile à Londres devant sa Majesté le roi d'Angleterre.
De 1919 à 1939, le régiment tient garnison à Strasbourg.
Seconde Guerre mondiale Le groupement de cavalerie est destiné à former à la mobilisation des groupes de reconnaissance. Aussi, dès la déclaration de guerre, le de hussards, en garnison à Strasbourg, disparaît-il en tant que tel pour se répartir et donner naissance à cinq groupes de reconnaissance : de reconnaissance de division d’infanterie de reconnaissance de division d’infanterie de reconnaissance de division d’infanterie de reconnaissance de division d'infanterie de reconnaissance de division d’infanterie
Rapidement mis sur pied, ils se signalent par leur agressivité, leur esprit de dévouement et de sacrifice tout au long de la Deuxième Guerre mondiale. L'autre témoignage subsistant de cette éprouvante campagne réside dans les textes des citations à l'ordre de l'armée et du corps d'armée obtenues par les groupes de reconnaissance tenant de la tradition "hussard". La citation à l'ordre de l'armée du (), signée par le général Weygand le , porte: Le général Hubert citant le ( mobilisateur de cavalerie) à l'ordre du d'armée met l'accent sur la tenue des groupes de reconnaissance durant la retraite:
Faisant partie de l'armée d'armistice, en garnison à Montauban, il est dissous lors de l'invasion de la zone libre par l'armée allemande en . Son étendard est sauvé et échappe aux occupants. Une partie du personnel du régiment rejoint alors les maquis de Tarn-et-Garonne où est créé le groupe d'escadrons du de hussards qui sera intégré à la du général de Lattre de Tassigny dès le débarquement de Provence en et participera aux combats des Vosges et d'Alsace. Le , à Nancy, le est recréé avec ces maquisards et de jeunes recrues et poursuit la campagne jusqu'à la fin de la guerre. Son attitude au combat lui vaut l'attribution de la croix de guerre 1939-1945.
De 1945 à nos jours Après un bref passage à Roanne (quartier Verlay) le régiment part au Maroc au printemps 1947 où son séjour à Meknès (quartier Bissey) ne durera que huit mois. Il regagne la métropole et arrive pour peu de temps au quartier Espagne à Auch. Début 1949, il s'installe à Alençon, au quartier Valazé, où il tient garnison pendant six ans.
Désigné pour le Maroc, le régiment quitte sa garnison d’Alençon le et participe, renforcé du du qui deviendra le le du , à diverses opérations de maintien de l’ordre avant de rejoindre l’Algérie en .
Guerre d'Algérie De 1958 à 1962, le se distingue lors de nombreux accrochages avec des unités rebelles.